Pentagone ou la théorie d’UN complot – 2/11


Par Michel Straugof − Le 11 septembre 2018

Note au lecteur : nous mettons à disposition l’ouvrage entier au format pdf

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Notre cerveau est en général très réticent face aux changements importants. Ces derniers perturbent ses habitudes de raisonnement, le plongeant dans une zone où ses repères traditionnels deviennent inopérants et/ou erronés. L’impossibilité de se rattacher à du vécu, déclenche alors des réflexes de refus et de blocage. Comment le lecteur pourrait-il admettre, ex abrupto, cette perspective de l’inside job, sans s’imprégner auparavant de la violence continue de l’Histoire étasunienne volontairement dissimulée par une information hollywoodienne ?

Je conçois d’autant plus volontiers cette difficulté à accepter, de facto, un tel niveau de turpitude de la part d’un gouvernement, qu’il m’a fallu un long moment et de nombreux éléments factuels pour y parvenir. Pour débuter notre rapide incursion dans cette Histoire, genre de réflexion politique dont fut capable un des plus adulés de leurs hommes politiques de la seconde moitié du XXe siècle, encore doté de nos jours d’une image politique quasiment lisse, Robert Kennedy.

Première partie – 11 septembre 2001

Vade-mecum de la préparation d’UN complot

2 – L’Histoire US et ses à-côtés.

Il avait ni plus ni moins imaginé une opération sous faux drapeau, une de plus, le but visé n’étant rien d’autre que précipiter une guerre entre les États-Unis et l’URSS, guerre dont il n’était pas difficile d’imaginer la conclusion. Cet article expose parfaitement les circonstances de cette affaire, deux pages déclassifiées d’une réunion traitant de la préparation de ce mauvais coup présentées en annexe 2 confirmeront qu’il ne s’agit pas d’une brève de comptoir. Par sa prise en compte, vous entrez de plain-pied dans ce dont furent capables les élites dirigeantes étasuniennes depuis la naissance de cette nation. Face au matraquage médiatique sur leur soi-disant destinée de « sauveur du Monde » et leur exceptionnalité auto-proclamée, si bien ancrée depuis des décennies, il était impossible de faire l’économie d’un long développement récapitulatif si l’on voulait révéler l’ampleur du mal. On ne peut traiter en quelques mots l’antériorité de cette nation hors norme.

Une étude un peu moins superficielle que les « cartes postales » habituellement proposées prouvera alors que l’inside job, développé ensuite, s’inscrit finalement bien dans ces comportements politiques habituels. Rappelez-vous les précédents historiques de notre liste des nécessités déclenchant l’intime conviction. Nous sommes le fruit de notre passé, seul le recours à l’Histoire – et celle des États-Unis est courte – répond objectivement à ce concept. La brutalité, je l’ai déclaré d’entrée fut, est et restera la façon d’opérer des gouvernements étasuniens au fil des temps. L’oublier ou refuser de le reconnaître, c’est définitivement compromettre les chances de comprendre tout ou partie des raisons ayant amené ce 11 septembre. Le plus souvent, elle s’exercera si le régime démocratiquement élu des autres nations ne plaît pas au « Maître » ou si elles tentent simplement de s’opposer à leur mise en coupe réglée.

Mais cette brutalité n’hésite pas également à frapper les siens, l’exemple de ce qui sera bon comme manière de s’imposer fut donné par George Washington lui-même. France et Angleterre avaient un différend sur la « propriété » de terres américaines, pas encore étasuniennes, mais la commission nommée en 1749 pour l’aplanir à l’amiable n’alla pas assez vite pour lui. Le 28 mai 1754, il attaqua donc avec sa troupe – sur un territoire où il n’avait aucune autorité puisque sous juridiction française – une patrouille de Canadiens à ce moment sans armes, en tuant la majorité. Il se vantera même plus tard, dans des aveux signés de sa main lors de sa capture, avoir lui-même abattu Joseph Coulon de Villiers de Jumonville, le commandant de la troupe canadienne. Le règne de la brutalité était lancé, les 300 esclaves de George Washington, plus riche colon de Virginie, ne nous contrediront pas. Le fait de ne pas assumer ses crimes l’était également, il se rétracta plus tard, voulant faire retomber cet assassinat sur le dos d’un chef indien, mais aucune trace de coups de tomahawk sur le corps de la victime, au contraire des impacts de balles.

Près d’un siècle plus tard et en seulement 60 ans, le gouvernement des colons blancs, nouveaux maîtres auto-proclamés de l’Ouest du pays, réduisit par un véritable génocide la population Indienne de 10 à 1 million, près de deux fois le chiffre terrible de la Shoah. À ce jour, la communauté internationale n’en garde pas le moindre souvenir et les autorités étasuniennes ont toujours bloqué les tentatives de sa reconnaissance. Là aussi la brutalité fut totale, pas de limite à la cupidité des arrivants et fin des libertés pour les survivants de ce carnage, près de 2 millions de personnes sont désormais parquées pour l’éternité dans des camps réservés, où ils vivent dans des conditions lamentables.

Dans cette critique, je vais rappeler pour certains, faire découvrir à d’autres, des faits graves, sinon gravissimes, démontrant mieux cette réalité étasunienne. Pas d’amalgame toutefois avec les présidents ayant maintenu ou tenté d’améliorer un état de paix, par définition fragile et une nouvelle fois, encore moins vis à vis du peuple étasunien, le premier à le payer, tant sur le plan humain que financier. Malheureusement, cette dernière catégorie de gouvernants est très nettement sous-représentée. Une étude étasunienne arrêtée en 2011 révèle que depuis 1776, création de cette nation, elle compte 214 années de guerre pour seulement 21 années de paix ! Je vous en épargne le détail année par année, mais vous pourrez toutefois le découvrir sur ce site. Cette statistique parait suffisante pour confirmer le très faible nombre de présidents ayant choisi la paix durant leur mandat et la puissance, difficilement compréhensible autrement, de ce complexe militaro-industriel régissant en grande partie la vie de cette nation de première importance.

