Guy Debord et les hallucinations de la société postmoderne


Par Nicolas Bonnal – Mai 2019 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Le pouvoir socialiste a honteusement et répétitivement tenté de récupérer Debord, mais le message du maître des rebelles demeure toujours aussi dur. On ne saurait trop recommander la vision du film In girum imus nocte et consumimur igni (superbe titre palindrome), qui va plus loin que la Société du Spectacle, étant moins marxiste et plus guénonien en quelque sorte (le monde moderne comme hallucination industrielle et collective). Debord tape sur cette classe moyenne dont nous faisons tous partie et dont certains font mine de regretter la disparition.

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Quel est ce pays ?


Par Jean-Luc Baslé – Le 6 mai 2019


Quel est ce pays qui s’octroie le droit d’affamer les populations de l’Iran et du Venezuela au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Quel est ce pays qui après avoir détruit trois nations au Moyen-Orient (Irak, Libye et Syrie), participe à la destruction d’une quatrième (Yémen), avec l’aide de la France, créant la pire crise humanitaire de la planète ? Quel est ce pays qui au nom des valeurs de l’Occident, s’en prend aux nations riches en ressources naturelles (Iran, Irak, et Libye pour leur pétrole, et Venezuela pour son pétrole et son or) ?

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Assange, Notre-Dame et les légumes vivants


Par Nicolas Bonnal – Mai 2019 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Nicolas Bonnal

Mirons-nous dans la glace, nous autres antisystèmes ! Nous avons vécu un mois d’avril époustouflant, entre cette arrestation, le grand incendie déjà oublié, la hausse de la bourse et du dollar (qui récompensent la démentielle gestion impériale), les élections espagnoles qui marquent le triomphe de la gauche sauce Soros. Plus le système est fou, plus il semble invincible avec la remontée dans les sondages de l’autre et le réaménagement de nos chefs d’œuvre gothiques en boutiques de luxe.

Même l’arrestation d’Assange (lui-même pas très inspiré de s’être enfermé pendant sept ans dans cette ambassade) s’est passée comme à la parade et n’a pas soulevé les foules. Les anti-systèmes dont nous sommes se sont contentés de cliquer et pas de réagir sur le terrain. Nous aurions dû être des milliers à le protéger dans la rue. En réalité la matrice du web a réussi à nous domestiquer comme personne. Nous ne réagissons même pas physiquement et le système sait ce que nous pensons heure par heure. Nous n’avons plus d’existence physique, juste une vague tremolo psychique que nous prenons pour du militantisme politique ou spirituel.

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La force de l’existence


Par Patrice-Hans Perrier − Le 4 Mai 2019 − Source Le blog de Patrice-Hans Perrier

Les temps sont difficiles pour les patriotes actifs des deux côtés de l’Atlantique. En effet, le rouleau compresseur des diverses chartes onusiennes et la pression des grandes multinationales font en sorte que les prérogatives des États nationaux se réduisent, chaque jour, en peau de chagrin. Il y a péril en la demeure et c’est le cas de le dire.

L’historien Dominique Venner s’épanche longuement dans son essai, intitulé « Un samouraï d’Occident », sur les causes du déclin de l’Europe et de la civilisation helléno-chrétienne. D’après lui, l’inéluctable déclin de notre civilisation serait dû, d’entrée de jeu, à la perte de ce qui constituait la substantifique moelle de notre éthos collectif.
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1919. Une Société des Nations au service des grands intérêts économiques et financiers ?


Par Christine Cuny − Le 30 Avril 2019

On en avait, enfin ! terminé avec cette maudite guerre … Parce qu’elle avait coûté des millions de morts, causé des destructions considérables et provoqué tant de malheurs à jamais irréparables, les peuples n’étaient-ils pas en droit d’espérer que des leçons en fussent tirées pour l’avenir ?

