Les occupations à long terme de l’Afghanistan n’ont jamais servi à rien


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 29 janvier 2016 – Source Moon of Alabama

L’armée étasunienne se prépare actuellement à occuper durablement l’Afghanistan. Une réflexion sur l’analogie historique des Soviétiques en Afghanistan montre que cette entreprise a peu de chance d’être couronnée de succès. Continuer la lecture de Les occupations à long terme de l’Afghanistan n’ont jamais servi à rien

La Chine détient-elle la clé du casse-tête afghan ?

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 14 janvier 2016 – Source : Russia Today

Lundi dernier à Islamabad, il y avait des raisons de croire que le processus de paix afghan allait peut-être ressusciter comme Lazare, lorsque quatre joueurs majeurs, l’Afghanistan, le Pakistan, les USA et la Chine, se sont réunis autour d’une même table. Continuer la lecture de La Chine détient-elle la clé du casse-tête afghan ?

Brzezinski : « Comment Jimmy Carter et moi avons créé les moudjahiddin »


La CIA a reçu l’ordre d’aider les moudjahiddin afghans six mois avant l’intervention militaire soviétique


CounterPunch

Par Jeffrey St Clair et Alexander Cockburn – Le 15 janvier 1998 – Source CounterPunch

Jimmy Carter

Zbignew Brzezinski, rencontrant Ben Laden

Q : Robert Gates, ancien directeur de la CIA, raconte dans ses mémoires (From the Shadows), que le renseignement américain a commencé à aider les moudjahiddin en Afghanistan six mois avant l’intervention soviétique. Vous étiez à cette époque le conseiller à la Sécurité nationale du Président Carter. Est-il exact que vous avez joué un rôle dans cette affaire ?

Brzezinski : En effet. Selon la version officielle, l’aide de la CIA aux moudjahiddin a commencé au cours de l’année 1980, autrement dit, après que les Soviétiques eurent envahi l’Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais en réalité, et le secret a été bien gardé jusqu’à présent [l’interview date de janvier 1998, NdT], c’était tout l’inverse : c’est le 3 juillet 1979 que le Président Carter a signé la première directive pour une aide secrète aux opposants du régime pro-soviétique de Kaboul. Et c’est ce jour-là que j’ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquai qu’à mon avis cette aide allait provoquer une intervention militaire soviétique.

Q : Malgré ce risque, vous avez plaidé pour cette opération secrète. Mais peut-être vous-même souhaitiez-vous cette intervention soviétique, et cherchiez-vous à la provoquer ?

Brzezinski : Ce n’est pas tout à fait cela. Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous savions que nous augmentions la probabilité qu’ils le fassent.

Q : Quand les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu’ils devaient contrer une ingérence secrète des États-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Et pourtant, il y avait du vrai dans cela. Vous ne regrettez rien aujourd’hui ?

Brzezinski : Regretter quoi ? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’entraîner les Russes dans le piège afghan et vous voudriez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j’ai écrit au Président Carter : «Nous avons maintenant l’occasion d’offrir à l’Union Soviétique sa propre guerre du Vietnam». En effet, pendant près de dix ans, Moscou a dû mener une guerre qu’elle n’avait plus les moyens de mener, un conflit qui a mené à la démoralisation et finalement à l’effondrement de l’empire soviétique.

Q : Et vous ne regrettez pas non plus d’avoir soutenu l’intégrisme islamique, en ayant donné des armes et une formation aux terroristes futurs ?

Brzezinski : Qu’est-ce qui compte le plus dans l’Histoire du monde ? Les talibans ou l’effondrement de l’empire soviétique ? Quelques musulmans excités ou la libération de l’Europe de l’Est et la fin de la Guerre Froide ?

Q : Quelques musulmans excités ? Mais on nous l’a dit et répété : le fondamentalisme islamique représente une menace mondiale aujourd’hui.

Brzezinski : C’est absurde ! On a dit que l’Occident suit une politique globale pour traiter de la question de l’Islam. C’est stupide. Il n’y a pas d’Islam global. Considérez plutôt l’Islam d’un point de vue rationnel et sans démagogie ni émotion. L’Islam est la religion qui guide un milliard et demi de croyants dans le monde. Mais quel est le point commun entre le fondamentalisme saoudien, l’Islam modéré du Maroc, le militarisme pakistanais, le laïcisme de l’Egypte pro-occidentale ou celui de l’Asie centrale ? Rien de plus que les liens qui unissent les différents états du monde chrétien.

