Lire les runes de guerre


La politique de Poutine visant à nettoyer les écuries d’Augias du « capital occidental prédateur » est une douce musique aux oreilles du Sud.


Par Alastair Crooke – Le 18 juillet 2022 – Source Strategic Culture

Bien sûr, le conflit, à toutes fins utiles, est réglé ; mais il est loin d’être terminé. Il est clair que la Russie l’emportera dans la guerre militaire – et dans la guerre politique aussi – ce qui signifie que tout ce qui émergera en Ukraine une fois l’action militaire terminée sera dicté par Moscou selon ses conditions.

Il est clair que, d’une part, le régime de Kiev s’effondrerait s’il se voyait dicter ses conditions par Moscou. Et, d’autre part, l’ensemble de l’agenda occidental derrière le coup d’État de Maïdan en 2014 imploserait également. (C’est pourquoi une porte de sortie, à défaut d’une déroute ukrainienne, est quasiment impossible). Continuer la lecture

Deux architectures rivales s’affrontent


Le monde de l’après-24 février est vraiment différent. L’inexorable logique géopolitique actuelle veut que l’attention de l’Amérique se tourne ailleurs, et le monde voit des États-Unis plus faibles.


Par Alastair Crooke – Le 17 juillet 2022 – Source Al Mayadeen

Personne ne semble savoir exactement pourquoi Biden fait ce voyage au Moyen-Orient. C’est un mystère. Il est certain que ce n’est pas pour recevoir des éloges dans son pays : les linceuls de Jamal Khashoggi et de Shireen Abu Akleh tourbillonnent confusément autour de la délégation américaine, lui donnant le trac. Même dans les journaux américains les plus favorables, Biden est grillé en raison du risque pour la sécurité des journalistes qu’implique toute réconciliation avec MbS. Continuer la lecture

La signification profonde de la situation en Ukraine


La signification plus large de la situation en Ukraine réside dans ce constat : les autres dirigeants ne sont plus naïfs lorsque l’Occident leur offre des perles de verre (ou des dollars en papier) en échange de leurs véritables richesses.


Par Alastair Crooke – Le 4 juillet 2022 – Source Al Mayadeen

L’Occident, à sa manière aventureuse, s’est lancé dans la guerre contre l’axe Russie-Chine, sans y prendre garde. Il s’attendait à des « victoires » faciles grâce à des sanctions qui feraient imploser l’économie russe et à des tactiques militaires de guerre urbaine empruntées à la Syrie qui saigneraient l’armée russe. Au lieu de cela, il s’agit d’une débâcle monumentale. Plus encore, ses multiples échecs et sa propagande insultante et condescendante constituent un point de rupture, ouvrant une nouvelle ère plutôt que de figer l’ordre ancien, comme l’Occident l’avait espéré. Continuer la lecture

Le G7 vocifère mais a déjà perdu la guerre contre la Russie


Par Tom Luongo – Le 29 juin 2022 – Source Gold Goats ‘N Guns

Les dirigeants du G7 sont donc d’accord : plus de guerre avec la Russie. Sans dire exactement cela, c’est la principale conclusion de la réunion des dirigeants les plus timorés du monde.

Ils ont également promis 600 milliards de dollars qu’ils n’ont pas pour financer des projets d’infrastructure mondiaux afin de « combattre l’initiative Belt and Road de la Chine » . On peut se demander d’où viendra tout cet argent et, dans le cas de l’Europe, toute cette énergie pour financer tout cela.

Mais la question que je me pose depuis le début de cette évidente guerre d’usure que l’Occident veut imposer à la Russie est la suivante : avons-nous l’endurance, en matière de capacité de production réelle, pour encaisser ces chèques que nos dirigeants signent ?

Quand tu emportes un couteau émoussé pour mener une guerre nucléaire

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Dans le monde multipolaire, l’Iran ne craindra plus les sanctions américaines


Par Moon of Alabama – Le 19 juillet 2022

Lorsque le président américain Joe Biden a récemment tenu un certain nombre de discussions au Moyen-Orient, l’Iran était l’un des sujets à l’ordre du jour. Les États-Unis ont clairement indiqué qu’ils ne souhaitaient pas revenir à l’accord nucléaire conclu avec l’Iran. Au lieu de cela, ils tentent à nouveau une stratégie de « pression maximale » pour pousser l’Iran à faire des concessions supplémentaires.

L’Iran a clairement fait savoir qu’il n’y en aurait pas d’autres que celles qu’il avait faites dans l’accord initial. Biden a ensuite tenté de former une coalition anti-Iran avec Israël et les régimes du Golfe Persique. Les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont rejeté cette idée :

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Le vent souffle vers l’est, les Saoudiens le savent


L’inflation augmente partout, c’est évident. Les monnaies fiduciaires s’effondrent en valeur réelle. Et les monnaies adossées à des matières premières qui ont une valeur réelle implicite sont recherchées (par exemple, le rouble).


