Par Ron Unz − Le 27 janvier 2025 − Source Unz review
Les élections ne sont pas sans conséquence, et le remarquable retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a déjà produit un déluge de retournements majeurs dans toute une gamme de domaines politiques. Les journaux du week-end passé ont révélé que ces retournements comprennent désormais le débat sur les origines de la Covid-19, qui avait très largement disparu des gros titres depuis un ou deux ans.
John Radcliffe, le nouveau directeur de la CIA, était de longue date tenant de l’hypothèse de la fuite hors d’un laboratoire. Il affirmait que le virus était sorti par accident du laboratoire chinois de Wuhan, et sous l’influence du Secrétaire d’État Mike Pompeo, Trump en personne avait adopté la même position en 2020. Selon des articles parus dans le New York Times et le Wall Street Journal, la CIA a pratiqué un retournement sur sa position, et déclaré qu’elle est favorable à cette théorie. Bien que ce changement ne soit fondé sur aucune nouvelle preuve, et n’ait été exprimé qu’« avec un faible niveau de confiance, » des faucons anti-chinois comme le sénateur Tom Cotton se sont empressés de se saisir de cette annonce pour exiger que « la Chine paye pour avoir déclenché un fléau sur le monde. »
Au vu de l’âpreté de la Guerre Froide qui est en cours contre la Chine, l’impact pratique du nouveau verdict énoncé par la CIA reste trouble. Mais alors que ce verdict vient de tomber, à peu près au cinquième anniversaire de cette énorme catastrophe mondiale, j’espère que les récits qui vont en découler dans les médias d’informations vont attirer de nouveau l’attention du public sur ce sujet important, qui a par ailleurs disparu des titres de presse.
Mon propre intérêt pour ce sujet, qui ne date pas d’hier, avait déjà été titillé il y a quelques semaines, à l’occasion d’un événement soudain et spectaculaire, quoique d’un type tout à fait différent.
Le 17 décembre 2024, le lieutenant-général Igor Kirillov, chef des armées de défense chimique, biologique et nucléaire de la Russie, s’est fait assassiner devant son domicile situé à Moscou, par un engin explosif ; l’Ukraine a immédiatement revendiqué l’assassinat, et l’assassin s’est rapidement fait prendre.
Personne ne se souvenait de la dernière occurrence d’un décès de cette nature parmi les hauts généraux russes, et au vu de la dépendance totale de l’Ukraine vis-à-vis du soutien financier et militaire de l’Occident, rares étaient ceux qui pensaient que le gouvernement ukrainien aurait entrepris une opération aussi provocatrice sans au moins disposer d’un soutien tacite de la part de ses financeurs étasuniens et otaniens. De fait, les principaux journaux britanniques, très liés aux services de renseignements du même pays, ont rapidement célébré le coup puissant qui venait d’avoir été infligé à leur adversaire russe.
Kirillov ne présentait aucune implication directe dans les difficiles combats qui se déroulent en Ukraine, si bien que la plupart des observateurs ont supposé qu’il avait été désigné comme cible en raison des positions publiques controversées adoptées par son organisation dès le début du conflit.
Peu après que les forces militaires russes avaient franchi la frontière, fin février 2022, la Russie avait affirmé avoir découvert un réseau constitué de dizaines de laboratoires biologiques, pour la plupart proches de cette frontière, financés par le Pentagone et travaillant sur des microbes mortels tels que la maladie du charbon [le notoire anthrax en anglais, NdT]. Le développement d’armes biologiques offensives est absolument proscrit par le droit international, et Moscou avait déclaré que ces laboratoires constituaient une menace évidente pour la société russe.
Au départ, je n’étais pas du tout certain de croire en ces accusations, tellement semblables aux affirmations mensongères au sujet des Armes de Destruction Massive [ADM] de Saddam Hussein, utilisées comme prétexte par les États-Unis pour envahir l’Irak en 2003. Mais quelques jours plus tard, Victoria Nuland, sous secrétaire d’État et architecte en chef de la politique étasunienne en Ukraine, avait semblé confirmé ces faits au cours de son témoignage face au Congrès, et Tucker Carlson ainsi que Glenn Greenwald ont également pris note des implications considérables de cet aveu involontaire de sa part.
Le nom de Kirillov n’avait que rarement été mentionné au cours de ce différend, mais quelques mois plus tard, le 4 août 2022, il a déclenché une controverse encore plus importante en tenant une conférence de presse publique pour déclarer que des preuves lourdes semblaient exister, indiquant que le virus de la Covid-19 était une arme interdite développée par les États-Unis, et délibérément répandue en Chine.
Selon de nombreuses estimations, le virus de la Covid-19 avait déjà tué environ 20 millions de personnes à cette date, dont plus d’un million d’Étasuniens, si bien que les accusations proférées par Kirillov étaient d’une portée considérable. Pourtant, bien que ses déclarations fussent lourdement couvertes par les médias russes, elles sont restées quasiment ignorées par les médias occidentaux, y compris les médias alternatifs ; seul mon propre article a fait exception. Twitter avait même lancé une campagne de suppression active, allant jusqu’à suspendre le compte officiel du ministère russe des affaires étrangères lorsque celui-ci avait tweeté les informations avancées par Kirillov, une action sans précédent.
Le général Kirillov ne fut vraiment pas le seul dirigeant étranger d’importance à déclarer que la pandémie de Covid-19 avait sans doute résulté d’une attaque de guerre biologique étasunienne, et la même tactique de suppression médiatique quasiment totale dans les médias occidentaux avait été employée pour empêcher l’Étasunien de la rue d’entendre ces affirmations et de se demander si elles pouvaient éventuellement être fondées.
Par exemple, dans mon article originel d’avril 2020, j’avais pris note de la toute première flambée épidémique de Covid-19 en Iran, qui s’était déclenchée dans la Ville Sainte de Qom, et avait lourdement touché les élites au pouvoir de ce pays.
Alors que le coronavirus commençait progressivement à se propager au-delà des frontières de la Chine, un autre développement s’est produit qui a considérablement multiplié mes soupçons. La plupart de ces premiers cas s’étaient produits exactement là où on pouvait s’y attendre, parmi les pays d’Asie de l’Est limitrophes de la Chine. Mais fin février, l’Iran était devenu le deuxième épicentre de l’épidémie mondiale. Plus surprenant encore, ses élites politiques ont été particulièrement touchées, avec 10% de l’ensemble du parlement iranien bientôt infecté et au moins une douzaine de ses fonctionnaires et politiciens morts de la maladie, dont certains assez âgés. En effet, les militants néocons sur Twitter ont commencé à remarquer avec joie que leurs ennemis iraniens haïs tombaient maintenant comme des mouches.
Examinons les implications de ces faits. Dans le monde entier, les seules élites politiques qui ont subi des pertes humaines importantes sont celles de l’Iran, et elles sont mortes très tôt, avant que des flambées importantes ne se soient même produites presque partout ailleurs dans le monde en dehors de la Chine. Ainsi, l’Amérique a assassiné le plus haut commandant militaire iranien le 2 janvier, puis quelques semaines plus tard, une grande partie des élites dirigeantes iraniennes ont été infectées par un nouveau virus mystérieux et mortel, dont beaucoup meurent rapidement. Un individu rationnel pourrait-il considérer cela comme une simple coïncidence ?
Cette combinaison de facteurs extrêmement suspects avait rapidement amené les hauts dirigeants iraniens et leurs organes médiatiques à accuser les États-Unis d’avoir lancé des attaques de guerre biologique contre leur pays, et l’ancien président iranien avait été jusqu’à déposer officiellement plainte auprès d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.
Mais comme dans le cas des accusations russes qui furent énoncées par la suite, presque aucune de ces accusations explosives n’a jamais été rapportée dans les médias étasuniens, ni dans les médias d’autres pays occidentaux, si bien que rares furent les Occidentaux à même en avoir eu connaissance à l’époque.
La Chine avait d’évidence constitué la principale victime de l’épidémie de Covid-19, et certains des dirigeants de ce pays suggérèrent rapidement que le virus avait été apporté dans leur pays par des Étasuniens ayant pris part aux Jeux mondiaux militaires, qui s’étaient déroulés à Wuhan. Mais les Chinois reprirent par la suite le silence après des contre-attaques féroces lancées par l’Administration Trump, reconnaissant peut-être également que l’énoncé de telles accusations sans preuves solides risquaient d’être contre-productives en faisant apparaître la Chine comme faible si elle ne pouvait pas répliquer avec force. À l’époque, la Chine avait déjà réussi à contrôler la propagation du virus, et le virus de la Covid-19 avait commencé à se répandre aux États-Unis, et il est donc possible que les dirigeants chinois aient décidé que puisque les États-Unis subissaient un retour de flamme de l’attaque de guerre biologique bâclée qu’ils avaient lancée, il n’était pas nécessaire d’en rajouter.
