Par M.K. Bhadrakumar – Le 19 mai 2024 – Source Indian Punchline
La visite d’État du président russe Vladimir Poutine en Chine a montré que le choix des deux superpuissances de s’aligner sur le modèle de l’entente fait son chemin. Il ne s’agit pas d’obligations militaires explicites de soutien, mais cela n’exclut pas totalement le soutien militaire. En adoptant une forme d’ambiguïté stratégique, les deux superpuissances disposent d’un moyen optimal pour faire face à la menace commune que représentent les États-Unis par le biais d’une action collective, tout en préservant l’autonomie d’actions indépendantes pour la poursuite d’intérêts spécifiques.
L’importance historique des pourparlers de Pékin réside dans le fait que le socle de compréhension stratégique qui s’est progressivement constitué grâce à l’effort de modélisation de l’entente Russie-Chine a évolué vers un choix d’alignement plus efficace qu’une alliance formelle pour faire contrepoids à la double stratégie d’endiguement des États-Unis.
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Vendredi, le secrétaire d’État Antony Blinken a rencontré le président chinois Xi Jinping à Pékin, clôturant ainsi sa visite de trois jours en Chine.
La division du monde évolue rapidement vers quelque chose qui ressemble moins à une division – si l’on entend par « division » une division plus ou moins équilibrée entre deux parties – qu’à l’isolement d’une petite partie de la communauté internationale par rapport à une plus grande, significative ou largement majoritaire. En outre, cet isolement ressemble à une auto-isolation, et la partie qui s’isole est l’Occident. Il ne devait pas en être ainsi. Avant même la guerre ukrainienne entre l’OTAN et la Russie, Washington et Bruxelles se félicitaient d’avoir réussi à isoler la Russie, puis la Chine, de la « communauté des démocraties » (alors même que Washington abandonnait ce qu’il conviendrait d’appeler non pas un gouvernement démocratique, mais un gouvernement républicain). Au lieu de cela, c’est l’inverse qui se produit. Par son arrogance et son obstination, l’Occident, dirigé par Washington, se retrouve de plus en plus isolé.