Par Dmitry Orlov − Le 14 Mai 2026 − Source Club Orlov

Vers la fin du mois d’avril, un article a été publié sur Oilprice.com : « L’Allemagne se démène pour trouver une route d’approvisionnement en pétrole en Pologne alors que la Russie interrompt les flux via Druzhba » :
L’Allemagne cherche des solutions pour réacheminer les approvisionnements en pétrole brut vers la raffinerie PCK de Schwedt après que la Russie a annoncé qu’elle interrompt les livraisons de pétrole kazakh via l’oléoduc Druzhba à compter du 1er mai, ce qui met désormais en péril environ 43 000 barils par jour. Berlin est actuellement en pourparlers avec la Pologne pour acheminer des barils de remplacement via le port de Gdansk, les livraisons potentielles devant ensuite être acheminées vers Schwedt, la raffinerie qui approvisionne en carburants une grande partie de l’Allemagne de l’Est, y compris Berlin. Le Kazakhstan a expédié 2,146 millions de tonnes vers l’Allemagne via Druzhba l’année dernière, soit une hausse de 44 % par rapport à 2024, avec 730 000 tonnes supplémentaires livrées au premier trimestre. La Pologne affirme disposer de la capacité technique pour gérer des flux supplémentaires, mais l’accès au port, les calendriers d’expédition, la disponibilité du brut et la configuration des raffineries ont tous leur importance. Remplacer le brut acheminé par oléoduc par du brut transporté par voie maritime est rarement un échange à parité… Des alternatives existent pour Schwedt, mais elles sont plus coûteuses et plus compliquées. La raffinerie s’est de plus en plus appuyée sur le brut arrivant par les routes de la Baltique et le port allemand de Rostock, mais ces voies sont limitées.


Faisons un petit retour en arrière. En 1996, alors que je venais de me marier, je suis rentré aux États-Unis depuis la Russie. Nous avions décidé de nous installer (pour le moment) aux États-Unis, car la situation était mauvaise en Russie et bonne aux États-Unis (là aussi, pour le moment). Ayant assisté à l’effondrement de l’URSS, une question m’est venue spontanément à l’esprit : quand les États-Unis s’effondreront-ils ? Pour répondre à cette question, je me suis penché sur le pétrole et sur un phénomène connu sous le nom de « pic pétrolier », car il allait certainement mettre à genoux l’économie la plus dépendante du pétrole et la plus épuisée en ressources pétrolières au monde avant les autres. À l’époque, le pic pétrolier était prévu pour l’an 2000, mais les progrès technologiques (forage en eaux profondes, forage horizontal, récupération secondaire et tertiaire) l’ont repoussé jusqu’en 2008. Peu après, les États-Unis ont effectivement subi un effondrement financier, en réponse auquel ils ont ouvert les vannes monétaires, avec pour résultat inévitable que les paiements d’intérêts sur la dette fédérale occupent désormais la deuxième place en importance, juste derrière la Sécurité sociale, et même cela ne durera pas longtemps.




Je n’ai pas pu écrire car je n’arrivais pas à rattraper mon retard en lecture : le rythme des événements est tel que le volume d’actualités et d’analyses que je dois traiter est devenu écrasant. Ce torrent d’informations n’a pas non plus permis de clarifier grand-chose quant à ce que ces événements donneront une fois que les décombres auront cessé de voler dans tous les sens et que les incendies se seront éteints.