Par Alastair Crooke – Le 25 septembre 2025 – Source Conflicts Forum
La deuxième étape du « transfert » de la guerre en Ukraine par Trump aux Européens a été clairement exposée dans son post sur Truth Social, le 23 septembre. Dans la première phase de cette passation de pouvoir, Trump s’était retiré du rôle de principal fournisseur d’armements pour Kiev et avait indiqué, qu’à partir de maintenant, l’Europe devrait payer pour pratiquement tout – avec des armes achetées à des fabricants américains.
Bien sûr, Trump sait que l’Europe est en faillite financière. Elle n’a pas l’argent pour se financer elle-même, encore moins pour une guerre majeure. Il a ensuite « frotté du sel » sur cette blessure de crise budgétaire en mettant au défi les États de l’OTAN d’être les premiers à sanctionner tous les carburants russes. Cela n’arrivera pas non plus, bien sûr. Ce serait de la folie.
Dans ce dernier post sur Truth Social, Trump pousse le narratif de Keith Kellogg à sa reductio ad absurdum : « L’Ukraine, avec le soutien de l’UE, peut ramener le pays [l’Ukraine] à sa forme originale – faire ressembler la Russie à un « tigre de papier » et, qui sait, peut-être aller encore plus loin que ça! «
Sûr, Kiev est aux portes de Moscou ? Avancez l’autre jambe, M. Trump. Bien sûr, il se moque de Kellogg et des Européens.
Le 24 septembre 2025, le président iranien Masoud Pezeshkian est arrivé en retard à une réunion avec des personnalités anti-guerre américaines en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il arrivait d’un tête-à-tête fatidique avec Emmanuel Macron, où il avait tenté d’amadouer son homologue français pour qu’il autorise l’expiration de l’accord nucléaire JCPOA sans instituer de sanctions « snapback ». Le lobbying de Pezeshkian fut infructueux ; les Européens avaient déjà décidé d’intensifier la guerre économique contre Téhéran. Pendant ce temps, Israël se prépare à une autre attaque contre l’Iran avec le soutien américain pratiquement garanti.
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Voici la traduction en français d’un entretien donné récemment au Japon. M’exprimer régulièrement au Japon sur les questions géopolitiques (depuis vingt ans au moins) m’a aidé à développer une vision désoccidentalisée du monde, une conscience géopolitique non-narcissique. On verra ainsi dans cet entretien que c’est ma réflexion déjà ancienne sur l’éventuelle acquisition par le Japon de l’arme nucléaire qui m’a conduit à une vision plutôt sereine de la question iranienne.
Il y a des nouvelles extrêmement alarmantes sur la situation autour de l’Iran. En consultation avec l’administration Trump — ou plutôt par déférence pour le commandement de Washington — les pays du E3 (Grande-Bretagne, France et Allemagne) qui sont les signataires occidentaux restants de l’accord nucléaire iranien de 2015 connu sous le nom de JCPOA, ont lancé le processus de déclenchement du soi-disant mécanisme de relance dans le but de réimposer toutes les sanctions de l’ONU contre l’Iran au motif qu’il a violé les termes de l’accord vieux de dix ans.