Pour bien marquer l’ancienneté du péril étasunien au niveau planétaire, comment ne pas citer ensuite Lamartine, déclarant en 1858 : « Les États-Unis ont la résolution d’entrer en domination dans les affaires de la vieille Europe qu’ils déclarent caduque avec la forfanterie de leur prétendue jeunesse. Ils affectent avec l’Europe, en y apportant leur dollar, la supériorité du mépris. Si l’on n’y veille, ils seront en mesure de prendre l’Europe par la famine et le vieux continent livré au pays de tous les monopoles en subirait à jamais la loi. » Quelle étrange actualité dans ce jugement !

Complotons, complotons, ou l’Histoire en face.

Complot, disais-je ? Comme les mensonges, autre facette des mêmes travers, l’Histoire étasunienne en est truffée, en commençant par la Boston tea party, avant même la création officielle des États-Unis d’Amérique. Une querelle opposant les colons habitant le Massachusetts et la couronne britannique, « propriétaire » à l’époque de ces terres américaines, sur un problème de taxation du thé importé, fut le détonateur pour le premier false flag (action sous faux drapeau) de leur – future – nation. Le 16 décembre 1773, à l’issue d’une réunion ayant regroupé plusieurs milliers de personnes à Boston – donnant pour l’époque une plus juste estimation de leur colère – une centaine de colons déguisés et grimés comme des guerriers indiens Mohawks, montaient à bord des trois voiliers chargés de thé. Trois heures plus tard, 342 caisses de thé flottaient provisoirement dans le port avant de couler, déclenchant des représailles de l’Angleterre et, au moins partiellement, la guerre d’Indépendance.

Continuons avec – déjà – les faux motifs des guerres au XIXe siècle. Contre le Mexique d’abord, pour lui voler d’immenses territoires (Arizona, Californie, Colorado, Nevada, Nouveau-Mexique et Utah). Le 12 janvier 1848 dans un discours devant le Congrès, Abraham Lincoln, nouvellement entré en politique, accusait James K. Polk, président de l’époque, d’avoir « inutilement et inconstitutionnellement déclenché la guerre mexicano-américaine ». Il ajoutait qu’il attendait la présentation de preuves démontrant la réalité de l’agression initiale par les Mexicains, ce qui ne fut jamais produit, pour cause de mensonge officiel. Le président mexicain, Porfiro Díaz dira plus tard : « Pauvre Mexique, si loin de Dieu, mais si près des États-Unis ! ».

L’Espagne ensuite, empire déclinant, déjà amputé par les mêmes de Porto-Rico et des Philippines, également mise en cause grâce à l’opportun naufrage de l’USS Maine dans le port de La Havane en février 1898. But du complot, récupérer complètement Cuba, annexer les terres au profit de l’United Fruit Company et transformer le reste de l’île en lieux de détente sans contrainte pour les gringos. Avant l’arrivée de Fidel Castro, l’espérance de vie cubaine moyenne y était de 32 ans… Elle est aujourd’hui supérieure à celle de l’ancien propriétaire auto-déclaré ! Dans cette même période, les magouilles de Washington après l’adoption de la Constitution de la République colombienne, aboutirent à la guerre des 1000 jours et la sécession de la province de Panama. Ce fruit bien mûr tomba juste pour leur permettre de s’installer, reprendre et achever les travaux du canal sans payer quelque royalties que ce soit à qui que ce soit.

Pour suivre le cours de l’Histoire du monde, il y eut l’excuse partielle de la mise à mort du paquebot civil Lusitania par torpillage en mai 1915 (seulement 10% d’Étasuniens environ dans les victimes du naufrage). Une seule torpille d’un sous-marin allemand commença à faire pencher la balance pour l’entrée en guerre en Europe, près de deux ans plus tard. Cette thèse parait chaque jour un peu plus douteuse, il est maintenant largement admis une seconde explosion, intérieure cette fois au Lusitania, expliquant plus facilement la rapidité du naufrage. Mais d’autres faits font orienter l’Histoire vers le coup fourré. Alors que USA comme Angleterre étaient, à l’époque d’importants producteurs de charbon, la pénurie de celui-ci fut la raison invoquée pour faire partir le paquebot de New-York avec une seule chaudière allumée. Ce choix fut fait sciemment, alors qu’en contradiction de toutes les lois de la mer et de la guerre, les cales de ce transport de civils étaient bourrées d’armes et de munitions destinées au théâtre guerrier européen, explicitant mieux cette seconde explosion. Sa vitesse habituelle de navigation le mettait hors de portée des submersibles de l’époque, mais du fait de cette fermeture de la majorité des chaudières, il effectua sa dernière traversée à la vitesse d’un vieux cargo, devenant une proie rêvée.

Mais dans les raisons premières de cet engagement étasunien de fin 1917, on trouve, pour la plus grande part, une « maladresse » de Arthur Zimmermann, ministre des Affaires étrangères allemand. Dans un télégramme au gouvernement mexicain, il envisageait une alliance militaire, dans le but d’aider ce pays à récupérer les territoires spoliés par les Étasuniens. Ces derniers ayant quasiment terminé l’asservissement de leur continent, cette proposition allemande était particulièrement mal venue. Pauvre Zimmermann, il n’avait pas du tout compris la doctrine  Monroe et ses successeurs, l’Amérique (le continent) aux Américains (ceux de Washington), « La Fayette nous voilà » ayant bon dos ! La lutte contre les propositions de Zimmermann, jointe à la montée inquiétante des idées et du risque marxiste en Europe, semblaient plus adaptées comme raisons majeures. Ajoutons le journaliste Edward Bernays, inventeur des relations publiques, mais dans notre cas de l’efficace machine de propagande (déjà) destinée à forcer l’acceptation du bon peuple étasunien à participer à cette boucherie. La guerre, de toute façon, c’est bon pour les affaires. En 1914, l’excédent de la balance commerciale étasunienne avec l’Europe était de 436 millions de dollars. En 1917, à la veille de leur entrée en guerre, il atteignait 3568 millions de dollars.

