Par Dmitry Orlov − Le 28 Janvier 2025 − Source Club Orlov

La semaine dernière, j’ai esquissé la fin du jeu pour l’ancienne Ukraine et j’ai proposé ce que Trump doit faire pour que cela se produise, ce qui n’est pas grand-chose :
Qu’est-ce que Trump doit faire, concrètement, pour que tout cela se produise ? Il n’a rien à faire ! Plus précisément, il n’a pas à envoyer plus d’argent ou d’armes au régime de Kiev et celui-ci se repliera comme une chaise pliante dans un sous-sol d’église. Mais il serait utile qu’il dise certaines choses, comme « Zelensky n’est pas le président, son mandat a expiré en mai dernier » et « Nous n’avons personne à qui parler à Kiev ». Ensuite, Trump pourrait se laver les mains de tout le gâchis ukrainien : « J’ai dit à Poutine, tu l’as cassé, tu le répares ».
Par 
Le président américain Donald Trump, fraîchement inauguré, pourrait faire fausse route dans sa quête d’un accord de paix russo-ukrainien, qu’il a pourtant affirmé à maintes reprises pouvoir réaliser dès son premier jour à la Maison Blanche. Bien que Trump semble bien intentionné et optimiste quant à la facilité de résoudre la guerre Russie-OTAN en Ukraine face aux dures réalités du conflit, il continue de fixer des attentes irréalistes. En outre, il prend des décisions politiques sur la base de données erronées, ce qui produit toujours de mauvais résultats. Il semble qu’il soit induit en erreur, volontairement ou non, par ses conseillers ou par les services de renseignement américains, ce qui risque d’entraver ses efforts pour conclure un accord ou un traité entre l’Ukraine et la Russie ou entre les États-Unis et la Russie. C’est ce que démontrent les déclarations du président Trump et des membres de sa nouvelle administration, qui ne compte aucun expert sérieux de la Russie ou de l’Ukraine.
Il est possible, sinon probable, que la défaite de l’Ukraine dans la guerre et ses effets résiduels (effondrement de l’armée, du front et même de l’État) puissent faciliter leur accession au pouvoir si, d’une manière ou d’une autre, une Ukraine antirusse et indépendante émergeait après la guerre. Les ultra-nationalistes ou néo-fascistes ukrainiens sont fortement antilibéraux, anti-républicains et anti-occidentaux. Il y a quelques années, Dmitro Yarosh, fondateur puis dirigeant ou « coordinateur » du groupe néo-fasciste ukrainien Secteur Droit (SD) et plus tard conseiller du Commandant des Forces armées ukrainiennes, le Général Valerii Zaluzhnyi, qui est maintenant l’ambassadeur de Kiev au Royaume-Uni, ont promis qu’il y aurait une « deuxième phase de la révolution nationaliste » dont la révolte de Maidan de février 2014 n’était que la première. La deuxième phase consisterait à balayer les restes libéraux et oligarchiques de l’ordre démocratique pré-Maïdan restant encore dans le régime de Maïdan. De nombreux autres ultra-nationalistes et néo-fascistes ukrainiens ont des opinions similaires, et ils attendent le moment d’initier la deuxième phase.