À l’intérieur de l’usine de saucisses


Par Aurelien – Le 12 novembre 2025 – Source Blog de l’auteur

La semaine dernière, j’ai fait un rapide commentaire sur l’aspect amateur et désorganisée de la campagne internationale pour tenter de mettre fin au massacre à Gaza, en la comparant à ce à quoi pourrait ressembler une campagne organisée avec compétence. Pas vraiment à ma grande surprise – même si je pensais énoncer une vérité évidente – cela a agacé quelques personnes, ici et sur d’autres sites. Mais ensuite j’ai réalisé que l’épisode illustre en fait un problème fondamental plus large, qui est la différence entre la façon dont la saucisse politique est fabriquée et les hypothèses et attentes de ceux qui cherchent à comprendre ou même à influencer les choses de l’extérieur de l’usine. J’ai donc pensé que c’était le bon moment pour enfiler notre équipement de protection et nos masques et s’aventurer à l’intérieur de l’usine pour voir comment les choses sont généralement faites.

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Une vague d’assassinats


Le nombre actuel d’assassinats a dépassé celui des années 1960.


Par Peter Turchin − Le 14 septembre 2025 − Source Cliodynamica

Dans ce blog, je ne commente généralement pas les événements au fur et à mesure qu’ils se produisent, car je m’intéresse davantage aux tendances sociétales générales qu’aux événements individuels. De plus, notre compréhension d’un événement particulier évolue souvent à mesure que de nouvelles informations sont disponibles. Les reportages chaotiques sur l’assassinat de Charlie Kirk ces derniers jours (et les rétractations) en sont un bon exemple. Mais, en réalité, j’avais de toute façon l’intention d’écrire sur la récente augmentation de la fréquence des assassinats, ainsi que sur leur contexte social plus large, c’est donc une coïncidence si cet article paraît à la suite de cette tragédie.

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Au moins, ils n’en parlent pas. Certains problèmes n’ont aucune solution


Par Aurelien – Le 29 octobre 2025 – Source Blog de l’auteur

Je ne suis pas beaucoup la couverture médiatique traditionnelle de la guerre en Ukraine – je laisse cela à ceux qui ont l’estomac bien ancré – mais il est impossible d’ignorer les deux messages contradictoires et confus qu’elle diffuse sur les chances de mettre fin, plus ou moins pacifiquement, à cette guerre. D’une part, « parler à Poutine » est considéré comme un crime capital, et toute initiative suggérant que l’Occident pourrait le faire est vue comme une forme de trahison. De l’autre, des armes miracles plus récentes et meilleures doivent être envoyées en Ukraine pour « forcer Poutine à rejoindre la table des négociations« .

Je ne vais pas essayer de réconcilier ces deux messages car je pense que c’est impossible, et de toute façon ce serait un gaspillage d’efforts. Je vais plutôt les traiter tous les deux – et d’autres choses dont je parlerai également – comme des exemples montrant l’incohérence fondamentale, le narcissisme et la superficialité de la pensée et de l’expression qui caractérisent la Caste Professionnelle et Managériale (CPM) d’aujourd’hui, en particulier les dirigeants politiques et ceux qui les conseillent et écrivent à leur sujet. Occupons-nous d’abord de ce sujet, puis nous retournerons à l’Ukraine et d’autres endroits.

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Arrêtez la pompe à richesse !


Ma conversation avec Daniel Davis


Par Peter Turchin − Le 4 septembre 2025 − Source Cliodynamica 

Le 2 septembre 2025, j’étais invité à l’émission Daniel Davis Deep Dive pour discuter de mon livre End Times. Le lieutenant-colonel (à la retraite) Daniel L. Davis a servi dans plusieurs conflits chauds (Tempête du désert, deux fois en Afghanistan), personne ne peut donc remettre en question ses références en tant que patriote américain. Mais il est également connu pour être l’un des détracteurs des guerres étrangères menées par les États-Unis. Il a notamment été l’un des premiers officiers militaires à critiquer la guerre en Afghanistan.

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Encore et pour toujours. Voici pourquoi le temps est un éternel présent.


Par Aurelien – Le 22 Octobre 2025 – Source Blog de l’auteur

De toutes les avancées dans notre compréhension de l’esprit humain au cours du siècle dernier, aucune n’est plus fondamentale que la découverte de l’inconscient et la lente prise de conscience de son fonctionnement. Pourtant aucune n’a si peu d’effet sur notre façon de penser le monde. Cet essai porte sur ce qui pourrait arriver si elle en avait un peu plus.

