Pentagone ou la théorie d’UN complot – 7/11


Par Michel Straugof − Le 11 Septembre 2018

Note au lecteur : nous mettons à disposition l’ouvrage entier au format pdf

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Pas le profil d’un premier de la classe, George W. Bush, vivant l’existence dorée d’un fils de grande famille, s’adonnant au moins à l’alcool jusqu’à quarante ans. Ce fait avéré ne l’avait toutefois pas empêché de se présenter en 1978 aux élections, où heureusement il échoua, reportant quelque peu son entrée en politique. Sa pratique de l’espagnol le fit apprécier de la population d’origine hispanique, mexicaine ou cubaine, fortement concentrée dans le sud, et une bonne dose d’une démagogie vite intégrée l’aideront dans sa conquête du pouvoir. Comme gouverneur du Texas, son refus de réétudier les dossiers de peines de mort le rendit attractif aux conservateurs de tout poil. Cent cinquante-deux peines exécutées durant ses deux mandats feront de lui le nouveau recordman national du genre. On a les performances qu’on peut. Ce n’est pas qu’il soit méchant ce garçon, mais son virage mystique, lorsqu’il arrêta l’alcool, l’a perturbé.

7 – Mais où est le président ?

Parlez-moi de lui

Pour rendre ce changement plus palpable, quel meilleur exemple, que de rappeler ce dialogue entre lui et Jacques Chirac, président de la République française, juste avant le déclenchement de la seconde guerre d’Irak (rapporté par Jean-Claude Maurice directeur de la rédaction du Journal du Dimanche) ? Lors de cette conversation téléphonique, pour convaincre son homologue français de participer à ce conflit, il avança comme argument que « Gog et Magog sont à l’œuvre au Proche-Orient et que les prophéties bibliques sont sur le point de s’accomplir ». Il ne s’agissait pas d’un écart de langage dû à une reprise de la boisson ou de la fumette, il récidivera le lendemain lors d’une conférence de presse. Les détails n’en peuvent plus d’être inquiétants sur l’équilibre psychique de l’homme réputé le plus puissant de la planète. Gog, prince de Magog, c’est l’apocalypse. Il faut relire la Genèse pour voir apparaître ce personnage particulièrement sombre, sinon le retrouver dans deux chapitres des plus obscurs du livre d’Ézéchiel.

La résistible ascension de George Bush junior

Janvier 1997 : Deuxième et dernier mandat de Bill Clinton selon la Constitution américaine, les élections présidentielles se profilent à plus de trois ans. Un Clinton politiquement affaibli, avec l’affaire Lewinsky et les concessions qu’elle lui fait consentir pour ne pas subir la rigueur de l’impeachment, il sera bientôt inculpé. Pour conserver le maximum de chances de subsister, il lui est sans doute nécessaire de s’accorder les « grâces » Républicaines, en nommant un ministre de la Défense de ce parti d’opposition et même, un peu plus tard, de Donald Rumsfeld à la tête d’une commission sur la guerre des étoiles ! Guerre des étoiles qu’il avait décidé de non pas stopper au début de son premier mandat, comme vanté durant sa campagne, mais de fortement ralentir, nous en reparlerons. Côté Républicain, camp de rattachement naturel des néo-cons, on préparait pour les primaires devant désigner leur candidat, une vedette du parti, très conservateur mais restant emblématique, John McCain. Son principal défaut à l’époque, manquer de malléabilité pour l’avenir. D’ailleurs, s’il avait correspondu point par point aux souhaits des comploteurs, pourquoi aurait-il fallu chercher un autre candidat ? Cet événement décidant, en cas de victoire, de la vie politique étasunienne au minimum pour les quatre années suivantes,  cela pouvait repousser la chance du PNAC à une date ultérieure et surtout indéfinie. « Jeb » Bush, frère cadet, membre de ce dernier groupe belliqueux et signataire de la lettre adressée à Clinton en 1998 proposa son aîné, George W., ne faisant pas partie du PNAC, sans doute sur conseil de Cheney et Rumsfeld, comme candidat à opposer à McCain. Bush, fut donc choisi par le clan Républicain extrémiste, comme étant  l’alternance officielle, devenant, par la même occasion, le candidat de la direction du parti, son gouverneur de frère se faisant fort, si le besoin était, de donner un dernier coup de pouce au niveau de la Floride. Cet État n’est pas parmi les plus faibles contributeurs parmi les grands électeurs. Rumsfeld et Cheney, vieux chevaux de retour de la politique, sont en retrait, l’ombre leur va si bien. En face, ils savent trouver Al Gore, le vice-président actuel, bénéficiant au moins d’une neutralité bienveillante de la part du corps électoral.

John McCain, beaucoup plus apprécié que Bush au sein du Parti républicain et parmi la population, alla jusque mettre ce dernier en difficulté  durant les primaires, ne réjouissant pas du tout ceux du PNAC et leurs visées militaro-financières. Situation inacceptable amenant des solutions qui ne le furent pas moins. Pour circonscrire ce danger palpable, les pires bassesses seront mises en œuvre par l’équipe de Bush. McCain fut accusé d’avoir eu un enfant avec une femme noire, d’avoir trahi au Vietnam, d’avoir transmis la syphilis à sa seconde épouse et d’être devenu fou en captivité dans le même Vietnam où il aurait trahi. On imagine le niveau intellectuel de ces calomnies dont le nom du responsable est facilement identifiable, Karl Rove, formé par l’un des pires déchets intellectuels de ce siècle qui en fut pourtant riche, Lee Atwater, le Dark Vador du Parti républicain, heureusement décédé. Selon les jours, Bush surnommait Karl Rove, fleur de fumier ou petit génie, donnant une idée plus juste de l’individu et de ses méthodes, tandis que la classe politique américaine l’appelait plutôt Bush’s brain, le cerveau de Bush… La vieillesse étant vraiment un naufrage pour certains, on vit plus tard McCain, toujours Républicain, servir d’entremetteur à Obama le « Démocrate », rencontrant en son nom les pires voyous de la planète. Qu’il s’agisse des représentants d’« État islamique » ou les amis néo-nazis de Kiev, l’ancien combattant prisonnier est devenu manipulateur des poubelles de l’Histoire.

Le programme du candidat Bush, au moins pour les parts militaire et de politique étrangère, intimement liées aux USA, sera un chef d’œuvre de démagogie et de duplicité. Il déclarait que les USA n’avaient pas fonction à être les gendarmes du monde, tout en réclamant une hausse annuelle des budgets militaires de plus de 4 milliards de dollars. Les électeurs furent enchantés des deux propositions. Sans tomber dans le réductif, la majorité de la population étasunienne est persuadée – il faut dire qu’on le lui a suffisamment rabâché depuis des décennies – que leur pays a été créé pour régler les problèmes de toute la planète et la dominer et que c’est bien comme ça. Une destinée manifeste en quelque sorte, surtout qu’il est plus confortable d’être le dominateur que le dominé, le marteau que l’enclume. Avec l’aide du PNAC et d’Enron, plus gros scandale financier à venir des cinquante dernières années, il monta une campagne électorale, la plus onéreuse de l’époque. Fin 2000, il est élu président des États-Unis. La Floride participa bien sûr très largement sinon totalement à sa victoire. Ce frère compatissant, sinon complaisant et même complotant ne pouvait guère aller plus loin sans que la Cour suprême, y compris avec le nombre « d’amis de Papa » y siégeant, ne soit contrainte d’émettre un avis négatif du plus mauvais effet. Outre son très court succès auprès des grands électeurs, 271 mandats (le minimum pour être élu est de 270) contre 266 à son rival Démocrate, il faut aborder les radiations faites sur les listes électorales par l’État de Floride. Préventivement, 173 000 électeurs en furent sortis, principalement des Noirs dont chaque Républicain connaît le malheureux penchant à voter Démocrate. Une part de ces suppressions eut lieu sous le prétexte du passé de délinquant des « sortis ». Même en admettant la véracité de ces arguments, d’ailleurs non globalement vérifiée, les condamnés avaient purgé leur peine, jamais  assortie d’une clause de suppression des droits civiques. Le Washington Post prouvait en plus, après enquête, que dans certains quartiers noirs de Floride, encore un hasard, il fut « perdu » beaucoup plus de bulletins de vote, jusqu’à un tiers, que dans les autres quartiers. Ces radiations et autres magouilles n’empêchèrent d’ailleurs pas Al Gore de disposer de près de 500 000 voix d’avance au niveau national. Cette victoire de Bush et ses combines ne furent pas spécialement appréciées par la population de couleur, mais bien au-delà non plus. Pour la première fois de l’histoire de ce pays aux traditions démocratiques bien ancrées, un documentaire de Michael Moore révèle la voiture de Bush un instant bloquée par des manifestants sur Pennsylvania Avenue, entre le Capitole, où il venait de prêter serment, et la Maison Blanche. Début en fanfare !

L’envers du décor

Le candidat Bush ne s’étant pas imposé naturellement auprès de son parti, loin s’en fallait, il devait donc accepter les « annexes » présentées par ceux du PNAC, voyant déjà poindre la possibilité du nouveau Pearl Harbor qu’ils appelaient de leurs vœux. Son vice-président, l’autre face du ticket, fut Dick Cheney, la galerie de portraits dans le chapitre 4 rappelle les conditions réelles de ce choix. Son équipe rapprochée, Cheney et Rumsfeld, renforcée des pires faucons du PNAC et de l’AEI, fera vite apparaître ses exigences, tandis que débutaient les grandes manœuvres réalisées sur le président par nos célèbres duettistes. Les faits cités ici correspondent à une réalité connue de tous, y compris des médias. Les marques les plus visibles du complot en cours se situent dans cette période. Ils ont maintenant le pouvoir et leurs principaux pions sont déjà en place, je les ai déjà partiellement évoqués et en évoquerai d’autres au fur et à mesure du déroulement détaillé des faits.  Mais la suite ne sera pas plus brillante. La médiocrité présidentielle devint une évidence dès le printemps, avec une haute administration au point mort, comme sans réels projets pour le pays, tandis que le nouveau maître multipliait les bourdes, attirant les critiques de toutes parts. Le premier exemple concerne la politique étrangère sur laquelle aucune déclaration précise n’avait été faite depuis l’arrivée de Bush et son équipe (selon le Washington Post du 11 septembre : « So quiet at the Top » par Morton Abramovitz). Il en résultait une descente régulière dans les sondages, renforcée par la large part de la population ne lui ayant pas pardonné les trucages de Floride. Durant la première année – au moins – de son premier mandat, Bush ne vit que le bon côté de cette place au sommet, poursuivre sa vie oisive. Michael Moore l’a brocardé sur ce sujet comme sur d’autres dans ses documentaires. Pour mieux cerner la façon dont il s’investissait dans sa charge de président, dans Fahrenheit 9/11, Moore cite le chiffre hallucinant de 42% de son temps de présidence en congés avant le 11 septembre, ce qui ne devait pas être pour déplaire à Dick Cheney (Chiffre initialement calculé par le Washington Post). Dans ce contexte, il est certain que proposer à un président peu volontaire et loin d’être un premier de la classe d’encore alléger sa charge de travail ne pouvait que rencontrer un accueil favorable. C’est la raison première de la facilité d’acceptation par Bush de ces captations internes des responsabilités durant ses premiers mois de mandat.

