L’éléphant blessé


Par James Howard Kunstler – Le 10 octobre 2016 – Source kunstler.com

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Le débat de hier soir [dimanche 9 octobre, NdT] soulève des questions intéressantes, telles que celles-ci: est-ce les Romains auraient choisi Caligula si on leur avait donné la chance de voter? Est-ce que le parti républicain peut se remettre de Donald Trump? Si les caciques du parti «débranchent» Trump, comme certains menacent de le faire (c’est à dire de couper des fonds pour sa campagne), vont-ils partir avec l’eau du bain de toute façon? Est-ce que les États-Unis sont une nation ou tout simplement le plus grand club de comédie du monde? Où est l’État profond lorsque vous avez vraiment besoin de lui?
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Jaugeons de la fin du jeu


Par James Howard Kunstler – Le 3 octobre 2016 – Source kunstler.com

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Tout ce que Hillary avait à faire la semaine dernière, c’était de se montrer et de rester debout sur un podium pendant quatre-vingt dix minutes sans tomber en pâmoison tandis que Donald Trump aboyait et grommelait lors de cette drôle de conférence de presse que nous aimons appeler un «débat». C’était le mieux que je pouvais faire pour continuer à regarder ce spectacle écœurant. Plus et vous leur auriez balancé votre téléviseur dans les dents, ou peut-être vous leur auriez fait un doigt d’honneur, comme Elvis avait l’habitude d’en faire.

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La programmation des traumatismes


Par James Howard Kunstler – Le 26 septembre 2016 – Source kunstler.com

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Alors que la nation attend le spectacle horrible du soi-disant débat entre Trump et Clinton dans une campagne électorale moins digne qu’une fosse d’aisance du Tiers-Monde, nous sommes une fois de plus témoins, sous nos yeux, de luttes raciales fabriquées de toutes pièces menées par le New York Times, délibérément équivoque. Si on lit l’histoire d’aujourd’hui en première page, Ce que nous savons des détails de la fusillade de la police à Charlotte, elle insinue que la police a agi par imprudence dans l’incident.
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Lentement, puis tout à coup


Par James Howard Kunstler – Le 19 septembre 2016 – Source kunstler.com

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L’incohérence stupéfiante de la campagne électorale ne reflète que la choquante incapacité du public américain, dans toutes les couches sociales, à comprendre les tendances de notre temps. La tendance principale est la contraction économique mondiale en cours. Après avoir frappé le mur des ressources, en particulier celle d’un pétrole à un prix abordable, l’économie mondiale techno-industrielle a coulé une bielle de son moteur.

Bien sûr il existe des moyens pour les êtres humains d’habiter cette planète, peut-être d’une façon civilisée, mais pas à l’échelle gigantesque du régime économique actuel. Le destin de cet ordre économique n’a rien à voir avec nos souhaits ou nos préférences. Il va s’effondrer, que cela nous plaise ou non, parce qu’il aura simplement été une anomalie violente dans l’histoire du monde. Mais la question saillante est : comment pouvons-nous gérer notre voyage vers une nouvelle disposition des choses ? Ni Trump ni Clinton ne montrent qu’ils ont simplement une idée de la situation réelle.

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Des signes de désespoir


Par James Howard Kunstler – Le 12 septembre 2016 – Source kunstler.com

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La théorie du plus Grand Fou – Faire quelque chose de stupide / Espérer que quelqu’un d’autre sera plus stupide

La bêtise et le mensonge forment une mauvaise combinaison pour les affaires des nations, en particulier lors des élections. Le cas présent aux États-Unis nous montre ces deux qualités à la quasi-perfection : d’un côté, un pseudo-sauveur rustre sans idées ; de l’autre côté, une wannabe racketteuse en chef, en pleine possession de sa tromperie instinctive. Trump offre une rhétorique incohérente, en opposition au lamentable ordre actuel des choses ; Clinton propose une rhétorique vide, flatteuse pour la défense de cet ordre. Les deux représentent une poussée nationale épique vers le suicide politique.
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Une plaisante accalmie


James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 5 septembre 2016 – Source kunstler.com