Ces premiers exemples pouvant sembler insuffisants pour certains, sortons du carcan temporel pour renforcer l’information sur le sujet en recueillant l’avis hautement autorisé de Smedley Butler, Major-General du Marines Corp, décoré à de multiples reprises. Extrait de son livre War is a racket, La guerre est un racket (Feral House, Los Angeles, 2003) :

« J’ai effectué 33 ans et 4 mois de service actif, et durant cette période, j’ai passé la plupart de mon temps en tant que gros bras pour le monde des affaires, pour Wall Street, et pour les banquiers. En bref, j’étais un racketteur, un gangster au service du capitalisme. J’ai aidé à sécuriser le Mexique, plus particulièrement la ville de Tampico, au profit des groupes pétroliers américains en 1914. J’ai aidé à faire de Haïti et de Cuba un endroit convenable pour que les hommes de la National City Bank puissent y faire des profits. J’ai aidé au viol d’une demi-douzaine de républiques d’Amérique centrale au bénéfice de Wall Street. J’ai aidé à purifier le Nicaragua au profit de la banque américaine Brown Brothers de 1902 à 1912. J’ai apporté la lumière en République dominicaine au profit des entreprises sucrières américaines en 1916. J’ai livré le Honduras aux entreprises fruitières américaines en 1903. En Chine, en 1927, j’ai aidé à ce que l’entreprise  Standard Oil fasse ses affaires en paix.

Quand je repense à tout ça, je pourrais donner à Al Capone quelques conseils. Le mieux qu’Al Capone pouvait faire, c’était de racketter trois quartiers. Moi, j’agissais sur trois continents. »

Indirectement au service des plus grandes compagnies de son pays pendant plus de trente ans, il décida de dénoncer les profits engrangés par ces firmes et générés par les guerres. Son livre, très révélateur, permet de mieux comprendre les motivations, la puissance et le danger que représentent gouvernement et complexe militaro-industriel étasuniens contre les intérêts fondamentaux des États, des peuples et de la démocratie en général. Pour mieux démontrer encore un autre côté impitoyable de cette politique, Smedley D. Butler révéla en 1934 au Congrès le complot fasciste en cours d’organisation contre le président Franklin D. Roosevelt, par les dirigeants des plus grandes entreprises étasuniennes. Irenee DuPont, William Knudsen directeur de GM et quelques amis de la banque Morgan lui proposaient de prendre la tête de l’armée de 500 000 hommes qu’ils étaient prêts à financer, troupe factieuse organisée sur le modèle des Croix-de-Feu français. L’enquête diligentée par le Congrès révéla, outre la véracité de cette tentative, la réalité des assertions de Butler concernant sa mise en cause des grandes sociétés, Standard Oil, United Fruit et bien d’autres dans la totalité des agressions étasuniennes qu’il avait conduites de par le monde. Les mêmes dirigeants, que vous allez retrouver dans les lignes qui suivent, jugeaient le programme politique et économique du nouveau président trop social, trop socialiste… Roosevelt socialiste ! Les assassins de Kennedy n’ont rien inventé, sinon aller plus discrètement au bout de leur démarche !

Le mobile de la défense de la liberté, ne tenant donc pas longtemps à l’analyse, l’Histoire nous enseigna ensuite nombre de liaisons sulfureuses entre la « démocratie » étasunienne et le régime fasciste allemand. En réalité, la première  participa lourdement  à la mise en place du second. Les USA furent profondément divisés sur la position à tenir vis à vis du national-socialisme montant et plus tard sur la nécessité de participer à la guerre. Une organisation comme America First défendait les intérêts des nombreuses entreprises étasuniennes ayant investi en Allemagne depuis la fin de la guerre précédente, une déclaration de guerre contre ce pays pouvant mettre ces investissements en danger. Les coordinateurs de cette organisation, ouvertement très à droite droite et antisémite, étaient les frères Dulles que nous retrouverons un peu plus loin. John Foster sera Secrétaire d’État sous Eisenhower, Allan patron de la CIA durant de longues années, après avoir représenté l’OSS, son ancêtre, en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale. Il n’est pas exagéré de déclarer les États-Unis au moins indirectement responsables de l’arrivée au pouvoir d’Hitler et surtout du conflit mondial qui suivit. Mais que de juteux bénéfices réalisés par les entreprises étasuniennes durant cette période !

Commençons par les prêts Young, du nom de Owen Young, leur instigateur, président de General Electric, proposés par les banques étasuniennes et britanniques à l’Allemagne. Ces « aides » furent uniquement accordées pour favoriser la chute d’un régime financièrement aux abois… participant volontairement, par la même occasion, à la  propagande et l’accession d’Hitler au pouvoir par les urnes. Young était parfaitement informé de la situation tant  économique que politique allemande par sa filiale installée dans le même pays ; n’est-ce pas par ce canal  qu’il aidait financièrement les nazis, bien avant leur accession aux responsabilités ? Préméditation ? Ne quittons pas cette entreprise sans nous étonner de l’étrange mansuétude des bombardiers alliés à son égard. Les 10 principales usines de sa filiale allemande, German General Electric, qui avait racheté AEG, produisant l’électricité dont le Reich avait tant besoin pour son industrie de guerre, ne furent jamais bombardées. Curieusement, celles de Siemens ayant, avant la guerre, refusé le projet de rachat par General Electric et exerçant la même activité furent détruites. Difficile de ne pas faire la corrélation ! GE fut également traîné devant les tribunaux américains après-guerre pour entente avec Krupp, nazi notoire, dès avant le conflit, sur la mise en production du carbure de tungstène et son prix, pesant lourdement dans le coût de certains projets militaires étasuniens. Après cet accord, le prix de la livre de ce produit passa de 50 à 453$. Une partie de ce supplément de prix revenait au régime hitlérien par l’entremise de Krupp. Ce procès sera, comme bien souvent dans ce pays quand il s’agit de sociétés de taille internationale, une parodie de justice amenant à une amende ridicule par rapport aux profits illicites engrangés et la participation à un complot contre son propre pays. On voit mieux les limites du patriotisme de certains.