Ces déclarations publiques, prononcées par de hauts dirigeants russes et iraniens, et lourdement relayées par leurs propres médias, n’étaient pas fondées sur des preuves écrasantes, et ne pouvaient pas être marquées du sceau de la vérité. Mais il fut totalement déraisonnable que l’ensemble de nos médias dominants et alternatifs les ignorèrent totalement : cela aura maintenu l’ensemble du public étasunien dans un état d’ignorance.
Chose plus déraisonnable encore : le comportement de nombreux journalistes et chercheurs, qui avaient vivement débattu des origines du virus de la Covid-19, dès les premiers jours e l’épidémie.
La position officielle, promue par l’establishment, et relayée par la meute des médias dominants, avait toujours été que le virus était totalement naturel, et avait infecté au hasard ses premières victimes humaines à Wuhan à la fin 2019. Dans le même temps, un petit groupe de chercheurs et journalistes contrariens et déterminés — on les a appelés les « lab-leakers » — maintenait avec force que le virus était artificiel et avait été fabriqué en laboratoire, puis s’était échappé par accident d’un laboratoire de l’Institut de virologie de Wuhan, démarrant l’épidémie dans cette ville.
Mais bien que ce groupe affirmât sans faillir explorer toutes les possibilités et toutes les preuves possibles, aucun de ses membres n’a jamais étendu la discussion pour y intégrer l’hypothèse de la guerre biologique, même après que les dirigeants russes et iraniens en avaient fait la proposition publique. Au lieu de cela, le débat relayé par les médias occidentaux était resté rigidement limité à l’alternative entre le narratif dominant d’un virus naturel, et le scénario d’une fuite accidentelle d’un laboratoire chinois ; la troisième possibilité resta toujours exclue de toute discussion.
Ce consensus bipolaire sur les origines du virus — virus naturel ou bien fuite de laboratoire — est resté jusqu’à ce jour en place, et il est désormais renforcé par l’assassinat soudain de la personnalité publique la plus en vue à l’avoir remis en question.
La mort de Kirillov m’avait amené à revisiter ces sujets qui remontaient déjà à quelques années en arrière, et je les avais récapitulés et discuté dans un article paru au mois de décembre 2024.
- Assassinat d’un haut général russe
Ron Unz • The Unz Review • le 23 décembre 2024 • 5,600 mots
L’attention que je portais à ce sujet s’étant ravivée, je me suis mis à explorer des développements supplémentaires. Début janvier, j’ai consacré un long article à discuter et à résumer l’analyse sur les origines du Covid produite par Jim Haslam, un chercheur indépendant qui avait écrit une longue suite de posts sur Substack au cours des deux dernières années, puis avait rassemblé toutes ses publications pour en faire un livre.
Au cours des dernières années, le plus gros du débat sur les origines du Covid s’était déroulé sur des fils de discussion Twitter éphémères, et Haslam a eu l’excellente idée de rassembler et d’analyser cette masse d’éléments, pour en arriver à des conclusions frappantes et convaincantes.
Pour commencer, il a assemblé des preuves absolument écrasantes montrant que le virus a été fabriqué en laboratoire, et n’est pas naturel. Comme il le démontre, la plupart des virologues de premier plan étaient rapidement parvenus à la même conclusion alarmante juste après avoir examiné le génome de ce virus, et avoir découvert sa très étrange structure. Ils ne sont ensuite revenus sur leur verdict qu’en raison de très fortes pressions, pas du tout suite à la publication de nouveaux éléments ou d’arguments analytiques forts.
Les conclusions auxquelles parvient Haslam sont fondées sur une combinaison de publications, d’informations fuitées, et de documents déclassifiés, et il a résumé sa reconstruction dans un post de 2023 :
- KGA [Kristian G. Andersen] est positionné entre 60 et 70% sur une origine de laboratoire.
- Bob affirme que l’alignement RaTG13 est « stupéfiant », mais Tulane avait déjà été accusé d’une fuite de laboratoire…
- Eddie se position à 60/40% par email, et à 80% en privé…
- Andrew est resté « agnostique« mais a pris note d’étrangeté du site de clivage de la furine.
- Mike Farzan, qui a découvert le récepteur SARS1, était à 70/30% pour une origine de laboratoire…
- Farrar était à 50/50% pour une origine de laboratoire, mais a également financé une recherche sur un vaccin se propageant de lui-même…
Et ce qui démarra comme « rapport » de fuite de laboratoire par KGA a peu à peu évolué pour devenir un article sur les origines naturelles. Le 4 février, Eddie a soumis la première version pour relecture, qui avançait des hypothèses sur les raisons possibles d’une origine naturelle…
Le 12 février, cette version de relecture avait évolué de rapport sur la fuite de laboratoire par KGA en un article sur les origines naturelles, produit par Eddie. L’éditeur en chef de Nature Medicine a répondu : « Oui, s’il vous plaît ! » mais ils ont dû le raccourcir à 2200 mots et 30 références. Il ne restait guère de place pour de la nuance, et le 25 février, Eddie s’était auto-convaincu, et avait convaincu les autres, que le SARS2 était d’origine naturelle…
L’ensemble de l’entreprise scientifique (dotations, financements, administrateurs, publications, brevets, médailles, les 89,5% de frais généraux de Scripps) était fondée sur l’idée d’origines naturelles, car sans cela, « cela allait provoquer l’effondrement complet de l’édifice scientifique. »
Comme le souligne Haslam, une partie des preuves « de flagrant délit » qui avaient rapidement attiré l’attention de ces virologues résidait en ce qu’un long tronçon du génome du Covid correspondait trait pour trait à un virus naturel chinois qui avait été catalogué par le laboratoire de Wuhan, la seule différence étant l’insertion d’un court site de clivage de furine, une addition qui augmentait considérablement le caractère infectieux du virus. En outre, cette proposition d’ingénierie biologique exacte avait été suggérée par le passé dans des documents de recherche et des demandes de dotations.

Faites l’alignement des spikes au niveau des acides aminés — c’est stupéfiant. Email de Bob Garry à Fauci
Cependant, Haslam est brusquement sorti du consensus sur la fuite de laboratoire sur plusieurs points d’importance. Presque tous les disciples de ce consensus avaient affirmé que le Covid avait été fabriqué au laboratoire de Wuhan, mais Haslam affirmait que cela était très peu plausible. Aucun des virologues travaillant dans ce laboratoire, ou ailleurs en Chine, ne disposait de l’expertise technique pour réaliser un travail de cet ordre, et aucun d’entre eux n’avait publié d’article de recherche faisant montre d’un intérêt envers ce type de projet.
Au lieu de cela, l’auteur premier des articles et des propositions de dotations qui revenaient à une recette de production du Covid avait été la personne du Dr. Ralph Baric, de l’université de Caroline du Nord (UNC), l’un des bio-ingénieurs les plus en vue sur la scène mondiale, qui avait de longue date collaboré avec le laboratoire de Wuhan et avait donc reçu le génome du virus naturel chinois, le virus précurseur tellement proche du Covid. Il semblait donc très probable que le laboratoire de Baric ait produit le virus du Covid, sans qu’aucun membre du laboratoire de Wuhan fût impliqué dans le projet, et la réaction des virologues chinois plaide fortement pour leurs affirmations d’innocence.
Haslam semblait également avoir tiré au clair l’une des énigmes les plus étranges concernant le schéma d’infectiosité du Covid. On retrouve de manière quasiment invariable les virus naturels chez une ou plusieurs espèces animales locales, dont les populations constituent les réservoirs naturels à partir desquels ils finissent par sauter le stade d’infection de l’humain. Pourtant, malgré des efforts considérables, aucune espèce hôte chinoise n’a jamais pu être trouvée.
Cependant, sans le moindre effort, on a trouvé cinq différentes espèces animales en Amérique du Nord qui avaient été lourdement infectées, comme le cerf, et particulièrement des espèces de mulots et de chauve-souris. Pourtant, sur la base d’autres facteurs, nous savons bel et bien que le Covid n’était pas un virus naturel ayant circulé par le passé en Amérique du Nord, et cette anomalie a longtemps troublé de nombreux observateurs.
