Attentat suicide, terrorisme : guerre ou crime ?


Par Jean Henrion – Le 22 juillet 2016 – Source Météo du monde

Synthèse d’un entretien fascinant entre le philosophe allemand Richard David Precht et Herfried Münkler professeur de science politique à l’université Humboldt de Berlin. Nous nous sommes parfois permis d’apporter à la synthèse nos propres réflexions.
À la fin de ce cheminement intellectuel nous nous demanderons : et si le prochain attentat se concentrait sur un centre religieux comme Lourdes ? Et pourquoi ?

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Nice et leur écrasante responsabilité


2016-07-19_11h15_59Le 18 juillet 2016 – Source entrefilets

Des dizaines de vies broyées. Trois jours de deuil pour un carnage de plus. Un carnage attendu, programmé. Et la caste dirigeante des Surmorts d’exhumer ses slogans de l’après-Bataclan, déjà resucés de l’après-Charlie, slogans à peine retouchés, juste «actualisés» par des services de com’ flanqués de leur demi-molle de circonstance à l’idée de pouvoir faire à nouveau dans le pathos, le martial, le sur-présidentiel. «Je suis… la France… les terroristes… nous ne céderons pas… la démocratie… la liberté… notre mode de vie…  nous ne nous laisserons pas… la république… danger… riposte… la guerre… longtemps… la guerre… toujours.» Mais de ce côté-ci de l’écran, du côté de la vraie vie on n’écoute plus, on n’entend même plus. On les regarde, sidéré, avec une vague envie de gerber, sur eux, sur ceux qui les servent, qui les soutiennent, qui les animent, sur ce monde qu’ils nous fabriquent, ce monde qui rétrécit, se rabougrit, sombre, se noie, lentement. Et derrière la nausée qui monte, deux évidences : leur écrasante responsabilité et leur insondable impuissance.

Nos maux, nos morts

Leur écrasante responsabilité : nous ne savons que trop bien que la destruction de l’Irak, de la Libye et de la Syrie – leur tableau de chasse – est la source de tous nos maux, de tous nos morts. Des centaines de milliers de vies broyées pour le pétrole, le gaz, les pipelines qui vont avec, pour leur lutte d’influence, leur soutien aux Bédouins ou aux sultans fous, leur Grand Jeu et leurs petits calculs, et à la fin pour la caste, les riches, les prédateurs du club des 1%, les Surmorts, comme toujours. Un coup je soutiens Daesh, puis al-Nosra, et quand ça déborde je passe la tondeuse, à l’israélienne, puis je recule, je change, je re-soutiens ceux que j’ai flingués hier, ou des pires, des qu’on connaissait même pas mais qui devaient servir, un moment au moins. Après : la tondeuse. Et on recommence. Et à la fin, vingt-cinq ans de massacres de masse à travers le Moyen-Orient, pour la bonne cause, la liberté, la démocratie. Et puis les Talibans, al-Qaïda, Aqmi, al-Nosra, Daesh, des armées de tueurs, pardon, de freedom fighters, enfin non, plus maintenant, ça c’était avant Charlie, avant le Bataclan, avant Nice, donc reste des tueurs, qui n’aiment pas qu’on les soutienne, puis qu’on les tonde.

Des bombes et des discours

Et leur insondable impuissance désormais, à faire marche arrière, à sortir de leur délire à l’américaine. Alors c’est la fuite en avant. «Nous ne céderons pas… la démocratie… la France… la liberté… notre mode de vie…  riposte… la guerre… longtemps… la guerre… toujours.» Alors des bombes, encore des bombes, des lois, encore des lois et de la surveillance, toujours plus de surveillance. Et puis encore des bombes par-dessus. Et les discours qui vont avec. Et puis Nice hier, et demain ailleurs, des morts, encore des morts, toujours plus de morts. C’est Valls qui le dit, qui ne cesse de le dire. Et d’ailleurs ils le disent tous. Y en aura encore des morts. Et beaucoup. Faut s’habituer.

Voilà le monde qu’ils nous fabriquent, ce monde qui rétrécit, se rabougrit, sombre, se noie dans le sang avec des guerres partout, celles qu’on n’arrête pas de perdre, et celles qu’on prépare déjà, au cas où…

Et derrière la nausée qui montent deux évidences : leur écrasante responsabilité et leur insondable impuissance.