Interview par Jeffrey St Clair et Alexander Cockburn

Traduit par Ludovic, édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone

 

 

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Les pilotes de drones se révoltent

Préambule

Cette lettre m’a interpellé car elle met le doigt sur un point qui me dérange depuis les attentats du 13 novembre. C’est la réaction d’inculpabilité de trop nombreux Occidentaux face à cet événement. Pour cela, ils s’inventent une histoire de musulmans agressifs par culture, qui leur évite de voir leur part de responsabilité dans cette réaction violente de la part de jeunes déséquilibrés sociaux.

Cela me fait totalement penser à la réaction israélienne face aux jeunes Palestiniens. Incapables de voir que la colère palestinienne est due à la colonisation humiliante qu’ils subissent, ils s’inventent une histoire raciste d’Arabes violents par nature.

Eh bien, il semble que ce soit la même chose pour de nombreux Occidentaux qui, incapables de reconnaitre la politique néo-colonialiste menée par les États-Unis et leurs laquais européens, dont la France en première ligne, s’inventent une histoire raciste qui dit que la religion musulmane rend les gens agressifs, conquérants et violents. Exactement comme on traitait les colonisés de sauvages du temps des premières colonisations.

Un peu de remise en question de soi, autant collectivement qu’individuellement, sera nécessaire pour que le monde retrouve un minimum d’harmonie. La myopie politique qui touche tant de monde ne peut que mener à cette guerre mondiale que pourtant même ces myopes redoutent. Ouvrez vite les yeux car c’est votre myopie qui la génère. Ouvrez les yeux pour réaliser que cette arrogance coloniale occidentale doit disparaitre par auto-décision, volonté propre, sinon elle disparaîtra dans le sang. Exigeons de nos gouvernements qu’ils abandonnent cette politique impérialiste qu’ils mènent depuis Christophe Colomb. Car si nous n’en sommes pas capables de notre plein gré, alors ce sera une 3e guerre mondiale, mais cette fois nous la perdrons car nous ne sommes plus dans le sens de l’Histoire.

Ouvrez les yeux pour ne plus jamais oublier que ce ne sont pas quelques jeunes musulmans frustrés qui sont le vrai danger pour les peuples, mais ces systèmes politiques où la haine entre les peuples est attisée, depuis des siècles, par des puissants qui en profitent pour assouvir leur mégalomanie.

J’espère que cette lettre vous y aidera.

Le Saker Francophone
Pourquoi avez-vous tué ma famille, peint sur un mur au Yémen

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Le bombardement de l’hôpital de Kunduz met en lumière l’hypocrisie des frappes étasuniennes


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 3 octobre 2015 – Source: Moon of Alabama

Les États-Unis vont-ils continuer à affirmer dans leur propagande que le gouvernement syrien bombarde sciemment des hôpitaux? Ou qu’il utilise des bombes non guidées ou des bombes barils qui causent des dommages collatéraux? Leurs mandataires vont-ils continuer à fabriquer de fausses vidéos qui prétendent montrer ces bombardements?

Eh bien, il est temps de mettre fin à ce non-sens parce que l’hypocrisie est maintenant devenue trop évidente. Continuer la lecture de Le bombardement de l’hôpital de Kunduz met en lumière l’hypocrisie des frappes étasuniennes

Remaniement de la plate-forme énergétique de l’Eurasie, Iran, Chine et Pipelineistan

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 31 juillet 2015 – Source AsiaTimes

Pipelineistan – le premier échiquier de l’énergie eurasienne – ne dort jamais. Récemment, c’est la Russie qui a marqué des points sur tous les fronts ; deux contrats de gaz monstres scellés avec la Chine l’année dernière ; le lancement de Turk Stream en remplacement de South Stream; et le doublement de la capacité du Nord Stream vers l’Allemagne.

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Les frontières de sang


Par Ralph Peters – Le 1er juin 2006 – Source : armedforcesjournal

Préambule

Curieusement, cet article n'a jamais été traduit [Finalement si, voir note en bas de page] alors qu'il continue d'être disponible sur le site http://www.armedforcesjournal.com qui est un des organes de communication de l'armée américaine. On peut donc supposer qu'il reste d'actualité, ce qui explique sa popularité dans nombre d'articles traitant de la géopolitique du Moyen-Orient. L'actualité au Yémen, en Irak et en Syrie donne un éclairage particulier à cet article publié en 2006. l'auteur Ralph Peters est toujours vivant et continu à s'activer avec pas moins de 30 modifications en 2015 sur sa page Wikipedia.

