Par Moon of Alabama – Le 30 mars 2020
Il y a trois semaines, lorsque la Russie et l’Arabie Saoudite ont entamé leur guerre contre le pétrole de schiste étatsunien, nous écrivions :
Au cours de la première semaine de janvier, le pétrole brut était à 69$/bl mais il est tombé depuis à 45$/bl, la crise du coronavirus ayant détruit la demande mondiale. Les Saoudiens ont essayé de conclure un accord avec la Russie, le deuxième exportateur après l'Arabie Saoudite, pour réduire ensemble la production de pétrole afin de maintenir le prix à un niveau élevé. Mais la Russie a rejeté toute nouvelle réduction de l'OPEP. Elle veut maintenir sa production à un niveau élevé et elle utilisera cette crise pour saper davantage la production américaine de pétrole. Comme le boom de cette production est basé sur la fraude, cette initiative pourrait bien être couronnée de succès. La Russie n'a pas de déficit budgétaire et est bien placée pour survivre sans trop de dommages à une baisse des prix du pétrole brut. Ce n’est pas le cas de l'Arabie Saoudite.
A peine une semaine plus tard, le pétrole était déjà à 30 dollars le baril et nous avions prédit qu’il allait descendre à 20 dollars le baril.

Je suis un grand joueur de jeux de société. Je ne suis pas trop pour les classiques comme les échecs ou le go, préférant les plus modernes. Mais, quoi qu’il en soit, en tant que personne qui apprécie le délicat équilibre entre stratégie et tactique, je dois dire que la maîtrise des horloges par le président russe Vladimir Poutine m’impressionne.


« Une marmite surveillée ne bout jamais », dit un vieux dicton. Mais un empire surveillé ne s’effondre-t-il jamais ? Ben si bien sûr ! Tous les empires finissent par s’effondrer, sans exception. Une fois qu’un empire commence à se diriger vers l’effondrement, la surveillance peut prendre un certain temps, surtout si aucun nouvel empire naissant n’est prêt à prendre la relève. Ce qu’il faut surveiller est le moment où un événement lié à l’effondrement déclenche immédiatement le suivant, et le suivant. Cela nous indique qu’une boucle de rétroaction auto-renforcée a pris forme et que le processus d’effondrement prend de l’ampleur, non plus en raison de tendances à long terme mais d’une logique interne propre, bien qu’il soit certainement aidé par des chocs externes, certains plus importants que d’autres.


