Quelle pourrait être la fin de partie au sujet du Groenland ?


Par Alastair Crooke – Le 21 janvier 2026 – Conflicts Forum

Lundi, lorsqu’on lui a demandé si les États-Unis utiliseraient la force pour s’emparer du Groenland, le président Trump a répondu “pas de commentaire”. Il a déjà promis de prendre la plus grande île du monde “de la manière la plus douce [par achat] ou de la manière la plus forte [par la force]”.

Bien que l’idée semble avoir surgi « tout à coup« , John Bolton, l’ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, raconte que c’est Ron Lauder, un milliardaire juif new-Yorkais de 81 ans et héritier de la fortune d’Estée Lauder, qui a semé pour la première fois la graine de la propriété américaine sur le Groenland dans l’esprit du président en 2018, lors de son premier mandat. Trump a tenté en vain d’acheter le Groenland en 2019, lors de son premier mandat. Le président Harry Truman avait également proposé de l’acheter pour 100 millions de dollars or en 1946, mais cela a été refusé.

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Déchiffrer la « pensée extériorisée » de Trump sur l’Iran


Par Alastair Crooke – Le 15 janvier 2026 – Source Conflicts Forum

Pour comprendre le contexte des événements en Iran aujourd’hui, nous devons revenir sur ce que disait le commentateur américain et biographe de Trump, Michael Wolff, que j’avais cité en juillet dernier, à propos de la pensée de Trump en relation avec les attaques imminentes contre les installations d’enrichissement iraniennes de Fordow, Natanz et Ispahan :

« J’ai passé beaucoup d’appels – donc je pense que j’ai une idée du fil conducteur qui a amené Trump là où nous en sommes [les frappes contre l’Iran]. Les appels sont l’un des principaux moyens de suivre ce qu’il pense (j’utilise le mot « penser » dans son sens le plus vague) ».

“Je parle à des gens avec qui Trump a parlé au téléphone. Je peux dire que toutes les pensées de Trump sont extériorisées ; et cela se fait sentir par une série d’appels constants. Et c’est assez facile à suivre parce qu’il dit la même chose à tout le monde. C’est donc un cycle constant de répétition …”.

« Donc, fondamentalement, lorsque les Israéliens ont attaqué l’Iran [le 12 juin], il était très excité à ce sujet – et ses appels étaient tous des répétitions d’un thème : Allaient-ils gagner ? Sont-ils des gagnants ? Est-ce que la partie est terminée ? Ils [les Israéliens] sont tellement bons ! C’est vraiment des meneurs de jeu”.

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Le Rubicon est franchi à cause du nihilisme de l’équipe Trump


Par Alastair Crooke – Le 8 janvier 2026 – Source Conflicts Forum

Finalement, une action prédatrice sans fard de Trump et de son équipe – l’enlèvement du président Maduro lors d’un raid militaire nocturne éclair – a poussé 2026 dans un moment charnière. Un moment charnière non seulement pour l’Amérique latine, mais aussi pour la politique mondiale.

La « méthode Venezuela » est alignée sur l’approche « business first » de Trump qui est basée sur la construction d’un « système de récompense financière« , par lequel diverses parties prenantes à un conflit se voient offrir des avantages financiers qui permettent aux États-Unis d’atteindre (ostensiblement) leurs propres objectifs, tandis que les habitants continuent d’obtenir des bribes financières de cette exploitation (dans ce cas) des ressources vénézuéliennes – sous la surveillance étroite des États-Unis.

Dans ce modèle, les États-Unis n’ont pas besoin de créer un nouveau régime gouvernemental à partir de zéro, ni de mettre des « bottes sur le terrain« . Pour le Venezuela, le plan est que le gouvernement actuel de la présidente nouvellement assermentée, Delcy Rodriguez, restera aux commandes du pays tant qu’elle obéit aux désidératas de Trump. Si elle ou l’un de ses ministres ne suit pas ce plan, ils recevront le « traitement Maduro« , voire pire. Les États-Unis auraient déjà menacé le ministre vénézuélien de l’Intérieur, Diosdado Cabello, qu’il serait ciblé par Washington s’il n’aidait pas le président Rodriguez à répondre aux demandes américaines.