Les délégations si propices à son farniente, il est fort probable qu’elles lui furent suggérées, Dick Cheney était de loin le mieux placé… et le plus intéressé ! Dans ce registre, qu’on peut qualifier de préméditation, on peut placer la création en mai 2001 par Dick Cheney, avec la signature de Bush – déjà – donc bien avant les attentats, d’une commission d’études sur le terrorisme. La prémonition, ça ne se discute pas, surtout quand il s’agit de traiter uniquement l’aspect relatif au détournement d’avions civils, problème quasiment disparu des cieux étasuniens depuis une décennie au moins ! Elle semble être à l’origine de l’ordre du JCS (Joint Chief of Staff, comité des chefs d’état-major interarmées) du 1er juin suivant, déjà évoqué. Ce dernier document définissait les nouvelles règles régissant l’interception des avions détournés, les compliquant à plaisir, je l’ai abordé dans un chapitre précédent. Il fallait maintenant l’accord de Rumsfeld lui-même, sachant qu’intervention ne voulait pas dire possibilité de tir. Comme on voit mal les chefs des armées auto-réduire leur propre autorité, surtout dans ce cas où jamais il n’y eut le moindre incident dans l’application de l’ancienne procédure, trouvez une bonne raison pour ce revirement. J’entends une explication autre qu’un rapport direct avec le futur 11 Septembre. Des travaux de cette soi-disant commission d’études sur le terrorisme, ce texte de transfert des compétences semble être la seule livraison. Elle ne s’est jamais engagée pour éviter l’agression des mêmes terroristes, ce qui était pourtant dans ses attributions, au vu de son appellation. Cela laisse plutôt penser qu’il fallait ce faux nez pour la mise en place d’un blocage supplémentaire destiné à freiner, sinon empêcher, toute intervention aérienne autour des avions perdus ce jour-là. Ce qui ressemble bien, encore une fois, à une pré-connaissance de ces attentats… donc à un « inside job ». Cette idée est encore confortée par la décision des mêmes, avant la fin de la même année 2001, de partiellement revenir à la situation existante avant ce texte castrateur. Pourquoi ces deux modifications parfaitement inverses en six mois avec, comme par hasard encore, le 11 septembre au milieu ?

Toujours dans cette catégorie des détournements de pouvoir, d’autres décisions importantes pour ce complot furent soufflées au président. Dans une allocution du 8 mai 2001 paraissant banale, Bush annonçait la création, au sein de la FEMA, de l’ONP (Office of National Prepardness, Bureau de la préparation nationale) sous la responsabilité de Dick Cheney, pour « pouvoir coordonner la réaction du gouvernement face aux attaques terroristes sur le territoire américain ». À cette époque, encore une fois, ces attaques étaient carrément une vue de l’esprit, la précédente datait de 6 ans et avait été réalisée par des Étasuniens d’extrême-droite. Pour mieux apprécier l’importance de cette décision, jusqu’à cette date le vice-président ne faisait pas partie de l’autorité nationale de commandement des forces opérationnelles US. À partir de cette date, il détenait cette capacité et celle de la FEMA, que Bush venait, par décret, de charger de la gestion des suites d’attentats sur le sol étasunien ! Interviewé le même jour sur CNN, Dick Cheney expliquait ses nouvelles responsabilités : « Une des plus grandes menaces pour notre nation peut aussi venir d’une organisation terroriste à l’étranger ou même d’un autre État utilisant des armes de destruction massive contre les États-Unis. La menace sur la partie continentale des États-Unis et sur notre infrastructure est en train de changer et d’évoluer. Et il faut porter notre attention sur tout ce domaine, d’ordinaire appelé la défense du territoire. Le Président m’a demandé de prendre la responsabilité de superviser tout cela. »

L’objet un peu vague indiqué dans l’allocution présidentielle était quand même la défense interne du pays et de ses citoyens. Si des informations indiquaient  l’émergence d’un risque terroriste interne jusque là inenvisageable, comment expliquer que les premiers personnels chargés de s’occuper de ce nouveau volet de la FEMA ne seront recrutés que trois mois plus tard, quelques jours avant les attentats ? Confirmation dans le chapitre 3, Allbaught ne présenta officiellement l’ONP à ses troupes que durant leur réunion nationale, du 6 au 10 août. Le même 8 mai, par décret, Bush accordait au même Cheney la responsabilité de tous les programmes fédéraux concernant la gestion des conséquences de l’usage d’armes de destruction massive sur le sol étasunien. Ces programmes existaient dans certains ministères (DoD, DoJ, DoE, Santé… ) et dans certaines agences fédérales. Encore de l’inédit au niveau des risques potentiels à ce moment et du recentrage sur la tête du vice-président d’un maximum de responsabilités. Les avions de chasse de la DCANG (District of Columbia Air National Guard), basés sur Andrews AFB, étaient sous les ordres du président de par les textes en vigueur, contrairement à tous les autres États étasuniens où les gouverneurs sont compétents. Autre délégation de ce président pas très volontaire, passer le commandement de cette escadrille… à Donald Rumsfeld, Secrétaire d’État à la Défense. La non-poursuite de l’avion du vol 77 comme des autres s’explique un peu mieux ainsi. En fait, en cas d’absence de Bush, quelle qu’en soit la raison, Cheney et Rumsfeld étaient les vrais patrons des États-Unis, y compris des armées, et du maintien de l’ordre avec la FEMA et la CoG déjà détaillée, qu’ils connaissaient si bien pour en être les auteurs. L’imparable préparation du complot se révélait un peu plus à chaque fait vérifiable cité.

Continuons de découvrir les preuves de la finalisation de la mise en place des différents pions nécessaires à ce complot, visiblement le temps pressait et la discrétion n’était plus de mise. Comme annoncé au sein du chapitre 3, le 24 mai 2001, Gordon England était nommé Secrétaire à la Marine, le 31 mai, Thomas White, s’installa au poste de Secrétaire de l’Army et le 1er juin, James Roche, fut choisi au poste de secrétaire d’État à l’USAF. En dix jours, toutes les armées étasuniennes virent leur « patron » changer. Pourquoi, après si peu de temps laissé aux prédécesseurs pour faire la preuve de leurs capacités, remplacer les responsables politiques des différentes armées ? Pourquoi sinon pour préparer des événements nécessitant d’avoir auparavant en place des gens dont on connaît la servilité ? Le choix de membres très haut placés chez les fournisseurs du Pentagone laissait également supposer un ou plusieurs conflits dans les prochains temps, mais comment les faire accepter par les foules, sinon par un acte révoltant… Le complexe militaro-industriel  s’imposait. Quand on additionne les faits pour le moins troublants :

  • Changement des règles d’interception d’avions civils ne correspondant pas aux normes fixées ;
  • Cheney prenant une importance capitale vis à vis du président et étant présent le jour du drame ;
  • Rumsfeld devenant donneur d’ordre pour la Garde nationale aérienne de Washington DC ;
  • L’étude par les équipes de Bush, dès leur mise en place fin janvier 2001, de l’attaque de l’Irak ;
  • La mise en place des nouveaux pions du tandem Cheney/Rumsfeld à la tête de toutes les armées américaines.

Il devient flagrant, au minimum, que le 11 septembre fut prévu, osons même prémédité ; nous sommes, encore une fois, plus près d’un « inside job », que d’une attaque inattendue de fanatiques moyen-orientaux. Bush fils fut justement choisi par les comploteurs à cause de son manque de volonté et sa paresse. Il fallait à Cheney et Rumsfeld un président de ce (petit) calibre pour mieux le manipuler.

Dans Destiny and Power : The American Odyssey Of George Herbert Walker Bush, déjà cité, l’ancien président des États-Unis reconnaît une part de responsabilité à son fils pour avoir donné autant de marge de manœuvre à Cheney et Rumsfeld, et avoir utilisé un langage trop belliqueux. Il faisait entre autres référence au discours de 2002 sur l’« axe du mal » désignant Irak, Iran et Corée du Nord comme des ennemis des États-Unis. « Il est assez facile de faire la Une avec des déclarations enflammées, mais cela ne résout pas les problèmes diplomatiques », déclara Bush père à Meacham, selon le New York Times. Ce point fut abordé en détail au sein du chapitre 4. Avec ce livre, nous avons une large confirmation des thèses avancées ici. Oui, les vieux routiers de la politique, Cheney et Rumsfeld, manipulèrent à l’envi leur fantoche de président. Face à ce personnage sans épaisseur, choisi sur ce critère, ils purent s’emparer dans la plus parfaite légalité de la totalité des leviers de commande nécessaires à l’accomplissement du complot en cours de montage.

