Lorsqu’on a affaire à un ours, l’arrogance est suicidaire



2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 15 mars 2018 – Source The Saker

En supposant que l’humanité trouve un moyen de ne pas se détruire dans un avenir proche et en supposant qu’il y aura encore des historiens au XXIIe et au XXIIIe siècle, je vous parie qu’ils regarderont l’Empire anglosioniste et verront les quatre éléments suivants comme certaines de ses caractéristiques fondamentales : mensonges, ignorance délibérée, hypocrisie et hystérie. Pour illustrer mon propos, j’utiliserai la récente histoire de « l’assassinat de Skripal au gaz innervant » car elle les englobe vraiment toutes.

Je ne me donnerai même pas la peine de démystifier les absurdités officielles, d’autres ont fait un excellent travail en soulignant l’idiotie du récit public. Si vous êtes vraiment capable de croire que « Poutine » (c’est le nom de code collectif pour l’Empire maléfique du Mordor qui menace actuellement toute la civilisation occidentale) a ordonné le meurtre d’un homme que le tribunal militaire russe n’a condamné qu’à 13 ans de prison (par opposition à une condamnation à vie ou à la mort) et qui a été ensuite libéré dans le cadre d’un échange avec les États-Unis, vous pouvez cesser de lire tout de suite et retourner regarder la télévision. Personnellement, je n’ai ni l’énergie ni l’envie de discuter d’une théorie aussi évidemment absurde. Non, ce que je veux faire c’est utiliser cette histoire comme une illustration parfaite du genre de société dans laquelle nous vivons tous, d’un point de vue moral. Je me rends compte que nous vivons dans une société largement dépourvue de valeurs où les normes morales ont été remplacées par l’orthodoxie idéologique, mais ce n’est qu’une raison de plus pour moi d’écrire sur ce qui se passe, en me concentrant précisément sur les dimensions morales des événements actuels.

Mensonges et déni impardonnable de la réalité

Dans un article de 2015 intitulé « A society of sexually frustrated Pinocchios »  j’écrivais ce qui suit :

« Je vois une relation de cause à effet directe entre le déni de la réalité morale et celui de la réalité physique. Je ne peux pas le prouver, bien sûr, mais voici ma thèse : presque dès le premier jour, la société occidentale a commencé, disons, à prendre des libertés avec la vérité  qu’elle pouvait tordre, adapter, maquiller et recomposer au service du programme idéologique du jour. Ce n’était pas encore tout à fait le relativisme total et sans complexe du XIXe siècle, mais c’était une première étape importante.

Avec des « principes » comme la fin justifie les moyens et la violation totale des Dix Commandements, tous « pour la plus grande gloire de Dieu » la civilisation occidentale était très à l’aise avec l’idée qu’il n’y avait pas de vérité réelle et objective, uniquement la perception subjective ou même la représentation que chaque personne pouvait en avoir.

Une dizaine de siècles plus tard, nous nous retrouvons avec la « Gayrope » moderne (comme on qualifie souvent l’Europe en Russie) : non seulement Dieu a été déclaré « mort » et toutes les notions de juste et de faux rejetées comme « culturelles » mais même la réalité objective est désormais subordonnée à l’opportunisme politique et aux impératifs idéologiques. » 

Je poursuivais en citant George Orwell, rappelant sa définition de la « doublepensée » dans son livre 1984 :

« Savoir et ne pas savoir, être conscient d’une véracité totale tout en racontant des mensonges soigneusement construits, défendre simultanément deux opinions qui s’annulent, en sachant qu’elles sont contradictoires et en croyant aux deux, utiliser la logique contre la logique, rejeter la morale tout en la revendiquant (…). Dire des mensonges délibérés tout en y croyant sincèrement, oublier tout fait devenu gênant, puis quand il est de nouveau nécessaire, le tirer de l’oubli le temps qu’il faut, nier l’existence de la réalité objective. » 

Et je conclurai en disant : « Le corollaire nécessaire de cet état d’esprit est que seules les apparences comptent, pas la réalité. »

