La réalité de la nécessité de la guerre pénètre largement la conscience du monde arabe et islamique.
Par Alastair Crooke – Le 26 octobre 2023 – Source Strategic Culture
Tom Friedman a lancé son terrible avertissement dans le New York Times jeudi dernier :
Je pense que si Israël se précipite maintenant [unilatéralement] à Gaza pour détruire le Hamas, il commettra une grave erreur qui sera dévastatrice pour les intérêts israéliens et américains.
Je parle du traité de paix de Camp David, des accords de paix d’Oslo, des accords d’Abraham et de l’éventuelle normalisation des relations entre Israël et l’Arabie saoudite. Tout cela pourrait partir en fumée.
Malheureusement, a déclaré le haut fonctionnaire américain [Friedman], les chefs militaires israéliens sont aujourd’hui plus faucons que le Premier ministre. Ils sont rouges de rage et déterminés à porter au Hamas un coup que l’ensemble du voisinage n’oubliera jamais.
Un déploiement naval massif des États-Unis dans un large arc de ce que l’on appelle le Grand Moyen-Orient est en cours – il s’étend de la Crète en Méditerranée orientale à la mer Rouge et au Bab el Mandeb, en passant par le golfe d’Aden et jusqu’au golfe d’Oman. Cette démonstration de force faite pour dissuader pourrait se transformer en opérations offensives à grande échelle et viser à remodeler les alignements géopolitiques et à les ramener dans les sillons traditionnels des rivalités intrarégionales dans la région du Golfe.
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La division du monde évolue rapidement vers quelque chose qui ressemble moins à une division – si l’on entend par « division » une division plus ou moins équilibrée entre deux parties – qu’à l’isolement d’une petite partie de la communauté internationale par rapport à une plus grande, significative ou largement majoritaire. En outre, cet isolement ressemble à une auto-isolation, et la partie qui s’isole est l’Occident. Il ne devait pas en être ainsi. Avant même la guerre ukrainienne entre l’OTAN et la Russie, Washington et Bruxelles se félicitaient d’avoir réussi à isoler la Russie, puis la Chine, de la « communauté des démocraties » (alors même que Washington abandonnait ce qu’il conviendrait d’appeler non pas un gouvernement démocratique, mais un gouvernement républicain). Au lieu de cela, c’est l’inverse qui se produit. Par son arrogance et son obstination, l’Occident, dirigé par Washington, se retrouve de plus en plus isolé.