Arrêtons-nous un instant sur Donald Rumsfeld. Ennemi juré de Bush père depuis de très nombreuses années,  quelle explication trouver au fait qu’il puisse passer la rampe auprès du fils, malgré les conseils de papa ? Cette nomination, avec un tel contentieux, est le signe révélateur d’une obligation de le choisir, et précisément pour ce poste de la Défense, un des plus porteurs dans le cadre des projets du PNAC. Argument complémentaire justifiant cette obligation de donner le poste du Pentagone à Rumsfeld ? Comment sinon expliquer que Cohen, Républicain nommé par Clinton à la tête du DoD où il resta près de quatre ans, connaissant donc parfaitement les dossiers en cours, soit remercié après l’élection de Bush junior ? Plus on avance dans la découverte des hommes et des actions préparatoires, plus il est évident que la création du PNAC est la résultante de la volonté des comploteurs d’aboutir en transformant l’enveloppe démocratique du pays. Chaque chose en ce monde est créée pour répondre à un besoin. Cette officine l’était pour celui de comploter contre son propre pays, besoin non satisfait par les « confrères », Rumsfeld sans doute pour piloter toute la partie militaire du plan prévu.

Cheney et Rumsfeld  disposaient vraiment de tous les détails pour affiner ce plan, y compris ce « black program » anti-détournement d’avion qui sera étudié dans le chapitre 9 à venir. Pour le choix de la date ? Rien n’est plus prévisible que l’agenda d’un Président, surtout quand on participe à son élaboration. L’emploi du temps est tellement dense que les modifications de dernière heure sont  exceptionnelles. De plus, un voyage du président en Floride, l’État du cadet, permettait un éloignement suffisamment long pour boucler l’opération. De quoi fut informé George W. Bush de ce qui ressembla quelque peu à un coup d’État ? On sait le plan d’invasion de l’Afghanistan sur son bureau pour signature le 10 septembre (selon Finger Pointing on anti-terror plan CBS News 11 août 2002), présenté par son équipe de politique étrangère, avant son départ pour la Floride. Par contre, il manquait les motifs officiels, ceux nécessaires pour faire adopter l’agression, les faux semblants permettant de faire taire les pleutres du Conseil de sécurité de l’ONU, jamais très regardant sur les agressions étasuniennes. Supposons le président pas du tout emballé pour signer ce document présenté/imposé, surtout s’ils lui ont expliqué les volets suivants et dans quelles conditions va se faire l’adhésion du peuple étasunien à cette nouvelle donne. Même s’il n’est pas très éveillé, il se rend compte de l’engrenage dans lequel il a mis le doigt avant d’y passer le corps. Comme écrit plus haut, il est, malheureusement pour lui, bien tenu, son élection étant plus due aux tripatouillages en Floride qu’à sa « carrure » politique, il le sait. Maintenant, il doit rendre aux faucons les services ayant permis cette accession à la magistrature suprême. En fait, il était informé depuis le début de son mandat que ce dossier était en cours de bouclage, je l’ai abordé dans un chapitre précédent avec les révélations de O’Neill.

La préparation réelle devait remonter aux débuts du PNAC, au vu de la logistique à mettre en place, ce qui ne fait que confirmer l’antériorité de la préparation de l’invasion en Afghanistan et en Irak, par rapport à la date excuse du 11 septembre… et le côté prévisible, sinon prémédité de ces attentats. Il est en effet hors de question d’imaginer la mise au point d’un plan d’une telle ampleur en quelques jours ou même quelques mois. Il faut veiller à faire déplacer vers des postes clefs certaines personnes de confiance, le plus discrètement possible. Cela demande du temps, si on ne veut pas attirer l’attention. Regardez dans le chapitre 3 le nombre de schémas pointant leur nez, avec des objectifs qui, comme par hasard, seront ceux retenus. Dès 1997, les manœuvres d’approche des rares « élus », ceux qui seront partiellement ou totalement informés de ce projet débutèrent.

Après un long travail, alors qu’ils ont tout préparé et réglé de leur côté, ils exigent maintenant cette signature, si bénéfique pour leurs mandants du complexe militaro-industriel… et pour eux-mêmes. Bush sait aussi qu’ensuite, on va lui présenter un plan d’agression de sept pays pour les cinq prochaines années. Outre l’Afghanistan, on y trouve au moins, dans le désordre, Syrie, Irak, Iran, Somalie et Soudan fermant cette litanie. La Libye sera « confiée » à  l’OTAN, succursale européenne, elle s’en occupera avec l’appui plus qu’actif de la France, y compris pour assassiner le chef d’État des lieux. Pour que la mort de Kadhafi soit filmée en direct par les hommes du service action de la DGSE il fallait, au minimum, ne pas être loin des assassins. Il est aussi remarquable, par un nouveau hasard, que ces pays ne soient pas des amis d’Israël mais, pour la plupart, géographiquement proches de lui. Bush chercha à gagner du temps en décidant de ne signer ce papier qu’en revenant de Floride, espérant grappiller ainsi futilement, près de 36 heures… ou plus si les faucons se révélaient être des brasseurs de vent, tout peut faire espoir dans ces moments ! Cette version est en grande partie confirmée par le général (4 étoiles) à la retraite Wesley Clark. Lors d’un discours en octobre 2007 à San Francisco, Californie, dans le cadre des primaires pour l’investiture démocrate dans la course à la Maison-Blanche, il narrera cette période. Pas du tout le profil d’un révolutionnaire, ni même d’un homme dit de gauche à la sauce étasunienne. Il racontait que dix jours après le 11 septembre, lors de son passage au Pentagone, un général siégeant à l’état-major l’avait informé de la prochaine attaque contre l’Afghanistan mais aussi déjà contre l’Irak, même si rien ne rattachait ce pays à al-Qaïda. Il raconta aussi comment, à sa visite suivante, le même lui confirma le plan d’attaque contre les sept pays évoqués plus haut, plan défini dans une note secrète signée par Rumsfeld lui-même. Dans son discours, et en plusieurs occasions, Clark parlera dans des termes très explicites de nos perpétuels va-t’en guerre, Cheney et Rumsfeld, avec leur demi-douzaine de seconds couteaux déjà nommés dans les chapitres précédents : « Des types impitoyables qui ont pris la direction de notre politique étrangère, à la suite d’un coup d’État politique, sans que le peuple et ses élus n’aient un mot à dire. » Dommage qu’il n’ait pas exposé sa pertinente analyse plus tôt, lui retirant une bonne part de crédibilité morale. Même si ses arguments restent imparables, ils aboutiront à l’élection d’un encore plus timoré ou surtout plus malin que lui.

Les risques du métier de président potiche

Digne de Hollywood, le scénario de l’« inside job », l’action subversive interne au pays, ressemblant à un coup d’État ? N’oublions pas les précédents connus, comme celui envisagé en 1934 par le grand patronat américain contre Roosevelt, désamorcé à temps à la suite des révélations du général des Marines, Smedley Butler, devant le Congrès, l’assassinat de Kennedy ou celui que semblait mijoter Bush père. Avant de décider de la validité de cette option, examinons de plus près ce 11 septembre, côté présidentiel. George W. Bush passa la nuit du 10 au 11 septembre 2001 à Longboat Key, Floride, petite île dans le Golfe du Mexique, au large de Sarasota. Dans cette ville au sud de Tampa il doit, le lendemain matin, affronter une école primaire et sa technique de lecture particulière. Premier étonnement, malgré le nombre de dossiers importants en souffrance, comment comprendre cette insistance portant sur un problème très secondaire à l’échelle du président du pays le plus puissant de la planète ? Surtout quand les programmes d’éducation de ce niveau sont réglés pour la plupart par les États eux-mêmes. La visite présidentielle avait été annoncée à grand renfort de publicité et un journaliste avait écrit qu’en fait, « la présence de Bush … à cette séance de lecture en avait fait une cible potentielle … car cet événement à l’école, annoncé massivement [dans les médias] garantissait que l’endroit où se trouverait Bush ce jour-là n’était pas un secret ». (Mike Riopell, « Educator’s History Lesson », Arlington Heights Daily Herald, 11 septembre 2006). L’événement était connu par les responsables de l’école et du comté depuis début août. Tout avait été préparé. Le Colonel Steve Burns, Shérif du comté de Sarasota, avait fait part de ses inquiétudes, il était chargé de la sécurité à l’école élémentaire Booker ce jour-là et travaillait avec le Secret service.

Sur le toit du bâtiment annexe de son hôtel et, selon la presse locale, pour la première fois, une batterie de missiles sol-air fut installée, servants à poste, tandis qu’un avion AWACS (Airborne Warning And Control System, en français : système de détection et de commandement aéroporté, 11 heures d’autonomie, plus de 400 km de portée du radar embarqué) tournera toute la nuit sur zone. Ajoutez les bateaux des Coast Guards et de la Police patrouillant à proximité et une forte présence de troupes sur la plage proche pour avoir une meilleure idée du niveau atteint par la protection… et donc par l’alerte. En supposant que le journaliste « n’en fasse pas des tonnes » sur le sujet, comment interpréter cette soldatesque particulièrement musclée, officiellement reconnue comme une première ? Cette question prend surtout son importance en fonction des événements du lendemain, en principe imprévisibles… et de l’absence reconnue de moyens d’attaque, navals et/ou aériens, des terroristes arabes. À quoi rimerait cette gesticulation face à nos traîneurs de babouches avant même leur manifestation éventuelle ? Pour ce voyage et comme pour tous les autres, il aurait dû être accompagné de Condoleezza Rice en tant que conseillère à la Sécurité nationale. Présence normalement indispensable, pour aider le président dans ses choix si un incident grave, intérieur ou international, survenait durant son déplacement. Ce 11 septembre, madame Rice préféra rester à la Maison Blanche, même s’il est permis de s’interroger sur la raison profonde de cette décision et sur celle de la non-insistance du président restant, en principe, le patron. Deborah Loewer, contre-amiral et directrice de la Situation Room à la Maison Blanche fit donc le voyage à sa place, mais dans un cas de crise, elle ne pouvait pas lui être de la même utilité. Le hasard vous dis-je.