Ce « phénomène » GE de non bombardement entrevu, se reproduira curieusement avec Ford qui n’était pas en reste. Henry Ford, fasciné par  le nazisme, commença à soutenir financièrement Hitler dès 1922 (selon Antony C. Sutton dans Wall Street and the Rise of Hitler, Wall Street et l’ascension d’Hitler). Décoré Grand-croix de l’Aigle allemand le 30 juillet 1938, plus haute distinction de l’Allemagne nazie pour un étranger, il écrira un peu plus tard Le Juif International, dans lequel il affirmait que le juif était le premier problème au monde. Henri Ford injectera dans ses usines allemandes les sommes qu’il refusait d’investir à Detroit, dans son propre pays, et participera à l’effort de guerre allemand en y fabriquant du matériel, beaucoup de matériel, jusqu’au jour de la défaite… et en continuant dès le lendemain. Bizarrement, alors que Cologne était ravagée par les bombardements alliés – 90% de la vielle ville et 70% de la totalité de l’agglomération détruite – ses usines, pourtant installées dans ses faubourgs, ne furent jamais gravement atteintes. Il fallait  que les ordres viennent de très haut pour que des bombardiers, peu réputés pour leur précision, arrivent à éviter le site interdit ! Par contre son usine de Poissy, dont la production était par rapport confidentielle, le fut fort tôt, renforçant l’idée de destructions volontaires des Alliés sur notre territoire pour économiquement affaiblir la France, il y a toujours un après au-delà des guerres…

Charles Wilson, président de la General Motors, construira chez Opel, sa filiale allemande, durant toute la période nazie, une grande partie des blindés et autres véhicules  des armées d’Hitler, comme le fameux camion Opel Blitz. Il n’hésita pourtant pas à demander à la fin de la guerre réparation aux États-Unis pour les destructions causées à ses usines en Allemagne du fait des bombardements alliés ! Bombardiers – entre autres Liberator – et bombes alliés étant, au moins partiellement, fabriqués dans ses usines étasuniennes. Le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la laitière. GM et Ford représentant 70% de la production de véhicules automobiles de l’Allemagne nazie en 1939, cette critique n’est pas du niveau folklorique.

Rockfeller également, un des « Robber barons », les barons voleurs de l’Histoire de son pays (en compagnie de Carnegie, Morgan, Vanderbilt et quelques autres), est objectivement un des principaux responsables étasuniens du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale avec sa Standard Oil. L’Allemagne, ne possédant pas les ressources pétrolières permettant sa politique belliciste motorisée, était confrontée à la quadrature du cercle. Pas de pétrole, pas de guerre, aussi éclair fût-elle, puisque basée sur la mobilité d’armées hautement mécanisées et d’une aviation aussi gloutonne ! La Standard créa, avec IG Farben de sinistre mémoire, la Standard Oil IG Farben, l’étasunienne cédant à l’allemande l’ensemble de ses brevets sur le processus d’hydrogénation du charbon ou de la lignite, le Reich ayant par contre les deux en abondance, pour produire carburant et caoutchouc de synthèse. Dans cette aide pas du tout désintéressée, on peut ajouter la Royal Dutch Shell, le deal étant que Hitler récupère en échange les pétroles de Bakou, où les deux entreprises avaient investi sous le Tsar. Ce coup de pouce à la préparation guerrière n’étant sans doute pas jugé suffisant par la Standard, elle livrera du plomb tétraéthyle aux nazis, jusqu’au moment où les installations allemandes furent en mesure de prendre le relais. Peu nécessaire pour les véhicules terrestres courants, il permettait un meilleur taux de compression, donc de meilleures puissances des moteurs, principalement d’avions. Sur ce produit stratégique, on situe la date de cette passation des pouvoirs après l’agression contre la Pologne, ce qui en dit long sur l’intérêt des entreprises étasuniennes et de leur gouvernement pour la paix mondiale. Les livraisons de carburant de la Standard Oil aux nazis dureront jusqu’en 1943, passant par l’Argentine et traversant l’océan vers l’Europe par tankers.

Il y eut également l’attaque de Pearl Harbor, dont on sait aujourd’hui les dirigeants étasuniens informés, au plus haut niveau, au moins depuis la veille, le code secret japonais étant craqué depuis plusieurs mois. Volontairement, froidement, ils laissèrent mourir plusieurs milliers de leurs compatriotes (2403 tués ou disparus, 1178 blessés), le fait qu’ils soient militaires pour la plupart ne pouvant être qu’une mauvaise excuse. Il fallait un motif puissant permettant d’entrer en guerre pour le plus grand profit de ce complexe militaro-industriel. En filigrane de ces entrées dans les deux conflits majeurs successifs, la volonté gouvernementale fut le relais le plus sûr de ce dernier, contre une population se plaisant parfaitement dans cet isolationnisme gage de paix et de prospérité. Celle-ci sait ce que coûtent en drames les aventures guerrières.

Bizarrement, les fils des va-t’en guerre de Washington ne se risquent quasiment jamais dans les guerres ourdies par leurs pères. Les prémices d’intervention en Europe seront uniquement mis en œuvre pour contenir la puissance montante de l’URSS. L’Allemagne nazie, déjà bloquée devant Leningrad et Moscou en cette fin 1941, était  considérée comme perdue, mais les Alliés commencèrent toutefois par l’Afrique du Nord. Il fallait envisager le cas d’un renversement de la tendance de la guerre et une victoire définitive du Reich et tenter d’abord de récupérer l’Empire français d’Afrique et ses matières premières bon marché… Sans compter la possible mise en place de marionnettes politiques françaises entièrement dévouées, permettant d’espérer éliminer l’obstacle de Gaulle.

ITT aussi, par l’entremise de ce bon Dr Schröder, président des filiales de l’entreprise en Allemagne, qui alimentera les fonds secrets de Himmler jusqu’en 1944. Connus sous l’appellation de « fonds Keppler », ils étaient la caisse noire du Reichsführer, lui permettant une certaine latitude de manœuvre. Créés en 1933 sous le contrôle de Rudolph Hess, ils furent alimentés dès cette période à hauteur de 50% par des financements étasuniens, dont Standard Oil, ITT, General Electric, et bien d’autres. Information « plaisante », ITT détenait une large majorité financière chez Focke-Wulf, producteur de si bons avions de chasse détruisant chasseurs et bombardiers alliés, dont ceux des  Étasuniens, tuant par la même occasion les équipages… du même pays !