Le travail de détective scientifique réalisé avec soin par Haslam a révélé que ces mêmes espèces avaient été utilisées comme animaux de laboratoire dans le laboratoire Rocky Mountain (RML) du Dr. Vincent Munster, dans le Montana. Ceci suggérait fortement qu’après sa bio-conception initiale, le virus du Covid avait été testé et que son niveau d’infection avait été ajusté dans cette structure, en utilisant ces animaux précis à cette fin.
Le professeur Jeffrey Sachs, de l’université de Columbia, a été président de la commission du Lancet sur le Covid, et il a été en 2021 co-auteur du tout premier article scientifique affirmant que le Covid avait été fabriqué en laboratoire et n’était pas naturel, puis il a défendu cette affirmation hautement controversée dans de nombreuses interviews publiques. Les arguments déployés par Haslam semblent avoir convaincu Sachs, qui fait mention du laboratoire de Rocky Mountain dans ses longues interviews menées par Tucker Carlson aux mois de mars et de décembre, qui ont attiré des millions de vus sur Twitter et sur YouTube.
Je pense que Haslam a produit un dossier très bien étayé, établissant que le Covid a été fabriqué en laboratoire à partir d’un virus précurseur chinois, sans doute au sein du laboratoire UNC de Baric, puis a testé et assuré des réglages dans les installations RML de Munster, et j’ai résumé et cité une grande partie de son analyse dans mon long article.
Tout ceci a constitué quelque chose comme 90 % du travail de Haslam, et je l’ai trouvé très solide et convaincant. Mais je reste très sceptique vis-à-vis des 10 % qui restent, qui représentent sa propre hypothèse sur la manière dont le virus s’est ensuite transporté à Wuhan et a été libéré par accident dans cette ville. Je pense que son scénario n’est étayé par aucune base factuelle solide, et semble très peu plausible, car il est également contredit par de nombreux autres éléments. Mais comme les deux sujets sont totalement indépendants l’un de l’autre, mes doutes sérieux sur ce sujet n’impactent en rien les arguments avancés par Haslam concernant la création du virus.
Après avoir décrit tout le travail produit par Haslam, j’ai résumé ma propre réaction :
J’ai trouvé tous ces éléments très intéressants et convaincants, mais guère surprenants. Sur la base d’arguments totalement différents, j’avais déjà acquis la conviction dès les premiers mois de l’année 2020 que le Covid avait été produit dans un laboratoire étasunien, sans savoir ni m’intéresser au laboratoire particulier qui en avait été responsable.
Aussi, au cours des années qui ont suivi, lorsque des documents fuités ont fait tanguer le débat sur les origines du Covid, amenant de plus en plus d’analystes à accepter un rôle majeur des États-Unis dans sa création, je n’ai guère prêté attention à la controverse. Tous les faits qui sortaient à la lumière du jour ne faisaient que confirmer mes suppositions, et je souriais de satisfaction que le reste du monde, des années après, ait fini par parvenir aux mêmes conclusions que celles auxquelles j’étais moi-même parvenu quelques semaines après le début de l’épidémie.
L’analyse produite par Haslam a été beaucoup plus loin que cela, affirmant que non seulement des financements étasuniens, et la biotechnologie étasunienne avaient été impliqués, mais que le virus du Covid lui-même avait en réalité été créé au sein d’un laboratoire étasunien, sans doute sous les efforts conjoints du Dr. Baric de l’UNC et du Dr. Munster de RML. Une fois de plus, j’ai trouvé cela très intéressant, mais guère surprenant. Dès 2021, je connaissais l’expertise colossale du Dr. Baric en bio-ingénierie virale, et j’en étais venu à le considérer comme principal suspect.
Haslam ne serait sans doute pas d’accord avec ça, mais je pense que son analyse convaincante sur la manière dont le Covid fut créé dans des laboratoires étasuniens coïncide en réalité très bien avec ma propre analyse très différente sur le comment et le pourquoi le virus est subitement apparu à Wuhan et à Qom, en prenant en compte l’agenda.
- Cinq années et trente millions de morts
Ron Unz • The Unz Review • le 6 janvier 2025 • 12,600 mots
L’un des personnages centraux du récit de Haslam est Sir Jeremy Farrar, qui dirige depuis longtemps la fondation britannique Wellcome Trust et qui est donc l’un des principaux financeurs au monde en matière de recherche biomédicale.
Au vu du contrôle qu’il a exercé sur le soutien financier nécessaire, Farrar disposait d’une énorme influence sur le domaine de la recherche biologique, et comme le démontre Haslam, il a joué un rôle central dès le début dans les discussions privées concernant la nature du virus.
La plupart des principaux virologues avaient conclu au départ que les très étranges traits structurels du Covid indiquaient qu’il était sans doute sorti d’un laboratoire, et bien que Farrar ait lui-même affirmé par la suite se positionner à 50-50 sur cette question, il a aidé à l’organisation de la première conférence virtuelle, au mois de février, sur un canal Slack privé, conférence dont Haslam et de nombreux autres critiques de premier plan ont affirmé qu’elle avait marqué le début de la dissimulation sur le Covid. C’est sous les exhortations de Farrar que Fauci a participé à cette conférence en ligne et qu’il y a amené son supérieur en titre, le directeur du NIH, Francis Collins, ainsi que Ralph Baric. Haslam affirme que les virologues ont rapidement subi des pressions pour revenir sur leurs positions et déclarer que le virus était naturel, et non pas fabriqué en laboratoire.
Cela m’a amené à revisiter des parties de mon propre article de 2024, que j’avais écrit après avoir trouvé des éléments surprenants dans le livre écrit par le sénateur Rand Paul sur l’épidémie de Covid et les questions qu’il avait posées à Farrar durant les auditions du Sénat consacrées aux origines du virus.
L’hypothèse de Paul sur de sinistres comportements de la part
des Chinois est également très influencée par son interprétation d’éléments d’importance dans le récit de Jeremy Farrar, un docteur britannique, ancien éditeur en chef du New England Journal of Medicine qui a également été PDG de la fondation Wellcome Trust, sans doute la principale source de financements au monde en matière de recherche biomédicale.
Au mois de juillet 2021, Farrar a publié un court ouvrage sur les premiers mois de l’épidémie de Covid. Paul est évidemment en désaccord avec les opinions relevant du courant dominant énoncées par Farrar concernant l’efficacité des confinements, les masques et les vaccinations, mais il a traité le scientifique avec beaucoup de respect et a lourdement repris ses révélations, qui constituent le récit naïf d’un véritable homme de l’intérieur au cours de ces événements retentissants. J’ai également été très impressionné par les éléments produits par Farrar, et à la fin 2022, j’ai brièvement discuté de son livre intéressant :
Jeremy Farrar a été directeur de la fondation britannique Wellcome Trust, l’un des principaux financeurs mondiaux de projets de santé publique, et il a joué un rôle central dans l’organisation des mesures immédiates visant à contenir l’épidémie de Covid. Le livre Spike, co-écrit par la journaliste Anjana Ahuja, constitue son bref récit de ces événements importants, qui commencèrent avec les derniers jours de 2019, et ce livre apporte une perspective utile de la part d’un homme de l’intérieur bien placé. J’ai également été très intéressé de découvrir que le président de Wellcome était l’ancien directeur du MI-5, l’agence britannique de renseignements intérieurs, qui a pu contribuer à apporter à l’auteur des informations importantes sur certains sujets.
Dans son récit, Farrar souligne de manière répétée que l’épidémie de Covid a frappé la Chine au pire moment possible, avec une apparition à la veille de la nouvelle année lunaire chinoise, un moment qui voit possiblement 450 millions de Chinois voyager. Cela semblait propice à répandre l’épidémie dans le moindre recoin de l’immense pays, et ce désastre gigantesque et imminent n’a été évité que par le plus grand confinement sanitaire public de l’histoire de l’humanité.
Farrar est la plus respectable des personnalités issues de l’establishment, et j’ai eu la surprise de découvrir qu’au cours des premiers jours de l’épidémie, lui-même et son cercle d’experts scientifiques de premier plan discutait du sujet de savoir si le virus avait été fabriqué en laboratoire, certains d’entre eux trouvant cela probable, et il a même fait mention de l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’une arme biologique, délibérément libérée. Mais au fur et à mesure que les besoins pratiques posés par la terrible crise sanitaire subie par la Grande-Bretagne et le reste de l’Occident absorbaient tout sa concentration, ces sujets théoriques se sont peu à peu retirés des discussions.