Le 11 au matin, d’après ses propres déclarations, en entrant dans l’école Emma Booker et avant d’assister  au cours de lecture, Bush voit sur un écran de télévision installé dans le hall, le premier avion impacter la tour nord du WTC de New-York. On peut déjà s’étonner, même aux États-Unis, de voir un téléviseur allumé dans le hall d’entrée d’une école en fonctionnement, mais cet étonnement atteint la stupeur en écoutant l’histoire distillée par le président. Il a seulement quitté son hôtel, distant de 15 kilomètres, à 8 heures 39. Comme on ne secoue pas un président comme un vulgaire colis, l’heure d’arrivée probable est postérieure à celle du premier crash (8 heures 46). Entrons dans le détail de ce qui peut être un autre mensonge présidentiel. Première annonce du crash d’un avion sur la tour nord par CNN à 8 heures 50, belle performance, sans toutefois avoir de vidéo du crash à montrer. La chaîne se contentera d’un plan général montrant dans le lointain une épaisse fumée s’échappant de la tour frappée. Les vraies images de ce premier crash ne seront diffusées sur les chaînes de télévision « grand public » que le lendemain, ce furent, en particulier, celles des frères Naudet. Comment peut-il donc voir l’avion frapper ? De plus, son commentaire concluant qu’il s’agissait d’un mauvais pilote n’est pas à la hauteur de sa fonction, mais sur ce point au moins, pas de surprise. Le président oublie-t-il que dans cette seule tour, plus de 20 000 personnes travaillent en heures pleines et qu’il s’agit peut-être de la pire tragédie connue par les États-Unis ?

Il n’aurait pas été informé de la réalité de ce drame ? Le cafouillage de l’entourage du Président ne tient pas à la moindre analyse. Deborah Loewer, témoignera qu’elle informa Bush du premier crash dès sa descente de voiture, avant même de pénétrer dans l’école, la nouvelle était donc bien parvenue quasi-immédiatement. Non seulement il savait, mais il connaissait aussi déjà le second détournement et fut également averti du troisième avant  9 heures 01, heure de son entrée en classe. Il semble donc au minimum très étonnant, sinon impossible, qu’il ait pu voir des images de l’avion percutant la première tour, à peine dix minutes s’étant écoulées entre le premier impact et 9 heures 01. À ce niveau, on sait s’exprimer et ne pas utiliser de termes portant à confusion ou laissant, dans un proche avenir, la porte ouverte à des analyses sans fin de distingués politologues. Il ne peut s’agir non plus du crash contre la seconde tour, Andrew Card vint l’en avertir en classe à 9 heures 05 devant toutes les caméras présentes. Alors ? Les nombreuses vidéos existantes sur le sujet le montrent, lors de cette seconde annonce, comme statufié. Il restera ainsi un long moment, près de sept minutes, sans la moindre réaction, une éternité pour un président dans ces conditions. (Jennifer Barrs, « From a Whisper to a Tear »,Tampa Tribune, le 1er septembre 2002. Au sujet de l’importance de cet épisode, et sur le fait qu’il a pratiquement disparu du Net, lire Elizabeth Woodworth, « President Bush at the Florida School : New Conflicting Testimonies », 7 juillet 2007, 911Blogger.com.) À cet instant, il s’apercevait certainement qu’il s’était fait doubler, lui donnant cet air de profonde réflexion, cette intériorisation qui dura. Il se rendait compte, et c’est sans doute la raison de son immobilisme en classe, que les projets des comploteurs étaient en cours de réalisation. Ils avaient profité de son déplacement pour déclencher leur action et son frère n’était sans doute pas étranger à l’affaire, les deux faits étant intimement liés. Ils étaient donc bien capables de mettre leurs menaces à exécution, l’amenant à prendre conscience des risques qu’il courrait. Désormais, sa vie ne valait plus très cher.

Maintenant, car il faut étudier les deux faces d’un problème, supposons que Bush ait vraiment vu ces images. Je viens de l’aborder, ce ne peut pas être par le biais de la télévision dite publique. Lors de chaque déplacement du président et pour traiter toute éventuelle crise grave, intérieure ou mondiale, le Secret Service installe une salle sécurisée, une classe de l’école dans notre cas. Les images, surtout si elles montraient l’impact du vol 11, ne pouvaient être retransmises que par des services du gouvernement, sur le réseau spécifique de moniteurs existant dans ce sanctuaire provisoire. Par contre dans ce cas, nous entrons dans une zone passablement trouble. Cela sous-entend qu’au moins une équipe officielle, sans doute dépêchée par les comploteurs parfaitement informés de ces attentats, et pour cause, ait filmé le crash, démontrant au Président que le point de non-retour était définitivement franchi. On quitte alors une nouvelle fois la piste des terroristes arabes, ce n’était pas la première, ce ne sera pas la dernière.
L’une des questions toujours sans réponse, écrivait le St. Petersburg Times, est « pourquoi le Secret service n’a pas immédiatement transféré Bush en lieu sûr ? ». Le comité des familles de victimes du 11/9 a posé la question ainsi : « Pourquoi le président Bush a-t-il été autorisé par le Secret service à rester à l’école élémentaire de Sarasota ? » Cette question est d’autant plus justifiée que Cheney, à Washington, bénéficia de cette mise à l’abri immédiate. Dans son livre sur le Secret Service (service entre autres responsable de la protection du président),  Phillip Melanson écrivait : « Avec une attaque terroriste en cours, la procédure voulait que le président soit transporté le plus rapidement possible dans le lieu sûr le plus proche ». (Phillip H. Melanson, Secret Service : The Hidden History of an Enigmatic Agency, New York : Carroll & Graff, 2002, rapporté aussi par Susan Taylor Martin dans Of Fact, Fiction : Bush on 9/11.) Les pirates de l’air visaient des cibles à « haute valeur représentative », mais le chef du Secret Service a tout de même permis au président Bush de rester dans l’école encore 30 minutes ? Ce dernier y prononcera une première allocution sur le drame en cours à 9 heures 29, devant l’ensemble des élèves et du corps enseignant, restant très général dans son propos prouvant, si besoin était, à quel point il était peu ou mal informé du déroulement des opérations. Il prouvait aussi à la Nation qu’il s’y trouvait toujours, alors que deux avions détournés étaient toujours en l’air et, que se trouvant à proximité d’un aéroport, la plus grande vigilance aurait du être de mise ! Pourquoi, au vu de ces preuves de détournement, le Secret Service n’a-t-il pas envisagé la possibilité que l’un d’eux puisse se diriger vers l’école à ce moment-là ? Bien sûr, aucune preuve flagrante, mais cette entorse exceptionnelle aux règles de sécurité a plutôt tendance à faire subodorer qu’à haut niveau, le Secret Service savait qu’il n’était pas en danger à ce moment.

Autre question d’importance, pourquoi le président du plus puissant pays de la planète ne réagit pas dès l’information du premier crash, reprenant immédiatement le chemin d’Air Force One ? Il est des priorités qu’un chef d’État se doit d’assumer et entre une séance de lecture dégoulinante de démagogie et un drame national, il semblerait à tout un chacun que le choix soit vite fait. Même si la version officielle répand le contraire, il va falloir expliquer, avec l’enchaînement qui suit, comment le président pouvait ne pas savoir qu’il s’agissait d’un acte terroriste suivant un détournement ? À bord de son avion, il était possible à Bush d’obtenir, en toute sécurité, les transmissions nécessaires sur des lignes protégées avec les principaux ministres en cause dans ce drame. Il pouvait définir les mesures d’urgences à prendre, tout en étant sur la route du retour vers New York, la ville blessée ou Washington, siège des décisions. C’est d’autant plus curieux que selon son agenda, il était attendu au Pentagone vers midi (selon Ryan Alessi : « An anniversary of agony at the Pentagon », Scripps Howard news Service 1/8/2002). Les trois pompiers de Fort Meyer qui sortirent le One Titan Truck 3000 du garage – camion spécialisé dans la lutte contre les incendies, particulièrement d’avions – n’étaient là que pour assurer la sécurité de l’atterrissage de Marines One, l’hélicoptère présidentiel le ramenant d’Andrews. Confirmation de cette information avec la préparation du blocage de l’autoroute passant juste devant l’héliport du Pentagone par le Secret Service pour la même heure, 12 heures. Sept cent cinquante nautiques, soit environ deux heures de vol pour Washington, laissaient largement le temps aux gens sur place de voir s’il subsistait un risque pour le président. En dernier recours, il avait la possibilité de rester à l’abri de poitrines militaires armées sur Andrews AFB, à quelques minutes de la capitale, tant que la situation n’était pas clarifiée, au moins au niveau de sa sécurité. S’il est loin d’être le plus intelligent, il n’est pas non plus un « Lou ravi » – ne jamais sous-estimer son adversaire – et en bon politicien, il sait que la présence physique vaut souvent autant sinon plus que les mesures prises aux yeux des foules anxieuses. Effectivement, « on » ne souhaitait pas sa présence à Washington, permettant d’avaliser sa couardise et sa fuite devant ces graves responsabilités, outre son éventuelle disparition, j’en reparlerai. Pendant ce temps, Cheney et Rumsfeld montraient leur « sens du devoir » en réglant l’ensemble des problèmes soulevés par ce genre de drame.

Le vol le plus long

Est-ce dans la voiture le ramenant à l’aéroport ou en arrivant dans l’avion qu’il eut la communication téléphonique avec les comploteurs ? Dans tous les cas, c’est à ce moment que leurs « revendications » furent mises sur la table, confirmées serait plus juste et les différents niveaux de menaces aussi. Bush avait un ultimatum, à mon avis environ une heure au départ de Sarasota, pour répondre aux comploteurs. La réponse ayant été jugée au moins provisoirement satisfaisante, Air Force One, à 11 heures 29, se retrouvera, miraculeusement escorté par des chasseurs armés (Historycommons complet 911 timeline ; 11-Septembre : « Le prochain, ce sera l’Ange »). Je ne suis d’ailleurs pas certain que le terme escorté soit à prendre dans le sens officiel. Il se doit d’atterrir à Barksdale pour un premier message très vague sur les responsabilités dans ces attentats. Il redevient président des États-Unis, la phase suivante se passera à Offutt, avec la vidéo-conférence. À ce stade des faits bruts, on a quitté l’option possible de l’accident d’avion, si toutefois elle n’a jamais existé. La Guardia, second aéroport  de New York, est à une encablure des tours et on sait déjà que les avions en cause n’en venaient pas et ne s’y rendaient pas. Cette simple information déclenche d’ailleurs une interrogation pratique supplémentaire. Pourquoi, pour un détournement « traditionnel », les « pirates » n’ont-ils pas choisi des vols au départ de La Guardia, où ils pouvaient frapper les tours au plus vite, moins de deux minutes après le décollage ; de JFK ou de Newark, à peine plus lointains ? Pourquoi, si nous étions dans une situation « normale », choisir Boston et le grand détour réalisé, permettant aux chasseurs de l’Air Force d’intervenir, hors 11 septembre ? Des trois aéroports new-yorkais partent aussi chaque jour par dizaines les vols intérieurs longue distance, si on veut retenir comme importante la fausse raison de la quantité de kérosène embarqué. Toujours cette notion de surprise nécessaire à tous les plans d’attaque et totalement « oubliée » dans ces actions d’une rare légèreté dans la préparation comme dans la réalisation. La réponse à cette question ne peut-être que l’hypothèse traitée en détail au chapitre 10.