C’est exactement ce que nous observons ; non seulement dans l’histoire idiote de l’assassinat de Skripal au gaz innervant mais également dans tout le reste du non-sens russophobe produit par la machine de propagande anglosioniste, y compris « l’assassinat de Litvinenko au polonium » et « l’empoisonnement de Iouchtchenko à la dioxine ». Le fait que ni le gaz innervant, ni le polonium, ni la dioxine ne sont des armes meurtrières efficaces ne compte pas le moins du monde : une simple fusillade en voiture, un coup de couteau dans la rue ou, mieux, n’importe quel « accident » est à la fois plus facile à organiser et impossible à retracer. Des méthodes d’assassinat fantaisistes sont utilisées lorsque l’accès à la cible est très difficile ou impossible (comme dans le cas de Ibn al-Khattab, dont les Russes étaient ravis de s’attribuer le mérite de son assassinat ; cela aurait aussi pu être le cas dans la mort de Yasser Arafat). Mais la meilleure manière d’assassiner quelqu’un est simplement de faire disparaître le corps, rendant impossible toute enquête ultérieure. Enfin, vous pouvez toujours sous-traiter le meurtre à quelqu’un d’autre, par exemple lorsque la CIA a essayé  et échoué, d’assassiner le Grand Ayatollah Mohammad Hussain Fadlallah en sous-traitant son attentat à la bombe à ses alliés « chrétiens » locaux, tuant plus de 80 innocents dans le processus. Il y a des quantités de crimes ordinaires au Royaume-Uni et demander à quelqu’un de dévaliser et de poignarder Skripal aurait probablement été la solution la plus facile. Cela en supposant que les Russes avaient une raison de vouloir sa mort, qu’ils n’ont évidemment pas.

Mais voici l’important : tout spécialiste du crime ou du renseignement en Occident comprend tout ce qui précède. Mais cela n’empêche pas les siomédias de publier des articles comme « A Brief History of Attempted Russian Assassinations by Poison » (Une brève histoire des tentatives d’assassinats russes avec du poison) qui fait également la liste des gens empoisonnés par les Russes :

  • Skripal au gaz innervant ;
  • Litvinenko au polonium ;
  • Kara-Murza empoisonné non pas une fois, mais DEUX, par un poison inconnu, et qui a survécu !
  • Markov empoisonné à la ricine et par les Bulgares avec « l’aide supposée du KGB » ;
  • Khattab au gaz sarin ou à un dérivé du sarin ;
  • Iouchtchenko à la dioxine ;
  • Perepilichny par « une fleur toxique rare, le gelsemium » (je ne plaisante pas, lisez l’article !) ;
  • Moskalenko au mercure ;
  • Politkovskaya, qui a été tuée par des coups de feu, mais qui un jour s’est sentie « malade après avoir bu du thé dont elle croyait qu’il contenait du poison ».

La seule conclusion possible à tirer de cette liste est celle-ci : il y a une sorte de laboratoire secret en Russie où des chimistes totalement incompétents testent chaque poison connu de l’homme, non sur des rats ou des souris, mais sur des activistes politiques très en vue et soutenus par les Anglosionistes, de préférence juste avant un événement politique important.

C’est vrai.

D’ailleurs, le gaz prétendûment utilisé dans l’attentat, le « Novichok » était fabriqué en Ouzbékistan et le nettoyage de l’usine qui le produit a été assuré par – vous avez deviné – une entreprise américaine. Juste pour dire…

Dans toute société un tant soit peu honnête et instruite, ce genre d’article devrait entraîner le licenciement de l’idiot qui l’a écrit pour incompétence grossière et discréditer à jamais le journal qui l’a publié. Mais dans notre monde, le clown qui a écrit ces inepties (Elias Groll, un diplômé de Harvard et – écoutez – un spécialiste du « cyberespace et de ses conflits et controverses » (sic)) est un rédacteur attitré du magazine primé Foreign Policy).

Donc qu’est-ce que cela nous dit, ainsi qu’aux futurs historiens, lorsque ce genre de connerie est écrit par le rédacteur attitré d’une publication « primée » ? Cela ne montre-il pas que notre société a atteint un stade de décadence (je ne peux pas appeler cela « développement ») où les mensonges deviennent la norme ? Non seulement les mensonges grotesques et absurdes au premier regard sont acceptés, mais ils sont attendus (ne serait-ce que parce qu’ils renforcent l’esprit du temps idéologique actuel). Résultat ? Notre société est maintenant pleine de drones idéologiques zombifiés qui croient n’importe quelle absurdité officiellement proclamée par des lâches qui n’ont même pas le courage de base de dénoncer ce qu’ils savent eux-mêmes être faux.

Les mensonges, aussi ridicules et évidemment stupides soient-ils, sont devenus l’ingrédient principal du discours politique moderne. Tout le monde le sait et personne ne s’en soucie. Lorsqu’on le conteste, la défense utilisée en général est toujours la même : « Vous êtes la seule personne qui le dit – je n’ai jamais entendu cela auparavant ! ».

