Par Dmitry Orlov – Le 1er février 2018 – Source Club Orlov

En essayant de démêler l’état tendu actuel des relations entre les États-Unis et la Russie, un groupe mérite un niveau d’attention plus élevé, ce sont les juifs américains. C’est le groupe de population le plus important que les deux pays ont en commun : sur les 5 ou 6 millions de juifs vivant actuellement aux États-Unis (les chiffres varient selon la façon dont on mesure la « judéité »), environ un million a immigré aux États-Unis depuis l’ancienne Union soviétique, soit directement, soit après un séjour en Israël. Le gouvernement des États-Unis les a acceptés volontiers, leur accordant le statut de réfugiés ; ainsi, ils sont entrés dans la société américaine avec une identité politisée, nettement anti-russe, et leurs attitudes anti-russes ont eu un effet sur l’opinion de nombreux juifs non-russes et aussi d’autres Américains.

Le 19 janvier 2018, le général James Mad Dog Mattis a présenté publiquement la nouvelle stratégie de défense nationale américaine. Il a prononcé pas mal de mots, mais le résumé tient juste en deux points :
Quelles sont les principales fonctions masculines pour survivre à n’importe quel scénario d’effondrement ? Je crois qu’elles se limitent à cinq, que j’appellerai être bon bricoleur, avoir le sens de l’orientation, protéger, approvisionner et être le chef.
Il y a actuellement beaucoup d’insatisfaction face à la performance d’un président américain assiégé. Pour commencer, il avait les mauvais partisans : trop peu de féministes radicales ; trop de mâles hétérosexuels blancs dont la masculinité toxique est un problème majeur selon les féministes radicales. Ensuite, bien sûr, il n’a été élu que grâce à l’ingérence néfaste du plus grand syndicat du crime organisé au monde, la Russie, dirigé par nul autre que le redoutable pirate Poutine. Les Russes sont si parfaitement intelligents que pas un seul fragment de preuve concluante de leur ingérence n’a pu être mis au jour malgré une année d’efforts inlassables d’un enquêteur spécial extraordinairement compétent. Alors, et cela ne fait qu’empirer, il se trouve qu’une autre sorte d’ingérence néfaste était en cours : le ministère de la Justice et le FBI, sous la direction de Barack Obama, ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour exonérer Hillary Clinton de ses nombreux crimes tout en mettant le paquet pour déterrer toutes les crasses possibles sur Trump. Mais c’est aussi totalement de la faute de Trump : comment a-t-il pu ne pas commettre de bourdes menant à sa destitution, pour permettre à ses adversaires de les trouver ?
Je me suis lancé dans cette série d’essais pour me concentrer sur un moment particulièrement difficile et tendu de l’histoire américaine. Les États-Unis et le Canada et, dans une moindre mesure, l’Europe occidentale, font une dépression nerveuse et sont aux prises avec l’hystérie du 
Il est actuellement à la mode de dénigrer l’importance de la biologie. Peut-être qu’il fut un temps où les humains vivaient avec d’autres animaux, soumis aux mêmes caprices de la nature, mais maintenant nous avons la technologie : le contrôle des naissances, la fécondation in vitro, les accouchements par césarienne, les soins intensifs pour les naissances des prématurés et ainsi de suite. Toute tentative de faire valoir que nous ne sommes, en fin de compte, qu’un groupe d’animaux, et que la civilisation est une condition temporaire, a peu de chances d’être bien reçue. Un aspect particulièrement tendu et fortement contesté du déterminisme biologique a à voir avec les différences sexuelles. En tant qu’idéologie officielle, nous devons maintenant croire que les hommes et les femmes ont exactement les mêmes capacités, et quiconque dit quelque chose de différent est jugé coupable de « perpétuation des stéréotypes sexuels » un acte qui, comme un employé blanc de Google l’a récemment découvert, est maintenant considéré comme une cause de résiliation du contrat de travail
À l’aube de cette transition entre deux années, il est traditionnel de tirer des conclusions à partir d’un échantillon d’événements notables artificiellement choisis dans l’année précédente et de faire des prédictions sur ce qui pourrait se passer pendant la suivante, en attribuant une signification artificielle à cette date limite artificielle. « L’hérésie calendaire » : c’est comme cela qu’un prêtre l’a appelée un jour.
Quand la personne moyenne pense à la technologie, la première chose qui lui vient à l’esprit n’est pas le chien ou le chat de la famille. On ne peut pas non plus considérer une volée de poulets, un paquet de graines ou un sac de pommes de terre comme des exemples de technologie. Mais le penseur de la technologie, Dmitry Orlov, dans son livre « Réduire la technosphère » soutient que c’est exactement ce qu’ils sont. Dans le contexte d’une ferme rurale, un chien est un système de sécurité à domicile très avancé, les chats et les poulets sont un service de lutte antiparasitaire (ces derniers ciblant respectivement les rongeurs et les insectes) et les pommes de terre et les paquets de semences jouent un rôle indispensable en fournissant les besoins médicinaux dont dépendent les citadins et les usines pharmaceutiques. Ce sont tous des exemples de technologies « naturelles » de celles qui représentent, selon les mots d’Orlov, « les adaptations humaines des choses que la nature a produites chez d’autres espèces en tant que traits d’évolution ».