Forcer le choix : De quel côté de l’histoire êtes-vous ?


La Russie et la Chine font une démonstration de force pour contraindre à un retrait dans le périmètre de l’hégémonie américaine.


Par Alastair Crooke – Le 6 mars 2022 – Source Al Mayadeen

Il est de plus en plus évident que l’Occident n’a pas eu de stratégie diplomatique pour faire face à la crise ukrainienne, au-delà de l’hystérie provoquée par les opérations psychologiques. Les dirigeants occidentaux n’ont pas apprécié assez tôt le point d’inflexion géostratégique plus large provoqué par la déclaration de Pékin de Poutine-Xi, ni la détermination avec laquelle elle serait mise en œuvre. Au contraire, l’Europe a suivi le réflexe habituel du merkelisme (du nom de l’ancienne chancelière allemande), qui consiste à éviter de prendre des décisions difficiles, à masquer les schismes stratégiques avec un peu d’argent liquide, à ajouter beaucoup d’édulcorants avant de botter en touche. Continuer la lecture

Brûler les structures mondialistes pour sauver l’« ordre libéral » mondialiste


Biden, enfin, a son « succès » en politique étrangère : l’Europe s’isole de la Russie, de la Chine et du marché asiatique intégré émergent.


Par Alastair Crooke – Le 6 mars 2022 – Source Strategic Culture

Dans sa triple frappe de sanctions contre la Russie, l’UE ne cherchait pas initialement à faire s’effondrer le système financier russe. Loin de là : son premier réflexe était de trouver les moyens de continuer à répondre à ses besoins énergétiques (d’autant plus vitaux que les réserves européennes de gaz sont proches de zéro). Les achats d’énergie, de métaux spéciaux, de terres rares (tous nécessaires à la fabrication de produits de haute technologie) et de produits agricoles devaient être exemptés. En bref, à première vue, les nerfs du système financier mondial devaient rester intacts. Continuer la lecture

Les États du Golfe contemplent avec angoisse un Moyen-Orient découpé et divisé par la « nouvelle guerre froide »


Si les dirigeants de Téhéran décident qu’un accord est dans leur intérêt alors, et alors seulement, les États-Unis pourront remonter à bord.


Par Alastair Crooke – Le 27 février 2022 – Source Al Mayadeen

À l’heure où nous écrivons ces lignes, nous ne savons pas encore si les négociations nucléaires de Vienne aboutiront à un accord permettant aux États-Unis et à l’Iran de se conformer à nouveau au JCPOA, ou non. L’administration Biden est arrivée à la Maison Blanche avec l’intention expresse de réintégrer le JCPOA. Mais cela s’est avéré beaucoup moins facile à réaliser que ce que l’équipe Biden avait initialement prévu, le principal obstacle étant la position ferme de l’Iran (plutôt que – cette fois – l’ingérence israélienne) : si les dirigeants de Téhéran décident qu’un accord est dans leur intérêt alors, et alors seulement, les États-Unis seront en mesure de remonter à bord. Continuer la lecture

La « destruction constructive » du modèle de relations entre la Russie et l’Occident


Poutine pense ce qu’il dit : la Russie est dos au mur, et elle ne peut plus se retirer nulle part – pour elle, c’est une question existentielle.


Par Alastair Crooke – Le 27 février 2022 – Source Strategic Culture

L’Occident dans son ensemble était déjà en colère. Et il est apoplectique après que le président Poutine a choqué les dirigeants occidentaux en ordonnant une opération militaire spéciale en Ukraine, qui est largement décrite (et perçue en Occident) comme une déclaration de guerre : « un assaut choquant et effrayant touchant des villes dans toute l’Ukraine ». En fait, l’Occident est tellement en colère que l’espace informationnel s’est littéralement scindé en deux : tout est ou noir ou blanc, sans gris. Pour l’Occident, Poutine a complètement défié Biden ; il a unilatéralement et illégalement « changé les frontières » de l’Europe et agi comme une « puissance révisionniste » , tentant de changer non seulement les frontières de l’Ukraine, mais aussi l’ordre mondial actuel. « Trente ans après la fin de la guerre froide, nous sommes confrontés à un effort déterminé en vue de redéfinir l’ordre multilatéral », a averti le haut représentant de l’UE, Josep Borell. « C’est un acte de provocation. C’est un manifeste révisionniste, le manifeste de révision de l’ordre mondial » . Continuer la lecture

La séparation ou la purge géopolitique ? Au-delà du « vieux clairon du siècle dernier »


Il semble que la Russie et la Chine soient arrivées à la conclusion que si un ordre mondial est orchestré par ceux qui pensent en quelque sorte « savoir mieux » que la moitié de leur propre électorat, elles préfèrent s’en passer.


Par Alastair Crooke – Le 20 février 2022 – Source Al Mayadeen

Yuri Ushakov, un haut conseiller du Kremlin, avait révélé avant la déclaration Poutine-Xi de Pékin que sa publication marquerait un point d’inflexion dans les relations internationales. Ce serait une nouvelle ère, avec la Russie et la Chine en phase « sur les problèmes mondiaux les plus importants – et avec un accent particulier sur les questions de sécurité. »

Le monde entier commence tout juste à comprendre à quel point cette déclaration représente un point d’inflexion. La déclaration elle-même était générale – une répétition de grands principes. Ce qui est encore plus clair aujourd’hui, c’est que Moscou et Pékin avaient déjà décidé de rompre avec l’Occident – de manière fondamentale. Continuer la lecture

Nord Stream : La géopolitique consistant à maintenir les Allemands « sous tutelle », la Russie « à l’extérieur » et l’instabilité en Ukraine


Il semble raisonnable de penser que cette crise nous accompagnera – sous de multiples formes – pendant au moins les deux prochaines années.


