Un sioniste déforme une analyse arabe en faisant croire qu’elle demande une attaque de I’Iran


Par Moon of Alabama – Le 31 janvier 2026

Le président américain Donald Trump a commis une grave erreur lorsqu’il a menacé de faire la guerre à l’Iran.

Il faisait cela pour obtenir des concessions de l’Iran que le pays refuse d’accorder.

Trump demande :

  1. une dénucléarisation complète de l’Iran,
  2. de fortes limites à ses programmes de missiles,
  3. l’abolition du soutien iranien aux alliés régionaux comme le Hezbollah, le Hamas et les milices chiites en Irak et au Yémen et
  4. que l’Iran reconaisse Israël en tant que pays légitime.

Dans le système iranien actuel, tout politicien qui plaiderait pour ou accepterait de faire de telles concessions perdrait immédiatement sa légitimité.

Trump a donc proféré des menaces. Il a ensuite posé des conditions qui garantissent qu’il n’obtiendra pas ce qu’il veut. Il fait maintenant face à deux choix :

  • Attaquer l’Iran jusqu’à ce qu’il cède quelque chose.
  • Reculer et retirer la flotte qui encercle l’Iran.

Ni l’un ni l’autre n’est un bon choix :

L’Iran a annoncé qu’il riposterait à toute attaque par des lancements massifs de missiles contre Israël et les positions américaines au Moyen-Orient. L’Iran a également déclaré qu’il fermerait le détroit d’Ormuz et provoquerait ainsi des prix mondiaux du pétrole exorbitants. Cela entraînerait probablement de lourdes pertes pour les Républicains lors des élections de mi-mandat et aboutirait éventuellement à de nouvelles procédures de destitution contre Trump.

Battre en retraite ne serait pas non plus un bon choix. En résistant à une menace de Trump pour ensuite voir cette menace retirée sans rien obtenir, l’Iran donnerait l’exemple aux futures cibles des stratagèmes d’extorsion de Trump. Cela rendrait l’Iran plus fort et Trump plus faible.

Je ne suis pas le seul à faire ces remarques.

Comme le rapporte Axios :

Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid bin Salman (KBS), a déclaré lors d’un briefing privé vendredi à Washington que si le président Trump ne donne pas suite à ses menaces contre l’Iran, le régime finira par se renforcer, ont déclaré à Axios quatre sources présentes dans la salle.

À ce stade, si cela ne se produit pas, cela ne fera qu’enhardir le régime”, a déclaré KBS, selon les sources dans la salle.

Dans un autre briefing vendredi, un responsable du Golfe a déclaré que la région était “coincée“ dans une position où les frappes américaines contre l’Iran risquaient d’engendrer de ”mauvais résultats“, mais ne pas le faire signifierait que « l’Iran en sortira plus fort« .

Le prince Khalid bin Salman a une vision réaliste et son analyse est raisonnable.

Cependant, le journaliste d’Axios, Barak Ravid, bien connu pour être un agent sioniste, essaie de transformer cette vision réaliste exprimée par KBS en un argument saoudien pour bombarder l’Iran :

Pourquoi c’est important : Il s’agit d’un renversement des points de discussion publics saoudiens mettant en garde contre l’escalade et de la profonde inquiétude que le prince héritier Mohammed bin Salman (MBS) a exprimée à Trump il y a trois semaines. Cet avertissement était l’une des raisons pour lesquelles Trump a décidé de reporter une frappe.

Non. Ce qu’a déclaré KBS ne montre pas un renversement de la position saoudienne. Les Saoudiens ont toujours mis en garde contre une escalade. KBS a simplement souligné la situation calamiteuse dans laquelle Trump s’est coincé.

Interpréter cette déclaration comme un argument saoudien en faveur d’une attaque contre l’Iran est une déformation délibérée de ce qui a été dit. C’est la tentative primitive typique d’un idéologue sioniste de « créer une réalité » qui n’existe pas.

Esfandyar Batmanghelidj @yarbatman – 10h39 UTC · 31 janvier 2026

J’ai demandé à un haut responsable saoudien et l’histoire de Barak décrit mal les commentaires de KBS. Il n’y a pas eu de renversement de la politique saoudienne.

KBS énonçait l’évidence quand il a dit que si Trump ne bombardait pas l’Iran cela enhardirait le régime. Mais les Saoudiens continuent d’appeler à la prudence et ne veulent pas la guerre.

(Esfandyar Batmanghelidj est professeur à la Johns Hopkins School of Advanced International Studies (SAIS). Il n’est ni un ami ni un promoteur de la République islamique.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

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