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La théorie des équilibres ponctués


Par François Roddier − Le 28 avril 2019 – Source francois-roddier.fr

La criticalité auto-organisée vue par Karim

On doit au paléontologue américain Stephen Jay Gould et à son associé Niles Eldredge la constatation que l’évolution des espèces n’est pas uniforme dans le temps mais procède par sauts brutaux à des époques particulières. C’est la théorie dite « des équilibres ponctués ». Le physicien Per Bak a montré qu’elle est une conséquence du processus général de criticalité auto-organisée selon lequel les structures dissipatives s’organisent.
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L’Avertissement de Brzezinski à l’Amérique


Par Mike Whitney − Le 13 Avril 2019 − Source Unz Review

L’ordre mondial libéral, qui a duré depuis la fin de la Seconde guerre mondiale à ce jour, est en train de rapidement s’effondrer. Son centre de gravité se déplace d’Ouest en Est, en direction de la Chine et de l’Inde qui connaissent une croissance explosive, et d’une Russie régénérée, qui a retrouvé son statut de superpuissance mondiale crédible. Ces évolutions, associées à la projection impériale excessive et à la stagnation économique chronique des États-Unis, ont sérieusement entravé la capacité des États-Unis à mener le jeu, ou à poursuivre leurs propres objectifs stratégiques. Avec le relâchement continu du contrôle de  Washington sur les affaires du monde, et le rejet du modèle de développement occidental par un nombre croissant de pays dans le monde, l’ordre actuel s’affaiblira progressivement, ouvrant ainsi la voie à un monde multipolaire qui nécessite une nouvelle architecture de sécurité.

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La libération de Notre-Dame


Notre-Dame de Paris. Le nom sonne si tendre, si incarné qu’on en oublie que c’est un édifice de pierre. Il y a belle lurette que ce nom ne désigne plus une construction, mais un être vivant. Une femme, une déité, une mère, la nôtre qui plus est, qui veille sur Paris, sur la France et par conséquent sur le monde entier. Car le plan qui va de l’église Notre-Dame au Louvre et du Louvre à l’Arc de Triomphe est incrusté dans la géographie intime de toute l’humanité civilisée, par-delà ses langues, ses traditions et ses religions.

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L’Empire américain est-il sur le déclin ?


Par Jean-Luc Baslé − Avril 2019

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Historiens et politologues américains s’interrogent sur le futur de l’empire américain. Est-il sur le déclin ? Le débat est si vif que Barack Obama se crut obligé d’intervenir. Voilà ce qu’il dit dans son discours sur l’état de l’Union de janvier 2012 : « Celui qui vous dit que l’Amérique est sur le déclin ou que son influence a décru, ne sait pas de quoi il parle ». Peut-être répondait-il à Francis Fukuyama. Ce professeur d’économie politique qui écrivait dans Le Monde du 11 septembre 2011, soit dix ans après les attaques du 11 septembre, que ces attaques avaient « marqué le début de la fin de l’hégémonie des États-Unis ». Stephen Walt, professeur à Harvard, lui fit écho quand il écrit dans The National Interest de novembre 2011 que « l’avènement de nouveaux pouvoirs et la double débâcle en Irak et en Afghanistan annoncent un brutal déclin de la capacité de l’Amérique à façonner l’ordre mondial ». Bien entendu, ceci n’est pas du tout du goût du néoconservateur Robert Kagan qui le fait savoir dans un article paru dans The New Republic le 17 janvier 2012, intitulé « Pas prêt à disparaître : contre le mythe du déclin américain. » Nous pourrions multiplier les citations. Elles n’apporteraient rien au débat. La conclusion est sans appel : les États-Unis ont entamé leur déclin.

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La CIA à l’oeuvre en Espagne…


…Les citoyens américains qui ont perquisitionné l’ambassade de Corée du Nord en Espagne sont-ils des « dissidents » ?


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 26 avril 2019

Les autorités espagnoles ont suspecté la CIA d’être impliquée dans le raid contre l’ambassade de Corée du Nord à Madrid le 22 février :

Au moins deux des dix assaillants qui ont pénétré dans l'ambassade et interrogé le personnel diplomatique ont été identifiés et ont des liens avec les services de renseignement américains. La CIA a nié toute implication, mais des sources gouvernementales [espagnoles] ont déclaré que leur réponse était « peu convaincante ».

