Brûlons complètement la maison


James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 15 août 2016 – Source kunstler.com

Il y a une nouvelle fonctionnalité à l’économie tout-va-et-rien-ne-compte : rien-ne-se-crée. Les magiciens qui prétendent mesurer la croissance du PIB (produit intérieur brut, soit la valeur monétaire de tous les biens et services finis) ont sorti un chiffre ajusté pour le deuxième trimestre de 1,2%. Cela doit être interprété par quiconque est familier avec les statistiques économiques de base comme parfaitement lamentable. Et pourtant, le Bureau of Labor Statistics a sorti un brillant rapport de 255 000 embauches non agricole pour juillet, bien au-dessus des prévisions de 180 000.

Continuer la lecture

Zzzz..Rrrrron..Zzzz
Mais réveillez-vous, bordel !


Par James Howard Kunstler – Le 8 août 2016 – Source kunstker

Aujourd’hui, nous passons du pantomime sordide de l’élection 2016, aux mystères déplorables de la finance et de l’économie tapis derrière nos politiques malades.

La plupart des commentaires dans les médias traditionnels des masses besogneuses sont basés sur la notion erronée que la disponibilité actuelle des choses continuera certainement, et donc tout ce que nous avons à faire est de gérer la dynamique familière du système économique en place. Par exemple, le Grand Vizir Paul Krugman, dans le New York Times d’aujourd’hui, faisant le trottoir pour les États-Unis, demande d’émettre toujours plus de dette afin de réparer les infrastructures du pays. Est-ce-que ça a l’air d’être une bonne idée ? Emprunter des tonnes d’argent supplémentaires pour enclencher la marche arrière qui nous ramènera la croissance économique − pour un peu on y verrait même du brillant Trump.

Voici le pot au rose : l ‘ « économie de croissance » dont ils parlent est morte. Vous pouvez l’enterrer. La fantaisie techno-industrielle tire sa révérence. Nous nous dirigeons vers une contraction à long terme de l’activité, de la productivité et de la population. La question principale est d’imaginer l’ampleur du désordre qui accompagnera la nécessité du voyage vers un nouvel arrangement des choses.

L’envie de garder tous nos rackets en cours est compréhensible. Ils ont fourni beaucoup de confort, de commodité et de luxe. Mais nous ne sommes plus dans le monde d’Alexander Hamilton, à l’époque de la corne d’abondance américaine, où il suffisait juste d’emprunter un peu sur l’avenir, pour profiter des richesses gargantuesques d’une immense jungle. Nous y sommes passés et l’avons fait, et notre souhait techno-narcissique actuel de remplacer toute cette abondance matérielle disparue par une économie de réalité virtuelle style Pokemon Go, nous conduira sans aucun doute à une désillusion civilisationnelle.

Tirer des traites sur l’avenir ne fonctionne que lorsque vous avez une perspective réelle de remboursement. Les institutions qui régissent les emprunts prétendent depuis toujours que nos dettes peuvent être remboursées. L’origine de la fausseté de cette affirmation peut facilement être retrouvée. Elle remonte à la révocation, en 2009, de la règle 157 du  FASB − le Financial Accounting Standards Board − qui a déclaré que les banques n’étaient plus obligées de comptabiliser leurs prêts à la valeur de marché, mais pourraient les maquiller selon leurs besoins. En d’autres termes, le FASB a décidé que les normes étaient facultatives. Mais il s’agit seulement d’un rouage dans la grande roue de la fraude qui a tourné impitoyablement, saison après saison, depuis l’automne 2008.

Nous faisons face à la discontinuité, à la fin de vieilles dynamiques usées et nous sommes au début d’une nouvelle dynamique. La déflation monétaire est en cours depuis des années, parce que ce qui se passe quand les dettes ne peuvent pas être remboursées, c’est que l’argent disparaît. Maintenant, nous allons affronter les autres dimensions de la déflation : la contraction de l’industrie manufacturière, du commerce, des salaires, et de tous les marqueurs familiers de l’expansion à l’ère techno-industrielle du déclin. Les nombreuses esquives et les stratagèmes tentés par les banquiers centraux suprêmes, pour s’accommoder de la contraction, ne font que produire toujours plus de distorsions sur les marchés, les devises, et la distribution d’un capital évanescent, ce qui conduit à une grande bataille pour l’appropriation des résidus de l’histoire, à savoir la montée du radicalisme politique dans le monde entier, y compris le djihadisme islamiste, et la réponse occidentale avec Trump, Le Pen, et l’extrême-droite germanique naissante. Ces manifestations actuelles peuvent être des versions adoucies de ce qui va venir.

Aucune puissance ne peut venir à bout de la réalité de notre situation. Nous devons sauver ce que nous pouvons et devenir plus humbles, avoir une présence plus modeste, ou bien la planète elle-même va se débarrasser de nous. Il y a des frottements contre la religion actuelle du progrès, qui a remplacé les autres anciennes pratiques cultuelles. Le choix est maintenant entre mi-temps ou fin de partie, et le débat sur ces sujets est absent de l’arène politique.

Les distorsions, évoquées plus haut, sur les marchés, les monnaies, et le capital sont prises dans un tourbillon centrifuge toujours plus vaste, ce qui coïncide, comme par hasard, avec l’élection la plus particulière des temps modernes. L’incohérence et la tromperie des deux côtés est bien au-delà des normes américaines intrépides de connerie politique. Nous n’avons littéralement aucune idée de ce que nous faisons dans ce pays, ou de ce que nous sommes en train de souhaiter. Les structures financières de la vie quotidienne semblent plus fragiles que jamais.

