Par M.K. Bhadrakumar – Le 1er mars 2024 – Source Indian Punchline
L’annonce faite mercredi par le ministère chinois des affaires étrangères selon laquelle le représentant spécial de Pékin pour les affaires eurasiennes, Li Hui, quittera son pays le 2 mars pour une « deuxième série de navettes diplomatiques sur la recherche d’un règlement politique de la crise ukrainienne » peut sembler incongrue.
Deux jours plus tôt, le président français Emmanuel Macron déclarait qu’il n’excluait pas la possibilité d’envoyer des troupes occidentales sur le terrain en Ukraine afin d’empêcher une victoire russe. Li Hui devrait se rendre en Russie, au siège de l’UE à Bruxelles, en Pologne, en Ukraine, en Allemagne et en France.
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Il ne faut jamais croire ce que disent de la Chine et de la Russie les membres de l’establishment bipartisan de la politique étrangère. Ils ne croient pas non plus ce qu’ils disent. Le Blob (comme l’appelait Ben Rhodes, collaborateur d’Obama) a appris, au fil de générations de bévues stratégiques, que si tout le monde serre les rangs et s’en tient à la même histoire, ses membres survivront à un désastre stratégique de n’importe quelle ampleur en conservant leur carrière intacte.
La division du monde évolue rapidement vers quelque chose qui ressemble moins à une division – si l’on entend par « division » une division plus ou moins équilibrée entre deux parties – qu’à l’isolement d’une petite partie de la communauté internationale par rapport à une plus grande, significative ou largement majoritaire. En outre, cet isolement ressemble à une auto-isolation, et la partie qui s’isole est l’Occident. Il ne devait pas en être ainsi. Avant même la guerre ukrainienne entre l’OTAN et la Russie, Washington et Bruxelles se félicitaient d’avoir réussi à isoler la Russie, puis la Chine, de la « communauté des démocraties » (alors même que Washington abandonnait ce qu’il conviendrait d’appeler non pas un gouvernement démocratique, mais un gouvernement républicain). Au lieu de cela, c’est l’inverse qui se produit. Par son arrogance et son obstination, l’Occident, dirigé par Washington, se retrouve de plus en plus isolé.