Le passage des images du premier crash et la révélation du second sont, je le pense, des « messages » des conspirateurs. Ces projets devaient être gradués, en fonction de la « rapidité » du Président à faire allégeance. D’abord les tours, sans  séparation possible, l’espace de temps entre les deux crashs ne se prêtant pas à l’amorce de discussions, l’immeuble 7 étant détruit « en prime » plus tard, du genre « trois pour deux ». Si le message n’était pas assez clair et, visiblement, le président se faisait tirer l’oreille, cela amenait un troisième avion crashé, cette fois sur un domaine d’État chargé de symboles, le Pentagone. Siège de la puissance militaire étasunienne dont le président est, selon la Constitution, le Commandant en chef, cela devient quasiment un message personnel. Toutefois, contrairement à New-York, on ne « charge pas la mule » au niveau des pertes, on règle juste ses comptes avec ces fouineurs d’analystes du budget et l’ONI trop curieuse. L’audace de s’attaquer à ce symbole de la puissance militaire étasunienne fut jugée suffisante pour marquer les esprits. Le quatrième avion, car il ne faut pas l’oublier, devait aussi avoir une cible. On ne détourne pas un avion, surtout dans le contexte d’un pareil plan global, pour uniquement faire du tourisme aérien. Même si cette explication paraîtra légère à certains, deux avions sur Washington ne peuvent-être que la réponse aux deux avions sur New-York. Les vols 77 de AA et 93 de UA étaient les deux vols destinés à se crasher sur des bâtiments de la capitale étasunienne, offrant deux visions possible de cette matinée.

Washington comme but du vol 93 ? Avant la série de zigzags dont nous ne connaîtrons sans doute jamais la raison réelle, autre que la supercherie hollywoodienne, marquant la fin de sa trajectoire, c’était bien sa direction générale de vol. Le crasher également sur un autre édifice symbole laisse le choix entre la Maison Blanche et le Capitole. Bien que dans le cas présent on ne puisse faire que de la prospective, mon choix irait sans aucun doute au Capitole. Le recours à ce quatrième avion signifiait que le président refusait le diktat des comploteurs. Il fallait alors faire démarrer le stade ultime de ce coup d’État, car c’en était un, le discours évoqué du général Wesley Clarke le « confirmait » bien. Il comprenait une prise de pouvoir en bonne et due forme, c’est à dire l’application de la CoG dans sa totalité, avec suppression de la Constitution et des libertés lui étant rattachées. Cela sous-entendait l’absolue nécessité de ne pas avoir d’opposition à base démocratique, les élus, qu’ils soient Représentants ou Sénateurs. Dans les sphères du pouvoir et des assemblées, Démocrates et Républicains réunis, il existait aussi des légalistes, sans doute même une majorité bien gênante dans le cas de cette option. Cette dernière agression de terroristes « arabes » contre ce bâtiment mythique aurait le mérite de débarrasser les comploteurs de toute opposition. Elle soudait la nation KO debout autour d’eux, mieux que Pearl Harbor. À ce titre sans doute, et par le plus grand des hasards, l’évacuation des congressmen ne débutera qu’à partir de 9 heures 48…  dix minutes après l’impact sur le Pentagone, quand tout fut fini parce que Bush venait de capituler après cette troisième frappe. Par comparaison, sur ordre du même Cheney, l’évacuation du personnel de la Maison Blanche débuta vers 9 heures 20. Les premiers F-16 eux, n’arriveront qu’entre 9 heures 56 et 10 heures, au-dessus du Pentagone, pour faire de la figuration, prouver au bon peuple étasunien l’attention qu’on lui portait. Même le rapport de la commission évoque cette possibilité : « Ce dont nous sommes certains (…) a sauvé d’innombrables vies et peut-être le Capitole ou la Maison Blanche de la destruction. »

Pourquoi ne pas faire tomber l’avion sur la Maison Blanche ? Sur le mode badin, je dirais parce que Dick Cheney s’y trouvait ! Futur président dans ce contexte, il devait d’autant plus être épargné qu’il était sans doute membre sinon instigateur du complot. Plus sérieusement, pour rassurer les foules, dans ces moments de grands troubles, il faut un élément de certitude. La Maison Blanche représentant le plus fort symbole du pouvoir, surtout s’il est devenu personnel, ne pouvait disparaître sans risque. Dans une situation un peu chaotique, la présence du président ou de son remplaçant constitutionnel, le vice-président, dans le cadre habituel ne peut qu’avoir un effet positif sur l’obéissance des forces armées. Elles seront si utiles dans la perspective définie par le « Mein Kampf » du PNAC, Rebuilding America’s Defense. Sept pays à réduire en cendres, de quoi occuper les boys pour les années à venir, conflits dont on était certain du résultat favorable… Je parle bien entendu du résultat financier des entreprises participantes.

Dans le plan initial, parce qu’il faut bien admettre qu’il y avait un plan, le vol 93 devait frapper le premier sur Washington. La réalité sera différente à cause d’un retard de 41 minutes au décollage, retard dont on ignore toujours totalement la cause réelle et ne comptez pas sur le rapport de la Commission pour vous éclairer, ce ne fut pas le souci des enquêteurs, et encore moins celui de Zelikow, son rédacteur. Problème technique dans l’aéroport – qui avait connu un incendie la veille dans un bâtiment en construction – ou sur l’avion, dérèglement du trafic aérien intérieur, ou grain de sable volontairement introduit dans cette belle organisation par quelqu’un qui savait ? Sur la partie du drame de Washington, deux versions différentes peuvent exister au niveau de l’hypothèse, sans rien changer au schéma général de l’agression et à ses motifs. La première, celle que je viens de présenter, la seconde consisterait à inverser les rôles et les destinations. Parlons horaires. Le vol 93 décolla de Newark à 8 heures 42, avec ces 41 minutes de retard, il disparaîtra à 10 heures 06 au milieu de nulle part en Pennsylvanie, au bout de 1 heure 24 de vol, explosé en plein ciel au vu de l’éparpillement des débris, certains à 12 kilomètres du soi-disant impact. Il lui restait environ 180 kilomètres pour atteindre le Capitole à Washington, soit au minimum 15 minutes. J’ai sur ce point précis l’absolution du rapport de la Commission, une fois n’est pas coutume, ce dernier lui donnant entre 10 et 20 minutes pour atteindre Washington. Les 10 minutes prouvant, si besoin était encore, le peu de réalisme de ses membres, nous aboutirions à une vitesse de 1080 km/h que le 757 est incapable d’atteindre ! Si on replace ce vol dans le plan prévu, on s’aperçoit que les 41 minutes de retard ont complètement bouleversé les prévisions des comploteurs. Le vol 11 a duré 1 heure ; le 175, 51 minutes ; le 77, 1 heure 17, ces trois durées se tiennent statistiquement. Le vol 93 se distinguait avec une estimation de presque 1 heure 40, s’il était allé au bout de sa mission, parce qu’il existait ce retard considérable au décollage. Le Pentagone était, dans cette autre version, frappé par ce vol 93, le 77 étant alors destiné au Capitole, en dernier. Comme aucune liaison radio ne pouvait être établie, ces modifications de cibles ne peuvent venir que d’une possibilité technologique exposée au sein du chapitre 9. Il est visible, et l’examen des trajectoires le confirme, que le vol 93 fut mis en attente au cas où, en allongeant spécifiquement son trajet, dès qu’il décolla avec ce retard. Son demi-tour se situe presque au niveau du lac Érié. Quelle autre solution proposer pour tenter d’expliquer ce détour hors norme, même dans le cadre de ce plan diabolique ? Quelle qu’en soit la raison, remercions le bon « hasard » qui fit prendre 41 minutes de retard au vol 93, il a sans doute sauvé au moins une façade de démocratie aux États-Unis.

Ce quatrième avion, qu’il soit l’un ou l’autre des vols, signifiait aussi, dans le même temps, un « accident » d’Air Force One en plein ciel et au milieu du Golfe du Mexique si possible, les terroristes, bien sûr arabes, ayant osé aller jusqu’à ce point. Prise de pouvoir légale du vice-président en application de la Constitution, par décès et disparition du président. Ce dernier devait mieux comprendre maintenant les grandes hésitations de madame Rice à l’accompagner…

Bush quittera l’école élémentaire à 9 heures 35, Air Force One décollant de l’aéroport international de Sarasota-Bradenton à 9 heures 54 sans escorte aérienne ! Trois des avions détournés ayant déjà percuté des signes forts de la puissance étasunienne, confirmant le côté massif de l’attaque, comment expliquer qu’Air Force One décolle de Floride sans la moindre protection ? À l’heure de son décollage, le quatrième avion ne s’est pas encore crashé en Pennsylvanie. Les gens du Secret Service étaient sur les dents, le passage au détecteur de métaux de tous ceux qui embarquaient dans Air Force One à Sarasota prouvant le niveau atteint par l’alerte. L’idée venant immédiatement après est que le président ne courrait aucun risque comme déjà abordé, mais elle ne résiste pas à l’analyse, même si elle peut s’avérer exacte, après le troisième crash. Quel qu’il soit, un Président reste un Président et doit être protégé en tant que tel. Qu’il y ait risque ou non pour sa vie, tant à bord d’Air Force One qu’à terre, dans une situation aussi trouble il devait avoir une escorte de chasseurs dès son décollage. Sinon, pourquoi une protection aussi musclée à terre la nuit précédente ? N’oublions pas que le Secrétaire d’État à la Défense, Donald Rumsfeld, était au Pentagone et n’avait pas encore disparu dans la nature à l’heure du second impact, tandis que Dick Cheney veillait à la Maison Blanche. L’un comme l’autre avaient suffisamment de poids politique de par leurs fonctions pour obtenir cette escorte, immédiatement après le second crash. Ils auraient d’ailleurs dû l’organiser, il n’y avait aucun problème, les USA ont suffisamment d’avions de chasse disponibles, pour faire face à cette demande. Pourquoi cette formalité n’a t-elle pas été mise en œuvre ?

