Le cargo invisible d’Ormuz


Pourquoi le goulot d’étranglement pétrolier le plus célèbre au monde ne concerne pas que le pétrole.


Par Daniel Spollar – Le 13 août 2026 – Source Blindspot

Introduction : l’erreur

Nous appelons le détroit d’Ormuz un goulot d’étranglement pétrolier parce que le pétrole est la matière première la plus visible.

Quand une crise émerge dans les eaux entre l’Iran et Oman, la réaction mondiale suit un scénario bien rodé. Les satellites surveillent de près les pétroliers, les commerçants de matières premières suivent les prix du Brent en temps réel et les assureurs maritimes recalibrent leurs primes de risque pour le golfe Persique. L’histoire est immédiatement présentée comme un étant affrontement pour le transit de l’énergie : barils par jour, permis de transit et escortes navales.

Ce cadrage n’est pas faux, mais il est superficiel. Nous devons regarder au-delà des pétroliers et examiner les couches inférieures pour comprendre la véritable fragilité de l’économie moderne.

Continuer la lecture

La guerre contre l’Iran. Le CGRI démonte le programme étasunien de déminage du détroit


Par Moon of Alabama – Le 31 aout 2026

Vendredi dernier, le 28 août, le Commandement central américain avait affirmé avoir retiré toutes les mines marines du détroit d’Ormuz :

Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé que les forces américaines avaient enlevé les mines marines iraniennes des voies de navigation internationalement reconnues dans le détroit d’Ormuz, affirmant que les routes étaient désormais ouvertes à la navigation commerciale.

L’annonce fait suite à des déclarations antérieures du président Donald Trump selon lesquelles les forces américaines avaient enlevé ou fait exploser des mines dans les eaux internationales du détroit. La dernière vidéo de Cooper fournit la confirmation opérationnelle formelle de CENTCOM que le Système de Séparation du Trafic a été autorisé.

Du point de vue des États-Unis, c’était, bien sûr, une bonne nouvelle.

Continuer la lecture

Quelle suite, à présent que la guerre contre l’Iran est perdue ?


Par Hua Bin − Le 25 août 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Les menaces nucléaires prononcées par Elbrige Colby contre la Chine dépassent le stade de la folie.

Un ami de Substack m’a raconté une blague grecque, dans un commentaire sur mon article concernant le film The Odyssey de Nolan.

Continuer la lecture

Ce n’est pas une OTAN islamique. L’Accord de la Mecque édifie une architecture de sécurité post-étasunienne et l’Iran est sur le point d’y participer


Par Larry C Johnson – Le 24 Août 2026 – Source Son of the new American revolution

Les commentaires faits par les analystes occidentaux ont fait de l’accord de La Mecque un événement confortable. Lorsque l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l’Accord de défense conjoint de La Mecque le 7 août – une attaque armée contre l’un devant être traitée comme une attaque contre tous – l’étiquette apposée par réflexe fut “une OTAN islamique”, un bloc sunnite, trois des plus grandes armées du monde musulman soudées par une identité sectaire. Cette lecture est devenue obsolète avant que l’encre ne sèche. Ce qui se dessine en réalité n’est pas une alliance sunnite contre l’Iran. C’est le premier pilier porteur d’une architecture de sécurité post-américaine que la Russie et la Chine réclament depuis un moment – et Téhéran est sur le point d’en franchir la porte.

Le langage n’était ni accidentel ni originaire de Riyad. Le 27 avril, à Saint-Pétersbourg, après avoir rencontré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, Vladimir Poutine a appelé à une nouvelle architecture de sécurité dans le golfe Persique. Une semaine plus tard, les 5 et 6 mai à Pékin, après sa propre rencontre avec Araghchi, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a dit essentiellement la même chose – que Pékin soutient la mise en place d’une architecture régionale de paix et de sécurité à laquelle les pays de la région eux-mêmes doivent participer, sauvegarder leurs intérêts communs et poursuivre un développement commun. Araghchi, pour sa part, a déclaré à Poutine que l’Iran soutenait cette nouvelle architecture régionale d’après-guerre capable de coordonner le développement et la sécurité.

Continuer la lecture

La guerre contre l’Iran. Il est peu probable que les nouvelles sanctions américaines fonctionnent


Par Moon of Alabama – Le 25 aout 2026

Alors que la campagne de bombardements Américano-israélienne contre l’Iran a totalement échoué, le président américain Donald Trump a transféré la tâche de changer le régime iranien des mains du Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, pour la confier au Secrétaire au Trésor, Scott Bessent.

Il est peu probable que le transfert de la tâche d’un ancien animateur de télévision à un gestionnaire de fonds (deux fois) défaillant change l’issue du conflit.

Il y a dix jours, Bessent annonçait de nouvelles pressions économiques sur l’Iran. Malgré le temps qu’il lui a fallu pour élaborer cette nouvelle politique, le résultat est maigre. Il y a quelques nouvelles sanctions contre des entités iraniennes qui feront un peu mal. Mais l’Iran est sous sanctions américaines depuis la naissance de la République islamique en 1979 et y est habitué.

