Nous devons reconfigurer notre pensée – sur le long terme – pour tenir compte de l’intrusion de dimensions changeantes dans la conscience.
Par Alastair Crooke – Le 6 novembre 2023 – Source Strategic Culture
Dominique De Villepin, ancien Premier ministre français, qui s’est illustré en menant l’opposition de la France à la guerre en Irak, a récemment décrit le terme « occidentalisme » (le sentiment qui prévaut actuellement dans une grande partie de l’Europe) comme étant l’idée que « l’Occident, qui a géré pendant cinq siècles les affaires du monde, pourra continuer à le faire tranquillement » . Il poursuit :
Il y a cette idée que, face à ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient, il faut pousser encore plus loin le combat, vers ce qui pourrait s’apparenter à une guerre de religion ou de civilisation.
Autrement dit, s’isoler encore plus sur la scène internationale.
Ils se sont engagés à fond dans un certain cadre moral et éthique du monde, et face à une situation où le tissu moral de l’Occident a été ouvertement exposé et réfuté, il leur est extrêmement difficile – et peut-être fatalement impossible – de se retirer.
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Tout le monde espérait qu’Israël abandonnerait la voie de la répression, de la colonisation et de l’apartheid en tant que politique d’État et accepterait plutôt un règlement négocié du problème palestinien sous la pression de son protecteur, mentor, guide et gardien – les États-Unis. Mais cela s’est avéré illusoire et cela tourne à une liste d’espoirs déçus et d’hypocrisie. La grande question aujourd’hui est de savoir si un changement de paradigme est possible. C’est également le dilemme auquel est confronté le président américain Joe Biden, à 80 ans. 

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À quel moment l’activisme radical franchit-il la ligne et devient-il une déclaration de guerre ? C’est une question à laquelle je réfléchis depuis longtemps, ainsi qu’aux implications qu’elle a pour le concept de « démocratie ». Jusqu’à quel point la civilisation et le patrimoine doivent-ils se plier aux désirs de groupes contraires au nom de la liberté ? Si un mouvement a constamment prouvé qu’il était une force destructrice cherchant à saper les fondements de l’Occident, doit-on l’autoriser à rester en Occident ? Est-ce autoritaire de les expulser ? Si c’est le cas, est-ce important ?