Par Dmitry Orlov – Le 19 juin 2020 – Source Club Orlov

J’ai remarqué une tendance marquée à penser qu’une fois que le coronavirus aura disparu, tout redeviendra comme avant – ou même mieux, à cause des voitures volantes électriques d’Elon Musk et des cliniques de changement de sexe tout-inclus, ou autres. Une explication simple de cette tendance est que c’est ce que les gens veulent penser : chacun veut simplement revenir à ce à quoi il est habitué, reprendre là où il s’est arrêté et chatouiller ses fantasmes sauvages comme il le souhaite. Une explication un peu plus nuancée est que la nouvelle réalité post-effondrement est un domaine mystérieux et inconnu et que pour beaucoup de gens, y penser est trop inconfortable (si c’est bien fait) ou carrément inutile (si cela consiste à bricoler des stéréotypes tirés de films comme Mad Max et Waterworld ou d’autres attractions de parcs à thème post-apocalyptiques).






Avec toute l’encre qui a coulé au sujet du SARS-CoV-2 et du COVID-19 et ses diverses ramifications et effets, vous pourriez penser qu’il y a peu à ajouter. Cependant, je n’ai pas encore vu d’article sur le coronavirus en tant que test – non pas dans le sens d’un test pour la présence du virus ou d’anticorps à celui-ci, mais en tant que test pour nous, en tant qu’individus, familles, communautés et nations entières. Nous constatons déjà que ses effets vont de relativement bénins à désastre complet. Comme toujours, blâmer le test pour son échec est une invitation au rire, à ses propres dépens.
« … il y a des milliers d’années, bien avant que Bouddha Dīpankara et Bouddha Shakyamuni ne viennent au monde, vivait Bouddha Anagma. Il ne perdait pas de temps en explications et se contentait de pointer les choses du doigt avec l’auriculaire de sa main gauche. Immédiatement, leur vraie nature était révélée. Il aurait pointé une montagne, et elle aurait disparu. Il aurait pointé une rivière, et elle aussi aurait disparu. C’est une longue histoire, mais la fin est la suivante : il a pointé son auriculaire gauche vers lui-même et il a disparu. Tout ce qui est resté de lui, ce fût son auriculaire gauche, que ses élèves ont caché dans un coffre en argile. L’arme fatale est cette boite en argile avec l’auriculaire du Bouddha à l’intérieur. Il y a très longtemps, en Inde, un homme a essayé de transformer cette boite d’argile en l’arme la plus terrible qui soit. Mais dès qu’il eut percé un trou dedans, l’auriculaire l’a pointé du doigt et il a disparu. Depuis lors, l’auriculaire a été conservé dans un coffre fermé à clé et déplacé d’un endroit à l’autre jusqu’à ce qu’il soit perdu dans une des lamaseries en Mongolie… »