En théorie, les idées de Freud (oui, je sais qu’il avait des prédécesseurs mais je n’ai pas l’espace pour tout couvrir, désolé) sont évidentes. Le modèle mécanique du fonctionnement du cerveau, l’hypothèse que l’esprit conscient est tout ce qui compte, ou même existe, la croyance qu’il y a une correspondance exacte entre la pensée et l’expression, et que nous disons ce que nous voulons dire, et signifie ce que nous disons, n’étaient plus tenables. Dans la vie quotidienne (où, ironiquement, les gens avaient toujours reconnu l’importance des confusions et erreurs verbales apparentes), il est devenu courant de parler de “dérapages freudiens”, en anglais, et de lapsus révélateurs en français, même de la part de ceux qui n’ont jamais lu, ni même entendu parler de La Psychopathologie de la Vie quotidienne. Des générations d’étudiants en littérature ont été initiées à l’idée que le narrateur de Proust ne comprend pas toujours ses propres motivations, et que lorsqu’Antonio dans Le Marchand de Venise ne sait pas pourquoi il est si triste, c’est à cause de ses sentiments non reconnus pour Bassanio.

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Qu’est-ce que la société ?


Et concepts connexes : groupe d’intérêt, communauté politique, ultra-société


Par Peter Turchin − Le 8 septembre 2025 − Source Cliodynamica 

En mai, j’ai participé à un groupe de travail organisé par Mark Moffett à New Haven. L’atelier a réuni un groupe interdisciplinaire composé de psychologues, d’archéologues, de sociologues et de scientifiques spécialisés dans l’évolution. L’objectif était d’élaborer une définition de la « société » qui s’appliquerait non seulement aux nations modernes, mais aussi « à divers groupes de chasseurs-cueilleurs et tribus, ainsi qu’à certains groupes d’autres espèces pour lesquels une comparaison avec les humains pourrait être instructive », comme Mark me l’a écrit dans un courriel.

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La colonisation est un projet autant politique que psychologique


Par Zahra – Le 4 avril 2025 – Source The Mazaj

Il existe une sorte de violence qui ne mutile pas et ne défigure pas le corps de ses victimes mais qui défigure l’esprit ; Elle est calme, corrosive et générationnelle. Frantz Fanon, le psychiatre et théoricien anticolonial martiniquais, l’avait compris mieux que quiconque. Fanon est, à mon avis, le penseur le plus convaincant lorsqu’il s’agit de comprendre les retombées psychologiques du colonialisme. Il se situe de manière unique à l’intersection de la psychologie, de la politique, de la sociologie et de l’expérience vécue. Lire Fanon n’est pas seulement un exercice intellectuel pour moi ; son écriture est profondément et intimement personnelle. En tant que chercheur et étudiant en psychologie, je reconnais les blessures psychiques qu’il décrit de manière si vivante et, en tant que membre de la diaspora irakienne, j’ai vu et entendu ces blessures de première main. Ils apparaissent dans les visages et les histoires des gens de ma propre communauté : les identités fracturées, la honte silencieuse, les efforts pour trouver une appartenance à des endroits auxquels on leur a systématiquement dit qu’ils n’appartenaient pas.

Les idées de Fanon résonnent si profondément parce qu’elles ne sont pas abstraites. Elles se reflètent fondamentalement à Gaza, au Liban et au Yémen aujourd’hui et sont psychologiquement évidents dans les récits qui se manifestent dans les salles de thérapie, les salles de classe et les mosquées.

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Hitlérisme, trumpisme, netanyahisme, lepénisme, macronisme


Une approche comparative et expressionniste


Par Emmanuel Todd – Le 13 octobre 2025 – Source Blog de l’auteur

Emil Nolde, Masques Nature morte, 1911

Les références aux années 1930 se multiplient. La dégénérescence de la démocratie américaine semble nous ramener à celle de la république allemande de Weimar. Trump, par sa jouissance dans la violence et le mensonge, par l’exercice du mal, irrésistiblement nous ramène à Hitler. En Europe, la montée de mouvements catégorisés comme d’extrême-droite nous oblige à ce retour sur notre histoire.

Les sociétés occidentales ne ressemblent pourtant plus guère à ce qu’elles furent dans les années 1930. Elles sont vieillies, de consommation, tertiaires, les femmes y sont émancipées, le développement personnel y a remplacé l’adhésion partisane. Quel rapport avec les sociétés des années trente : jeunes, frugales, industrielles, ouvrières, masculines, encartées ? C’est cet éloignement socio-historique qui m’avait conduit à considérer jusqu’à ce jour comme a priori invalide le parallèle entre les « extrême-droites » du présent et celles du passé. Mais les doctrines politiques existent, aujourd’hui comme hier, et l’on ne peut se contenter de postuler l’impossibilité, par exemple, d’un nazisme de vieux, d’un franquisme de consommateurs, d’un fascisme de femmes libérées ou d’un LGBTisme Croix-de-Feu.

