Voici la traduction en français d’un entretien donné récemment au Japon. M’exprimer régulièrement au Japon sur les questions géopolitiques (depuis vingt ans au moins) m’a aidé à développer une vision désoccidentalisée du monde, une conscience géopolitique non-narcissique. On verra ainsi dans cet entretien que c’est ma réflexion déjà ancienne sur l’éventuelle acquisition par le Japon de l’arme nucléaire qui m’a conduit à une vision plutôt sereine de la question iranienne.
Les démocraties européennes ne vont pas bien. Elles ne peuvent plus être décrites comme pluralistes pour ce qui concerne l’information géopolitique. La possibilité de m’exprimer dans les grands médias japonais m’a permis d’échapper à l’interdit qui pèse en France sur toute interprétation non conforme à la ligne occidentaliste. Les chaines d’État (France-Inter, France-Culture, France 2, France 3, la 5, France-Info etc) sont des agents particulièrement actifs (et incompétents) du contrôle de l’opinion géopolitique.
Je profite de cette occasion pour dire ma gratitude envers le Japon, ce pays qui m’a permis de rester libre. Sans la protection de Tokyo, les chiens de garde nourris à Paris auraient sans doute réussi à me faire passer pour un agent de Moscou.

Il y a des nouvelles extrêmement alarmantes sur la situation autour de l’Iran. En consultation avec l’administration Trump — ou plutôt par déférence pour le commandement de Washington — les pays du E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne) qui sont les signataires occidentaux restants de l’accord nucléaire iranien de 2015 connu sous le nom de JCPOA, ont lancé le processus de déclenchement du soi-disant mécanisme de relance dans le but de réimposer toutes les sanctions de l’ONU contre l’Iran au motif qu’il a violé les termes de l’accord vieux de dix ans.
Par
Un agent notoire du MI6 britannique a infiltré l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour le compte de Londres, selon des documents divulgués examinés par The Grayzone. L’agent, Nicholas Langman, est un vétéran du renseignement qui revendique le mérite d’avoir aidé à organiser la guerre économique de l’Occident contre l’Iran.
Chaque fois que les dirigeants occidentaux parlent du besoin de « liberté et de démocratie » en Iran, ils révèlent soit une ignorance historique stupéfiante, soit un cynisme à couper le souffle. La vérité inconfortable est que l’Iran avait la démocratie – jusqu’à ce que la CIA et les services de renseignement britanniques la détruisent.
Une guerre contre l’Iran serait 10 à 15 fois pire que la guerre d’Irak en termes de pertes et de coûts… Et nous la perdrions. Nous la perdrions sans aucun doute…