L’Air Force, prise dans la multiplicité voulue d’exercices en cours n’avait plus de disponible rapidement ? Pas de souci, la Navy pouvait très bien prendre le relais, elle regorge de F/A-18 et certaines bases n’étaient pas très éloignées pour un chasseur, entre autres Pensacola, à l’autre bout de la Floride. Le rapport de la Commission ne ratant aucune occasion de se ridiculiser, écrira (page 61) : « L’Air Force tentait d’établir une CAP (Combat Air Patrol, patrouille de surveillance armée destinée à empêcher l’entrée d’un hostile dans une zone définie) au-dessus de Washington. » La plus puissante force aérienne de la planète tente de réunir deux chasseurs armés, mais uniquement pour Washington, rien pour le président ! La Navy, les Marines, sans compter la Garde nationale pouvaient aussi assurer ce rôle avec leur aviation, il y a donc au moins un lourd soupçon du côté volontaire de cette absence d’escorte, comme de ne rien pouvoir faire. Autre performance remarquable de ce document à ranger désormais dans la collection Contes et Légendes, Air Force One décolle de Sarasota sans destination précise ! Il se dirige d’abord vers Washington et c’est seulement à 10 heures 10, après 16 minutes de vol, qu’il met le cap à l’ouest. L’aide de camp du président mettant 10 minutes de plus pour trouver une base d’accueil pouvant recevoir le commandant en chef de toutes les armées étasuniennes ! On est en plein délire… Du genre : « Allo, ici Air Force One, est-ce que vous permettez au président d’atterrir chez vous s’il vous plait ? » En fait, si une parcelle de vérité existe dans cette histoire, elle ne peut être que l’expression de l’opposition entre les comploteurs et Bush. Ce dernier voulait peut-être revenir à Washington pour tenter de reprendre la main, l’équipe Cheney/Rumsfeld attendait des assurances claires pour l’autoriser, ils avaient à ce moment en main tous les leviers de commande de l’État.

À partir de là, le mystère s’épaissit. Débute un vol de 110 minutes, à peine moins que pour regagner Washington D.C., mais en direction du nord de la Louisiane et Barksdale AFB, dans la banlieue de Shreveport, près des frontières du Texas et de l’Arkansas. Pas le chemin le plus direct pour rentrer à Washington, plutôt même la direction opposée. Il y atterrira à 11 heures 45. Pourquoi cette base si éloignée, tant de Sarasota que de Washington, voyage si long, comportant un certain nombre de risques ? La Floride possédait deux énormes bases aériennes, juste sur sa trajectoire pour gagner la Louisiane, Eglin AFB dédiée à l’US Air Force et sa voisine Pensacola NAS (Naval Air Station, base aérienne de la Navy à terre), nous venons de l’aborder. Si l’urgence était avérée, Atlanta NAS, encore plus près, un peu plus au nord, en Géorgie, sur la route de Washington. Avec une piste de 3000 mètres, il n’y avait aucun risque pour poser un Boeing 747-200, même si dans le cas de l’avion présidentiel, il s’appelle VC-25. Pour enfoncer le clou, si l’histoire du vol vers le nord se révélait exacte, lorsque l’avion présidentiel vira vers l’ouest, il avait fait plus de la moitié du chemin pour rejoindre Atlanta ! Et il ne se passera rien avant que l’avion de Bush n’ait fait une heure de vol. Pourquoi la situation change-t-elle totalement au bout de ce laps de temps ? Que s’est-il passé durant cet intermède relativement bref ? Pourquoi ne pas atterrir à Eglin, Pensacola ou à Atlanta ? Pourquoi ne pas voler vers le lieu normal du pouvoir, Washington, malgré la « mise en garde » de Cheney ?

Durant ces moments critiques, qui est le président ?

Le Daily Telegraph révélait, peu après cet événement, que dans Air Force One en route pour Barksdale, Bush s’est écrié : « Ceux qui ont commis ces actes regretteront de m’avoir comme président ». Éclat présidentiel et phrase confirmés par plusieurs sources. Sans se lancer dans l’étude de texte et autres détails de sémantique, chaque mot a quand même là son importance. Ceux …  … m’avoir comme président. On est dans le limpide. Même si Bush, de temps en temps, « se la joue façon cow-boy », cette phrase ne ressemble à rien si on imagine une attaque étrangère. Bush n’était, Dieu merci, que le Président des Étasuniens, donc il menace bien de représailles, à ce moment, un ou plusieurs compatriotes qui l’ont, effectivement comme président et qu’il soupçonne d’être responsables de ces crimes. Par contre, tempérons immédiatement les ardeurs poétiques du même journaliste indiquant qu’Air Force One faisait lentement des ronds dans le ciel. De Sarasota à Barksdale, il y a environ 1300 kilomètres en ligne droite – non compris l’éventuel détour vers le nord de la fable officielle – que l’avion a parcouru en 110 minutes, selon les communiqués. Le Boeing ayant une vitesse de croisière de 895 km/h en haute altitude, ce qui ne semble pas être le cas durant cette journée, une simple règle de trois nous fait comprendre que durant ces 110 minutes, il peut parcourir au mieux 1640 kilomètres. Compte-tenu du temps perdu au décollage, de l’approche et de l’atterrissage et du fait qu’il volait plus bas donc moins vite, selon les informations disponibles, ça laisse peu de temps pour faire, lentement ou non, plus d’un cercle d’attente dans le ciel !

D’après les services de renseignements, cette escale à Barksdale pouvait aussi servir de point de rencontre avec un de ces E-4B, avion dit de l’apocalypse. Ce ne pouvait être un des deux qui, un peu plus tôt, rodaient dans le ciel de Washington, trop de distance à parcourir pour le temps disponible. Sans doute celui ayant décollé le matin même de Wright-Patterson dans l’Ohio. Excellent moyen toutefois de maintenir ou faire encore monter la pression chez un président nouvellement élu, pas très malin et qui, en l’absence de madame Rice, semble n’être informé que par bribes de la situation générale dans le pays. Plus que le DEFCON 3 détaillé un peu plus loin, la venue de l’E-4B, alias « Doomsday Plane », laisse une connotation de conflit à risque nucléaire. Pour encore renforcer ce côté fin du monde probable, le président atterrit à Barksdale, et ce n’est certainement pas un hasard, en plein exercice Global Guardian. La mise en scène était vraiment très au point, on découvre là une des nécessité de changer la date de certains exercices… et de la localisation de l’atterrissage.

Lorsqu’il se pose, la base est en effet en effervescence, de vraies bombes nucléaires – détonateurs toutefois non armés – sont réellement sorties des dépôts et chargées à bord des B-52 alignés comme à la parade (selon Eric Schmitt & Thom Shanker Counterstrike « The untold story of America’s secret campaign against Al Qaida », NY Times book 2011). Une arrivée dans de telles conditions, est à même d’avoir raison de toutes les bravades, surtout de la part d’un élu sachant, depuis la veille, sa vie peut-être en danger. La destinée de JFK, dans ce contexte, doit surgir chez n’importe quel président. La nécessité du déplacement sur cette base décidée par Cheney et Rumsfeld apparaît beaucoup plus claire maintenant. Un président fragile psychologiquement et soigneusement mis en condition ne peut que se tourner vers eux pour le sortir de cette situation traumatisante, il est seul. Depuis son élection, il leur a donné tous les pouvoirs, afin de continuer sa vie de plaisirs. Atlanta, Eglin ou Pensacola ne pouvaient  effectivement pas remplir cette mission de contrainte psychologique, là est l’utilité de replacer tous les faits dans leur contexte. Les pièces du puzzle s’assemblent. Par contre, cette avalanche de mesures sécuritaires et leur cause correspondent de moins en moins avec la thèse des attentats commandités par Ben Laden depuis sa fameuse grotte afghane. Ce sera sans doute la raison de la disparition progressive de ces menaces dans les déclarations officielles des jours suivants, ça sentait un peu trop la vérité, l’« inside job ». Je crois que cette menace était réelle mais pas made in Afghanistan et fut annulée uniquement lorsque George W. Bush aura cédé à toutes les revendications des comploteurs et accepté, en plus, de leur servir désormais de porte-parole. Sauvé, il reprend sa « légitimité ».