La CIA a contredit les rapports espagnols sur son implication en mettant en avant le groupe mandataire, chargé du changement de régime, qui avait exécuté le raid :

« Le groupe responsable de l'opération de fin février est connu sous le nom de Cheollima Civil Defence, une organisation dissidente secrète engagée à renverser la dynastie Kim », ont déclaré au Washington Post des personnes en relation avec la planification et l'exécution de la mission.
 ...
 
« Ce groupe est le premier mouvement de résistance connu contre la Corée du Nord, ce qui rend ses activités très dignes d'intérêt », a déclaré Sung-Yoon Lee, expert de la Corée du Nord à l'université Tufts.

Sung-Yoon Lee est « professeur d’études coréennes à la Fondation Kim Koo-Korea et professeur adjoint à la faculté de droit et de diplomatie Fletcher de l’université Tufts ». Il semble croire que la résistance consiste en un raid violent, mené par une association d’Américains d’origine coréenne, pour le compte de la CIA, dans l’ambassade de Corée du Nord d’un pays tiers.

Le raid a eu lieu quelques jours avant le sommet Trump-Kim à Hanoï. Il était programmé pour faire dérailler les négociations.

Fin mars, un juge espagnol a désigné Adrian Hong Chang comme responsable du raid de l’ambassade. Adrian Hong Chen est à la tête du groupe Cheollima Civil Defence/Free Joseon. Le juge a exigé l’extradition de Hong et de ses complices des États-Unis. Une de ces personnes a depuis été capturée :

« Un ancien combattant de la marine américaine, originaire du sud de la Californie, faisait partie du groupe de dissidents armés de machettes et de faux pistolets qui ont pris d'assaut l'ambassade de Corée du Nord à Madrid, ligoté et battu des fonctionnaires à l'intérieur », ont annoncé des procureurs fédéraux dans le cadre d'une plainte pénale rendue publique mardi.
 
L’Espagne cherche à extrader Christopher Philip Ahn, notamment pour vol qualifié, séquestration illégale et organisation criminelle. Le juge Jean Rosenbluth a refusé la liberté sous caution pour Ahn lors d'une audience devant le tribunal de Los Angeles à laquelle assistaient son épouse, sa mère et environ deux douzaines d'autres partisans.
 ...
 
Les procureurs ont déclaré qu'Ahn avait été arrêté lors d'un raid effectué la semaine dernière dans l'appartement de son co-accusé, Adrian Hong Chang, à Los Angeles, et dirigeant du groupe Free Joseon. Hong Chang n'était pas chez lui et n'a pas été arrêté.

Une des raisons pour lesquelles la mise en liberté sous caution a été refusée est la violence extraordinaire utilisée par le groupe :

« Le groupe, armé de machettes, de barres de fer, de couteaux et de faux pistolets, a battu certains des employés, les a ensuite ligotés avec des chaînes et des câbles », ont affirmé les procureurs. Ils ont mis des sacs sur la tête des employés, les ont battus et menacés avec des barres de métal et des fusils, selon les documents du tribunal.

Fait intéressant, c’est Adrian Hong Chang, le chef du groupe, qui a dénoncé  Christopher Philip Ahn :

Après l'attaque, Hong Chang a également rencontré des agents du FBI au bureau de Los Angeles et leur a dit que Christopher Ahn, un ancien membre de la marine, avait participé à l'attaque.
 
Un des employés de l'ambassade a par la suite identifié Ahn comme un des attaquants d'après sa photo sur le profil de LinkedIn.
AhnHong

Christopher Philip Ahn, Adrian Hong Chang

Il semble que les autorités espagnoles aient fait suffisamment de boucan pour pousser les États-Unis à agir sérieusement contre le groupe. Mais les attaquants de l’ambassade ont toujours leurs défenseurs.

Sur NKNews.org, le professeur Sung Yong Lee a déclaré que la note de service du procureur dans l’affaire Christopher Philip Ahn était une ânerie :

Un expert a déclaré à NK News qu’il pensait que l’affaire du gouvernement américain, comme le montrent les documents dévoilés mardi, comportait « plus de trous qu’une tranche de gruyère ».
 
