Par Chris Hedges − Le 11 octobre 2025 − Source Unz Review
Il ne manque pas d’accords de paix ratés en Palestine occupée, et tous prévoyaient des étapes et des jalons détaillés : cela remonte jusqu’à la présidence de Jimmy Carter. Tous les accords de paix en la matière se terminent de la même manière. Israël obtient ce qu’il voulait depuis le début — en cette instance, la libération des derniers otages israéliens — tout en ignorant et en violant toutes les autres étapes de l’accord, jusqu’à reprendre ses attaques contre le peuple palestinien.

Le jeu est sadique. Un tour de manège macabre et mortifère. Ce cessez-le-feu, à l’instar des précédents, constitue une pause commerciale. La minute du condamné, qu’on laisse fumer une cigarette avant de se faire abattre par une volée de balles.
Il n’est jamais légitime de refuser d’aider des civils affamés. Cela n’a jamais été légitime, à aucun moment.
Donald Trump a recueilli quelques succès politiques majeures aujourd’hui en signant son Plan de paix pour Gaza, avec une série de dirigeants européens, asiatiques et arabes assis dans des sièges bon marché regardant le spectacle. Mais qui signe un accord de paix alors qu’aucune des deux parties au conflit n’est présente ? C’est plus qu’une mauvaise blague, c’est une arnaque. Je peux comprendre que l’on organise des funérailles pour les chers disparus même si le cadavre n’est pas présent, mais ce qui s’est passé aujourd’hui à Charm El-Cheikh ressemblait plus à un mariage royal sans la présence de la mariée ou du marié, ni l’un ni l’autre n’ayant choisi d’y assister, même par vidéoconférence.
Un journaliste itinérant qui a couvert les principaux politiciens italiens a expliqué à The Grayzone comment son pays a été réduit au rôle de “porte-avions” américano-israélien et soulève des questions troublantes sur le rôle d’Israël dans l’assassinat du Premier ministre Aldo Moro.
Les rapports selon lesquels TikTok transférera une participation de 80% dans ses opérations américaines à Oracle, Silver Lake et Andreessen Horowitz sont célébrés à Washington comme étant une victoire stratégique sur la Chine, où sa société mère est basée. Mais un examen plus approfondi de l’accord révèle un autre gagnant : le gouvernement étranger d’Israël et son lobby aux États-Unis.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a juré de « traquer » les dirigeants du Hamas où qu’ils se trouvent, avertissant que « leur vie sera courte si un seul cheveu des otages israéliens à Gaza est touché ». Dans le même temps, Israël bombarde la ville d’un million d’habitants en préparation d’une invasion terrestre, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir. Pourtant, le Hamas et d’autres groupes palestiniens ont clairement indiqué qu’ils ne quitteraient pas leurs positions. Les huit otages environ retenus à Gaza ont donc peu de chances de survivre à l’avancée israélienne, qui implique la destruction de quartiers entiers. En réalité, Netanyahou et la société israélienne savent que l’invasion équivaut à une condamnation à mort pour les captifs. Anticipant cela, Netanyahou déplace déjà la responsabilité : chaque fois que le Hamas annonce la mort d’un otage, il la présente comme un déclencheur de vengeance, promettant d’éliminer les dirigeants du Hamas et se vantant des « longs bras » du Mossad. En vérité, les longs bras du Mossad, si souvent célébrés, sont moins une preuve de force qu’une mesure de la complaisance dont bénéficie Israël.