Cependant, Paul s’est centré sur certains éléments du récit de Farrar, que je n’avais pas correctement évalués :
Farrar relate que « durant la seconde semaine du mois de janvier [2020], je commençais à comprendre l’échelle de ce qui se produisait. Durant cette période, j’ai fait des choses que je n’avais jamais faites auparavant : acheter un téléphone portable anonyme, tenir des réunions clandestines, garder des secrets difficiles. »
L’épouse de Farrar, Christiane, insiste pour qu’il appelle « les gens qui nous sont proches, pour qu’ils comprennent ce qui est en train de se passer, au cas où quelque chose [t’]arriverait »… Farrar a également dit à son frère que les agences de renseignements britanniques et étasuniennes étaient dans la boucle… Farrar a dépeint un scénario dangereux : « Si quelque chose devait m’arriver dans les quelques semaines à venir, » leur ai-je dit nerveusement, « voici ce que vous devez savoir. »
Sur la base d’extraits intéressants tirés du travail de Paul, j’ai décidé de relire le livre de Farrar, en me concentrant particulièrement sur les premiers chapitres, et j’en ai tiré quelques conclusions importantes.
Paul a été troublé par certaines déclarations choc de Farrar, et s’est demandé si le scientifique craignait que le gouvernement chinois pût d’une manière ou d’une autre sortir du bois et lui faire du mal en Grande-Bretagne, mais ma propre interprétation est très différente. Farrar a souligné qu’au cours de ces premiers jours, lui et de nombreux autres chercheurs hauts placés étaient convaincus que le virus avait été fabriqué en laboratoire. Il a également émis l’hypothèse que ce virus aurait pu être délibérément libéré, pour frapper la Chine au pire lieu et au pire moment, avec une apparition à Wuhan, le nœud de transit majeur, juste avant les voyages de la nouvelle année lunaire, et il a même soulevé la possibilité que ce type d’incident pût déboucher sur une guerre mondiale. Comme Paul l’a affirmé, il a exprimée de manière répétée des craintes considérables au sujet de sa sûreté personnelle, et a de fait posé comme titre à son premier chapitre : « Si quelque chose devait m’arriver… »
La présidente de Wellcome était Eliza Mannigham-Buller, ancienne directrice du MI5, les services secrets britanniques, et Farrar a discuté de la situation alarmante aussi bien avec elle qu’avec Andrew Parker, son successeur du MI5 :
Lorsque j’ai informé Eliza des soupçons au sujet des origines du nouveau coronavirus, elle a émis pour conseil que toutes les personnes impliquées dans les conversations délicates devraient être plus vigilantes en terme de sécurité. Nous devions utiliser des téléphones différents ; éviter d’échanger sur ces sujets par courriel; et laisser tomber nos adresses e-mail normales et nos contacts téléphoniques habituels.
Farrar a été choqué par ces suggestions, et a même recopié un courriel urgent qu’il a envoyé à sa secrétaire pour demander que lui soit fourni un deuxième téléphone « anonyme ». Mais la date de cette note m’a immédiatement sauté aux yeux.
Paul a sans doute oublié qu’à la fin janvier 2020, le FBI avait réalisé une descente à l’aube au domicile du professeur Charles Lieber, l’un des plus hauts scientifiques de Harvard, et président du département de chimie de cette université, et désigné comme potentiel lauréat d’un futur prix Nobel. Le professeur Lieber avait de longue date entretenu des liens de recherche étroits avec la Chine, et était expert en virologie, et bien que les accusations qui le ciblaient fussent extrêmement obscures — des violations supposées de parties de l’accord de non-divulgation de ses candidatures de dotations auprès du gouvernement — il s’est vu menotté, mis sous les verrous, et menacé de nombreuses années d’incarcération fédérale. Comme j’en ai émis l’hypothèse dans mon article originel du mois d’avril 2020 :
Mais je pense qu’une possibilité beaucoup plus probable est que Lieber a commencé à se demander si l’épidémie en Chine pourrait ne pas être le résultat d’une attaque de guerre biologique américaine, et était peut-être un peu trop libre d’exprimer ses soupçons, attirant ainsi la colère de notre establishment de sécurité nationale. Infliger un traitement aussi sévère à un scientifique de haut niveau de Harvard intimiderait grandement tous ses collègues, moins en vue, qui maintenant réfléchiraient sûrement à deux fois avant d’aborder certaines théories controversées avec n’importe quel journaliste.
Peut-être bien qu’une pure coïncidence a marqué la demande urgente par Farrar de disposer d’un téléphone « anonyme », quasiment simultanément avec l’arrestation subite de Lieber. Je doute fortement que Farrar se soit inquiété que la police secrète chinoise pût le menacer en Grande-Bretagne. Mais d’autres services de renseignements ont certainement pu constituer une menace très sérieuse, surtout si les hypothèses échangées en privé entre Farrar et ses collègues s’étaient étendues bien au-delà des références fugaces qu’il a fini par produire dans Spike.
- Pourquoi Rand Paul et RFK Jr. ont évité l’éléphant dans le couloir, sur le sujet du Covid
Le récit de l’intérieur apporté par le Dr. Jeremy Farrar
Ron Unz • The Unz Review • 29 avril 2024 • 8,400 mots
Comme chacun l’a reconnu, Farrar a été une personnalité tout à fait centrale dans le début du débat sur les origines du Covid, une personne à l’importance inégalée par rapport à tous les autres acteurs impliqués. En outre, contrairement à tous les autres participants à ce débat, il a également révélé ses pensées et ses actions personnelles à cette époque, dans un livre publié, et j’ai choisi de positionner en gras certains des passages dans lesquels j’ai résumé ou cité des parties de cet ouvrage, dont la signification colossale semble être restée totalement ignorée, ou mal interprétée par Kennedy, Haslam, et tous les autres avocats de l’hypothèse de la fuite du laboratoire.
Sur la base des affirmations de Farrar, il était extrêmement préoccupé de sa sécurité personnelle durant les premières semaines de l’épidémie. Son épouse a insisté pour qu’il transmette ses idées dangereuses à des amis, comme police d’assurance au cas où quelque chose lui serait arrivé, et il a suivi en toute hâte les conseils prodigués par l’ancienne et le nouveau chefs du MI5, l’agence de renseignement, en achetant un téléphone anonyme et en adoptant des mesures plus courants dans le monde de l’espionnage que dans celui de la santé publique ou de la recherche scientifique. Il a même intitulé son premier chapitre de manière spectaculaire : « S’il devait m’arriver quelque chose…«
Mais le développement de telles craintes personnelles n’a absolument aucun sens si l’on s’en tient aux deux théories sur les origines du Covid qui ont monopolisé pratiquement tout le débat public en Occident au cours des cinq dernières années.
De toute évidence, si le Covid n’était qu’un simple virus naturel, comme l’establishment occidental et les médias dominants l’ont longtemps soutenu, Farrar n’avait absolument rien à craindre. Mais si le virus avait été créé en laboratoire, puis libéré par accident à Wuhan, il est également très difficile de comprendre en quoi Farrar aurait eu à se préoccuper de sa sécurité.
Haslam et d’autres tenants de la thèse de la fuite du laboratoire ont longtemps affirmé que la dissimulation des origines du Covid était motivée par des préoccupations selon lesquelles si la vérité éclatait, les gouvernements occidentaux en viendraient à limiter drastiquement les recherches biologiques sur des virus, et à diminuer sévèrement leurs financements gouvernementaux. Des actions qui auraient médusé les virologues et les microbiologistes impactés, et peut-être que certains d’entre eux en auraient voulu à Farrar s’ils avaient estimé qu’il avait contribué à exposer les faits desquels auraient découlé leurs pertes de financements. Mais je ne peux pas m’imaginer que l’un ou l’autre de ces respectables scientifiques en serait venu à embaucher des assassins pour lui régler son compte. Alors pourquoi Farrar a-t-il manifestement autant craint pour sa vie durant les premiers jours de l’épidémie ?
L’explication évidente se trouve étalée dans les quelques premiers chapitres du récit très sincère qu’il prodigue sur les événements. Comme la plupart des virologues les plus éminents, il estimait que le Covid semblait avoir été fabriqué en laboratoire. Il fait mention de l’hypothèse qui circulait parmi ce groupe, selon laquelle le Covid était une arme chimique, volontairement libérée. Il souligne que l’épidémie de Covid avait frappé la Chine au moment et au lieu qui étaient absolument les pires possibles, à Wuhan, nœud de transit majeur, et juste avant la Nouvelle Année Lunaire chinoise, moment où 450 millions de Chinois s’apprêtaient à voyager dans le pays. Il soulève même la possibilité que ce type d’incident pouvait déclencher une guerre mondiale.