Au nom de toutes leurs victimes : qu’ils aillent tous se faire foutre.

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L’Indonésie. Un grand pays si discret.


Par Wayan – Le 29 juin 2016 – Le Saker francophone

Beaucoup d’articles parlant de l’Indonésie commencent ainsi : L’Indonésie, plus grand pays musulman au monde…

Ce n’est pas faux et pourtant cela donne une image très déformée d’un pays tellement multi-facette, multi-ethnique, multi-religieux. D’abord, l’Indonésie ne se considère pas comme un pays musulman et a été jusqu’à l’inscrire dans sa constitution, nommée Pancasila, qui déclare l’Indonésie comme un pays multiconfessionnel avec ses 5 religions officielles : l’islam, la religion chrétienne, l’Hindouisme, le bouddhisme et le confucianisme. Cependant 90 % de la population étant officiellement musulmane, celle-ci a bien sûr une influence très forte sur le pays, la force de la majorité.

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Islamisation de l’Europe ou islam européen ?


Par  Ibrahim Tabet – Juin 2016

En l’an 407 de notre ère, Honorius, empereur romain d’Occident, décrétait l’interdiction du port des braies (pantalons) par les barbares devenus de plus en nombreux au sein même de l’Empire. Cette réaction tardive contre un attribut vestimentaire, considéré comme un signe distinctif de défi identitaire au port traditionnel de la toge, n’eut bien sûr aucun effet sur le sort de Rome. Trois ans après, en 410, survint le sac de la Ville éternelle par les Wisigoths d’Alaric. À entendre les cassandres du déclin de l’Europe et du péril musulman, il pourrait exister une analogie entre le sort de l’Empire romain et celui du vieux continent à la démographie en berne. Les musulmans représenteraient, pour emprunter la terminologie de Toynbee, un  prolétariat intérieur» et un «prolétariat extérieur» menaçant sa civilisation.

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Chronique d’un éveil citoyen – Épisode 9 : Perspectives sociologiques


Note du Saker Francophone

Après l'Épisode 6 : L’ingénierie sociale, voici l'épisode 9 sur les Perspectives sociologiques. La démarche reste la même, épisode après épisode, il s'agit à partir d'une prise de conscience personnelle de mettre en forme cette nouvelle opinion et la partager pour s'entraider à faire monter le niveau de conscience globale et perturber le contrôle d'une minorité sur la majorité sans son consentement. Cet épisode, entre autre, décrit les méthodes par lesquelles les médias et leur utilisation structurent la pensée dans la société et donc la société elle-même.

Cet épisode est concomitant avec un passage d'Alban Dousset, l'auteur, sur Meta TV. Tous deux adoptent la même démarche, diffuser des compétences et des avis alternatifs. De ce point de vue, la France semble être en pointe avec un foisonnement d'initiatives en tout genre et sur tous les sujets citoyens. En plus de cet épisode, vous pouvez également retrouver Alban et Tépa sur Meta TV discutant des perspectives révolutionnaires de la réinformation sur le Net.

 

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L’après-Histoire, ou la révolution par le don réciproque et universel


Par Zénon – Le 1er mai 2016

Voici venue la grande braderie. La liquidation de l’ordre ancien et de ses oripeaux. Voici de retour le chaos et ses cohortes d’idiots utiles. La nécessité d’exercer certains réflexes vitaux pour survivre. Sous nos yeux s’accélère la fin des temps que nous connaissions. Et nous assistons effarés aux dernières contractions de l’avènement du monde à venir. Nous sommes en cette fin de cycle confrontés au choix le plus décisif pour le sort de l’humanité : celui de souscrire corps et âme au système marchand dans l’hypothétique espoir de s’en sortir, c’est-à-dire se laisser déposséder de son temps, de son énergie vitale et de sa liberté au prétexte de gagner une vie que l’on a déjà. Ou celui d’œuvrer à notre émancipation véritable, d’abord intérieure puis collective, vis-à-vis du projet génocidaire en cours. Hélas, nous nous trouvons impuissants ; trop tétanisés pour nous prendre en main alors que l’inertie est précisément notre pire ennemie. Nos regards abîmés dans nos écrans de contrôle ressemblent à ceux des lapins brillant aux phares des voitures. Beaucoup vont même jusqu’à taxer d’utopie toute alternative possible à ce grand désastre. Comment avons-nous pu en arriver là ? Continuer la lecture →