La comète de l’éléphant


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 18 avril 2016 – kunstler.com

L’éléphant n’est même pas dans la pièce, ce qui explique pourquoi la campagne électorale 2016 est un soap opéra. L’éléphant qui n’est pas là, se nomme discontinuité. Voilà peut-être un mot intimidant, mais c’est exactement ce qui se passe aux États-Unis.

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Cela signifie que beaucoup de choses familières arrivent à leur fin, s’arrêtent, ne fonctionnent plus de la façon dont elles sont censées le faire – en commençant manifestement par le processus électif en cours, dans toute sa bizarrerie sans précédent.
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Le mystère révélé


Par James Howard Kunstler – Le 11 avril 2016 – Source kunstler.com

Le mystère est enfin révélé: pourquoi l’ensemble des candidats pour le poste de président se trouve-t-il à un niveau si uniformément bas côté confiance, crédibilité, antipathie? Pourquoi n’y a-t-il pas de candidats avec une véritable substance, des principes, et surtout du charme dans cet écheveau de basilics politiques? (Certes, il y a beaucoup de gens avec un fond et des principes ailleurs en Amérique – ils n’osent pas chercher le travail de responsable symbolique de ce bordel fait de rackets chancelants.) La raison en est que les problèmes sont insolubles, au moins pas dans les conditions acceptables de l’air du temps, à savoir le désir secret de garder tous ces rackets à tout prix.

C’est vrai, d’ailleurs, de toutes les parties concernées, des 0,001% de cette classe de milliardaires arnaqueurs, aux étudiants de deuxième année illusionnés et pleurant pour obtenir des «espaces sécurisés comme des utérus» dans leurs maisons étudiantes, aux multitudes banlieusardes accros au porno-sport, coincées avec un prêt impossible à rembourser, une voiture et des dettes dues à leurs études supérieures (et tout à coup, sans emploi rémunéré) et enfin aux bandes d’illusionnés des Black_Lives_Matter, qui n’ont pas remarqué que la vie des Noirs importe encore moins aux Noirs s’entretuant pour des baskets et des affronts personnels. Aucun de ces groupes ne veut vraiment changer quoi que ce soit. Ils veulent en fait préserver leurs prérogatives.

Les intérêts du 0,001% sont évidents: maintenir les flux de richesse théorique non gagnées et leurs rentes aussi longtemps que possible et les convertir aussi vite que possible dans des biens durables (îles des Caraïbes, paysages de Cézanne, lingots d’or), qui théoriquement les isoleraient de la colère de l’Histoire lorsque le centre ne tiendra plus. Les pauvres (et toujours plus pauvres) serfs de la dette, la classe moyenne d’autrefois habitant en banlieue, avec toutes les difficultés qu’ils traversent, ne peuvent pas imaginer vivre d’une autre manière, en mettant moins leur capital érodé dans la matrice du tout voiture dans la joie. Les étudiants maoïstes, guerriers  de la justice sociale, apprécient la puissance surprenante et les sensations fortes de la coercition, d’autant plus qu’elle est dirigée contre leurs professeurs minaudant et leurs présidents de collèges rampant et soucieux de maintenir l’illusion que quelque chose comme l’apprentissage se passe dans les opérations de blanchiment d’argent que sont les études supérieures. La foule des Black_Lives_Matter veut seulement être excusée de son non-respect des normes de bonne conduite et de ses intimidations des autres groupes ethniques de l’Amérique comme tribut matériel et politique.

Il doit être évident que le prochain occupant de la Maison Blanche présidera à l’implosion de tous ces arrangements étant donné que, comme dans les mots immortels de l’économiste Herb Stein, si une chose ne peut pas durer éternellement, c’est qu’elle va s’arrêter. Donc, les seules personnes qui restent en position éligible sont:

  1. un bouffon de télé-réalité désarticulé [Trump, NdT];
  2. un maniaque évangélique ayant la guerre joyeuse [Cruz, NdT];
  3. un monstre narcissique du «c’est mon tour de tenir la plus haute fonction du pays» [Clinton, NdT];
  4. un cocker socialiste vaillant mais donquichottesque auto-proclamé, qui aurait pu se faire virer d’une télé réalité multi raciale [Sanders, NdT].