Aucune de ces préoccupations ne présentait de cohérence avec l’hypothèse d’un virus naturel ou d’une fuite accidentelle du virus hors d’un laboratoire. Farrar et les membres de son cercle discutaient de toute évidence de la possibilité grave que l’épidémie de Covid pût avoir constitué une attaque de guerre biologique contre la Chine.
En outre, si l’on considère ses discussions honnêtes avec les dirigeants présent et passé du MI5, il a très probablement partagé ses préoccupations à ce sujet avec ces hauts dirigeants du renseignement britannique. Et loin de lui répondre que ses craintes étaient infondées et ridicules, ceux-ci
lui ont conseillé que tous les participants à ces conversations délicates devaient se montrer plus prudentes vis-à-vis de leur sécurité. Nous devions utiliser des téléphones différents, éviter d’évoquer ces sujets par courriel ; et laisser de côté les adresses e-mails habituelles et les contacts téléphoniques.
Une guerre biologique interdite contre la Chine, qui semble avoir probablement tué des milliers, ou des dizaines de milliers de personnes, constituait un incident exceptionnellement grave, et Farrar craignait à raison que les instigateurs de cette guerre pussent utiliser des méthodes létales pour protéger leurs troubles secrets d’une divulgation publique par des personnalités en vue et dignes de foi, comme lui-même.
Peut-être Farrar a-t-il eu à l’esprit le décès très douteux du Dr. David Kelly en 2003, un expert britannique de haut niveau en matière de guerre biologique, qui avait révélé confidentiellement aux médias certains des mensonges gouvernementaux impliqués dans la promotion de la guerre en Irak. Le décès de Kelly, survenu quelques semaines plus tard, a été officiellement désigné comme un suicide, mais Michael Howard, ancien dirigeant du parti conservateur britannique, et de nombreux autres observateurs sont fermement convaincus qu’il a en réalité été assassiné.
Quant à l’instigateur d’une telle attaque de guerre biologique hypothétique contre la Chine, les importantes tensions internationales entre ce pays et les États-Unis suggéraient un suspect évident. Mais en addition à cela, j’ai remarqué que la tentative effrénée de Farrar en vue d’obtenir un téléphone anonyme s’est produite presque en même temps que le terrible destin qui s’est subitement abattu sur l’un de ses collègues universitaires, pourtant parmi les mieux classés des États-Unis. Comme je l’ai décrit dans mon article d’avril 2020 :
À peu près à la même époque, j’ai remarqué une autre coïncidence extrêmement étrange qui n’a suscité aucun intérêt de la part de nos somnolents médias nationaux. Bien que son nom n’ait rien signifié pour moi, fin janvier, mes journaux du matin contenaient des articles importants sur l’arrestation soudaine du professeur Charles Lieber, l’un des meilleurs scientifiques de l’Université de Harvard et président de son département de chimie, parfois qualifié de futur lauréat du prix Nobel.
Les circonstances de cette affaire m’ont paru tout à fait bizarres. Comme de nombreux autres universitaires américains éminents, Lieber avait eu des décennies de liens de recherche étroits avec la Chine, échangeant des rencontres et recevant un financement substantiel pour son travail. Mais maintenant, il a été accusé de divulgation non autorisée de rapports financiers concernant des activités subventionnées par le gouvernement – le type d’infraction le plus obscur – et sur la base de ces accusations, il a été saisi par le FBI lors d’une descente matinale à son domicile dans la banlieue de Lexington, menotté, risquant des années en prison fédérale.
Une telle action du gouvernement contre un universitaire semblait presque sans précédent. Au plus fort de la guerre froide, de nombreux scientifiques et techniciens américains ont été légitimement accusés d’avoir volé nos secrets nucléaires pour les livrer à Staline, mais je n’avais jamais entendu parler de l’un d’eux traité d’une manière aussi sévère, sans parler d’un savant de la stature de Lieber, qui était simplement accusé de divulgation technique non autorisée de rapport financier. En effet, cet incident rappelle les récits de raids du NKVD lors des purges soviétiques des années 1930.
Bien que Lieber ait été décrit comme un professeur de chimie, quelques secondes de recherche sur Google ont révélé que certains de ses travaux les plus importants concernaient la virologie, y compris la technologie pour la détection des virus. Donc, une nouvelle épidémie virale massive et mortelle a éclaté en Chine et presque simultanément, un éminent universitaire américain ayant des liens étroits avec la Chine et une expertise en virologie a été soudainement arrêté par le gouvernement fédéral, mais personne dans les médias n’a exprimé de curiosité à propos d’une éventuelle connexion entre ces deux événements.
Je pense que nous pouvons dire avec certitude que l’arrestation de Lieber par le FBI a un rapport avec l’épidémie de coronavirus, mais à part cela, le reste n’est que de la spéculation. Ceux qui accusent maintenant la Chine d’avoir créé le coronavirus pourraient certainement suggérer que nos agences de renseignement ont découvert que le professeur de Harvard avait été personnellement impliqué dans cette recherche. Mais je pense qu’une possibilité beaucoup plus probable est que Lieber a commencé à se demander si l’épidémie en Chine pourrait ne pas être le résultat d’une attaque de guerre biologique américaine, et était peut-être un peu trop libre d’exprimer ses soupçons, attirant ainsi la colère de l‘establishment de notre sécurité nationale. Infliger un traitement aussi sévère à un scientifique de haut niveau de Harvard intimiderait grandement tous ses collègues, moins en vue, qui maintenant réfléchiraient sûrement à deux fois avant d’aborder certaines théories controversées avec n’importe quel journaliste.
- La Pravda américaine : notre catastrophe du Coronavirus a-t-elle constitué un retour de flamme de guerre biologique ?
Premières suspicions sur l’attaque de guerre biologique étasunienne
Ron Unz • The Unz Review • le 21 avril 2020 • 7,400 mots
Avec le recul de cinq années, la descente du FBI pratiquée au petit matin sur la maison de banlieue du professeur Lieber semble avoir constitué un événement encore plus étrange et sans précédent qu’à l’époque.
Pour autant que je puisse en juger, durant toute l’histoire des États-Unis, aucun universitaire respectable n’avait jamais été traité aussi brutalement, et encore moins quelqu’un présentant la stature internationale de Lieber, tout cela pour de simples accusations de violations de paperasserie. Au cours des années 1950, on a exécuté les Rosenberg pour leur implication dans un réseau d’espion qui livra nos secrets d’armements militaires à Staline, et pourtant ni eux, ni aucun autre espion soviétique de leurs complices n’a eu à subir ces traitements.
Qui plus est, la magnitude véritable de l’affaire légale contre Lieber a été indiquée par ce qui a fini par lui arriver. Le haut professeur de Harvard a fini par être condamné sur les quatre chefs d’accusation de violations rapportées, et d’évasion fiscale qui lui étaient reprochés, ce qui a découlé sur l’administration d’une amende significative et d’une peine de deux jours de prison. Deux jours de prison !
Vu la condamnation triviale infligée à Lieber, l’action extrêmement rude adoptée à son encontre avait de toute évidence pour but d’intimider l’ensemble de ses collègues. Si l’on suppose que l’agenda de l’acquisition par Farrar d’un téléphone anonyme n’a pas constitué une pure coïncidence, on peut dire que le but ainsi énoncé a été pleinement atteint.
Le livre de Farrar sur l’épidémie de Covid a pour sous titre « Le récit de l’intérieur » et, vu son importance capitale et son faible volume, je l’ai relu une troisième fois, ce qui a confirmé mes impressions précédentes sur ce que l’auteur s’emploie à décrire.
Toutes les hypothèses de fabrication en laboratoire et de guerre biologique de l’ancien PDG de Wellcome sont limitées aux deux premiers chapitres. Mais cela se comprend tout à fait puisque une fois la Grande-Bretagne atteinte par l’épidémie, la question purement théorique des origines du Covid s’est trouvée totalement submergée par la tentative désespérée de protéger son pays de la menace imminente d’avoir à subir des centaines de milliers de morts. Farrar explique qu’en dépit de ses tentatives et de celles menées par d’autres experts réputés, les décisions totalement incompétentes et idéologiques prises par le premier ministre Boris Johnson ont produit un gigantesque désastre de santé publique. De fait, selon l’analyse des décès en surnombre réalisée par the Economist, les plus de 300 000 pertes britanniques n’ont été dépassées que par l’Italie parmi les pays membres du G-7, et ont même dépassé les terribles performances des États-Unis à cet égard.
