par Conor Gallagher – 16 février 2025 – Naked Capitalism
Alors que Washington commence à envisager sa sortie du projet Ukraine, les responsables européens continuent de fuir la réalité. C’est compréhensible compte tenu de toute l’eau que l’Europe s’est prise dans la gueule depuis le début de la guerre et de la façon dont les mensonges de ses dirigeants ont fait de la Russie un ennemi existentiel à force d’accuser Moscou d’être la seule responsable.
Tous les sacrifices consentis sur l’autel du projet Ukraine rendent désormais beaucoup plus difficile pour l’Europe d’admettre sa défaite. Et ce ne sont pas seulement du aux dommages économiques que les Européens continuent de subir ; la structure de gouvernance de l’UE et les valeurs sociales ont changé de manière importante à mesure que les priorités du bloc ont été bouleversées.
À certains égards, l’UE est presque méconnaissable comparée à y a trois ans. Je pense donc qu’il serait utile de faire un tour d’horizon de tous ces changements ici avant de passer au refus persistant de la classe européenne d’accepter la réalité et ce que cela pourrait signifier. La liste des changements en Europe en réponse à la guerre sera sans doute incomplète car il y a tellement de choses à inclure, alors j’espère que les lecteurs pourront ajouter tout ce qui me manque dans les commentaires. Remarque : J’omets en grande partie les retombées économiques et la désindustrialisation, car elles ont été si bien couvertes ici et ailleurs.
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À Washington, un consensus bipartisan belliciste envers la Chine s’est formé au cours des quinze dernières années. Les membres des deux partis politiques sont prompts à lier leurs politiques à la cause de la “concurrence” avec le gouvernement chinois, et il y a un énorme appétit parmi nos dirigeants politiques pour exagérer à la fois les ambitions et les capacités chinoises.
Les réactions au coup de téléphone du président américain Donald Trump à son homologue russe Vladimir Poutine et les remarques du secrétaire américain à la Défense Peter Hegseth concernant les perspectives américaines sur l’état de la guerre en Ukraine et sa résolution étaient largement prévisibles. Certains y sont opposés et implacablement horrifiés, au point de se sentir trahis. D’autres jubilent et attendent. Ces derniers sont presque euphoriques dans leurs attentes ou leurs espoirs que la paix vienne rapidement. Les premiers semblent se préparer à jouer les trouble-fêtes.
Ce qui ressort des emblématiques événements de la semaine dernière, c’est que les trois années de rivalité entre les États-Unis et la Russie et la guerre par procuration de l’OTAN en Ukraine ont été une crise conçue de manière très délibérée par le nexus anglo-américain dans le cadre d’un programme pernicieux conçu par les néoconservateurs libéraux attachés au globalisme et installés dans l’establishment de Washington et de Londres, afin d’infliger une défaite stratégique à la Russie.