Ce sont ceux qui restent debout à mi-parcours des conventions. Personne d’autre, sain d’esprit, ne veut participer à ce jeu de malheur.

Samedi, l’impayable démocrate Hillary a perdu son septième affrontement d’affilée face au seul Don Quichotte éligible du Vermont, Bernie Sanders. Ce fut une semaine après que le Huffington Post a rapporté que l’équipe de campagne de Clinton avait littéralement acheté et payé l’ensemble des super-délégués des 50 États, pour soi-disant compenser son incapacité à gagner autrement des votes avec l’ancienne manière, visiblement démodée, des bulletins de vote exprimés. Je me demande pourquoi cela n’a pas provoqué de réaction dans les médias par la suite. Parce que c’est le pays où tout arrive mais où rien ne compte, et c’est vraiment tout ce que vous devez savoir sur la façon dont les choses fonctionnent aux États-Unis par les temps qui courent.

Les mandarins républicains sont apparemment en plein délire au sujet des sondages concernant Donald Trump dans les États où il reste des primaires. Si Trump se plante, pensez-vous qu’ils vont seulement remettre à Ted Cruz l’ensemble Couronne plus Sceptre de Ronald Reagan? (Ils préfèreront enfermer Ted à l’arrière d’un fourgon Chevy avec cinq narcos mexicains et une tronçonneuse.) Les initiés de l’establishment du Parti républicain ont déjà allumé des cigares en préparation de la plus grande salle enfumée de l’histoire politique des États-Unis, à Cleveland, le 20 juillet. Mais quel pauvre bougre vont-ils faire monter sur le podium pour obtenir une chose aussi odieuse? Qui veut être le gars dans le bureau ovale, quand Janet Yellen viendra un matin brumeux à Washington DC et dira: «Euh, Monsieur (Madame) … ce bordel dont vous avez entendu parler qui allait se casser la gueule …? Eh bien, euh, il vient de tomber

Quant aux démocrates, ils sont sur le point d’oindre le candidat le plus impopulaire de notre temps. Les foules de Black_Lives_Matter ont promis de mettre le chaos dans les rues des congrès du parti, et ne pensez pas qu’ils vont épargner Hillary à Philadelphie, peu importe combien de mensonges elle a débité le mois dernier en Caroline [fausses promesses aux populations noires, NdT]. Ce qui va se passer à Philadelphie va libérer et révéler toute la puissance mortelle des escadrons de la NSA du président Obama, quand la police militarisée circonscrira les émeutes et qu’Hillary sera étiquetée coupable par association.

Et voilà comment Kim Kardashian sera élue présidente.

James Howard Kunstler

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par nadine pour le Saker Francophone.

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Un esprit à échappement libre


James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 4 avril 2016 – Source kunstler.com

 

«Il dit vraiment ce qu’il pense.» Voilà l’explication standard pour l’ascension politique étonnante de Donald J. Trump. D’une certaine manière, les médias d’information ont mal compris le sens de cette phrase: c’est que le reste de l’Amérique politique refuse de dire vraiment ce qu’il pense. Pourquoi cela, et comment est-ce possible?

La réponse simple: ils ont peur des répercussions à la télévision. Une simple erreur commise par votre langue, et vous êtes politiquement crucifié, fini, mis à la poubelle.
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La grande nausée


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 28 mars 2016 – Source kunstler.com

Les historiens du futur, tout en cuisant leurs  kebabs de rat sur un feu de camp, vont regarder en arrière cette année 2016 et s’émerveiller devant l’agonie de la république de zombies qui est morte en mangeant ses propres cerveaux. Cet État profond grotesque se traine d’une aventure de gouvernance à l’autre, consommant ses perspectives d’avenir possibles dans une fugue d’autophagie, provoquant cette grande nausée qui s’installe maintenant sur la terre.
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Complètement à l’ouest…


ils sont fous ces ricains !