Une plaisante accalmie flotte sur une terre, où aujourd’hui de moins en moins de gens travaillent honnêtement − et certains travaillent à contrecœur pour trop peu − alors qu’une matrice de rackets soutient l’illusion que nos modes de vie ont un avenir. Est-ce que le quarterback [Poste clé dans une équipe de football américain, NdT] Colin Kaepernick est présent à l’esprit des millions d’Américains s’activant autour de leurs barbecues au fond de leur jardin ? Je salue son refus de ne pas se lever en l’honneur de l’hymne national, mais pas pour les raisons qu’il a déclarées. Au contraire, parce que je suis malade du symbolisme vulgaire, dans un moment aussi sombre d’une culture qui s’effiloche et exige plus que de parler dans le vide ou de faire des gestes symboliques.

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Tendances


James Howard Kunstler

James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler– Le 29 août 2016 – Source kunstler.com

Est-ce que le destin va permettre que l’élection d’Hillary Clinton soit l’acte suprême et peut-être terminal de notre société où-tout-va-mais-où-rien-ne-compte ? Pourtant, même avec la chance fabuleuse de courir contre un lourdaud politique consommé, elle doit se démener pour prendre le dessus, et elle va peut être atterrir à la Maison Blanche avec le plus faible taux de participation de l’histoire moderne. Mais sa récompense pour le bureau ovale ne serait peut être que d’esquiver les mises en accusation pendant quatre ans, alors que la nation se désagrège autour d’elle. C’est la façon dont le monde se terminerait : pas avec un bang ou un gémissement, mais dans un ricanement.

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Sombres dynamiques

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Par James Howard Kunstler – Le 22 août 2016 – Source kunstler.com

Ce dont le monde est témoin, sans y prêter effectivement beaucoup d’attention, c’est la mort de notre économie basée sur la dette : emprunter les moyens de se développer maintenant à un futur qui ne peut déjà plus vraiment le permettre. L’illusion que l’avenir sera toujours là pour s’offrir à nous était un héritage de l’ère de l’énergie pas chère. Cette ère a pris fin en 2005. La promesse de base est brisée et avec elle la prémisse de vivre comme nous l’aurions dû. L’énergie disponible aujourd’hui, en particulier le pétrole, n’est plus assez bon marché pour faire fonctionner les économies industrielles conçues pour lui. De quelque façon que vous regardiez cette dynamique, la Modernité va perdre.
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Brûlons complètement la maison


James Howard Kunstler

Par James Howard Kunstler – Le 15 août 2016 – Source kunstler.com

Il y a une nouvelle fonctionnalité à l’économie tout-va-et-rien-ne-compte : rien-ne-se-crée. Les magiciens qui prétendent mesurer la croissance du PIB (produit intérieur brut, soit la valeur monétaire de tous les biens et services finis) ont sorti un chiffre ajusté pour le deuxième trimestre de 1,2%. Cela doit être interprété par quiconque est familier avec les statistiques économiques de base comme parfaitement lamentable. Et pourtant, le Bureau of Labor Statistics a sorti un brillant rapport de 255 000 embauches non agricole pour juillet, bien au-dessus des prévisions de 180 000.

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Zzzz..Rrrrron..Zzzz
Mais réveillez-vous, bordel !


Par James Howard Kunstler – Le 8 août 2016 – Source kunstker

Aujourd’hui, nous passons du pantomime sordide de l’élection 2016, aux mystères déplorables de la finance et de l’économie tapis derrière nos politiques malades.

La plupart des commentaires dans les médias traditionnels des masses besogneuses sont basés sur la notion erronée que la disponibilité actuelle des choses continuera certainement, et donc tout ce que nous avons à faire est de gérer la dynamique familière du système économique en place. Par exemple, le Grand Vizir Paul Krugman, dans le New York Times d’aujourd’hui, faisant le trottoir pour les États-Unis, demande d’émettre toujours plus de dette afin de réparer les infrastructures du pays. Est-ce-que ça a l’air d’être une bonne idée ? Emprunter des tonnes d’argent supplémentaires pour enclencher la marche arrière qui nous ramènera la croissance économique − pour un peu on y verrait même du brillant Trump.