La nouvelle menace majeure des États-Unis sont les sanctions secondaires prises contre des entités non iraniennes qui continueraient de commercer avec ce pays. Mais le discours de Bessent, de près de huit minutes hier, était vague sur les mesures réelles prises. Aucun calendrier ni aucune échéance n’ont été énoncés.

Continuer la lecture

L’étrange décès de James V. Forrestal, premier secrétaire à la défense des États-Unis


Par Hua Bin − Le 19 juillet 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Israël a-t-il commencé sa série de campagnes d’assassinats de ses opposants étasuniens beaucoup plus tôt qu’on le pense?

J’ai toujours apprécié de lire des livres divers et variés sur des sujets relativement obscurs. La plupart me viennent de références croisées, et ils constituent une sorte de réaction en chaîne.

Continuer la lecture

La guerre contre l’Iran. Perte de contrôle au Moyen-Orient


Par Moon of Alabama – Le 24 aout 2026

Au moins une partie du monde de la politique étrangère américaine est arrivée à la conclusion que les États-Unis ont perdu leur rôle principal au Moyen-Orient. Il semble même y avoir peu d’appétit pour retrouver cette position.

Le but de cet article est de recenser ces voix.

Marc Lynch écrit dans Foreign Affairs :

La fin du Moyen-Orient américain – l’Iran et le dernier souffle d’un Ordre raté – (archivé) – Foreign Affairs – Septembre/octobre 2026

Continuer la lecture

Trump envisage d’accroitre la pression pour forcer l’Iran à capituler


Par Alastair Crooke – Le 20 août 2026 – Conflicts Forum

Le protocole d’entente de 60 jours est expiré. Le cadre des conditions préalables iraniennes à tout début de négociations persiste néanmoins dans un état comateux.

Au lieu de l’accord avec l’Iran sans cesse vanté, le tableau est presque complètement à l’opposé de ce que le président Trump a cherché à créer lorsqu’il a adopté le cadre du protocole d’entente (bien qu’on ne saura jamais s’il avait vraiment l’intention de poursuivre jusqu’à trouver un véritable accord, ou si ce cadre n’était simplement qu’un dispositif que Trump cherchait à exploiter pour exercer une pression hégémonique américaine totale sur l’Iran afin de le contraindre à ouvrir Hormuz aux conditions américaines.)

Mais les pourparlers n’ont pas eu lieu. Il n’y a aucune négociation en cours. Le détroit d’Hormuz reste au centre du conflit et effectivement fermé. Pendant ce temps, la possibilité d’une escalade est devenue beaucoup plus proche — on pourrait dire presque inévitable — car l’Iran a indiqué son intention d’escalader de manière proactive contre des cibles américaines et des pays du Golfe, à moins que Trump ne respecte au cours des 3-4 prochaines semaines les conditions préalables iraniennes bien connues.

Continuer la lecture

La guerre contre l’Iran. la balle est dans le camp de l’Iran


Par Moon of Alabama – Le 21 aout 2026

Le gouvernement iranien dirigé par le président Masoud Pezeshkian se trouve dans une position difficile. La guerre que les États-Unis, Israël et leurs alliés mènent contre le pays causent d’énormes dégâts. L’économie locale souffre. Le blocus décrété par les États-Unis contre l’Iran bloque ses ventes de pétrole.

Il y a peu de chances pour le gouvernement iranien de résoudre les problèmes par ses propres mesures intérieures. D’un point de vue utilitaire et à court terme, il serait logique qu’il demande la paix.

Mais contrairement à d’autres chefs de gouvernement, le président iranien n’a pas un contrôle total sur la guerre et la paix. C’est le travail du Conseil suprême de la sécurité nationale, qui comprend le président, mais aussi les dirigeants de l’armée et du renseignement ainsi que les représentants du dirigeant qui a un droit de veto sur ses décisions. Les considérations du conseil sont axées sur le long terme et sur l’indépendance du pays. Les facteurs économiques passent au second plan.

Les appels de Pezeshkian à des négociations de paix doivent donc être considérés comme du lobbying interne :

Continuer la lecture

Est-il temps pour la Russie de pratiquer l’escalade?


Par Hua Bin − Le 2 juin 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Comparaison entre la retenue russe et le déchainement israélien et occidental.

En mai 2026, le paysage géopolitique mondial a été redéfini par deux philosophies de violence divergentes.

D’un côté, la Fédération russe poursuit en Ukraine son lent travail d’usure, un conflit marqué par une gestion prudente des « lignes rouges » fixées par l’Occident.

Le président Poutine mène ce qu’il appelle une « opération militaire spéciale », c’est-à-dire une « guerre limitée ».

De l’autre côté, Israël a fait le choix d’un modèle de guerre de haute intensité, et pratique la « terre brûlée » à Gaza et au Liban, qui se caractérise par un démantèlement systématique de la vie en ville et une indifférence absolue envers tout contrôle de l’escalade.

Continuer la lecture