DEFCON, ou comment encore mettre la pression sur un président

Visiblement « on » voulait faire monter la pression supportée par Bush. Tous les moyens seront utilisés pour le contraindre. Cheney, en tant que vice-président, déclencha d’abord la CoG, Plan de continuation du gouvernement, plus largement étudiée dans un précédent chapitre, histoire sans parole, mais pas sans message sous-entendu. Le Président n’est plus président, remplacé par un aréopage non-élu mais désigné. Notons déjà que cette pression n’est pas relâchée malgré, semble-t-il, l’acceptation présidentielle des conditions posées. L’ultimatum  prenait fin vers 11 heures et, malgré cela, près d’une heure plus tard, alors que Bush est posé à Barksdale depuis 11 heures 45, Cheney décrète ce DEFCON 3 (contraction de DEFense CONdition) à midi. C’est aussi la confirmation de ce que j’avançais sur les responsabilités équivalentes à celles du président, sur la mise en alerte des armées que Cheney s’était octroyée. Dans le langage militaire, on peut toutefois s’interroger sur ce choix.  Un DEFCON 3, couleur de code jaune, indicatif Round House, ne correspond qu’à une préparation des forces armées au-dessus de la normale.  Quatre avions perdus, près de 3000 morts, deux tours emblématiques et le siège social de toutes les armées étasuniennes touchés ne méritaient que ça ? Cette interrogation est bien sûr à comprendre par rapport à la fable officielle des tueurs arabes. Sans aller jusqu’au DEFCON 1, l’état de guerre, une telle attaque terroriste, si elle venait vraiment de l’extérieur, méritait un DEFCON 2, le cran juste en dessous, déjà utilisé durant la crise des missiles de Cuba en 1962. Pour mieux situer le débat, le DEFCON 3 fut utilisé durant la guerre du Kippour se déroulant loin, très loin, sans que les intérêts étasuniens soient directement en jeu, même si leur allié israélien payait chèrement ce nouveau conflit. Pour encore accroître l’aspect dramatique de la situation, Cheney promulguera la fermeture des frontières terrestres (Canada et Mexique) quinze minutes plus tard, les lignes aériennes étant fermées depuis plus de deux heures à ce moment. À ce moment, les États-Unis étaient complètement isolés du reste du monde. Il semblerait que les reniements présidentiels soient bien avancés, mais encore insuffisants pour les comploteurs.

À Barksdale, Bush  enregistrera un premier message où il parle seulement d’un acte lâche, qui sera puni pour cela. Jusque-là, il peut encore imaginer l’intervention d’un groupe étasunien d’extrême droite, comme à Oklahoma City : « Je tiens à rassurer le peuple américain sur le fait que toutes les ressources du gouvernement fédéral travaillent à assister les autorités locales en vue de sauver des vies et d’aider les victimes de ces attaques. Que personne ne s’y trompe : les États-Unis traqueront et puniront les auteurs de ces actes lâches. Je suis en contact régulier avec le vice-président, avec le secrétaire à la Défense, avec l’équipe de sécurité nationale et avec mon cabinet. Nous avons pris toutes les précautions de sécurité appropriées pour protéger le peuple américain. Nos militaires, aux États-Unis et autour du monde, sont en état d’alerte maximum, et nous avons pris les précautions nécessaires de sécurité pour continuer les fonctions de l’État. Nous avons pris contact avec les chefs de file du Congrès et avec les dirigeants mondiaux pour les assurer que nous ferons tout ce qui sera nécessaire pour protéger l’Amérique et les Américains. Je demande au peuple américain de se joindre à moi pour remercier toutes les personnes qui déploient toute leur énergie à secourir nos concitoyens et pour dire une prière pour les victimes et leurs familles. La résolution de notre grande nation est mise à l’épreuve. Mais ne vous y trompez pas : nous montrerons au monde que nous surmonterons cette épreuve. Que Dieu vous bénisse. »

Il s’agit du texte officiel, on ne peut être plus vague à ce moment, pas d’allusion au terrorisme, sans compter les mensonges destinés à rassurer le bon peuple, comme le niveau d’alerte maximum des armées, nous venons de le voir. Ce message ne sera diffusé qu’à 13 heures 04, alors que l’avion présidentiel s’est posé à Barksdale à 11 heures 45. Il est là aussi permis de s’interroger sur les raisons ayant repoussé la retransmission du message de son président à la nation inquiète, la rédaction du discours ayant eut largement assez de temps pour être réalisée durant le voyage aérien. Entendre en direct le discours du chef de l’État, aucun média, même privé, ne refuserait ce bouleversement des programmes un jour pareil. Le rapport de la Commission osera même avancer la sécurité comme raison pour expliquer ce curieux retard de diffusion ! La sécurité de qui et de quoi ? C’est sûrement un énième hasard, mais la Commission usera des mêmes arguties que le cercle du pouvoir quand elle ne saura plus comment expliquer certaines dérobades.

Alors, pas de certitude, à cette heure, sur son maintien en vie et en fonction ? Message trop généraliste correspondant au niveau d’informations qu’on a bien voulu encore une fois lui communiquer ? Volonté de le présenter comme incapable de prendre des décisions ?

Le comportement de Bush durant cette période allant de la révélation des attentats à son retour à Washington le soir ne fait que confirmer mon hypothèse. Complètement dépassé, craignant sans doute pour sa vie, il est un jouet, une marionnette dans les mains des comploteurs qui le promènent selon leurs désirs. Peut-être faut-il confronter ces dernières questions avec les articles parus dans le New York Times les jours suivant le drame, faisant état des déclarations d’Ari Fleischer, porte-parole de la présidence. Il parlait d’un message téléphonique « d’assaillants », le matin du 11 septembre, indiquant qu’ils voulaient détruire la Maison Blanche et Air Force One. Certes, il y a des fous partout, mais il est beaucoup plus rare, pour ne pas dire exceptionnel, que les fous, pour s’authentifier et montrer le sérieux de leurs propos, utilisent les codes d’identifications de la présidence, réputés secrets ! Seule une infime minorité de hauts responsables civils et militaires en ont connaissance et l’information du New York Times amène à réfléchir. Ces codes secrets sont des algorithmes de haut niveau mathématique, élaborés par le logiciel Promis. Soi-disant volés, comme par hasard, par un ex-agent spécial du FBI arrêté en février 2001, donc sous la présidence de Bush, on veut nous faire croire qu’en sept mois, il n’avait pas été possible de fournir de nouveaux codes, pour préserver la sécurité du pays ? Si cette histoire des codes est véridique, mais pourquoi le propre porte-parole de la présidence mentirait sur ce fait ? Combien de personnes en avaient connaissance ? Celui ou celle les ayant communiqués aux « appelants » est parmi eux, sachant qu’il est réglementairement impossible, à la même personne, pour des raisons facilement compréhensibles, de détenir plusieurs codes… sauf peut-être le vice-président, Dick Cheney. Aspect le plus désagréable de cette fuite, permettre au possesseur occasionnel de se faire passer pour le président dans un certain nombre d’ordres, le feu nucléaire y échappant heureusement pour des raisons de sécurités complémentaires.

Karl Rove, conseiller du président (relire sa biographie au chapitre 4), avait fait le même genre de révélation dès le 13 septembre. Il indiquait qu’ils avaient des preuves solides qu’Air Force One et le président à bord, étaient une des cibles des terroristes. D’autres rumeurs, quasi officielles, parvenues la veille faisaient également état d’un risque d’attentat contre Bush. Ces jolis discours permettaient éventuellement de faire le lien avec une possible future disparition de Air Force One en vol… Parce que ce risque pour sa vie n’était pas une nouveauté pour Bush. Déjà, lors de la réunion du G8 à Gênes en Italie, du 20 au 22 juillet précédent, des mesures de protections hors du commun avaient été prises pour prévenir un éventuel attentat le visant. La zone de la réunion avait été couverte d’un véritable couvercle d’acier dans ce but, la volonté sécuritaire allant jusqu’à faire tenir les réunions sur un navire de guerre ancré au milieu du port. À ce moment, il faut faire la corrélation avec la batterie de missiles totalement inhabituelle disposée près de l’hôtel où dormi le Président. Au moins, ces deux informations sont complémentaires, l’une expliquant l’autre. Par contre, l’absence de l’escorte aérienne ne devient plus douteuse mais totalement voulue, préméditée. Pourquoi et par qui ? Ce risque révélé pour le président et Air Force One, modifie de beaucoup la donne. Il n’y a là non plus de possibilité d’argumenter sur le terrorisme arabe responsable du massacre de ces innocents. Un risque à ce niveau pour Bush ne peut venir que de l’intérieur du pays, un « inside job »,  Ben Laden ne possédant ni aviation de chasse, ni installations de missiles sol-air disséminées sur le territoire étasunien. Information complémentaire, renforçant ce côté « inside job », durant le vol vers Barksdale, tous les passagers d’Air Force One se virent confisquer la batterie de leur téléphone portable. Raison donnée ? Éviter le risque d’identification et de localisation de l’avion. Comment expliquer que d’éventuels terroristes, forcément arabes, puissent localiser l’avion présidentiel  en plein ciel, avec quel matériel et dans quel but ? La seconde partie de l’explication concernant cette confiscation, venait du pilote, Mark Tillman, colonel de l’Air Force. Aux environs de 10 heures 55, il signalait la menace d’un autre avion en visuel, donc très proche, au moins dans l’utilisation de ce terme en aéronautique. Comme par hasard, cette intervention d’un avion non identifié, mais obligatoirement militaire, les vols civils étant fermés depuis longtemps, intervint au moment de la fin de l’ultimatum. Encore une fois, pourquoi ces précautions d’une extrême gravité, pour faire face à une bande de traîneurs de babouches ? Ce genre de mesures ne peut se comprendre que face à un ennemi très structuré, parfaitement organisé et bénéficiant de ressources quasiment illimitées, aussi bien financièrement que matériellement. Dans cette définition, on est loin des possibilités de l’homme des grottes afghanes et de ses soi-disant acolytes.

Le nouveau Pearl Harbor et l’État de guerre officiel

Sur « conseil » de Dick Cheney, avion et président repartent à 1 heure 04 p.m pour Offutt AFB, Nebraska, quartier général du Strategic Air Command, cœur du commandement de la force de frappe nucléaire étasunienne, ce qui n’est pas un vain mot dans ce pays. Il y arrivera à 2 heures 50 p.m. et Bush pourra discuter par vidéo-conférence durant une heure pleine depuis un bunker souterrain hautement sécurisé avec, comme par hasard, Cheney, Rumsfield et Rice. Il est certain que durant toute cette « promenade », Cheney et Rumsfeld à un moindre titre, ne voulaient pas voir Bush à Washington, sous le prétexte un peu trop aisé de sa sécurité. Elle était pourtant si facile à garantir dans la capitale, au vu des forces armées disponibles. Outre Andrews déjà noté, comment oublier l’énorme centre d’entraînement du Marines Corp à Quantico, sur le bord du Potomac, à une encablure au sud du siège du pouvoir ? À l’heure du décollage de Barksdale, tout l’aréopage gouvernemental posté à Washington, y compris ceux n’étant pas informé du complot, était obligatoirement conscients que le drame était passé. Le quatrième crash datait de trois heures et aucun autre avion n’était égaré dans  le ciel américain désormais vide. Dans ces conditions, comment expliquer, autrement que par les hypothèses des paragraphes précédents, ce nouveau détour par le Nebraska, encore plus à l’ouest, quasiment entre côte est et ouest, encore plus éloigné de la capitale d’un pays durement touché ? Pour en revenir à Offutt, c’est lors de cette vidéo-conférence que Bush appris ses nouvelles consignes de la journée se terminant. Exit les lâches qui seront poursuivis et punis pour des attentats sans signature définie. Désormais, ce drame s’internationalisait, un des trois intervenants de cette conférence ou George Tenet, patron de la CIA, lui susurrèrent le début de la fable Ben Laden. Son discours suivant à 20 heures 30 l’évoquera (voir le texte en fin de chapitre).

