Par Larry C Johnson – Le 16 septembre 2026 – Son of the new American revolution
Je suis de retour à Moscou après dix mois, et la première chose qui vous frappe est la distance existant entre la ville qui se tient devant vous et la ville telle qu’elle est décrite par les médias situés à cinq mille kilomètres de là. Moscou et Saint-Pétersbourg sont prospères, modernes et – c’est le mot que je cherche sans cesse – vibrantes. Les rues sont propres et sûres. Elles ne sont pas remplies par des files de sans-abris ou de mendiants. En deux semaines, je n’ai vu qu’un seul homme demander de l’argent, sur un perron à Saint-Pétersbourg, et il était visible précisément parce le phénomène est rare. Comparez cela à New York, Philadelphie, Washington, Atlanta – n’importe quelle grande ville américaine — et le contraste n’est pas marginal. Il est énorme.
Je commence par les rues parce qu’elles sont le test le plus simple contre le récit que l’Occident médiatise depuis trois ans : c’est-à-dire que la Russie est une économie à la limite de la rupture, que ses habitants retirent leur argent, que ses villes glissent vers la crise. Cette histoire ne survit pas au contact avec le trottoir.
NEW DELHI – Le 18e sommet des BRICS s’est ouvert le 12 septembre avec le bloc prenant sa mesure la plus concrète à ce jour pour relâcher l’emprise du dollar américain, adoptant une « Déclaration de New Delhi » de 45 pages, dès le premier jour, et approuvant une architecture de paiement conçue pour établir un commerce transfrontalier contournant le système financier occidental. Pour la plupart des membres, c’est un changement progressif. Pour l’Iran – sous le coup de sanctions américaines radicales, d’un blocus naval et environ six mois après le début d’une guerre avec les États-Unis et Israël – c’est plutôt une bouée de sauvetage.
L’Organisation de coopération de Shanghai a clôturé son 26e sommet des chefs d’État, à Bichkek le 1er septembre, par une déclaration commune – la Déclaration de Bichkek – programmée pour le 25e anniversaire du bloc et signée par les dirigeants des dix États membres : Russie, Chine, Inde, Pakistan, Iran, Biélorussie, Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan et le pays hôte, le Kirghizistan. Il s’agit d’un long texte anniversaire, adopté aux côtés de quelque 28 autres documents finaux et amendements à la Charte de l’OCS, et son libellé sur la guerre en Iran est sans ambiguïté. Mais le fait le plus important de la déclaration n’est pas ce qu’elle dit. Le plus important est qui l’a signée. L’Inde de Narendra Modi – un membre du Quad, un partenaire stratégique des États-Unis et un pays que la même déclaration protège implicitement contre les tarifs douaniers de Washington – a mis son nom sur un texte condamnant l’action militaire américaine et israélienne, pleurant un dirigeant suprême iranien décédé et rejetant l’architecture de sanctions que les États-Unis ont construite. Cette signature est le fait historique.
Chaque commentateur arrive à la même conclusion de nos jours. Le siècle américain se termine, l’emprise du dollar se desserre, de nouveaux blocs se forment et le monde, nous dit-on, le monde devient « multipolaire ». Le mot semble précis. Mais il ne l’est pas. « Multipolaire » ramène à un ensemble d’hypothèses datant du XXe siècle qui décrivent mal ce qui émerge de l’économie mondiale actuelle, et parce que le mot que nous choisissons détermine ce que nous recherchons et ce que nous mesurons, un mauvais mot produit une mauvaise analyse. Il y en a un plus adapté, et ce n’est pas qu’une question de sémantique. L’ordre en train de prendre forme est vraiment « multinodal ».
Les commentaires faits par les analystes occidentaux ont fait de l’accord de La Mecque un événement confortable. Lorsque l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l’Accord de défense conjoint de La Mecque le 7 août – une attaque armée contre l’un devant être traitée comme une attaque contre tous – l’étiquette apposée par réflexe fut “une OTAN islamique”, un bloc sunnite, trois des plus grandes armées du monde musulman soudées par une identité sectaire. Cette lecture est devenue obsolète avant que l’encre ne sèche. Ce qui se dessine en réalité n’est pas une alliance sunnite contre l’Iran. C’est le premier pilier porteur d’une architecture de sécurité post-américaine que la Russie et la Chine réclament depuis un moment – et Téhéran est sur le point d’en franchir la porte.
Chapeau bas à Kevin Wamsley de Inside China Business. Sa récente vidéo expliquant l’importance du système de navigation par satellite Beidou de la Chine donne un aperçu critique du succès actuel des frappes de missiles de l’Iran sur des cibles américaines et israéliennes. Cela change la donne.
J’ai besoin d’un avocat spécialisé en dommages corporels. Je vais poursuivre Donald Trump pour avoir subi un coup du lapin. À 9 heures du matin, Donald Trump a redoublé sa menace de la nuit précédente en prétendant « bombarder l’Iran jusqu’à ce qu’il devienne de la bouillie » et promis de lancer une nouvelle série d’attaques plus importantes et plus dures contre l’Iran. Puis, à 13h33, il a freiné des deux pieds, ce qui m’a projeté la tête en avant contre mon clavier, et a annoncé qu’il n’y aurait pas de violence car un accord est à portée de main. Aïe!! Mon cou est douloureux. C’est la 39e fois au cours des trois derniers mois que Trump annonce le succès imminent des négociations avec l’Iran pour aboutir à une autre promesse non tenue.
C’est un assez long article, mais vous devez savoir ce que la Russie et la Chine font dans une série d’actions étroitement coordonnées qui montrent un engagement sérieux à contrer les actions américaines visant à punir et à isoler l’Iran et Cuba. Commençons par l’Iran. Depuis la guerre Iran-Israël de 12 jours de juin 2025 (qui s’est terminée par un cessez-le-feu négocié par les États-Unis le 24 juin 2025), la Russie et la Chine ont fourni à l’Iran une combinaison de soutien diplomatique, économique, militaro-technique et stratégique. Cela a aidé Téhéran à se remettre des frappes sur ses sites nucléaires, rétablir ses défenses aériennes et ses infrastructures de missiles, tout en approfondissant leur alignement dans “l’axe” contre la pression occidentale. Le soutien a été pragmatique plutôt qu’inconditionnel – ni la Russie ni la Chine n’a offert d’intervention directe pendant le conflit, entraînant une certaine frustration iranienne – mais s’est accéléré au cours des mois qui ont suivi.
Sergueï Lavrov a recommencé. La semaine dernière, il avait donné une longue interview avec Rick Sanchez sur RT. Lundi, il a donné une interview similaire sur BRICS TV, dont j’ai parlé dans mon article d’hier soir. Aujourd’hui, mardi, Sergei Lavrov a de nouveau accordé