Les forces de la gravitation gagnent toujours.

James Howard Kunstler

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

Que les jeux commencent !


Par James Howard Kunstler – Le 1er aout 2016 – Source kunstler.com


Les ballons à air chaud peuvent s’écraser au Texas, mais à Philadelphie la semaine dernière, Sainte Hillary, drapée dans sa robe impeccable de blanche privilégiée, flottait sur un plafond de verre surfant sur de puissantes rafales de sentimentalisme. La bonne épouse… la bonne mère… l’infatigable combattante pour les exclus arc-en-ciel et les martyrs du gender, proies de cette république patriarcale. Elle a promis la continuité et le changement aux fidèles crédules, comme l’histoire qu’elle a sortie des pétillantes fosses d’aisances de l’allégation, de la suspicion et de la méfiance qui, ces derniers mois, étaient devenues son repaire naturel.
Continuer la lecture

Sombres perspectives


Par James Howard Kunstler – Le 18 juillet 2016 – Source kunstler.com


J’étais dans les rues de Chicago en 1968 lors de la Convention démocrate. C’était seulement quelques mois après que Bobby Kennedy et Martin Luther King eurent été abattus. L’establishment, comme nous l’avons appelé à l’époque, était prêt à nommer le vice-président Hubert Humphrey, qui avait commencé à Washington comme un activiste progressiste du Midwest, mais qui était maintenant largement perçu par les jeunes hippies de l’Amérique comme un larbin et un politicien À-VENDRE aux forces du mal et de la guerre du Vietnam en cours.

Continuer la lecture

Flash et crépitement


Par James Howard Kunstler – Le 4 juillet 2016 – Source kunstler.com

Afficher l'image d'origine
Vous pouvez voir où la trajectoire des événements mène. Le pays sera distrait par les luttes raciales cet été, alors que le système bancaire mondial implose, entraînant l’arrêt des relations commerciales et des chaînes d’approvisionnement super-longues dont nous dépendons pour tous les biens de base, comme le pétrole et les aliments frais. À moins que ce qui reste du Parti républicain n’agisse de façon responsable et trouve un moyen de remplacer Trump par un candidat plus capable, la nation aura ce qu’elle mérite : un clown à la maison blanche à l’apogée de ce cap difficile.

Continuer la lecture

Satanés e-mails !


Par James Howard Kunstler – Le 4 juillet 2016 – Source kunstler.com

Le puissant Shakespeare dans ses pires sueurs nocturnes n’aurait jamais pu évoquer tous les angles vifs et les coins sombres de la famille Clinton, mais nous pouvons essayer de reconstituer la scène de la semaine dernière, dans l’avion de Loretta Lynch sur le tarmac de l’aéroport de Phoenix. Bill Clinton, l’ancien président, s’est invité à bord :

Loretta: – Putain, qu’est ce que tu fais ici ?

Bill: – Je venais vous raconter ce que Charlotte a fait la semaine dernière.

Continuer la lecture

Mort aux zombies


Par James Howard Kunstler − Le 27 juin 2016 − Source kunstler.com

Dépense, Dépense, Dépense !
Nuit des Dettes vivantes

Attendez une minute. Ils sont déjà morts. Le Brexit révèle simplement que tous les cerveaux n’ont pas encore été mangés. Une contagion virale menace maintenant les institutions zombifiées de la vie quotidienne, en particulier les rouages de la politique et de la finance. Tout comme les zombies existent seulement dans l’imaginaire collectif, de même ces deux activités principales de la société opèrent principalement sur la confiance, un produit éphémère de l’esprit collectif.

Continuer la lecture

Désespéré et disparate


Par James Howard Kunstler – Le 13 juin 2016 – Source kunstler.com

Comme je quittais Detroit très tôt dimanche matin pour attraper un avion, j’ai appris cette histoire de tuerie dans une boîte de nuit d’Orlando, mais les premiers rapports ne donnaient pas de détail sur tous les décès. Ce n’est qu’après avoir atterri que j’ai appris les nouvelles choquantes au sujet des 50 morts et autant de blessés par les écrans de télévision de l’aéroport.
Continuer la lecture

Aux limites


Par James Howard Kunstler – Le 16 mai 2016 – Source kunstler.com

Si le ministère de la Justice d’Obama était vraiment honnête au sujet de ses orientations en matière de toilettes transgenres, il aurait indiqué clairement l’obligation de fournir une nouvelle, et distincte, troisième catégorie de toilettes ou des vestiaires pour les personnes qui s’identifient comme transgenre. Cela aurait donné à ces personnes un endroit sûr, privé, pour leurs besoins biologique sans que les deux autres catégories de personnes, hommes et femmes, soient mal à l’aise.
Continuer la lecture

Trumptopia


Par James Howard Kunstler – Le 9 mai 2016 – Source kunstler.com

Léviathan

Pendant des années, il était facile de voir les nuages noirs politiques s’amonceler sur l’Europe, avec ses coalitions hargneuses et ses vieilles rengaines sur les conflits. Le père de Marine Le Pen, le sévère et vieux Jean-Marie, était sur la scène en France, des décennies avant que Donald Trump n’ait commencé son ascension vers la gloire en surfant sur les nuages nocifs de la culture merdique de l’Amérique, assisté par des hôtes célestes comme les anges Kardashian et le chérubin booboo.

Continuer la lecture