Peu de temps après la tenue de la conférence en ligne organisée par Farrar, à laquelle ont participé aussi bien Fauci que les principaux virologues, un consensus scientifique officiel a été établi, selon lequel le Covid était un virus naturel, et que toute mention de fabrication en laboratoire, sans même parler d’attaque par arme biologique délibérée, était reléguée dans la frange conspirationniste. Farrar a semblé adopter totalement ces nouvelles conclusions, en signant au mois de février une lettre dans le Lancet à ce sujet, et je ne suis pas au courant s’il a par la suite exprimé le moindre doute sur ce sujet. Au mois de mars, cette théorie du virus naturel fut solidement arrimée dans l’opinion, après qu’un groupe de hauts virologues mondiaux a publié son célèbre article dans Nature Medicine faisant état d’origines proximales du virus.
Les personnes qui se conforment aux édictions de l’establishment sur les sujets importants se voient souvent récompensées pour leur obéissance, et à la fin 2022, Farrar a été nommé au poste très prestigieux de Chief Scientist à l’Organisation Mondiale de la Santé. Mais le point central est que durant les premiers stades de l’épidémie de Covid, l’un des acteurs intérieurs les mieux connectés et les plus réputés a semblé considérer le scénario d’une attaque de guerre biologique comme très plausible.
En outre, Farrar n’était pas du tout seul à entretenir cette opinion, qui est resté à l’esprit d’autres experts de premier plan.
Durant plus d’une année après la publication de l’article sur les origines proximales, la théorie du virus naturel est restée tout à fait dominante au sein du narratif médiatique dominant, et toute mention d’une fabrication en laboratoire du Covid était marginalisée et rejetée comme « théorie complotiste. » Mais à la mi 2021, Nicholas Wade, journaliste scientifique installé de longue date et d’autres ont ravivé la théorie de la fuite hors d’un laboratoire, et celle-ci a rapidement attiré une forte attention du public dans les médias.
Ce débat renouvelé a provoqué une interview avec Christian Drosten, le plus influent des virologues allemands, qui avait également été un acteur de l’intérieur central dans les premières discussions entre Farrar et d’autres. J’ai décrit l’important témoignage produit par Drosten dans mon long article paru en juillet 2021 :
Une interview du début du mois de juin avec Christian Drosten, un virologue allemand classé parmi les meilleurs experts mondiaux sur le SARS et sur le Covid, avait débouché sur les mêmes conclusions. La discussion est parue dans une petite publication en allemand, et n’a guère reçu d’attention, mais la magie de Google Translate a permis de rendre ces éléments importants disponibles à un lectorat mondial :
- M. Drosten, d’où est venu ce virus ?
Marie-Jose Kolly, Angela Richter et Daniel Ryser • Republik • le 5 juin 2021 • 4,500 motsLe Dr. Drosten acceptait absolument une origine naturelle pour le virus, posant pour hypothèse que l’intermédiaire non découvert pouvait se trouver ailleurs dans l’industrie d’élevage chinoise, il apportait également son opinion sur la possibilité d’un virus fabriqué, ou fuité d’un laboratoire. En particulier, il évoquait l’idée que le virus fût créé et libéré comme arme biologique, tout en éludant délibérément la discussion sur ce sujet :
On trouve de fait deux thèses impliquant un laboratoire. L’une d’elles serait la volonté de nuire, voyant quelqu’un construire intentionnellement un tel virus. L’autre relèverait de l’accident de recherche, qui malgré de bonnes intentions et une saine curiosité verrait une expérience mal tourner. La thèse malveillante, honnêtement : c’est aux services secrets que vous devez en parler. En tant que scientifique, je ne peux pas en juger.
Et il poursuivait en affirmant que la structure du virus rendait très peu probable que celui-ci ait pu être produit dans le cadre d’un projet de recherche scientifique innocente, ou bien que si ce virus provenait du laboratoire de Wuhan et avait été libéré par accident :
Cette idée d’accident de recherche est extrêmement peu probable pour moi, car elle serait beaucoup trop incommode. L’idée d’une utilisation malveillante par un laboratoire des services secrets, quelque part : En tout état de cause, une telle chose n’émanerait probablement pas de l’Institut de Virologie de Wuhan. Il s’agit d’un institut académique réputé.
Même s’ils n’ont pas tous les deux les mêmes raisons de s’exprimer comme ils le font, la combinaison des témoignages des virologues Anderson et Drosten soulève des doutes considérables sur le scénario d’une fuite accidentelle du virus hors du laboratoire de Wuhan, qui représente désormais de plus en plus l’opinion conventionnelle des médias dominants étasuniens. Les deux experts se montrent tous deux très sceptiques à l’idée que le Covid ait pu constituer le produit d’une recherche scientifique innocente, et ils pensent également qu’il est tout à fait peu probable que le laboratoire de Wuhan ait soit créé le virus, ou l’ait libéré par accident. Aussi, bien qu’ils continuent tous deux de préférer la théorie du virus naturel, ils semblent prendre comme alternative probable celle d’un projet interdit ou malveillant, ayant semble-t-il impliqué la création et la libération volontaire d’une arme biologique mortelle. Mais selon un tel scénario, l’épidémie initiale de Wuhan, l’une des plus grandes villes et l’un des principaux nœuds de transport de Chine, aurait naturellement pour tendance à innocenter ce pays, et à désigner en toute logique le coupable dans une toute autre direction.
Il est important de noter que nous voyons l’une des plus éminentes autorités scientifiques mondiales sur le Covid qui soulève avec précaution la possibilité que ce virus ait constitué une arme biologique non-chinoise, et ce dans une petite publication en langue allemande. Et pourtant, cette hypothèse très brève et rapidement exposée semble être énoncée dans ce seul média, alors qu’il s’agit d’une idée plutôt évidente, qui est donc restée ignorée dans les quelque 100 000 mots ou plus d’articles de la presse dominante que j’ai pu lire au sujet des origines du Covid au cours de l’année écoulée. Sans doute que de nombreux autres journalistes et scientifiques ont dû envisager une telle possibilité, et pourtant, pratiquement aucun d’entre eux n’a permis à cette idée d’apparaître dans un article imprimé. Quelle est la meilleure manière de comprendre ce total embargo intellectuel ?
- La Pravda Américaine : L’épidémie de Covid : fuite hors d’un labo, ou guerre biologique ?
Ron Unz • The Unz Review • le 12 juillet 2021 • 13,100 mots
Ainsi, bien que Drosten ait déclaré se montrer extrêmement sceptique sur l’idée d’une fuite hors d’un laboratoire, il semblait nettement plus enclin à accepter la libération « malveillante » du Covid par un service de renseignements. Il s’agissait d’évidence d’un euphémisme pour décrire une attaque de guerre biologique contre la Chine, même si Drosten, et on peut le comprendre, a choisi d’éviter de discuter en détail une possibilité aussi dangereuse.
Farrar et Drosten constituaient certainement deux des personnes connaissant le sujet de l’intérieur parmi les mieux informées sur le débat des origines du Covid, et chacun d’eux a déclaré publiquement soupçonner que l’épidémie ait pu constituer le résultat d’une attaque de guerre biologique contre la Chine, le second étant allé jusqu’à écarter le scénario d’une fuite accidentelle d’un laboratoire comme très peu plausible. Au vu de la nature extraordinairement controversée de l’hypothèse de la guerre biologique et de son exclusion quasiment absolue de toute discussion dans les médias dominants ou dans les médias alternatifs, je pense que les affirmations extrêmement profondes sont à considérer comme des « aveux contraires à leurs propres intérêts ».
Si Farrar et Drosten considèrent tous deux une attaque de guerre biologique comme une possibilité plausible, il se peut qu’ils n’aient pas forcément raison, mais je pense que l’idée est à prendre au sérieux, et à intégrer dans la gamme des scénarios possibles.
Il est important de souligner que les deux scientifiques et hommes de l’intérieur sont arrivés à leurs conclusions sans disposer du moindre accès aux nombreux éléments qui soutiennent l’hypothèse d’attaque de guerre biologique que j’ai par la suite réussi à accumuler. Aucun des deux n’était au courant des Jeux mondiaux militaires de Wuhan, ni de l’exercice de contagion de Crimson, ni du rapport secret émis par la DIA, et l’idée de Farrar sur une possible attaque de guerre biologique s’est constituée avant même le déclenchement extrêmement suspect de l’épidémie de Qom, en Iran.
J’avais soulevé ce premier sujet dans mon article originel du mois d’avril 2020, et je l’avais discuté plus en détail dans un article qui avait suivi en 2021 :
Une autre coïncidence encore plus remarquable a reçu une bien plus grande diffusion, devenant un élément de base des « théories du complot » anti-américaines et entraînant même un incident diplomatique impliquant le ministère chinois des affaires étrangères.