L’ignorance délibérée comme échappatoire universelle

Nous connaissons tous ce type. Vous dites à quelqu’un que son histoire n’a absolument aucun sens ou n’est pas étayée par des faits et la réponse que vous recevez est un refus vaguement formulé de s’engager dans une dispute. Au début, vous pourriez être tenté de le croire, en effet votre interlocuteur n’est pas trop brillant et pas très cultivé, mais finalement vous comprenez que quelque chose de tout à fait différent est en train de se passer : l’homme moderne fait en réalité un effort très déterminé pour ne pas être capable de penser logiquement et ne pas s’informer sur les faits de base de l’affaire. Et ce qui est vrai pour des individus particuliers l’est encore plus pour notre société dans son ensemble. Prenons un seul exemple simple : l’Opération Gladio.

« Gladio » est vraiment un secret de polichinelle. D’excellents livres ont été écrits, des vidéos ont été réalisées à ce sujet et même la BBC a produit une vidéo de deux heures et demie. Il existe même un site internet entier consacré à cette énorme organisation terroriste à l’échelle d’un continent, spécialisée dans les opérations sous fausse bannière. C’est vrai : un réseau terroriste en Europe occidentale, dirigé par l’OTAN et impliqué dans des massacres sous fausse bannière comme l’infâme attentat à la gare de Bologne. Non, pas le KGB soviétique soutenant la Fraction armée rouge de Baader-Meinhof ou les Brigades rouges en Italie. Non, les États-Unis et les Européens de l’Ouest organisant, finançant et actionnant un réseau terroriste dirigé contre les populations de l’Europe de l’Ouest, pas de l’Est. Oui, contre leurs propres peuples ! En théorie, tout le monde devrait le savoir, l’information est disponible partout, même sur l’hyper politiquement correct Wikipedia. Mais, encore une fois, personne ne s’en soucie.

La fin de la guerre froide a été marquée par une série apparemment sans fin d’événements qui tous fournissaient un prétexte aux interventions anglosionistes (des massacres de Markale en Bosnie au « génocide » de Srebrenica, aux massacres de Racak au Kosovo, jusqu’au « meilleur » et plus important d’entre eux, le 9/11, bien sûr). Pourtant presque personne ne se demandait si les mêmes gens ou, au moins, le même genre de gens qui avaient commis tous les crimes de Gladio pourraient être impliqués. Au contraire : chacun de ces événements a été accompagné d’une immense campagne de propagande soutenant et même promouvant le récit officiel, même lorsqu’il n’avait à l’évidence aucun sens (comme deux avions incendiant trois tours d’acier). Quant à Gladio, il a été opportunément « oublié ».

Il y a un principe simple en psychologie, y compris et surtout en psychologie criminelle que je voudrais rappeler ici :

Le meilleur prédicteur du comportement futur est le comportement passé

Tout criminaliste le sait et c’est pourquoi les enquêteurs criminels accordent tant d’importance au modus operandi, c’est-à-dire à la manière ou à la méthode particulière qu’un suspect ou un criminel choisit dans l’exécution de ses crimes. C’est aussi quelque chose que tout le monde sait. Donc résumons cela dans une thèse simple :

Les régimes occidentaux ont une tradition longue et bien établie d’exécution régulière d’opérations sanglantes sous fausse bannière dans la poursuite d’objectifs politiques, en particulier celles qui leur fournissent un prétexte justifiant une agression militaire illégale.

Franchement, je soutiens que cette thèse est vraiment établie non seulement par la prépondérance de la preuve mais au-delà de tout doute raisonnable. N’est-ce pas ?

Peut-être. Mais c’est aussi complètement hors de propos parce que tout le monde s’en fout ! Les journalistes qui mentent pour gagner leur vie et, encore plus, les zombies décérébrés qui lisent ces absurdités et les prennent au sérieux. La CIA a essayé de tuer Fidel Castro plus de 600 fois – qui s’en soucie ? Tout ce que nous savons est que les bonnes gens de Langley ne tueraient jamais jamais un Russe au Royaume-Uni, par respect du droit international, probablement…

Cette ignorance délibérée vainc l’histoire, les faits ou la logique.

