Par Moon of Alabama – Le 17 novembre 2023
Alastair Crooke écrit dans Al Mayadeen :
Le sentiment populaire israélien – même parmi les anciens libéraux – s’oriente vers une grande Nakba. Gaza subit les pressions pour une Nakba. Il en va de même pour la Cisjordanie, où la violence des colons à l’encontre des Palestiniens s’intensifie. Même un « libéral » comme l’ancien leader de l’opposition, Lapid, reconnaît aujourd’hui que les « colons » de la Cisjordanie occupée ne sont pas du tout des « colons« , puisque la terre n’est autre que la « terre biblique d’Israël« .
Les « ambitions » de la Nakba s’étendent également au Sud-Liban (jusqu’au fleuve Litani). Les membres radicaux du gouvernement de Netanyahou affirment que les Israéliens ne reviendront jamais dans les kibboutz adjacents au Liban, sans le retrait du Hezbollah de la zone frontalière.
On demande donc à « Israël » de « prendre » le Liban jusqu’au Litani (une source d’eau essentielle) – et « comme par hasard« , l’armée de l’air israélienne a commencé à opérer jusqu’à 40 km à l’intérieur du Liban. Les membres du cabinet parlent désormais ouvertement de la nécessité pour l’armée israélienne de se tourner vers le Hezbollah une fois que le Hamas aura été « anéanti« .
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Manifestement, la Maison Blanche s’efforce d’éviter ce glissement vers une guerre régionale totale mais les fronts libanais et irakien s’échauffent : Dimanche, les mouvements irakiens ont à nouveau tiré des missiles sur la base américaine de Shaddadi.
« Israël » perçoit la crise actuelle comme un risque existentiel, mais aussi comme une « opportunité » – une opportunité d’établir « Israël » sur « ses terres bibliques » à long terme. Il n’y a pas à s’y tromper, c’est la direction que prend le sentiment populaire israélien, tant à gauche qu’à droite, vers une eschatologie sanglante.
La division du monde évolue rapidement vers quelque chose qui ressemble moins à une division – si l’on entend par « division » une division plus ou moins équilibrée entre deux parties – qu’à l’isolement d’une petite partie de la communauté internationale par rapport à une plus grande, significative ou largement majoritaire. En outre, cet isolement ressemble à une auto-isolation, et la partie qui s’isole est l’Occident. Il ne devait pas en être ainsi. Avant même la guerre ukrainienne entre l’OTAN et la Russie, Washington et Bruxelles se félicitaient d’avoir réussi à isoler la Russie, puis la Chine, de la « communauté des démocraties » (alors même que Washington abandonnait ce qu’il conviendrait d’appeler non pas un gouvernement démocratique, mais un gouvernement républicain). Au lieu de cela, c’est l’inverse qui se produit. Par son arrogance et son obstination, l’Occident, dirigé par Washington, se retrouve de plus en plus isolé.
Les militaires israéliens ont reçu l’ordre de bombarder les maisons israéliennes et même leurs propres bases alors qu’ils étaient submergés par les militants du Hamas le 7 octobre. Combien de citoyens israéliens annoncés comme ayant été « brûlés vifs » ont en fait été tués par des tirs amis ?
Après avoir réussi à détruire l’Irak et l’Afghanistan [la Libye et la Syrie, NdT], les États-Unis estiment que la destruction de l’Ukraine est presque terminée. Lors de la récente réunion entre les ministres des affaires étrangères et de la défense des États-Unis et de l’Inde à New Delhi dans le cadre du format 2+2, les deux pays « se sont accordés sur la nécessité d’une reconstruction post-conflit » en Ukraine. Cette déclaration ne correspond pourtant pas aux réalités du terrain.