Le Saker Francophone

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La Russie a durci sa frontière sud, politiquement et militairement

The Saker
The Saker

Par le Saker original – Le 29 mai 2015 – Source thesaker.is

La Russie projette d’inviter l’Inde, le Pakistan et l’Iran dans l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS)
C’était en discussion depuis longtemps, mais cette fois, c’est officiel : Sergei Lavrov vient de déclarer que lors du prochain sommet des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), la Russie proposera d’entamer le processus menant à l’adhésion de l’Iran comme membre effectif, ainsi que de l’Inde et du Pakistan.

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Quand la Nouvelle Route de la Soie rencontre l’Union eurasienne


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 10 avril 2015 – Source sputniknews

Tous les rêves des exceptionnalistes qui prient pour que la Russie et la Chine abandonnent leur solide partenariat stratégique gagnant-gagnant, entièrement conçu pour leurs intérêts nationaux communs, ont été dissipés par la visite cruciale à Moscou du ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

A Moscou, Wang a souligné à la fois la politique Look East de la Russie et celle de la Chine Go West – qui englobent essentiellement l’immense projet de Nouvelles Routes de la Soie – disant que ce projet «a créé des opportunités historiques pour l’amarrage des stratégies de développement des deux pays

Vladimir Poutine avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi à Moscou. [DAI TIANFANG / XINHUA]
Ils sont entièrement en phase. Look East, la stratégie de la Russie, ne concerne pas seulement la Chine, mais au moins autant l’intégration eurasienne que les routes de la soie de la Chine Nouvelle, car Moscou en a besoin pour développer la Sibérie orientale et l’Extrême-Orient russe.

Le partenariat stratégique, en perpétuelle évolution n’englobe pas seulement l’énergie, y compris la possibilité d’investissements chinois dans des projets cruciaux de pétrole et de gaz russes, mais aussi l’industrie de la défense; il est de plus en plus question d’investissement, de banque, de finance et de haute technologie.

Les sanctions occidentales sur la Russie gênent le processus de paix en Ukraine – FM Chine -© REUTERS / HONG WU / POOL

La portée du partenariat est extrêmement large, de la coopération Russie-Chine au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au rôle de la Russie et de la Chine dans la nouvelle banque de développement BRICS, et du soutien de la Russie à l’infrastructure chinoise dirigée par la Banque asiatique d’investissement (AIIB) et la Fondation de la Route de la Soie.

Pékin et Moscou, avec les autres nations du BRICS, se dirigent rapidement vers un commerce débarrassé du rôle du dollar US, en utilisant leurs propres monnaies. En parallèle, ils étudient la création d’un système SWIFT de remplacement – qui sera nécessairement rejoint par les pays de l’UE, comme ils se joignent à l’AIIB; car si en théorie l’Allemagne pourrait se permettre de perdre son commerce avec la Russie en raison de la politique de sanctions de Berlin – au grand mécontentement des industriels allemands –, elle ne peut tout simplement pas se passer de l’énergie russe. Et pour l’Allemagne, perdre le commerce avec la Chine est totalement impensable.

Le Trans-Siberian boosté aux stéroïdes

Deux jours après sa visite à Moscou, Wang est allé jusqu’à rencontrer le ministre des Affaires étrangères de Mongolie Lundeg Purevsuren, soulignant que la Nouvelle Route de la Soie développera une nouvelle plate-forme, un corridor économique trilatéral reliant la Russie, la Chine et la Mongolie.

La Chine construit 7000 km du TGV Moscou-Pékin estimé à $278 Mds © AP Photo / Xinhua, JIAO Hongtao

Ce à quoi Wang faisait allusion est le corridor de transport eurasien prévu – qui mettra en vedette, un chemin de fer flambant neuf haute vitesse Trans-Siberian de $278 milliards reliant Moscou à Pékin, en seulement 48 heures, avec toutes les escales intermédiaires.