Voici une question simple qu’un journaliste pourrait poser : « Le genre de personnes qui n’ont eu aucun problème à faire sauter une grande gare, ou faire tomber trois bâtiments au centre de New York, hésiteraient-elles à utiliser une méthode loufoque pour essayer de tuer un ancien espion russe inutile si cela pouvait justifier d’autres actions hostiles contre un pays qu’elles ont désespérément besoin de diaboliser pour justifier et préserver l’ordre mondial anglosioniste actuel ? ». Je pense que la réponse est évidente. La question ne sera donc pas posée. Au lieu de cela, les demi-portions efféminées du magazine Foreign Policy nous raconteront comment les Russes utilisent des fleurs exotiques pour tuer des opposants très visibles dont la mort ne servirait aucun objectif politique imaginable.

L’hypocrisie comme attribut de base de l’homme moderne

L’ignorance délibérée est importante, bien sûr, mais elle ne suffit pas. D’une part être ignorant, même si c’est utile pour rejeter un argument basé sur les faits et/ou la logique, n’est pas utile pour établir votre supériorité morale ou la légalité de vos actions. L’Empire exige beaucoup plus que la seule obéissance de ses sujets : un sens très fort de supériorité sur lequel on peut se reposer lorsqu’on commet un acte hostile contre l’autre type est aussi absolument indispensable. Et rien n’offre une base aussi solide pour un sentiment de supériorité qu’une confiance inexcusable dans une hypocrisie éhontée. Prenons un exemple récent : les dernières menaces américaines d’attaquer la Syrie (à nouveau).

Indépendamment du fait que les États-Unis ont eux-mêmes certifié que la Syrie était exempte d’armes chimiques et indépendamment du fait que les officiels américains continuent de dire qu’ils n’ont aucune preuve que le gouvernement syrien ait été impliqué dans une attaque chimique sur Khan Chaykhoun, les États-Unis se préparent maintenant à frapper de nouveau la Syrie en « réponse » à de futures attaques chimiques ! Oui, vous avez bien lu. Les Anglosionistes annoncent maintenant leurs faux drapeaux à l’avance ! En fait, au moment où cette analyse sera publiée, l’attaque aura probablement déjà eu lieu. Le « meilleur » dans tout cela est que Nikki Haley a annoncé au Conseil de sécurité de l’ONU que les États-Unis agiront sans l’approbation du Conseil de sécurité. Ce que les États-Unis déclarent, c’est ça : « Nous nous réservons le droit de violer le droit international à tout moment et pour toute raison que nous jugeons suffisante. » Dans la même déclaration, Nikki Haley a aussi traité le gouvernement syrien de « régime hors la loi ». Ce n’est pas une plaisanterie, vérifiez vous-même. Réaction de l’Europe « démocratique » : déclarer que la Russie (et non les États-Unis) est un État voyou. CQFD.

Tout ce cirque n’est possible que parce que les élites occidentales se sont toutes transformées en « grandes gelées inertes d’invertébrés protoplasmiques » (pour reprendre les mots merveilleux de Boris Johnson) et qu’absolument personne n’a le courage, ou la décence, d’appeler tout cela par son nom : une démonstration obscène d’hypocrisie totale et de violation complète de toutes les règles du droit international. Le philosophe français Alain Soral a tout à fait raison lorsqu’il a dit, parlant de la presse française, qu’« un journaliste français, c’est soit une pute soit un chômeur » (mais cela s’applique totalement à tous les médias occidentaux). Sauf que j’étendrais cela à tout l’establishment occidental.

Je dirais en outre que l’agression étrangère et l’hypocrisie deviennent les deux piliers essentiels de la survie de l’Empire anglosioniste : le premier étant un impératif politique, le second étant la condition préalable à la justification publique du premier. Mais parfois, même cela ne suffit pas, en particulier lorsque les mensonges sont si évidemment absurdes. Ensuite, l’élément final, quasi miraculeux, entre en scène : les hystériques.

L’hystérie comme la forme la plus haute du (pseudo) libéralisme

Je ne me soucie pas particulièrement de la distinction habituellement faite entre les libéraux et les conservateurs, du moins pas tant que le contexte et ces termes ne sont pas soigneusement et précisément définis. Je ne me place certainement pas sur ce continuum ni ne le trouve utile sur le plan analytique.

Le sens théorique de ces concepts est cependant très différent de ce qui est généralement compris sous ces étiquettes, notamment lorsque les gens les utilisent pour s’identifier. C’est à dire que si je ne suis pas du tout sûr que ceux qui se considèrent comme des libéraux, disons, soient vraiment libéraux, je pense que les gens qui s’identifieraient comme des « libéraux » partagent souvent (la plupart du temps) un certain nombre de caractéristiques, dont la plus importante est une forte propension à fonctionner et à s’engager dans un mode hystérique de discours et d’action.