Le moment est venu de comparer les doctrines de notre présent à celles des années trente. Voici l’esquisse de ce que pourrait être l’étude comparative de cinq phénomènes historiques : l’hitlérisme, le trumpisme, le netanyahi(u)sme, le lepénisme. J’ajouterai en fin de parcours, brièvement, le macronisme. L’extrémisme centriste et européiste qui mène la France au chaos nous oblige à cet examen. Cet extrémisme est-il si centriste que ça ?

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Le culte du « c’est pas possible alors il va falloir le supporter »


Par Aurelien – Le 8 Octobre 2025 – Source Blog de l’auteur

Je pensais commencer cet essai par un autre exemple, mais au même moment j’essayais de faire mon don annuel à l’irremplaçable site Naked Capitalism d’Yves Smith et, comme toujours, Internet semblait déterminé à m’en empêcher. Je ne pouvais pas payer par carte de crédit, je ne pouvais pas payer par virement bancaire, et finalement, serrant les dents, j’ai utilisé PayPal qui, après deux tentatives s’est terminé par le gel de l’écran après ce qui m’a semblé être une transaction réussie. J’espère qu’Yves aura l’argent. Mais d’un autre côté, plus tôt dans la journée, j’ai réussi à acheter un billet de train aller-retour en n’ayant à recommencer qu’une seule fois, donc finalement tout n’est pas si mal.

Bon, je ne vais plus vous infliger mes frustrations triviales du quotidien ; je veux juste les utiliser pour introduire un argument sur la raison pour laquelle « rien ne fonctionne bien aujourd’hui« , ce que je trouve vrai et que tous ceux que je rencontre trouve aussi. Il y a une litanie bien établie : des sites qui ne fonctionnent pas, des appels téléphoniques non retournés, des paiements non reçus, perdus ou débités deux fois, des relevés ridicules de gaz et d’électricité qui ne peuvent apparemment pas être rectifiés, de pièces de rechange basiques d’appareils électroménagers non disponibles, de la correspondance perdue dans les entrailles des organisations, entreprises et organisations qui se sont repliées derrière des murs de chatbots et de FAQ, derrière lesquelles il n’y a personne à qui envoyer un courrier électronique. Et sans doute pouvez-vous penser à une douzaine d’autres exemples personnels. Mais, ce qui est bien pire, personne ne semble vraiment s’en soucier.

La conséquence en est une méfiance croissante à l’égard des organisations et des entreprises privées, à tous les niveaux, et une prise de conscience croissante que vous ne pouvez tout simplement pas vous permettre de penser que tout fonctionnera bien. Vous devez donc tout revérifier, faire des copies, envoyer des copies, passer des appels téléphoniques, faire des visites personnelles, juste pour essayer de vous assurer que ce qui devrait arriver automatiquement se produira réellement. La seule chose pour laquelle les organisations sont bonnes, j’ai trouvé, c’est pour vous soutirer de l’argent, et souvent à tort. Il y a une raison pour laquelle il en est ainsi, et nous y reviendrons.

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Note personnelle


Je n’ai jamais parlé à un Démocrate qui ait jamais voulu écouter. Ils commencent à s’énerver dès que vous essayez.− Sasha Stone


Par James Howard Kunstler – Le 22 septembre 2025 – Source Clusterfuck Nation

L’été dernier, j’ai essayé d’établir une communication avec un parent vivant sur la côte ouest. Nous avons échangé quelques lettres. J’ai habilement détourné la conversation des sujets politiques. Voici la dernière salve de mon parent :

Jimmy, d’un point de vue purement personnel, et à une autre époque, je pense que nous aurions pu être de très bons amis. À ce stade de notre histoire, je trouve que ce que tu dis dans tes blogs et dans Kunstlercast est scandaleux, trompeur et laid. Je suis en désaccord avec presque tout ce qui t’est cher sur le plan politique, et même si, par exemple, nous sommes d’accord sur les horreurs de l’industrie pharmaceutique, ton culte de Kennedy me rend malade. Ton langage correspond exactement à tous les clichés des idéologies d’extrême droite que je déteste. Peut-être qu’un jour les choses changeront. Pour l’instant, c’est la dernière fois que tu entends parler de moi.

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