Selon la chronologie actuelle largement acceptée, l’épidémie de Covid-19 a débuté à Wuhan fin octobre ou début novembre 2019. Mais les Jeux militaires mondiaux se déroulaient également à Wuhan pendant cette même période, se terminant fin octobre, et 300 militaires américains y ont participé. Comme je l’ai souligné à plusieurs reprises dans mes articles et commentaires depuis plus d’un an, comment les Américains réagiraient-ils si 300 militaires chinois avaient effectué une visite prolongée à Chicago et que, peu après, une épidémie mystérieuse et mortelle avait soudainement éclaté dans cette ville?
Il aurait sûrement été très facile pour nos services de renseignement de glisser quelques-uns de leurs agents dans ce grand contingent militaire américain, et la présence de plusieurs milliers de militaires étrangers, se déplaçant dans la grande ville et faisant du tourisme, aurait été idéalement adaptée pour servir de couverture à la diffusion discrète d’une arme biologique virale hautement infectieuse. Rien de tout cela ne constitue une preuve, mais la coïncidence chronologique est tout à fait remarquable.
À peu près au même moment que les experts scientifiques comme Farrar et Drosten avaient décidé qu’une attaque de guerre biologique constituait une explication plausible pour l’épidémie de Covid, un vétéran de la défense biologique, doté d’une expérience de quarante années en la matière, en arrivait aux mêmes conclusions. Comme je l’ai discuté dans mon article originel du mois d’avril 2020 :
La guerre biologique est un sujet hautement technique et il est peu probable que ceux qui possèdent une telle expertise rapportent franchement leurs activités de recherche classifiées dans les pages de nos principaux journaux, peut-être encore moins après que le professeur Lieber a été traîné en prison, menotté. Ma propre connaissance est nulle. Mais à la mi-mars, je suis tombé sur plusieurs commentaires extrêmement longs et détaillés sur l’épidémie de coronavirus qui avait été publiée sur un petit site web par un individu se faisant appeler « OldMicrobiologist » et qui prétendait être un vétéran à la retraite ayant travaillé quarante ans dans la bio-défense américaine. Le style et les détails de son matériel m’ont paru tout à fait crédibles, et après une un peu plus ample enquête, j’ai conclu qu’il y avait de fortes chances que ses antécédents soient exactement comme il les avait décrits. J’ai pris des dispositions pour republier ses commentaires sous la forme d’un article, qui a rapidement attiré beaucoup de trafic et de très nombreux commentaires supplémentaires.
Bien que l’auteur ait souligné le manque de preuves tangibles, il a déclaré que son expérience l’avait conduit à soupçonner fortement que l’épidémie de coronavirus était en effet une attaque de guerre biologique américaine contre la Chine, probablement menée par des agents arrivés dans ce pays sous le couvert des Jeux militaires organisés à Wuhan fin octobre, le genre d’opérations de sabotage que nos agences de renseignement avaient parfois entreprises ailleurs. Un point important qu’il a fait valoir est qu’une forte létalité est souvent contre-productive pour une arme biologique, car affaiblir ou hospitaliser un grand nombre de personnes impose des coûts économiques beaucoup plus élevés à un pays qu’un agent biologique qui inflige simplement un nombre égal de décès. Selon lui, «une maladie à transmissibilité élevée et à faible létalité est parfaite pour ruiner une économie», suggérant que les caractéristiques apparentes du coronavirus étaient presque optimales à cet égard. Les personnes intéressées devraient lire son analyse et juger par elles-mêmes de sa crédibilité et de son pouvoir de persuasion.
- Le Coronavirus : une attaque de guerre biologique contre la Chine ?
OldMicrobiologist • The Unz Review • le 13 mars 2020 • 3,400 motsUn aspect intrigant de la situation était que presque dès le premier moment où les rapports de l’étrange nouvelle épidémie en Chine ont atteint les médias internationaux, une grande campagne orchestrée avait été lancée sur de nombreux sites web et plateformes de médias sociaux pour trouver la cause dans une arme biologique chinoise négligemment répandue dans son propre pays. Pendant ce temps, l’hypothèse beaucoup plus plausible que la Chine était la victime plutôt que l’auteur n’avait reçu pratiquement aucun soutien organisé nulle part et n’a commencé à prendre forme que lorsque j’ai localisé et republié des documents pertinents, généralement tirés de coins très obscurs et souvent écrits de manière anonyme. Il apparaissait donc que seule la partie hostile à la Chine menait une guerre de l’information active. Le déclenchement de la maladie et le lancement presque simultané d’une campagne de propagande aussi importante ne prouvent pas nécessairement qu’une véritable attaque de guerre biologique a eu lieu, mais je pense qu’elle tend à soutenir une telle théorie.
- La Pravda Américaine : la catastrophe du Coronavirus a-t-elle constitué un retour de flamme de guerre biologique ?
Les preuves s’accumulent de la responsabilité des États-Unis
Ron Unz • The Unz Review • le 21 avril 2020 • 7,400 mots
J’ai également cité de manière répétée certains autres éléments frappants dans de nombreux articles sur le Covid que j’ai produits :
Par exemple, en 2017, Trump a recruté Robert Kadlec, qui est depuis les années 1990 l’un des principaux soutiens étasuniens de la guerre biologique. L’année suivante, en 2018, une épidémie virale mystérieuse a frappé l’industrie volaillère chinoise, et en 2019, une autre épidémie virale mystérieuse a dévasté la filière porcine chinoise…
Dès les premiers jours de l’administration Trump, les principaux dirigeants étasuniens avaient considéré la Chine comme l’adversaire géopolitique le plus puissant opposé aux États-Unis, et avaient orchestré une politique de confrontation. Puis, entre les mois de janvier et août 2019, le département de Kadlec avait lancé l’exercice de simulation « Crimson Contagion », qui avait mis en scène l’hypothétique épidémie d’une maladie virale respiratoire en Chine, sa propagation aux États-Unis, et les participants s’étaient concentrés sur les mesures nécessaires pour la contrôler aux États-Unis. Kadlec, en tant qu’expert en guerre biologique de premier plan pour les États-Unis, avait insisté sur l’efficacité unique des armes biologiques dès la fin des années 1990, et nous devons le féliciter pour sa prescience incroyable, qui l’a amené à organiser en 2019 un exercice épidémique viral majeur qui a été tellement similaire à ce qui s’est véritablement produit en réalité quelques mois plus tard à peine.
Les dirigeants de l’administration Trump étant tellement entichés de la guerre biologique, tellement hostiles à la Chine, et ayant lancé des simulations à grande échelle en 2019 sur les conséquences d’une mystérieuse épidémie virale dans ce même pays, il semble tout à fait déraisonnable de totalement écarter la possibilité que des projets aussi extrêmement téméraires aient pu être discutés en privé et finalement mis en application, même si cela a probablement été réalisé sans l’autorisation du président.
Mais une fois révélées les conséquences terribles de l’inaction du gouvernement étasunien sur le sujet, des éléments de nos agences de renseignements se sont appliqués à démontrer que ce n’étaient pas eux qui avaient dormi à la barre. Début octobre 2022, un reportage d’ABC News citait quatre sources gouvernementales distinctes révélant que dès la fin novembre, une unité spéciale de renseignements médicaux au sein de notre agence de Renseignement de Défense avait produit un rapport avertissant qu’une épidémie incontrôlable se produisait dans la région chinoise de Wuhan, et avait distribué ce document parmi les haut-placés du gouvernement étasunien, avec l’avertissement selon lequel il fallait agir pour protéger les soldats étasuniens situés en Asie. Une fois le récit éventé, un porte-parole du Pentagone a officiellement réfuté l’existence de ce rapport du mois de novembre, et divers autres dirigeants de haut niveau du gouvernement et des renseignements ont refusé d’apporter des commentaires à ce sujet. Mais quelques jours plus tard, la télévision israélienne avait mentionné qu’au mois de novembre, les renseignements étasuniens avaient bel et bien partagé ce rapport sur l’épidémie de Wuhan avec ses alliés de l’OTAN et Israël, ce qui semblait confirmer de manière indépendante la pertinence totale du reportage originel livré par ABC News et ses diverses sources au sein du gouvernement.
Il apparaît donc que des éléments de la Defense Intelligence Agency étaient au courant de l’explosion virale mortelle de Wuhan plus d’un mois avant le moindre dirigeant du gouvernement chinois. À moins que nos agences de renseignements aient pratiqué une percée dans la technologie de la précognition, je pense que cela s’est produit pour la même raison exactement qui fait que les pyromanes sont au courant à l’avance de l’emplacement des futurs incendies.