Google définit l’hystérie de la manière suivante : « Une émotion ou une excitation exagérée ou incontrôlable, en particulier dans un groupe de personnes (…) dont les symptômes comprennent la conversion du stress psychologique en symptômes physiques (somatisation), l’amnésie sélective, les émotions superficielles volatiles et des comportements excessivement dramatiques ou de recherche d’attention. » N’est-ce pas une parfaite description des politiciens américains, en particulier les (prétendus) « libéraux » ? Pensez à la façon donc les Démocrates ont capitalisé sur des (non) problèmes comme « l’ingérence russe » (pour l’extérieur) ou « le contrôle des armes » (pour l’intérieur) et vous verrez que les soi-disant « libéraux » ne sortent jamais d’un discours très émotif. Le meilleur exemple, vraiment, est leur réaction à l’élection de Donald Trump au lieu de leur cheffe culte Hillary : cela fait plus d’un an que Trump a été élu et pourtant les siomédias libéraux et leurs consommateurs sont toujours en mode totalement hystérique (avec les « pussyhats » les « cris vers le ciel » et tout le reste). Dans une conversation avec un libéral, vous pouvez littéralement le noyer sous les faits, les statistiques, les témoignages d’experts, etc., et n’atteindre aucun résultat parce que le libéral vit dans une zone de confort idéologique qu’il ne veut – ni ne peut, en fait – quitter, même temporairement. C’est ce qui fait des libéraux un public parfait pour les opérations sous fausse bannière : ils ne traiteront tout simplement pas le récit qui leur est présenté de manière logique mais réagiront immédiatement de façon très émotionnelle, généralement avec l’envie de « faire immédiatement quelque chose ».

Ce « faire quelque chose » s’exprime généralement par l’application de la violence (à l’extérieur) et l’imposition d’interdictions/restrictions/régulations (à l’intérieur). Vous pouvez tenter d’expliquer à ce libéral que la toute dernière chose que les Russes pourraient vouloir faire est d’utiliser une méthode stupide pour essayer de tuer une personne qui ne les intéresse absolument pas, ou lui expliquer que la dernière chose que le gouvernement syrien ferait au cours de sa libération réussie de son territoire national des « bons terroristes » serait d’utiliser des armes chimiques de toute sorte, vous n’arriverez jamais à rien : Trump doit être destitué, les Russes sanctionnés et les Syriens bombardés, fin de l’argumentation.

Je suis tout à fait conscient que beaucoup de « conservateurs » autoproclamés  ont totalement rejoint ce chœur de libéraux hystériques dans toutes leurs revendications, mais ces « conservateurs » ne font que manquer de caractère, ils cèdent simplement à la pression sociale du jour puisqu’ils font partie des « grandes gelées inertes d’invertébrés protoplasmiques » mentionnées plus haut. Encore une fois, je ne parle pas de vrais libéraux ou de vrais conservateurs ici (indépendamment de ce que ces termes signifient vraiment), je parle de ceux qui, pour une raison ou une autre, choisissent de se coller cette étiquette même s’ils n’ont personnellement qu’une très vague idée de ce qu’elle est censée signifier.

Donc voilà ce que nous avons : un Empire construit (et maintenu) sur des mensonges acceptés par l’ignorant de base, justifié par l’hypocrisie et dynamisé par les hystériques. C’est ce que le « monde occidental » défend aujourd’hui. Et bien qu’il y ait une minorité bruyante de « résistants » (de gauche et de droite – encore deux catégories que je ne trouve pas utiles sur le plan analytique – et de nombreuses autres écoles de pensée politique) la triste réalité est que l’immense majorité des gens autour de nous l’acceptent et ne voient aucune raison de le dénoncer, encore moins de faire quelque chose. C’est pourquoi « ils » s’en sont tirés avec le 9/11 et pourquoi « ils » continueront à mener d’autres opérations sous fausse bannière parce que les gens à qui on a menti comprennent, au moins à un certain niveau, qu’on leur ment et pourtant ils ne s’en soucient pas. Vraiment, les slogans orwelliens de 1984, « la guerre c’est la paix, la liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force » conviennent parfaitement à notre monde. Lorsqu’on a affaire au proverbial ours russe, cependant, il y a une leçon de l’histoire que les dirigeants occidentaux ne devraient jamais oublier et qu’ils devraient aussi transformer en slogan : lorsqu’on a affaire à un ours, l’arrogance est suicidaire.

The Saker

Cette analyse a été écrite pour Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

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