Voici le pot au rose : l ‘ « économie de croissance » dont ils parlent est morte. Vous pouvez l’enterrer. La fantaisie techno-industrielle tire sa révérence. Nous nous dirigeons vers une contraction à long terme de l’activité, de la productivité et de la population. La question principale est d’imaginer l’ampleur du désordre qui accompagnera la nécessité du voyage vers un nouvel arrangement des choses.

L’envie de garder tous nos rackets en cours est compréhensible. Ils ont fourni beaucoup de confort, de commodité et de luxe. Mais nous ne sommes plus dans le monde d’Alexander Hamilton, à l’époque de la corne d’abondance américaine, où il suffisait juste d’emprunter un peu sur l’avenir, pour profiter des richesses gargantuesques d’une immense jungle. Nous y sommes passés et l’avons fait, et notre souhait techno-narcissique actuel de remplacer toute cette abondance matérielle disparue par une économie de réalité virtuelle style Pokemon Go, nous conduira sans aucun doute à une désillusion civilisationnelle.

Tirer des traites sur l’avenir ne fonctionne que lorsque vous avez une perspective réelle de remboursement. Les institutions qui régissent les emprunts prétendent depuis toujours que nos dettes peuvent être remboursées. L’origine de la fausseté de cette affirmation peut facilement être retrouvée. Elle remonte à la révocation, en 2009, de la règle 157 du  FASB − le Financial Accounting Standards Board − qui a déclaré que les banques n’étaient plus obligées de comptabiliser leurs prêts à la valeur de marché, mais pourraient les maquiller selon leurs besoins. En d’autres termes, le FASB a décidé que les normes étaient facultatives. Mais il s’agit seulement d’un rouage dans la grande roue de la fraude qui a tourné impitoyablement, saison après saison, depuis l’automne 2008.

Nous faisons face à la discontinuité, à la fin de vieilles dynamiques usées et nous sommes au début d’une nouvelle dynamique. La déflation monétaire est en cours depuis des années, parce que ce qui se passe quand les dettes ne peuvent pas être remboursées, c’est que l’argent disparaît. Maintenant, nous allons affronter les autres dimensions de la déflation : la contraction de l’industrie manufacturière, du commerce, des salaires, et de tous les marqueurs familiers de l’expansion à l’ère techno-industrielle du déclin. Les nombreuses esquives et les stratagèmes tentés par les banquiers centraux suprêmes, pour s’accommoder de la contraction, ne font que produire toujours plus de distorsions sur les marchés, les devises, et la distribution d’un capital évanescent, ce qui conduit à une grande bataille pour l’appropriation des résidus de l’histoire, à savoir la montée du radicalisme politique dans le monde entier, y compris le djihadisme islamiste, et la réponse occidentale avec Trump, Le Pen, et l’extrême-droite germanique naissante. Ces manifestations actuelles peuvent être des versions adoucies de ce qui va venir.

Aucune puissance ne peut venir à bout de la réalité de notre situation. Nous devons sauver ce que nous pouvons et devenir plus humbles, avoir une présence plus modeste, ou bien la planète elle-même va se débarrasser de nous. Il y a des frottements contre la religion actuelle du progrès, qui a remplacé les autres anciennes pratiques cultuelles. Le choix est maintenant entre mi-temps ou fin de partie, et le débat sur ces sujets est absent de l’arène politique.

Les distorsions, évoquées plus haut, sur les marchés, les monnaies, et le capital sont prises dans un tourbillon centrifuge toujours plus vaste, ce qui coïncide, comme par hasard, avec l’élection la plus particulière des temps modernes. L’incohérence et la tromperie des deux côtés est bien au-delà des normes américaines intrépides de connerie politique. Nous n’avons littéralement aucune idée de ce que nous faisons dans ce pays, ou de ce que nous sommes en train de souhaiter. Les structures financières de la vie quotidienne semblent plus fragiles que jamais.

Les forces de la gravitation gagnent toujours.

James Howard Kunstler

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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