Par Pierre Le Vigan − Novembre 2024

Le transhumanisme est devenu un sujet central de notre époque. Que représente-t-il ? Que compte-t-il faire de nos vies si on le valide ? Pour comprendre la nouveauté du transhumanisme, il ne faut évidemment pas l’opposer à un prétendu immobilisme de l’homme des temps anciens. L’homme a toujours cherché à améliorer ses conditions de vie. Il a toujours cherché à acquérir plus de puissance, à multiplier son énergie, à inventer des outils pour habiter le monde à sa façon. Nous ne nous contentons jamais du monde tel que nous en avons hérité. Le simple fait de construire un pont est déjà une transformation du monde. Si le transhumanisme n’était que cela – l’intervention sur le monde en fonction de nos objectifs, la création d’outils pour que l’homme soit plus efficace dans ses entreprises, de la selle de cheval à l’automobile et à l’avion en passant par le gouvernail d’étambot – le transhumanisme ne serait pas une nouveauté.



Dans les décennies à venir, le concept principal et le plus fréquemment utilisé sera sans aucun doute le terme « découplage ». Le mot anglais « decoupling » signifie littéralement « déconnexion d’une paire » et peut se référer à un large éventail de phénomènes, de la physique à l’économie. Dans tous les cas, il s’agit de la rupture du lien entre deux systèmes, en particulier lorsqu’ils dépendent l’un de l’autre dans une mesure plus ou moins grande. Il n’existe pas d’équivalent exact pour traduire ce mot en russe, bien que размыкание (détachement), расцепление (désengagement), et разрыв пары (déconnexion des paires) véhiculent le sens. Toutefois, il est préférable de conserver le terme anglais « decoupling ».

