Par Chris Hedges − Le 11 octobre 2025 − Source Unz Review
Il ne manque pas d’accords de paix ratés en Palestine occupée, et tous prévoyaient des étapes et des jalons détaillés : cela remonte jusqu’à la présidence de Jimmy Carter. Tous les accords de paix en la matière se terminent de la même manière. Israël obtient ce qu’il voulait depuis le début — en cette instance, la libération des derniers otages israéliens — tout en ignorant et en violant toutes les autres étapes de l’accord, jusqu’à reprendre ses attaques contre le peuple palestinien.

Le jeu est sadique. Un tour de manège macabre et mortifère. Ce cessez-le-feu, à l’instar des précédents, constitue une pause commerciale. La minute du condamné, qu’on laisse fumer une cigarette avant de se faire abattre par une volée de balles.
Il n’est jamais légitime de refuser d’aider des civils affamés. Cela n’a jamais été légitime, à aucun moment.
Un journaliste itinérant qui a couvert les principaux politiciens italiens a expliqué à The Grayzone comment son pays a été réduit au rôle de “porte-avions” américano-israélien et soulève des questions troublantes sur le rôle d’Israël dans l’assassinat du Premier ministre Aldo Moro.
Je vais vous donner la conclusion d’emblée : les sionistes, et pas seulement le Premier ministre israélien Netanyahu, rejettent totalement une solution à deux États. En conséquence, le Plan de paix de Donald Trump pour Gaza est kaput d’entrée. Mort-né.
Le 24 septembre 2025, le président iranien Masoud Pezeshkian est arrivé en retard à une réunion avec des personnalités anti-guerre américaines en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il arrivait d’un tête-à-tête fatidique avec Emmanuel Macron, où il avait tenté d’amadouer son homologue français pour qu’il autorise l’expiration de l’accord nucléaire JCPOA sans instituer de sanctions « snapback ». Le lobbying de Pezeshkian fut infructueux ; les Européens avaient déjà décidé d’intensifier la guerre économique contre Téhéran. Pendant ce temps, Israël se prépare à une autre attaque contre l’Iran avec le soutien américain pratiquement garanti.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a juré de « traquer » les dirigeants du Hamas où qu’ils se trouvent, avertissant que « leur vie sera courte si un seul cheveu des otages israéliens à Gaza est touché ». Dans le même temps, Israël bombarde la ville d’un million d’habitants en préparation d’une invasion terrestre, forçant des centaines de milliers de personnes à fuir. Pourtant, le Hamas et d’autres groupes palestiniens ont clairement indiqué qu’ils ne quitteraient pas leurs positions. Les huit otages environ retenus à Gaza ont donc peu de chances de survivre à l’avancée israélienne, qui implique la destruction de quartiers entiers. En réalité, Netanyahou et la société israélienne savent que l’invasion équivaut à une condamnation à mort pour les captifs. Anticipant cela, Netanyahou déplace déjà la responsabilité : chaque fois que le Hamas annonce la mort d’un otage, il la présente comme un déclencheur de vengeance, promettant d’éliminer les dirigeants du Hamas et se vantant des « longs bras » du Mossad. En vérité, les longs bras du Mossad, si souvent célébrés, sont moins une preuve de force qu’une mesure de la complaisance dont bénéficie Israël.