Par Stephen F. Cohen – Le 18 avril 2017 – Source The Nation

En 2014, lorsque la crise ukrainienne a éclaté, j’ai déjà prédit que la Nouvelle Guerre froide pourrait être encore plus dangereuse que la précédente, qui avait duré 40 ans. Cela pour plusieurs raisons. L’épicentre politique de la Nouvelle Guerre froide s’est déplacé jusqu’aux frontières de la Russie, tout d’abord en Ukraine, puis dans la région de la Baltique, alors que l’ancien épicentre était à Berlin, loin de la Russie. Les règles mutuelles de conduite mises en place après la crise des missiles de Cuba en 1962 font maintenant défaut. De plus, la diabolisation effrénée du président Poutine est un poison bien plus violent que l’anathème qui frappait personnellement les leaders soviétiques depuis Staline.

Deux choses frappaient toujours le nouvel arrivant en Amérique (voyez Céline) : la brutalité du pays, de sa population et de ses mœurs, la brutalité du terrain en fait ; la cruauté ensuite des contrôles et de cette police qui arrive à tuer 1200 citoyens par an tout en en contrôlant six millions (l’expression de camp de concentration électronique n’est plus métaphorique). C’est la brutalité de la matrice US qui se répand dans le monde, en particulier en Europe. Enfin l’Amérique enferme 2.3 millions de prisonniers, soit la plus grande population carcérale du monde (43% du total). Les chiffres sont comparables en pourcents à ceux de la dépense militaire US dans le monde (42%), et ce n’est certainement pas par hasard.

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