Par James Howard Kunstler – Le 29 février 2016 – Source kunstler.com

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La riposte débile d’Hillary au slogan stupide de Trump, «Redonner sa grandeur à l’Amérique !», a été «… l’Amérique n’a jamais cessé d’être grande». Je suppose qu’elle a voyagé autour des friches de centres commerciaux en Caroline sans remarquer le carnage qui s’étale sur cette terre comme une mortelle tuberculose. L’Amérique est en train de se suicider en faisant de mauvais choix, depuis des décennies. Continuer la lecture

Revoir le prix de la réalité


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 15 février 2016 – Source kunstler.com

Il semble que le remplaçant de M. Obama, à partir du 20 janvier 2017, présidera dans des conditions de désordre jamais vues auparavant dans la vie quotidienne aussi bien que dans l’économie. Pour la classe prétendument pensante de l’Amérique, la fin de la politique où la réalité est en option viendra comme la surprise de leur vie.

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Atterrissage : capitaine Zhou Xiaochuan aux commandes


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 1er février 2016 – Source kunstler.com

Pourquoi quelqu’un pourrait-il supposer que la Banque populaire de Chine voudrait dire la vérité sur quelque domaine que ce soit où elle peut mentir ?

Surtout à propos de la solidité de tous les investissements dans les portefeuilles de prêts pris dans ses tentacules ? Bien sûr, l’essentiel de ce que la Chine a fait pour accélérer son effondrement financier, elle l’a appris en regardant les banquiers américains tracer leur chemin vers le nirvana du too big to fail – plus particulièrement dans la gamme des escroqueries, passe-droits et autres fraudes construites dans la pénombre du système bancaire opaque (shadow banking), pour masquer le spectacle catastrophique et soudain, après la découverte de la réalité des prix.

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Y a-t-il un espoir pour les Américains raisonnables ?


James Howard Kunstler

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Par James Howard Kunstler – Le 25 janvier 2016 – Source Kunstler

Tout comme beaucoup de gens – qui devraient être mieux cultivés – apprécient les pitreries perturbatrices de Donald Trump, d’autres groupes et d’autres cercles ont sûrement enduré des nuits sombres mettant leur âme à l’épreuve, alors qu’ils sont témoins de la campagne électorale 2016 qui bascule dans une tempête de rébellion, de corruption et d’idiotie.


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Élection américaine : pire qu’en 1860


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler– Le 18 janvier 2016 – Source kunstler.com

L’histoire perdue au milieu des chahuts de réfectoires et des concours de fanfaronnades que sont devenus les débats est celle de la destruction tournant au naufrage des deux grands partis eux-mêmes. Je ne vois pas comment les républicains ou les démocrates vont pouvoir sortir vivants de cette chausse-trappe. La saison des primaires est maintenant sur nous avec pour horizon des événements qui aspirent les deux partis sans but dans le trou sans fond des mauvais souvenirs historiques. Continuer la lecture

Après la découverte du pétrin, posez-vous et réfléchissez…


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 11 janvier 2016 – Source kunstler.com

Il semble que l’année 2016 sera l’année ou les humains vont apprendre que les choses qu’ils apprécient ne valaient pas autant qu’ils le pensaient. Ce sera un processus pénible, car un grand nombre d’êtres humains ne se débarrasse de choses qui perdent rapidement leur valeur − par exemple, les actions de la Bourse de Shanghai − que pour entasser autant d’argent qu’ils le peuvent sous la forme du dollar américain, dont la valeur et les intérêts vont également subir un ajustement très douloureux par rapport à leur valeur réelle.

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