« Cela montre que l'affaire a été emballée de manière précipitée lorsque, après des semaines de couverture, le Ministère de la justice, vraisemblablement sur ordre de la Maison-Blanche et de l'État, a décidé d'éliminer Free Joseon », a déclaré Sung-Yoon Lee, professeur adjoint à Tufts. Université Fletcher School.

« La négligence est évidente dans la plainte », a-t-il poursuivi, soulignant ce qu'il a présenté comme un certain nombre d'incohérences dans le récit de l'effraction.

« La plainte pénale est entièrement basée sur des récits invraisemblables de la part du personnel de la RPDC, qui risquaient leurs vies en ne prétendant pas avoir été maîtrisés par des voyous », a-t-il poursuivi.

Une déclaration publiée sur le site Web de Free Joseon la semaine dernière a également exprimé sa « consternation » face à la décision d'arrêter Ahn, affirmant que cette décision découlait de « plaintes pénales déposées par le régime nord-coréen ».

Des reportages antérieurs d’Espagne contredisent les affirmations du professeur. L’affaire n’est pas « entièrement fondée sur des récits non plausibles de la part du personnel de la RPDC ». Ce sont les policiers espagnols qui ont confirmé la violence des auteurs :

La police a retrouvé les huit victimes à l'intérieur. Elles avaient été retenues en otage pendant deux heures, la tête dans un sac, frappées et effrayées. Deux d'entre elles ont eu besoin de soins médicaux.

Les réclamations de Free Joseon à propos de « plaintes déposées par le régime nord-coréen » sont également fausses. Les poursuites pénales pour des crimes  violents sont obligatoires en droit espagnol. La Corée du Nord n’a même pas besoin de porter plainte :

L’ambassade de Corée du Nord n’a pas porté plainte en Espagne et les responsables à Pyongyang n’ont pas officiellement commenté l’attaque.

Le professeur Sung-Yoon Lee n’a pourtant pas encore fini. Dans un éditorial du Los Angeles Times, il plaide contre l’extradition d’Ahn vers l’Espagne. Le titre suit son argumentation précédente, Free Joseon est un mouvement de résistance nord-coréen et non une entreprise criminelle :

Les autorités américaines ont déposé une plainte au pénal alléguant que les dissidents avaient eu recours à la force contre le personnel de l’ambassade et qu'ils l'avaient maltraité lors de l’action à Madrid. Free Joseon nie les accusations. Accepter ce qui est essentiellement une version nord-coréenne des événements, c'est accepter de défendre effectivement le régime de Kim. Cela envoie le message à Pyongyang que ses crimes flagrants sont hors des préoccupations du supposé champion mondial de la liberté et de la démocratie.

Les États-Unis ne doivent pas obéir à l'ordre de Kim. Notre traité d'extradition avec l'Espagne prévoit le refus de l'extradition si nous considérons l'infraction en question comme politique. La violation par l’ambassade de Corée du Nord était bien cela, et les États-Unis devraient chercher à protéger les dissidents plutôt que de les livrer à l’Espagne.
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Lutter contre la tyrannie au nom de la liberté, non seulement n’est pas un crime, mais un droit et un devoir. Les États-Unis ne devraient pas oublier ce principe sacré.

Christopher Ahn a la citoyenneté américaine. Adrian Hong a un passeport mexicain. Aucun d’eux ne vient de Corée du Nord. Comment peuvent-ils être des « dissidents » ? Si les citoyens nord-coréens qui souhaitent un changement de régime aux États-Unis attaquaient violemment une ambassade américaine dans un pays tiers, s’agirait-il également d’un acte « politique » commis par des « dissidents » ? L’argument est évidemment un non-sens.