Il était donc inexorable que Wang lui-même assemble les pièces du puzzle que Washington refuse de voir: «La construction du corridor économique Chine-Russie-Mongolie relierait la Ceinture économique de la Route de la Soie en Chine au plan ferroviaire transcontinental de la Russie et au programme de la Route de la Prairie en Mongolie

Ce que nous avons ici avant tout, c’est la Nouvelle Route de la Soie, qui établit une connexion directe entre la Chine et l’Union économique Russie-Eurasie-(EEU). La Chine et l’EEU sont tenues de mettre en place une zone de libre-échange. Rien de plus naturel en pratique, car il s’agit du sujet de l’intégration eurasienne. Les détails seront entièrement discutés lorsque le président chinois Xi Jinping ira en visite à Moscou le mois prochain, et au Forum économique de Saint-Pétersbourg en juin.

La connexion IP chinoise

La politique chinoise à couper le souffle du Go West débloque enfin aussi un défi clé du  Pipelineistan dans la Nouvelle Route de la Soie; le gazoduc Iran-Pakistan (IP), qui à l’origine incluait l’Inde, était sans relâche harcelé par les deux administrations Bush et Obama et bloqué par les sanctions américaines.

Le tronçon iranien de 900 km, jusqu’à la frontière pakistanaise, est déjà terminé. Ce qui reste – 780 km, coût $2 milliards – sera essentiellement financé par Pékin, le travail technique étant effectué par une filiale de la CNPC. Le Président Xi va annoncer l’accord à Islamabad ce mois-ci.

Donc, ce que nous avons ici, c’est une Chine qui intervient activement, dans le  style gagnant-gagnant, afin de mettre en place un cordon ombilical d’acier entre l’Iran et le Pakistan, pour le transport de gaz, avant même que les sanctions sur l’Iran soient levées, progressivement ou non. Appelez cela l’esprit d’entreprise des Nouvelles Routes de la soie en action – chapitre Asie du Sud.

Bien sûr, il y a aussi des avantages innombrables pour Pékin. L’Iran est déjà une question de sécurité nationale pour la Chine – en tant que premier fournisseur de pétrole et de gaz. Le pipeline passera par Gwadar, le port stratégique de l’océan Indien, déjà sous gestion chinoise. Le gaz pourra alors être expédié en Chine par la mer ou – mieux encore – un nouveau pipeline de Gwadar au Xinjiang, parallèle à l’autoroute du Karakoram, pourrait être construit au cours des prochaines années, contournant ainsi le détroit de Malacca, qui est un objectif crucial de la stratégie de diversification énergétique complexe de la Chine.

Et puis il y a l’Afghanistan – qui, du point de vue de Pékin s’inscrit dans le projet de la Nouvelle Route de la Soie en tant que corridor de ressources entre le Sud et l’Asie centrale.

La Chine exhorte les USA à s’abstenir de rhétorique et d’actions belliqueuses en Asie© AP Photo / EUGENE Hoshiko

Pékin veut idéalement investir dans le développement des infrastructures de l’Afghanistan pour accéder à ses ressources et consolider encore une autre tête de pont du Xinjiang à l’Asie centrale et plus loin vers le Moyen-Orient. Les produits fabriqués en Chine doivent actuellement passer par le Pakistan pour être exportés vers l’Afghanistan .

CNPC et la China Metallurgical Group Corp. sont déjà en Afghanistan, par le biais d’investissements dans le bassin pétrolifère de l’Amou-Daria et dans l »énorme mine de cuivre d’Anyak. C’est pas simple, mais c’est un début. La Russie et la Chine membres de la SCO ont grand besoin d’un Afghanistan stable, mûr pour le business à la fois dans la Nouvelle Route de la Soie et dans l’EEU. La question clé est de savoir comment satisfaire les talibans. Certes, en n’appliquant pas les méthodes de Washington.

Pendant ce temps, la proposition du Pentagone, pour ce que son nouveau chef Ash Carter décrit dédaigneusement comme cette partie du monde, est de déployer – devinez quoi – de nouvelles armes qui vont du système de défense antimissile THAAD encore en production, jusqu’aux derniers bombardiers furtifs en passant par les les unités spécialisée dans la cyber-guerre. La coopération économique eurasienne? On oublie. Pour le Pentagone et l’Otan – qui, soit dit en passant, ont récemment perdu une guerre de treize ans contre les talibans – la coopération économique est pour les poules mouillées.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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