Par Alastair Crooke – Le 14 février 2022 – Source Strategic Culture

Dans un entretien remarquablement franc avec un journal français, Macron a mis le doigt sur les principaux problèmes structurels auxquels l’UE est confrontée : il a déploré le fait que le Conseil de l’UE (et d’autres États membres) ait opposé son veto à la proposition franco-allemande d’un sommet Russie-UE. Les conséquences de cette décision, a-t-il déclaré sans ambages, sont les suivantes : d’ « autres » parlent aux Russes au nom de l’UE. Il n’est pas difficile de supposer qu’il sous-entend que ce sont les « intérêts » des États-Unis (directement ou via les ventriloques de l’OTAN) qui parlent. Et que l’« Europe » est devenue muette. Continuer la lecture

Les ponts de l’Europe sont tombés : Aucune voie vers un avenir politique


Tous les ponts étant tombés, les Euro Élites n’ont plus aucun moyen d’accéder à une nouvelle vision politique.


Par Alastair Crooke – Le 13 février 2021 – Source Al Mayadeen

Le fondateur d’Eurointelligence, Wolfgang Münchau, est un fervent défenseur de l’Europe. Il en est ainsi depuis une décennie. Au début du mois, cependant, il a fait le commentaire suivant :

La bataille pour l’intégration européenne a échoué. Il est temps de reconnaître la défaite, et de réfléchir aux conséquences :

 

Quand on se bat pour une cause qui ne se concrétise pas, à quel moment reconnaît-on et admet-on la défaite ? La crise de la dette souveraine de la zone euro m’a privé de ma dernière grande illusion européenne, l’idée que les crises nous rendent plus forts. Cette crise particulière nous a rendus plus faibles. Tout comme la pandémie…

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Les turbulences persisteront jusqu’à l’émergence d’un ordre mondial modifié


L’Ukraine s’est transformée – de manière inattendue – du point de vue de Washington, passant d’une « distraction utile » à un dilemme pour Biden.


Par Alastair Crooke – Le 7 février 2022 – Source Strategic Culture

« Que ferons-nous si l’Occident refuse d’entendre raison ? », a fait remarquer Sergueï Lavrov. « Eh bien, le président de la Russie a déjà dit ce [qu’il fera] ». « Si nos tentatives de s’entendre sur des principes mutuellement acceptables pour assurer la sécurité en Europe ne donnent pas le résultat escompté, nous prendrons des mesures de riposte ». Interrogé directement sur ce que pourraient être ces mesures, il [Poutine] a répondu : « elles pourraient prendre toutes les formes et être de n’importe quelle envergure ». La Russie avait précédemment annoncé qu’en l’absence d’une réponse satisfaisante de la part de l’Occident, elle laisserait de côté le langage de la diplomatie pour recourir à des mesures « militaro-techniques » non précisées, ce qui aurait pour effet d’accroître progressivement la pression sur l’OTAN et les États-Unis. Continuer la lecture

Lavrov vient-il de définir l’avenir du Moyen-Orient ?


La récente série d’événements en Asie et en Europe semble être l’élément déterminant de la prochaine phase du Moyen-Orient.


Par Alastair Crooke – Le 6 février 2022 – Source Al Mayadeen

Vendredi dernier, Antony Blinken (à son initiative) a appelé son homologue chinois, le ministre des affaires étrangères Wang Yi. L’appel s’est transformé en une furieuse dispute, le Global Times affirmant par la suite que Wang a tout simplement surpassé Blinken au cours de cet échange extrêmement technique.

De quoi s’agissait-il ? Il semble que Blinken voulait avertir Wang de probables sanctions contre la Russie ; neutraliser toute réaction négative de la Chine à ces sanctions américaines et européennes ; s’assurer le soutien de la Chine pour persuader la Russie de considérer les réponses occidentales aux problèmes en matière de sécurité de la Russie comme la base d’un dialogue. Continuer la lecture

Les EAU sont une réplique de « Taïwan »


Un État « sentinelle » américain au point d’étranglement de Bab-el-Mandab, qui perturbe la route de la soie maritime de la Chine.


Par Alastair Crooke – Le 30 janvier 2022 – Source Al Mayadeen

Les États-Unis sont au moins clairs, maintenant, sur leur stratégie globale : il s’agit de barricader la Chine et la Russie à l’intérieur des frontières de leurs propres territoires et de les contenir par la mise en place de chaînes ininterrompues d’« États sentinelles » afin de contenir les deux pays sur tous les fronts et de paralyser potentiellement leur économie en cas de crise future.

En outre, la situation en Ukraine et à Taïwan est présentée comme une analogie du mythe selon lequel l’Afghanistan était le bourbier dans lequel les États-Unis avaient enfoncé l’Union soviétique. C’est un mythe – j’étais là à l’époque. L’URSS a plié sous le poids de ses contradictions inhérentes. Elle n’a pas été vaincue en Afghanistan. Continuer la lecture