Et le reste, la multitude d’entreprises US qui, plus prosaïquement, continueront à tourner avec les nazis au pouvoir, et des esclaves offerts par ces derniers dans leurs usines, Eastman Kodak, Dupont, IBM etc… C’est si bon pour la rémunération des conseils d’administration. Point particulier au sujet de cette dernière, sa filiale et franchise allemande, Dehomag, (DEutche HOllerith MAschinen Gesellschaft mbh), développant la technologie Hollerith, de machines à cartes perforées, fut accusée à l’issue de la guerre d’avoir facilité la réalisation de la « solution finale ». Elle fournira au régime allemand les machines si efficaces dans un premier temps pour recenser les Allemands de confession israélite. D’autres seront retrouvées ensuite dans les camps de concentration, pour assurer la comptabilité morbide de la disparition de toute la pauvre humanité conduite là pour toutes les mauvaises raisons allemandes. Edwin Black rapportait la surprise des premiers GI’s pénétrant dans l’usine de la firme à Sindelfingen en 1945. Ils trouvèrent quelques employés de Dehomag et surtout une usine intacte à 100 %, en très bonne condition, chaque outil, chaque machine en parfait état de marche. Ils se confièrent à Thomas Watson, président d’IBM : « L’usine entière est intacte, épargnée pour des raisons inconnues par nos aviateurs. » Lui savait pourquoi, il réussit même à récupérer sans ennuis ses machines installées à Dachau, Auschwitz et Buchenwald entre autres, avant de rebaptiser l’entreprise IBM Deutschland un peu plus tard. (Selon L’Express, le 15 février 2001, les listes IBM par Thierry Gandillot et Jacques R. Pauwels dans Le mythe de la bonne guerre).

Le pillage étant une quasi religion pour les dirigeants étasuniens, la fin du conflit les vit envoyer des équipes dans la zone normalement confiée aux Soviétiques, juste avant que ces derniers ne s’y déploient. Sur la foi de renseignements, ils savaient que la Reichsbank avait caché dans d’anciennes mines de sel la totalité ou presque de son trésor en lingots d’or, dont beaucoup volés dans les pays occupés. Ils s’emparèrent de la totalité, dont une partie appartenant à la Banque centrale belge, qu’en revit-elle ? Ce dernier fait est narré à la fin du film Monuments Men, oubliant juste de préciser le devenir de cet or… Le mot FIN les priva sans doute du temps nécessaire pour révéler cette information. Bien sûr, en retour, l’URSS ne reçut aucune compensation financière pour l’immensité des destructions des hordes allemandes sur son sol.

D’autres encore ? Fritz Thyssen, plus sûr soutien d’Hitler, créa en 1924 aux USA la Union Banking Corp., filiale de la Bank Voor Handel en Scheepvaart, Samuel Prescott-Bush, grand-père de l’autre, en sera un des directeurs. Outre la gestion des comptes et investissements de Thyssen, elle servait à la collecte et au transfert des nombreux soutiens financiers ou technologiques étasuniens vers les nazis. En juillet 1942, le New York Times titrait en première page : « Hitler’s Angel has 3 millions in US bank », (l’ange d’Hitler (Thyssen NDA) a 3 millions de dollar dans une banque des États-Unis, la UBC). Après enquête du Congrès, la banque fut fermée en octobre suivant, au nom de la Trading with the Enemy Act (Loi sur le commerce avec l’ennemi). Prescott-Bush, ami personnel de nombreux dirigeants du Troisième Reich, avait multiplié les joint-ventures avec les autorités allemandes durant la période 1933-1941. Il continua à « faire des affaires » avec les mêmes pendant la Seconde Guerre mondiale. Tout commerce avec l’Allemagne ayant été interdit et ses sociétés ayant été placées sous séquestre par le gouvernement Roosevelt après l’entrée en guerre des États-Unis, au titre de la loi évoquée plus haut, il créa une constellation d’entreprises internationales pour contourner la législation. Il installa aux Pays-Bas des sociétés de blanchiment de l’argent du crime, dont la Consolidated Silesian Steel Company, propriétaire de l’usine d’Oswiecim-Auschwitz où travaillaient les esclaves issus du camp de concentration/extermination voisin. Les profits réalisés par la Consolidated Silesian Steel Company furent gérés par le même Fritz Thyssen jusqu’à sa mort en Argentine, en 1951. Un million et demi de dollars furent alors récupérés par Prescott Bush, via l’Union Banking Corporation citée ci-dessus, et placés dans une société anonyme créée pour l’occasion, l’Overby Development Company.

À la mort de Samuel Prescott-Bush, cet argent revint à George Bush père qui en confia la gestion à un homme de confiance, William Farish III (ambassadeur des États-Unis à Londres), lui-même petit-fils du financier étasunien de la société IG Farben qui fabriqua le gaz mortel utilisé dans les chambres à gaz d’Auschwitz et d’ailleurs. En 1980, George Bush père, ayant été élu à la vice-présidence des États-Unis, organisa sa propre succession de son vivant en donnant sa fortune à un trust appartenant à ses enfants. Si Georges W. Bush n’est aucunement responsable des méfaits de son grand-père, il accepta alors l’argent du crime, donnant une autre dimension à sa visite à Auschwitz comme Président des États-Unis…. et à son soutien au gouvernement israélien. (Wall Street and the Rise of Hitler par Antony C. Sutton + La Guerre des Bush, les secrets inavouables d’un conflit, par Éric Laurent, Plon éditeur + Trading with the Enemy, An Expose of the Nazi-American Money Plot 1939-1944, par Charles Higham, Delacorte Press éditeur).