Par Alastair Crooke – Le 26 juin 2022 – Source Al Mayadeen

Biden doit se rendre en Arabie saoudite en juillet. Cependant, l’administration américaine ressent clairement les effets de l’avalanche de critiques (y compris de la part du grand public américain) concernant son prochain voyage au Moyen-Orient qui inclura l’Arabie saoudite. Il est clair que le meurtre de Jamal Khashoggi reste aussi douloureusement sensible pour Biden qu’une brûlure.

Naturellement, le courant dominant en l’Occident suppose que la visite de Biden a pour but d’amener l’Arabie saoudite et l’OPEP à ouvrir le robinet des approvisionnements en pétrole pour les États-Unis et une Europe désespérée. Continuer la lecture

« Si nous ne mettons pas fin à la guerre, la guerre en finira avec nous »


L’Europe est maintenant engluée jusqu’au cou dans des sanctions économiques de grande envergure à l’encontre de la Russie, et elle est incapable d’en affronter les conséquences.


Par Alastair Crooke – Le 13 juin 2022 – Source Strategic Culture

1Emmanuel Macron a irrité beaucoup de monde (tout comme Kissinger au FEM), lorsqu’il a déclaré « nous ne devons pas humilier Vladimir Poutine » , car il doit y avoir un règlement négocié. C’est la politique française depuis le début de cette saga. Plus important encore, c’est la politique franco-allemande, et elle pourrait donc finir par être la politique de l’UE également.

Le qualificatif « pourrait » est important : en matière de politique ukrainienne, l’UE est plus divisée que pendant la guerre d’Irak. Et dans un système (le système européen) qui insiste structurellement sur le consensus (même s’il est factice), lorsque les blessures sont profondes, la conséquence est qu’une seule question peut bloquer l’ensemble du système (comme lors de la préparation de la guerre en Irak). Aujourd’hui, les fractures en Europe sont plus larges et plus acrimonieuses (c’est-à-dire aggravées par l’application de la primauté de la loi). Continuer la lecture

  1. Le titre est une citation de H.G. Wells

En pleine tempête ukrainienne, la Turquie est destinée à une coopération maximale avec la Russie

Par Nikolay Arkhipov – Le 13 juin 2022 – Source EurAsia Daily (en russe)

Ces derniers temps, la Turquie figure parmi les cinq pays du monde les plus fréquemment mentionnés dans la presse russe, ce qui, sans aucun doute, est dû à la position particulière qu’elle adopte vis-à-vis de la situation militaro-politique autour de l’Ukraine. Et cela n’est pas surprenant si l’on considère dans leur ensemble les déclarations et les actions des dirigeants politiques du pays dans le contexte de la « tempête ukrainienne ».

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Une interview de Michael Hudson sur la future fracture mondiale

Par Yves Smith − Le 3 juin 2022 − Source Naked Capitalism

Professeur Hudson, votre nouveau livre « The Destiny of Civilization » est sorti. Cette série de conférences sur le capitalisme financier et la nouvelle guerre froide présente un aperçu de votre perspective géopolitique.

Vous parlez d’un conflit idéologique et matériel en cours entre des pays financiarisés et désindustrialisés comme les États-Unis et les économies mixtes que sont la Chine et la Russie. En quoi consiste ce conflit et pourquoi le monde se trouve-t-il actuellement à un « point de fracture » unique, comme le dit votre livre ?

La fracture mondiale d’aujourd’hui divise le monde entre deux philosophies économiques différentes : Dans l’Occident États-Unis/OTAN, le capitalisme financier a désindustrialisé les économies et a déplacé les processus de production vers l’Eurasie, surtout la Chine, l’Inde et d’autres pays asiatiques, travaillant conjointement avec la Russie qui fournit les matières premières de base et les armes.

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Le monde ne fonctionne plus de cette façon maintenant


La fixation sur l’Ukraine n’est essentiellement qu’un vernis qui recouvre les réalités d’un ordre mondial en décomposition.


Par Alastair Crooke – Le 6 juin 2022 – Source Strategic Culture

La Première Guerre mondiale a marqué la fin d’un ordre mercantile qui avait évolué sous l’égide des puissances européennes. Cent ans plus tard, un ordre économique très différent est en place (le cosmopolitisme néolibéral). Considérée par ses architectes comme universelle et éternelle, la globalisation a fasciné le monde pendant un long moment, mais a ensuite commencé à s’affaisser à partir de son zénith, précisément au moment où l’Occident donnait libre cours à son triomphalisme lors de la chute du mur de Berlin. L’OTAN, en tant que système de régulation de l’ordre, a répondu à la « crise identitaire » qui l’accompagnait en poussant à l’expansion vers l’est, vers les frontières occidentales de la Russie, au mépris des garanties qu’elle avait données et des objections virulentes de Moscou. Continuer la lecture