Tenet, autre grand médium qui s’ignore, prenait son petit-déjeuner à l’hôtel St Regis le matin même, à une encablure de la Maison Blanche, avec le sénateur David Boren. Il expliquait à ce dernier que Ben Laden préparait une attaque de grande envergure contre les États-Unis (selon Bob Woodward : « Bush at war »,  Simon & Schuster NY 2002). On appréciera là encore, la différence entre cette révélation et l’atonie complète du gouvernement pour prévenir ce risque qui paraissait si évident… dans la mesure où il exista un jour.

Et si Bush n’avait pas répondu favorablement au diktat avant Barksdale ? Sans vouloir présumer et comme déjà évoqué, l’itinéraire de l’avion présidentiel, pour une raison facile à comprendre en regardant une carte des États-Unis, survola principalement le Golfe du Mexique. Il est en effet très difficile d’avaler la couleuvre du rapport. Air Force One décollant sans avoir de but pour son voyage, avec le Président à bord, il y a là au moins soupçon de sous-traitance de cette histoire à Hollywood ! Pour aller au plus court, ce que lui autorise son statut d’avion militaire et présidentiel, Air Force One survolera une étendue d’eau dont il ne pouvait attendre aucun secours durant environ 50 minutes. Bon endroit pour le faire disparaître sans laisser la moindre trace. À ceux qui trouveront une tendance à l’exagération, je suggère de se pencher à nouveau sur le dossier Kennedy ou du coup d’État contre Roosevelt. La vie d’un président aussi adulé soit-il – ce qui était très loin d’être le cas de Bush – bloque-t-elle les pulsions de certaines personnes ou de certains groupes, surtout lorsqu’ils ont déjà depuis quelques heures le sang de quelques milliers d’Américains sur les mains ?

Le soir même, à 6 heures 54 p.m., lorsque Bush atterrit à Andrews, il y avait 300 chasseurs retrouvés dans le ciel de Washington. Marines One, l’hélicoptère présidentiel, sera escorté jusqu’à la Maison Blanche par six autres hélicoptères… surtout pour avaliser la notion de la menace subsistante, campagne de peur restant le meilleur moyen d’obtenir l’adhésion des foules. Durant la réunion du Conseil National de Sécurité débutée à 21 heures sous sa présidence (selon tempsreel.nouvelobs.com) le 11 septembre, confirmée par le rapport de la Commission, et selon le même document, l’éternel va-t-en guerre Donald Rumsfeld intervint, pressant le Président et les autres membres du Conseil national de sécurité restreint d’imaginer qui pourrait avoir hébergé les terroristes. Bien sur cette « réflexion totalement objective » englobait surtout Irak, Afghanistan, Libye, Soudan et Iran. Tous les pays que le PNAC espérait éliminer depuis des années, sans la moindre raison spécifique, hormis le besoin de piller leurs richesses naturelles et de donner des gages à Israël, leur allié régional.

Avant de se coucher, à 11 heures 30 p.m., l’Histoire dit que Bush junior écrivit dans son journal : « Le Pearl Harbor du XXIe siècle a eu lieu aujourd’hui ». Je ne sais pas pour vous, mais ce nom de Pearl Harbor, dans ce même contexte, je l’ai déjà lu quelque part….

Voici le texte du discours télévisé de 20 heures 30, depuis la Maison-Blanche permettant de faire la différence avec le précédent de Barksdale :

« Bonsoir. Aujourd’hui, nos concitoyens, notre mode de vie, notre liberté même ont été attaqués dans une série d’actes terroristes meurtriers et délibérés. Les victimes étaient dans des avions ou dans leur bureau : secrétaires, hommes et femmes d’affaires, militaires et officiers, pères et mères, amis et voisins.

Des milliers de vies ont soudainement pris fin par les actes ignobles et maléfiques de la terreur. Les images des avions s’écrasant dans des bâtiments, des incendies, d’énormes structures s’effondrant nous ont rempli d’incrédulité, d’une tristesse terrible et d’une colère silencieuse mais inébranlable.

Ces massacres ont été planifiés pour précipiter notre nation dans le chaos et la retraite. Mais ils ont échoué. Notre pays est fort. Un grand nombre de personnes s’est mobilisé pour défendre notre grande nation.

Les attaques terroristes peuvent secouer les bases de nos plus grands bâtiments, mais elles ne peuvent pas toucher les fondements de l’Amérique. Ces actes brisent l’acier, mais ils ne peuvent pas entamer celui de la détermination américaine.
L’Amérique a été visée parce que nous sommes la lanterne de la liberté et des opportunités dans le monde. Et personne n’empêchera cette lumière de briller.
Aujourd’hui, notre nation a vu le mal, le plus mauvais de la nature humaine, et nous avons répondu avec le meilleur de l’Amérique, avec l’audace de nos sauveteurs, en s’occupant d’inconnus, avec des voisins venus donner leur sang et offrir leur l’aide.
Juste après la première attaque, j’ai mis en application le plan de secours prévu par le gouvernement. Nos militaires sont puissants et entraînés. Nos équipes de secours travaillent à New York et Washington pour aider avec les moyens locaux.
Notre première priorité est d’obtenir de l’aide pour ceux qui ont été blessés et de prendre toutes les précautions pour protéger nos concitoyens sur notre territoire et autour du monde contre d’autres attaques.

Les fonctions de notre gouvernement continuent sans interruption. Les agences fédérales à Washington qui ont dû être évacuées aujourd’hui rouvrent pour le personnel essentiel ce soir et rouvriront au commerce demain.

Nos institutions financières demeurent fortes, et l’économie américaine sera également ouverte au commerce. L’enquête est en cours pour retrouver ceux qui sont derrière ces actes maléfiques. Toutes nos ressources sont dirigées pour que nos services de renseignement et d’application de la loi trouvent ces responsables et les mettent à la disposition de la justice. Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les hébergent.

J’apprécie beaucoup que les membres du Congrès m’aient rejoint dans la condamnation de ces attaques. Et au nom des Américains, je remercie les nombreux chefs d’État étrangers qui ont appelé pour présenter leurs condoléances et offrir leur aide.

L’Amérique et nos amis et alliés se joignent à tous ceux qui veulent la paix et la sécurité dans le monde et nous ferons front ensemble pour gagner la guerre contre le terrorisme. Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé, pour tous ceux dont le sentiment de sûreté et de sécurité a été menacé. Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : « Bien que je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi ».

C’est un jour où tous les Américains de tous les horizons s’unissent dans une même détermination de justice et de paix. L’Amérique a vaincu ses ennemis auparavant, et nous ferons de même cette fois encore.

Aucun de nous n’oubliera jamais ce jour, pourtant nous allons de l’avant pour défendre la liberté et tout ce qui est bon et juste dans notre monde.
Merci. Bonne nuit et que Dieu bénisse l’Amérique. »

Les attentats n’ont pas 12 heures et Bush a déjà la certitude qu’il s’agit de terrorisme étranger et que les pays les abritant – Afghanistan et Irak ? – devaient aussi être agressés à ce titre.

La légende et ses faux justificatifs étaient en marche.

Fin des préliminaires

Présentation et analyse des contextes politique, historique, économique et géographique ayant présidé aux prémices et au déroulement des événements du 11 Septembre 2001 à Washington se terminent ici. Elles vous emmenèrent de l’autre côté du miroir déformant des médias, là où se décide vraiment l’Histoire. Les acteurs, tant humains que matériels présentés en détail, sont maintenant en place et nous avons largement alimenté notre intime conviction, sur la possibilité d’être en face d’un vaste complot au sein des élites étasuniennes. Malgré la somme des éléments permettant de conclure à la véracité de cette option, après plus de dix ans de contestation active, il demeure difficile de le cerner, en particulier au plan de l’explication de sa réalisation concrète. La propagande et la désinformation d’État veillent en permanence à ce que cela demeure hors de portée des citoyens, semant, de plus, une confusion bien orchestrée. Si ce n’était pas suffisant pour nuire à cette prise de conscience, le mouvement de refus de ce mauvais roman est désormais paralysé. La multiplicité des théories avancées pour tenter d’expliquer les faits et mettre à mal les explications officielles, en particulier au Pentagone finissant d’embrouiller les esprits.

Comme dans les précédents chapitres, il va falloir à nouveau débusquer et démontrer les nombreuses incohérences, approximations et mensonges de ce dossier. Débutant par une présentation du Pentagone, cette seconde partie comprendra également le rejet argumenté des hypothèses successives, imposées comme absolues et définitives, nous présentant un faux crash sans avion et totalement simulé à l’aide d’explosifs, de faux avions, de faux débris, de faux témoins, de faux dégâts… et pas mal de faux-culs. Bref, à l’opposé des contestataires « no-planes », « fly-over » ou autres, nous éliminerons toute frappe du Pentagone par autre chose que ce que de nombreux témoins ont vu : un avion de ligne de bonne taille aux couleurs American Airlines. Cet emploi va obligatoirement nous entraîner vers le milieu des hautes technologies, pleinement utilisées sur ceux-ci. Je tenterai de le faire le plus simplement possible, mais ce passage est incontournable pour assimiler le reste. Nous aurons donc la présentation complète de l’avion utilisé, son cheminement détaillé lors de ce jour dramatique et l’étude approfondie des dégâts causé par son crash.

Que s’est-il réellement passé au Pentagone ce matin-là ?

Michel Straugof

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Annexes

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