Avec Kennedy père, nous finissons ce bref rappel de la nocivité de la classe dirigeante étasunienne jusqu’en 1945. Ambassadeur des États-Unis en Angleterre, Kennedy fut contraint de démissionner de son poste pour son refus de la guerre contre Hitler et son soutien à une politique d’apaisement envers l’Allemagne jusqu’en 1940. Le même fut reconnu, durant toute sa vie, comme très proche de la Mafia américaine, l’intervention de celle-ci participant grandement plus tard à l’élection du fils dans les fiefs de cette dernière. À la fin du conflit, 400 tonnes d’archives furent saisies et expédiées aux USA. Dans celles-ci, toutes ces transactions honteuses étaient parfaitement détaillées.  Aucun acte d’accusation ne sera malgré tout dressé, lors du procès de Nuremberg, contre un seul des dix chefs d’entreprise au minimum, méritant largement la pendaison aux côtés des Allemands. Auraient d’ailleurs dû subir les mêmes condamnations, les responsables politiques ayant toléré, sinon encouragé, ces comportements. « Qui ne dit mot consent. »

L’appétit venant en mangeant, ce second conflit mondial démontra rapidement aux Étasuniens qu’ils étaient en passe de réaliser un vieux rêve, devenir les maîtres du monde. Ne comprenez pas autrement les deux explosions nucléaires sur le Japon. Là aussi, l’enfumage officiel fit valoir une noble cause, épargner la vie de nombreux GI’s pour mieux cacher au public un des plus grands crimes contre l’Humanité de cette période pourtant fertile en la matière. Plutôt que de s’acharner sur des objectifs militaires risquant de rendre les coups portés, ils avaient décidé d’appliquer la technique allemande des bombardements aveugles « traditionnels » sur les villes, contre des civils désarmés. Les 120 000 morts du dernier raid aérien classique à la bombe incendiaire sur Tokyo – à opposer aux 80 000 d’Hiroshima – en sont les témoins muets. Cette démonstration d’une politique de terreur ne s’adressait pas uniquement au Japon, mais à toute la planète à titre d’avertissement de ce dont ils étaient désormais capables, et plus particulièrement à l’URSS. Respectant sa parole donnée dans des différents accords entre alliés, celle-ci, aussitôt après sa victoire en Europe, se retournait vers le Pacifique contre le Japon, autre membre de l’Axe. C’est dans ce cadre qu’il faut replacer la nucléarisation du conflit. Pour que le message soit bien compris, ils renouvelèrent un peu plus tard ces bombardements de terreur, mais non nucléaires, sur la Corée du Nord transformée en champs de ruines.

La Seconde Guerre mondiale n’était pas achevée que certains montraient déjà la voie à suivre comme Charles E. Wilson, PDG de General Motors, préconisant une économie de guerre permanente pour les États-Unis. La montée prodigieuse de ses profits grâce à la production de guerre lui faisait vraiment envisager de voir ce rythme persister le plus longtemps possible. En remerciement (?) de cet apport à la politique agressive de son pays, il sera nommé Secrétaire à la Défense en janvier 1953, à l’élection de Eisenhower. The right man in the right place

Comment également oublier, le Monarch Program et ses dérivés, sous direction de la CIA et de l’US Army, lancé bien avant sous l’appellation Lebensborn par Mengele, le « docteur » nazi des camps de la mort, on a les références qu’on mérite. But, tenter de créer une « race » d’assassins sans mémoire ni sentiment. Fond de l’abjection, l’utilisation d’enfants étasuniens dans le cadre de programmes militaires pour obtenir une parfaite domination du cerveau de ces cobayes humains. Les expériences, comprenaient irradiations aux rayons, utilisation de drogues, tortures avec le cortège de viols dès le plus jeune âge, elles eurent lieu aux États-Unis, du début des années 1950 à la fin des années 1960. Dans les exemples de complots plus récents, on ne peut faire l’économie de citer l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy en 1963, de son frère Robert un peu plus tard, mais aussi du racisme d’État aboutissant à l’assassinat de Martin Luther King, de Malcolm X et de tant de militants des droits civiques. Il faut ajouter sans hésiter les affaires nauséabondes comme le Watergate, l’Iran-Gate, et quelques autres. Mocking Bird aussi, autre opération de la CIA, s’étala du début des années 1950 jusqu’au milieu des années 1970 ou presque. Pour faire croire de par le monde aux mérites enchanteurs des États-Unis, dans leurs écrits, dans leurs productions, des journalistes, chroniqueurs et cinéastes nationalement mais aussi internationalement célèbres,  furent rémunérés en complément par la CIA. Pour terminer ce réquisitoire très incomplet de ce dont furent et sont encore capables les gouvernements étasuniens depuis l’origine de leur nation, un mot du programme Tuskegee. En Alabama dans les années 1960, des médecins laissèrent sans soins des Noirs américains infectés par la syphilis, pour observer la progression de la maladie. Est-on si loin des dérives mondialement condamnées de Mengele et ses complices dans les camps nazis ?

Un État capable de faire subir de tels sévices à ses propres enfants, tout en se présentant comme un parangon de vertu et de liberté, plus grand chose ne peut l’arrêter, sa puissance lui servant pour un temps de paravent. Il ne s’agit  pas, on le constate à la lecture de cette litanie, de cas isolés pouvant laisser entrevoir un solde idyllique. On y retrouve toute la véracité de la phrase d’Albert Einstein : « Les États-Unis sont directement passés de la barbarie à la décadence, sans jamais connaître la civilisation. » Cet immense savant avait sans doute un peu trop anticipé, il semblerait que de nos jours, le stade de la barbarie ne soit pas encore dépassé. Rien n’a changé, regardons l’ONU, transformée en chambre d’enregistrement des caprices de Washington. Pour l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et bien d’autres, l’autorisation d’envahir et de tuer fut donnée sur des dossiers mensongers et connus comme tels. Partout dans le monde, ils déclenchèrent et déclenchent encore terreur, mort et pillage mais reçurent malgré tout au moins par deux fois le Prix Nobel de la paix ! Deux poids, deux mesures, telle est la devise. Ce  résumé, uniquement pour faire comprendre qu’il est nécessaire de penser autrement lorsqu’on s’interroge sur ce pays. Refuser la propagande généreusement distillée pour faire place à la réflexion sur des bases historiques saines est le meilleur moyen d’entrevoir la totale indifférence de leurs gouvernements de tout temps pour la vie humaine, seul le but à atteindre, le profit, étant important.

