Par Nicolas Bonnal – Mai 2017

On peut toujours tout reprocher à Badinguet-Napoléon III, mais, selon Maxime du Camp, on ne peut lui reprocher sa diplomatie. Derrière les aberrations de l’Italie (puissance aigrie, impuissante plutôt, qui finit par nous déclarer la guerre et nous confisquer des terres), de la Crimée et du Mexique, derrière la débâcle de 1870, il y avait une vision. C’est ce que rappelle notre immense et méconnu auteur au tome II de ses Souvenirs, chapitre sur 1870 (trouvez tout sur archive.org).
Deux choses frappaient toujours le nouvel arrivant en Amérique (voyez Céline) : la brutalité du pays, de sa population et de ses mœurs, la brutalité du terrain en fait ; la cruauté ensuite des contrôles et de cette police qui arrive à tuer 1200 citoyens par an tout en en contrôlant six millions (l’expression de camp de concentration électronique n’est plus métaphorique). C’est la brutalité de la matrice US qui se répand dans le monde, en particulier en Europe. Enfin l’Amérique enferme 2.3 millions de prisonniers, soit la plus grande population carcérale du monde (43% du total). Les chiffres sont comparables en pourcents à ceux de la dépense militaire US dans le monde (42%), et ce n’est certainement pas par hasard.