Mais décrire les criminels comme « politiques, résistants » et « dissidents » est utile. Cette semaine, Kim Jong-un s’est rendu en Russie et a rencontré le président Vladimir Poutine. Ils ont parlé des négociations nucléaires. Le Washington Post titrait Poutine : Kim Jong Un a besoin de garanties de sécurité internationales pour abandonner son arsenal nucléaire :

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé jeudi à l'issue de son premier sommet avec Kim Jong Un que la Corée du Nord avait besoin de garanties de sécurité internationales, et pas seulement de promesses américaines, pour envisager de renoncer à son arsenal nucléaire.
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« Ils [les Nord-Coréens] ont seulement besoin de garanties quant à leur sécurité. C'est tout. Nous devons tous réfléchir ensemble à cette question », a déclaré Poutine aux journalistes après ses pourparlers avec Kim.

Les garanties de sécurité sont bien sûr sensées. Sans elles, la Corée du Nord ne désarmerait pas du tout. Mais les États-Unis sont incapables de respecter un accord, disent les auteurs du Washington Post :

La Corée du Nord a fait pression pour une déclaration mettant officiellement fin à la guerre de Corée, qui s'est soldée par un armistice en 1953, sans traité de paix. Kim a également qualifié de provocation les exercices militaires des États-Unis avec la Corée du Sud.

Trump a annulé certains exercices militaires et laissé planer la possibilité d’une déclaration de fin de guerre à l’avenir, mais les engagements directs des États-Unis de soutenir le maintien au pouvoir du régime de Kim sont extrêmement improbables, estiment les experts.

« Personne n'est en mesure de leur donner les garanties de sécurité qu'ils aimeraient avoir », a déclaré Andrei Lankov, expert de la Corée du Nord à l'Université Kookmin de Séoul. « Ils veulent une garantie non seulement contre une attaque extérieure mais également contre un éventuel mécontentement interne... Dans l’ensemble, c’est un coup d'épée dans l'eau. »

Kim Jong-un ne demanderait pas de garanties contre un véritable mécontentement interne. Les forces de sécurité nord-coréennes savent sûrement comment s’y prendre. Ce qu’il souhaite probablement, c’est que les États-Unis s’engagent de nouveau pour le droit international et s’abstiennent de toute ingérence dans les affaires intérieures de son pays.

La création et la manipulation de mouvements de « résistance », comme le groupe Free Joseon, est un instrument américain typique de « changement de régime ». Une telle « résistance » est alors utilisée comme prétexte pour un changement de régime violent par la force militaire. Ce fut le « Congrès national irakien », de l’expatrié Ahmed Chalabi, qui joua un rôle important dans la préparation de la guerre en Irak. Un soutien similaire de « résistance » a été utilisé, et continue toujours de l’être, pour plaider en faveur d’une guerre contre la Libye, contre la Syrie et, bientôt, contre le Venezuela.

Le professeur Sung-Yoon Lee demande à reconnaître les attaquants de l’ambassade comme des « résistants politiques ». Free Joseon s’est déjà déclaré le « gouvernement en exil » de la Corée du Nord. Que se passera-t-il lorsque les États-Unis le reconnaîtront comme tel ?

Il semble que l’objectif véritable du professeur soit le « changement de régime » en Corée du Nord, si nécessaire par la force américaine.

Le professorat de Sung-Yoon Lee doit son nom à Kim Koo, « un dirigeant du mouvement indépendantiste coréen contre l’empire japonais et un activiste pour la réunification après 1945 ». Kim Koo était farouchement opposé au projet américain de créer un gouvernement séparé en Corée du Sud. Il a été assassiné en 1949 par le lieutenant Ahn Doo-hee, agent du Corps de contre-espionnage américain en Corée et membre d’un groupe extrémiste de droite.

On doute sérieusement que Kim Koo aurait prêté son soutien au schéma que le professeur Sung-Yoon Lee colporte en son nom.

Quelques articles précédents de Moon of Alabama sur le sujet :

13 mars – Qui a ordonné à la CIA d’assaillir l’ambassade de Corée du Nord en Espagne ?
15 mars – La CIA reproche à son mandataire de s’être infiltré dans l’ambassade de Corée du Nord en Espagne
27 mars – Un juge identifie un homme lié à la CIA qui a dirigé le raid sur l’ambassade de Corée du Nord en Espagne

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par Wayan pour le Saker Francophone

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