Pax Americana ou la vie guerrière d’un pays

Dans la majorité des cas, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les actions étasuniennes se présentèrent  sous forme de complots, pour soi-disant sauvegarder les droits de l’homme ou faire tomber une dictature. Derrière cette fumée médiatique, rapacité et volonté de mettre en place des régimes à leur botte, permettant de piller sans vergogne les ressources locales. Leur libre interprétation de la défense des droits de l’homme n’a généralement cours que dans les pays dotés d’un riche sous-sol, lorsque le gouvernement n’est pas docile. Enfants et adultes confondus, civils pour leur immense majorité, combien furent  victimes de la Pax Americana de par le monde, depuis seulement ce 8 mai 1945 ? Vingt-trois fois au moins, en arrêtant les comptes en 2011, ne stoppant depuis en rien cette tendance à porter la guerre partout, des pays ont ainsi été mis en coupe réglée, pour mieux les asservir. Le décompte des civils sacrifiés depuis 1945 nous amène à un total se rapprochant un peu plus, à chaque nouveau conflit, de celui des Allemands lors de la Seconde Guerre mondiale, hors univers concentrationnaire. Plus de 10 millions de personnes assassinées depuis cette date paraissait un bilan tout à fait raisonnable, jusqu’à la publication récente par Consortiumnews, sous la plume de Nicolas J.S. Davies, d’une série de trois articles particulièrement documentés sur les nuisances guerrières étasuniennes depuis le seul 11 septembre 2001. La différence de chiffres avec la propagande habituellement disponible sur le sujet, rejoignant celle apparue lors de la publication de ceux sur le Vietnam, oblige malheureusement à le revoir à la hausse. Depuis 1945, c’est sans doute sur près de 20 millions de civils assassinés pour assouvir leur volonté hégémonique, qu’il faut compter.

  1. Chine en 1945/46, n’a pas empêché la victoire de Mao Tse Toung.
  2. Corée de 1950 à 1953, seule guerre dont ils ne sont pas les auteurs, mais les bourreaux sans retenue de celle du Nord : 20% à plutôt 30% de la population civile assassinée par des bombardements plus importants que durant toute la campagne du Pacifique. Conflit non réglé à ce jour.
  3. Chine de 1950 à 1953, voir le point 1 pour un commentaire identique.
  4. Guatemala en 1954, opération Success. Rien n’est réglé depuis dans ce pays.
  5. Indonésie en 1958, fiasco de l’opération Haik.
  6. Cuba 1959/60, débâcle mémorable de la baie des Cochons.
  7. Guatemala 1960, confirmation du commentaire du point 4.
  8. Congo à partir de 1961, participation au moins indirecte à l’assassinat de Patrice Lumumba, après avoir fournis aux ex-colonisateurs le pont aérien nécessaire pour « reprendre » la main. L’ex Congo belge reste un des martyrs du globe aujourd’hui.
  9. Pérou en 1965, au choix un des commentaires ci-dessus.
  10. Laos de 1964 à 1973, autre grand « succès » américain au même titre que le Vietnam, sans oublier les 500 000 morts du Cambodge noyés sous un flot de bombes pour couper les routes possibles aux combattants du Vietnam du Nord. Cela favorisera la montée en puissance de Pol Pot et de ses Khmers rouge tristement célèbres pour leurs massacres, ils seront pourtant soutenus par les États-Unis  pour représenter leur nation au sein de l’ONU.
  11. Vietnam de 1961 à 1973, près de 2 millions de tués pour une cause des plus douteuses. La Commission vietnamienne d’évaluation des pertes humaines parle de 4,5 millions de civils et de 1,5 million de militaires.
  12. Guatemala de 1967 à 1969, intérêt des interventions à répétition au vu de leur résultat, voir points 4 et 7 ?
  13. El Salvador en 1980.
  14. Nicaragua en 1980. Soutien et armement des Contras contre le pouvoir élu démocratiquement dans le but de faire tomber ce dernier.
  15. Grenade en 1983.
  16. Libye en 1986, assassinat par bombardement aérien d’une partie de la famille de
    Mouammar Kadhafi.
  17. Panama en 1989, dépose expresse de Noriega devenu infréquentable, alors qu’il avait été mis en place plus tôt par Washington.
  18. Irak de 1991 à 1999.
  19. Soudan en 1998.
  20. Afghanistan de 1998 à nos jours. Le conflit finira sans doute aussi mal que l’intervention soviétique… provoquée pour cause du début de l’aide massive américaine aux moudjahidines, six mois avant cette intervention.
  21. Yougoslavie dans le cadre de la lutte contre l’influence serbe, donc russe.
  22. Irak en 2003, la guerre sans raison et l’installation d’une pseudo-démocratie laissent encore des traces aujourd’hui avec l’État Islamique très bien toléré par les États-Unis, dans un pays déchiré. Cela correspond à leur volonté de parvenir à un éclatement du pays pour aboutir au partage du pactole pétrolier.
  23. Libye en 2011. Guerre et meurtres furent sous-traités à l’OTAN, leur filiale européenne, dont la France fut, hélas, un des plus zélés exécutants, y compris dans l’assassinat du chef de l’État apportant instabilité totale et ruine du pays.

À cette liste d’infamies, ajouter les tentatives en cours en Ukraine et en Syrie et celle avortée au Venezuela il y a quelques années, mais en cours de réactualisation ces derniers temps. Rappeler aussi le renversement du pouvoir élu de Mossadegh en Iran en 1954 et l’arrivée du Chah, opération Ajax, nous connaissons la suite. Il y aura également l’assassinat d’Allende, élu démocratiquement au Chili, et la mise en place de la dictature sanglante de Pinochet, ou celle d’autres régimes de terreur, comme durant trop longtemps en Amérique latine. Ce rapide survol ne comprend pas les coups fourrés en Europe depuis la même date, comme les « Stays Behind » et/ou Gladio, armées secrètes prêtes à en découdre en cas d’une improbable attaque soviétique. Par contre, elle furent utiles également pour s’opposer plus simplement à toute volonté démocratique des populations de choisir un régime les représentant vraiment.