Selon ces récits multiples propagés par les médias dominants, au cours de « la seconde semaine du mois de novembre », la Defense Intelligence Agency était déjà en train de préparer un rapport secret avertissant d’une épidémie « cataclysmique » se déroulant à Wuhan. Pourtant, à ce stade, pas plus d’une bonne dizaine de personnes avaient été infectées dans cette ville comptant 11 millions d’habitants, et peu d’entre eux présentaient le moindre symptôme grave. Les implications en sont tout à fait évidentes.
Bien que la quasi-totalité de ces points centraux soutenant l’hypothèse de la guerre biologique derrière l’épidémie de Covid soient déjà parus dans mon article précédent, publié durant les cinq dernières années, un grand nombre de ces points est resté perdu dans le blizzard de révélations en lien avec le Covid en provenance d’autres sources, et a donc obtenu moins d’impact que je ne l’espérais.
Mais examinons le simple fait suivant : la Russie et l’Iran ont tous deux déclaré publiquement que le Covid constituait probablement une arme biologique étasunienne, libérée volontairement, et des personnes de l’intérieur aussi bien informées que Jeremy Farrar et Christian Drosten ont également considéré ce scénario comme très plausible. La combinaison de toutes ces déclarations importantes rend totalement absurde et ridicule l’exclusion quasiment totale de cette possibilité par l’ensemble des médias occidentaux, tout comme l’évitement total de toute mention des révélations apportées par le célèbre journaliste Seymour Hersh au sujet des gazoducs de Nord Stream.
Lorsque les éléments sont présentés de cette manière, il me semble que rares sont les personnes raisonnables qui remettront en cause cette conclusion. Par exemple, une personnalité de premier plan dans le débat sur les origines du Covid s’était toujours montrée très sceptique ou même méprisante à l’égard de ma propre hypothèse sur la guerre biologique. Mais à l’examen récent de ces faits combinés, il m’a exprimé en privé son accord sur l’idée que l’hypothèse de la guerre biologique devait être examinée au même titre que les deux autres possibilités dans les discussions futures. Je considère une telle concession comme un pas en avant très important, et j’espère que d’autres personnes adopteront prochainement la même position.
Depuis les premiers mois de l’année 2020, j’ai toujours considéré l’hypothèse de la guerre biologique comme de loin la plus plausible, expliquant mieux que toute autre les éléments disponibles ainsi que les étranges anomalies que les scénarios du virus naturel et de la fuite accidentelle hors d’un laboratoire n’étaient pas en mesure d’expliquer. Aussi, une fois qu’elle disposera de l’attention sérieuse de la part du public, je pense que cette hypothèse va commencer à obtenir beaucoup de soutien. Par exemple, à la fin de l’année 2022, j’ai passé en revue certains des éléments les plus récents sur les origines du Covid, puis ai résumé ces éléments dans une section portant le titre « Considérons la troisième possibilité restée exclue« :
Je pense que ces échanges démontrent que dans une très grande mesure, les deux camps impliqués dans le débat sur les origines du Covid se sont en réalité ignoré l’un l’autre.
Les témoignages apportés par Quammen et Holmes ont fortement remis en question la possibilité de toute fuite hors d’un laboratoire à Wuhan, suggérant que cela prouve que le virus devait être naturel, en dépit du fait que bien peu d’arguments aient été avancées dans cette direction ; tout au plus, ils ont soulevé des doutes sur la force des preuves favorables à la fabrication en laboratoire.
Dans le même temps, les articles et papiers produits par Wade, Sachs, Bruttel et d’autres ont apporté des preuves solides du fait que le virus était artificiel. Tout ceci a habituellement été interprété comme soutien de la thèse de la fuite hors d’un laboratoire, alors même que fort peu d’éléments ont jamais été présentés pour étayer cette idée d’une fuite accidentelle.
Et pourtant, l’apparente somme vectorielle de ces arguments en conflit les uns avec les autres est la conclusion selon laquelle le virus n’a pas fuité hors du laboratoire de Wuhan, et n’a pas non plus une origine naturelle, ce qui suggère que le débat public a été inopportunément limité à l’examen de ces deux seules possibilités.
Depuis plus de 30 mois, j’insiste sur le fait qu’il existe bel et bien trois hypothèses parfaitement plausibles pour expliquer l’épidémie de Covid. Le virus pourrait avoir été naturel, et apparu par hasard à Wuhan à la fin 2019 ; le virus aurait pu être le produit artificiel d’un laboratoire scientifique à Wuhan, en être sorti par accident à la même époque ; ou bien le virus aurait pu constituer le produit fabriqué en laboratoire d’un programme de guerre biologique à cent milliards de dollars, le programme de ce type le plus ancien et le plus vaste du monde, et constituer une arme déployée contre la Chine et contre l’Iran par des éléments de l’Administration Trump au plus haut de notre confrontation internationale hostile avec ces pays.
Les deux premières possibilités ont été discutées dans leurs moindres détails et débattues dans les médias occidentaux, médias dominants et médias alternatifs. Mais la troisième est restée quasiment totalement ignorée, en dépit du fait que de hauts dirigeants russes, iraniens et chinois aient publiquement accusé les États-Unis d’avoir libéré le cadre dans d’une attaque délibérée de guerre biologique.
J’ai accès aux statistiques de visites pour mes propres articles, mais je n’ai pas vraiment moyen de déterminer qui lit ces articles, ni si les idées qui y sont présentées ont pu pénétrer les divers cercles politiques. Mais de temps à autre, j’observe une indication qui suggère que cela est peut être en train de se produire.
Par exemple, tous mes articles promulguant l’hypothèse du Covid en tant qu’arme de guerre biologique soulignent que si une attaque étasunienne contre la Chine (et l’Iran) avait bel et bien transpiré, cela se sera produit sans que le président Trump l’ait su et encore moins autorisé, et aura relevé d’une opération renégate, opération qui aura débouché sur un désastre pour les États-Unis et pour tous leurs alliés. L’épidémie qui s’en est suivi a sans doute également coûté à Trump sa réélection en 2020.
J’ai affirmé qu’une attaque de ce genre aurait sans doute été organisée par un petit groupe de conspirateurs, le suspect le pus probable en étant Mike Pompeo, alors Secrétaire d’État et ancien directeur de la CIA, une personnalité très puissante au sein de l’Administration Trump, et dirigeant de la faction la plus dure face à la Chine et face à l’Iran.
Contrairement à d’autres dirigeants nommés par Trump, Pompeo était ensuite plutôt resté en bons termes avec son ancien supérieur, et a fortement soutenu la campagne présidentielle de Trump pour 2024. Dans le même temps, l’ancien président a fait les éloges de Pompeo au cours de son interview avec Joe Rogan, avant l’élection, et après la victoire de Trump, Pompeo a été désigné comme premier candidat pour devenir secrétaire de la Défense au sein de la nouvelle administration.
Mais au lieu de cela, plusieurs personnalités de premier plan gravitant dans le cercle le plus proche de Trump, parmi lesquelles Donald Trump Junior, ont réussi à se mobiliser pour bloquer la nomination de Pompeo, et l’ancien dirigeant s’est également vu refuser tout autre poste au sein du Cabinet. Plus récemment, Trump a été jusqu’à retirer la protection assurée par les Services Secrets à son ancien Secrétaire d’État, une action qu’un ancien dirigeant de la sécurité nationale en colère a décrit comme « de pure rancune et mesquinerie. » John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité Nationale de Trump, a subi le même sort, mais contrairement à Pompeo, Bolton avait passé les cinq dernières années à attaquer et dénoncer Trump avec férocité, ce qui explique beaucoup plus facilement cette décision.
Il est possible que le retournement subit de Trump contre Pompeo ait découlé de facteurs totalement différents. Mais si mon hypothèse est exacte, des personnes très importantes autour de Trump ont pu parvenir à la conclusion que Pompeo puisse s’être rendu coupable de crimes mondiaux colossaux, et que ces crimes pourraient finir par éclater à la lumière. Et qu’ils aient donc pris des mesures fermes pour séparer totalement le nouveau président de son ancien subordonné toxique.
Si le changement de vue de la CIA au sujet des origines du Covid provoque désormais une nouvelle réévaluation des éléments factuels derrière ces événements, peut-être que les journalistes et les chercheurs vont commencer à centrer leur attention sur les vrais coupables de l’épidémie mondiale qui a provoqué des dégâts aussi considérables pour les États-Unis ainsi que pour le reste du monde.
Ron Unz
Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone