Par Alastair Crooke − 12 avril 2021 – Source Strategic Culture
En début d’année 2020, Steve Bannon affirmait que l’ère de l’information nous rendait moins curieux et moins disposés à considérer des visions du monde différentes des nôtres. Le contenu numérique nous est intentionnellement servi, de manière algorithmique, de sorte qu’avec la cascade de contenus similaires qui s’ensuit, nous « creusons » un sujet plutôt que de « nous ouvrir » à d’autres. Quiconque le souhaite peut, bien sûr, trouver des points de vue alternatifs en ligne, mais très peu le font.
En raison de cette caractéristique, la notion de politique par l’argumentation ou le consensus a presque entièrement disparue. Car quel que soit notre point de vue politique ou culturel, il y a toujours quelqu’un qui crée un contenu adapté à nos besoins, faisant de nous des consommateurs auto-stratifiés.

« EU vs. Disinfo », qui constitue l’organe de presse de guerre de l’information du groupe de travail East Stratcom du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), a par mégarde détruit son propre axe de propagande au sujet de la Russie, en attirant l’attention du public sur le fait que Margarita Simonyan, la rédactrice en chef du média RT, financé par la Russie, dispose d’une liberté professionnelle quant à exprimer des opinions divergeant des positions officielles développées par le Kremlin.
Ceci est le premier article d’une série en deux parties sur l’élection présidentielle russe de 1996. Ils sont basés sur des notes que j’ai prises à l’époque à l’ambassade du Canada à Moscou. J’étais 

On pourrait se demander pourquoi il est si facile de raconter des histoires à au moins la moitié des habitants de ce pays. 

