Est-il logique d’avoir un bunker bien garni dans les montagnes pour échapper à l’effondrement ?
Par Ugo Bardi – Le 6 avril 2020 – Source CassandraLegacy

Parfois, on a l’impression que le monde ressemble à une histoire d’horreur, un peu comme « L’ombre sur la bouche » de Lovecraft… Image de F.R. Jameson.
Étant le collapsologue que je suis, il y a quelques années, j’ai eu l’idée de m’acheter une sorte de refuge dans les montagnes, un endroit où moi et ma famille pourrions trouver refuge si (et quand) l’effondrement redouté devait frapper notre civilisation (comme on dit, quand le Nutella frappe le ventilateur). C’est une idée typique des gens qui craignent l’effondrement : fuir les villes que l’on s’imagine être les endroits les plus vulnérables dans un scénario à la Mad Max.

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L’intrusion d’un événement totalement étranger – comme une pandémie – dans un statu quo donné, ne le rompt pas nécessairement en, et par, lui-même. Mais elle expose cruellement les lacunes et le fonctionnement du statu quo existant. Elle les montre, non seulement nus, mais dévoile aussi, soudainement, les sombres coulisses des prébendes, à peine légales, au profit des entreprises, des copains et des coquins de Wall Street.
Avec toute l’encre qui a coulé au sujet du SARS-CoV-2 et du COVID-19 et ses diverses ramifications et effets, vous pourriez penser qu’il y a peu à ajouter. Cependant, je n’ai pas encore vu d’article sur le coronavirus en tant que test – non pas dans le sens d’un test pour la présence du virus ou d’anticorps à celui-ci, mais en tant que test pour nous, en tant qu’individus, familles, communautés et nations entières. Nous constatons déjà que ses effets vont de relativement bénins à désastre complet. Comme toujours, blâmer le test pour son échec est une invitation au rire, à ses propres dépens.