Par Ciarán O’Regan − Le 06 août 2025 − Source Le blog de Thomas Fazi
Les reportages sur la bataille de BnN Tre, qui faisaient partie de l’offensive du Têt, ont accouché d’une remarque devenue classique. Un major anonyme de l’armée américaine, selon le journaliste Peter Arnett, a déclaré “il est devenu nécessaire de détruire la ville pour la sauver”. Étant un sceptique de l’interventionnisme américain, il n’est pas difficile de soutenir qu’une telle remarque est en fait assez représentative de la politique étrangère néocon.
Rappelez-vous le fiasco des “armes de destruction massive” qui a été utilisé pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003 ? C’était une intervention basée sur des rapports fictifs de la part des services de renseignement qui a entraîné la mort de centaines de milliers de personnes, la déstabilisation de la région, la création de État islamique, la persécution brutale des minorités religieuses (y compris l’une des plus anciennes communautés chrétiennes du monde) et la création d’un régime qui permet aux pédophiles d’épouser des filles de 9 ans. Il était devenu nécessaire de détruire l’Irak pour le sauver. L’Allemagne, cependant, a offert une « opposition inébranlable » à l’invasion de l’Irak à l’époque.
La légitimité politique par la guerre
Face au délire belliciste en cours dans l’Union européenne, on se demande si nous ne sommes pas désormais confrontés à un cas macroscopique de psychopathologie politique : tous les mécanismes de défense décrits par Freud sont à l’œuvre.
En 2019, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçait le « Pacte vert » européen. Elle décrivait ce plan climatique comme étant un « moment historique », une transformation révolutionnaire de l’économie européenne qui permettrait d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et entraînerait des changements dans presque tous les secteurs de l’économie.
Il n’y a rien de drôle ici, même s’il est vrai que les institutions militaires et politiques occidentales sont désormais une pure farce. Il n’y a rien de drôle parce que cette farce a des conséquences mortelles. Le carnage effréné à Gaza restera à jamais un reproche à l’Occident. Quant à l’Ukraine, « b » résume, depuis deux ans maintenant, ce que nous faisons subir à nos mandataires en Ukraine. Un « crime », a-t-il déclaré. C’est vrai. Depuis 2014. Pire encore aujourd’hui, après plus d’un million de morts et la ruine économique et sociale de l’Ukraine.