En d’autres termes, le plan se résume à une prémisse sous-jacente unique, l’argent.

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Les précurseurs pour une guerre sont en place. L’Iran est le pivot d’intenses joutes politiques pour définir l’avenir de l’Après-Trump


Par Alastair Crooke – Le 31 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Lors de la réunion du 30 décembre avec Netanyahu et son équipe, le président Trump s’est publiquement engagé à attaquer l’Iran. S’ils poursuivent leur programme de missiles balistiques, « Oui« . Et pour leur programme nucléaire : « Immédiatement« . “Nous allons déchainer un enfer sur leurs têtes“, a déclaré Trump.

A l’inverse de cette belligérance, le langage de Trump, lors de la réunion de Mar-a-Lago, ne reflétait que chaleur et éloges complets envers Netanyahu et Israël. Publiquement, Netanyahu a reçu le soutien public de Trump pour une attaque contre l’Iran et pour la phase deux de Gaza, mais dans les coulisses, écrit Anna Barsky (en hébreu), de nombreux détails restent indéfinis et contestés.

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La nouvelle tentative de Netanyahu pour attirer Trump dans une guerre contre l’Iran


Par Alastair Crooke – Le 24 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Ces derniers jours, l’administration Trump a arraisonné et saisi trois pétroliers chargés de pétrole vénézuélien ou destinés au Venezuela (comme le Bella 1). La saisie la plus flagrante, en termes d’illégalité, étant celle d’un navire appartenant à des Chinois, battant pavillon panaméen, apparemment destiné à la Chine et placé sur la liste des sanctions personnelles.

Dans une autre zone de conflit, le Service de sécurité ukrainien (SBU) affirmait vendredi dernier qu’il avait frappé un pétrolier russe dit de la « flotte fantôme« , le Qendil, avec des drones aériens dans les eaux de la mer Méditerranée au large du Maroc. Le SBU n’a pas donné plus de détails sur l’attaque, notamment sur la manière dont le SBU aurait pu déployer un drone en Méditerranée (à 2 000 km de l’Ukraine), ni sur le site à partir duquel il a été lancé. La source du SBU a déclaré que le cargo était vide au moment de l’attaque.

Le président Poutine, pendant son marathon annuel de questions et réponses, a promis que la Russie riposterait.

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Trump, qui était un atout, devient une gêne pour Israël


Par Alastair Crooke – Le 18 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Anna Barsky, commentatrice israélienne de premier plan, a écrit dans Ma’ariv (en hébreu):

« Le plan [de Trump] à Gaza est en train d’échouer.

Un « stratagème d’attente » israélien est en train d’être formulé : ne pas lancer un rejet frontal … [mais plutôt] parier que la réalité dans la région suivra son cours”.

« [Pourtant], la ligne de faille [sur] le plan de Trump pour Gaza est réelle… Israël exige une séquence claire : d’abord, le désarmement du Hamas, c’est-à-dire d’abord son retrait effectif du pouvoir, et seulement après cela la reconstruction, la puissance internationale et le retrait israélien”.

Et voici le hic : “Le bureau du Premier ministre comprend que Trump, apparemment, n’a pas l’intention d’accepter la formule israélienne de « condition préalable ». « Et voici le cœur du problème … qui est que le Hamas n’a pas l’intention de désarmer ou de quitter le territoire”.

Ainsi … « Les États du Golfe, l’Égypte, et aussi des parties importantes de l’establishment américain, proposent une séquence différente : D’abord, la reconstruction et un mécanisme international sont créés, puis une force de stabilisation et un gouvernement technocratique sont introduits, puis « dans le processus », la question du Hamas – n’est [que] progressivement abordée”.

En conséquence, les dirigeants israéliens sont à la fois désillusionnés et frustrés.

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La géopolitique de Trump : corriger le modèle impérialiste et façonner la future architecture économique


Par Alastair Crooke – Le 11 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Dans son discours à Riyad du mois de mai, le président Trump justifiait son mode transactionnel de formulation des politiques : obtenir la paix par le commerce plutôt que par la guerre.

