Par Alastair Crooke – Le 17 Octobre 2025 – Source Conflicts Forum
D’abord, le contexte :
- Une doctrine promouvant la « domination » américaine, basée sur le « pouvoir » implacable de l’armée américaine et du marché, a donné naissance dans les cercles de Trump 2.0 à un zeitgeist qui non seulement écarte les craintes d’une guerre, mais impose plutôt aux États-Unis de frapper, rhétoriquement ou littéralement, dans de multiples directions à la fois ; principalement parce que la guerre unidirectionnelle contre la Russie a échoué de manière inattendue. De plus, le temps presse sur la crise du déficit et de la dette des États-Unis.
- De manière plus visible, cela a entraîné des pressions accrues sur la Russie ; des menaces contre le Venezuela ; le contrôle des exportations chinoises ; et des préparatifs de frappes contre l’Iran.
- Les guerres ouvertes d’Israël dans la région qui sont parallèles à la belligérance trumpienne ne sont pas terminées : l’envoyé américain Tom Barrak (citant Netanyahu) a déclaré : “Israël pense que ce qu’il a fait contre le Hezbollah, le Hamas et les Houthis ne sera terminé que quand la tête du serpent à Téhéran sera coupée”.
Il n’est jamais légitime de refuser d’aider des civils affamés. Cela n’a jamais été légitime, à aucun moment.
Donald Trump a recueilli quelques succès politiques majeures aujourd’hui en signant son Plan de paix pour Gaza, avec une série de dirigeants européens, asiatiques et arabes assis dans des sièges bon marché regardant le spectacle. Mais qui signe un accord de paix alors qu’aucune des deux parties au conflit n’est présente ? C’est plus qu’une mauvaise blague, c’est une arnaque. Je peux comprendre que l’on organise des funérailles pour les chers disparus même si le cadavre n’est pas présent, mais ce qui s’est passé aujourd’hui à Charm El-Cheikh ressemblait plus à un mariage royal sans la présence de la mariée ou du marié, ni l’un ni l’autre n’ayant choisi d’y assister, même par vidéoconférence.
Les rapports selon lesquels TikTok transférera une participation de 80% dans ses opérations américaines à Oracle, Silver Lake et Andreessen Horowitz sont célébrés à Washington comme étant une victoire stratégique sur la Chine, où sa société mère est basée. Mais un examen plus approfondi de l’accord révèle un autre gagnant : le gouvernement étranger d’Israël et son lobby aux États-Unis.
Je vais vous donner la conclusion d’emblée : les sionistes, et pas seulement le Premier ministre israélien Netanyahu, rejettent totalement une solution à deux États. En conséquence, le Plan de paix de Donald Trump pour Gaza est kaput d’entrée. Mort-né.
Le 24 septembre 2025, le président iranien Masoud Pezeshkian est arrivé en retard à une réunion avec des personnalités anti-guerre américaines en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il arrivait d’un tête-à-tête fatidique avec Emmanuel Macron, où il avait tenté d’amadouer son homologue français pour qu’il autorise l’expiration de l’accord nucléaire JCPOA sans instituer de sanctions « snapback ». Le lobbying de Pezeshkian fut infructueux ; les Européens avaient déjà décidé d’intensifier la guerre économique contre Téhéran. Pendant ce temps, Israël se prépare à une autre attaque contre l’Iran avec le soutien américain pratiquement garanti.