Le libellé de la Stratégie de sécurité nationale (SSN) étasunienne du 4 décembre va encore plus loin : il est formulé en termes de « régions d’influence« , plutôt que d’hégémonie, et de gestion des intérêts financiers des parties prenantes. Il abandonne la phraséologie d’un ordre fondé sur des règles et évite les appels à la démocratie et aux valeurs occidentales.

Mais que signifie vraiment cette « paix par le commerce » ?

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Une lecture critique de la nouvelle Stratégie de sécurité nationale des États-Unis


Par Alastair Crooke – Le 7 décembre 2025 – Source Conflicts Forum

Une Stratégie de sécurité nationale (SSN) est produite périodiquement par les administrations américaines (Trump en a rédigé une lors de son premier mandat). La plupart du temps, ces documents présentent une version idéalisée de la politique étrangère et de sécurité d’une administration, et n’ont pas une grande importance pratique, à cause de ce qui est laissé de côté – c’est-à-dire les intérêts politiques et économiques enracinés des États-Unis ; le profond consensus de politique étrangère supervisé par la classe conservatrice de l’État de sécurité profonde ; et les politiques adoptées par le collectif des méga donateurs.

Néanmoins, cette SSN récemment publiée se lit assez différemment en donnant un aspect distinctif « l’Amérique d’Abord » à la politique étrangère américaine, évitant l’hégémonie mondiale, la « domination » et les croisades idéologiques en faveur d’un réalisme pragmatique et transactionnel axé sur la protection des intérêts nationaux fondamentaux ; la sécurité intérieure, la prospérité économique et la domination régionale dans l’hémisphère occidental. Les États-Unis « ne soutiendront plus tout l’ordre mondial tel ”Atlas“ et s’attendent à ce que l’Europe assume davantage ses propres charges de défense« .

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Appâter et allumer, deuxième étape. Souffler la brise à Moscou


Par Alastair Crooke – Le 5 décembre 2025 – Conflicts Forum

Le 2 décembre, l’ami du président Trump, Steve Witkoff, ainsi que le gendre de Trump, Jared Kushner, ont rencontré le président Poutine au Kremlin à Moscou.

Youri Ouchakov, assistant présidentiel, et Kirill Dmitriev, ont participé à la réunion du côté russe. Cela marquait la sixième rencontre entre Witkoff et Poutine en 2025 et la première implication en personne de Kushner dans ces pourparlers.

L’ordre du jour principal aurait été une « mise à jour » des « points de discussion » des États-Unis – un programme qui aurait incorporé d’autres contributions (non spécifiées) des Ukrainiens et des Européens.

Malgré la refonte, les points de discussion reflètent un programme américain qui a peu changé en substance par rapport aux points de discussion précédents de Witkoff. Il est, par exemple, à nouveau basé sur un cessez-le-feu (plutôt que d’un accord politique plus large, comme l’exige la Russie) ; sur la reconnaissance de facto des frontières (plutôt que sur la reconnaissance de jure des quatre oblasts désormais constitutionnellement incorporés à la Russie).

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L’opération américaine « appâter et allumer « cible les « causes premières » de Poutine


Par Alastair Crooke – Le 21 novembre 2025 – Source Conflicts Forum

Nous avons donc maintenant les détails du soi-disant « plan de paix » en 28 points qu’un parlementaire ukrainien, Goncharenko, a fourni en affirmant qu’il s’agissait d’une traduction de l’original.

Le texte – écrit comme un traité juridique putatif – frappera tout lecteur expérimenté comme étant le produit d’un amateur, articulée en plusieurs parties sur des « discussions ultérieures » et sur des « attentes« .

C’est-à-dire que beaucoup d’aspects de cet accord restent ambigus et vagues. Un tel plan est, bien sûr, dans l’ensemble inacceptable pour Moscou (bien qu’ils ne puissent pas le désavouer purement et simplement). Malgré cela, le plan a suscité fureur et recul en Europe. The Economist (reflétant le point de vue de l’Establishment) qualifie le document de « terrible proposition américano-russe qui acquiesce à bon nombre des demandes maximalistes [de la Russie] et en ajoute quelques-unes de plus« .

Les Européens et la Grande-Bretagne veulent la capitulation russe, purement et simplement.

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