Bref, depuis le 8 mai 1945, « Les États-Unis, État terroriste de premier plan » selon Noam Chomsky, philosophe étasunien et professeur émérite de l’Institut de linguistique du M.I.T. ont :

  • Tenté ou réussi à renverser plus de 30 gouvernements étrangers, la plupart élus démocratiquement ;
  • Bombardé les populations de plus de 10 pays ;
  • Tenté d’assassiner (ou de faire assassiner) nombre de dirigeants étrangers ;
  • Tenté de réprimer les mouvements populistes ou nationalistes dans 20 pays au moins ;
  • Gravement interféré dans les élections démocratiques d’au moins 30 pays ;
  • Trempé dans la pratique de la torture plus que tout autre pays au monde, soit en l’infligeant concrètement et directement, mais aussi en l’enseignant et en fournissant manuels et équipements nécessaires.

Cette politique ne devrait jamais cesser, Clinton l’a exposé très clairement : « Le droit pour les États-Unis de recourir unilatéralement à la force afin d’assurer un accès sans restriction aux marchés clés, à l’approvisionnement en énergie et aux ressources stratégiques. » Quelle serait la réaction mondiale si un autre pays se permettait ce genre d’affirmation péremptoire et surtout de comportement la confirmant ? En y regardant de plus près, malgré cela, depuis la fin de cette Seconde Guerre mondiale, aucune victoire éclatante de cette politique de la canonnière. Malgré la différence de puissance, tant militaire que diplomatique, ils n’ont connu que des échecs et/ou laissé des bourbiers aux retombées encore négatives de nos jours. Quelle meilleure preuve de l’innocuité de leur politique agressive de par le monde… sauf pour la caste militaro-industrielle, grande spécialiste du pile je gagne, face tu perds. En aparté, comment ne pas s’étonner qu’avec ce bref résumé vous en sachiez, après lecture, plus que la majorité des Étasuniens ? L’enseignement de l’Histoire étant laissé à la discrétion de chaque État, aucun livre officiel pour satisfaire les besoins de cette science humaine dans les écoles. Il est facile d’imaginer, par exemple entre l’Alabama et le Maine, la différence de traitement de leur « guerre civile », pour nous guerre de Sécession. Dès la scolarité, les étudiants ne doivent avoir aucun repère, leur permettant d’apprécier l’évolution de leur passé et les méfaits de leurs « élites ».

Inside job, mode d’emploi

Si on se fie maintenant au discours officiel et au rapport de la Commission d’enquête, son fidèle reflet, tout est clair. Dix-neuf terroristes arabes détournèrent quatre avions et s’immolèrent avec passagers et équipages sur les Tours jumelles à New York, sur le Pentagone à Washington, le quatrième s’éparpillant au milieu de nulle part, en Pennsylvanie. C’est très résumé, mais on retrouve le sens, sinon le contenu du message initial. Seulement, lorsqu’on décide de gratter un peu le vernis recouvrant cette histoire, on commence à découvrir des détails, puis des pans entiers de ce scénario ne tenant pas à la moindre interrogation. À la fin, ce que je vais  m’employer à démontrer, il est clair que nous sommes en face d’une flagrante tromperie, exigeant alors de trouver une autre solution expliquant ce drame, bien réel, lui. Toutes nos interrogations sans réponse cohérente, leurs non-dits, mensonges et autres approximations, le refus de montrer quelques vraies images, quel meilleur moyen pour laisser s’établir les thèses les plus débridées, y compris l’inside job, le crime venant de l’intérieur du pays ?

La comparaison restant le meilleur moyen de faire apparaître des comportements inhabituels, comparons d’abord la situation étudiée avec l’ordinaire étasunien. Voilà un pays qui de tous temps eut une communication intense, à l’intérieur comme sur la scène internationale, y compris lorsque les faits révélés n’étaient pas prestigieux pour lui. Citons en vrac : assassinat de J.F. Kennedy, désastre des fusées explosant au décollage lors des prémices du programme spatial (bien montré dans le début du film L’Étoffe des héros) et bien d’autres encore comme Challenger ou la guerre du Vietnam en général, et My Laï en particulier durant celle-ci. Ce village devint, le 16 mars 1968, un Oradour vietnamien de plus, près de 500 civils innocents, femmes, enfants et vieillards assassinés par un régiment de l’US Army. Après le reportage sur le sujet fait par Seymour Hersh pour le magazine Harper’s, pouvoir politique et état-major assumèrent les faits. Des images apparurent même, le responsable (fusible ?) étant lourdement condamné. Dire que cette affaire n’était vraiment pas à l’avantage des USA est un euphémisme. Non seulement il n’y eut pas – trop – de secret, mais la loi démocratique joua alors qu’ils étaient en guerre, moyen pourtant commode, si on le souhaite, pour écarter les questions gênantes. Il faut dire qu’en ce temps-là, les journalistes d’investigation, principalement étasuniens, faisaient leur métier et le faisait bien. Hersh reçut le Pulitzer pour ce reportage.

Le 11 septembre, alors que les États-Unis auraient pu bénéficier de l’appui moral du monde entier, pourquoi cachèrent-ils bandes et autres documents qui n’auraient fait, au pire, que corroborer leur discours… si bien sûr les faits racontés étaient réels et vérifiables ? Quasiment un demi-tour en marchant, au niveau de cette sacro-sainte communication ! Là où tout pouvait être en leur faveur, rien ne transpira, sinon n’importe quoi. Jamais gestion de la communication ne fut aussi lamentable que durant cette période des attentats sur le sol étasunien et elle le reste depuis, concernant le même sujet, pourquoi ? Ils auraient voulu lancer une campagne d’interrogations au niveau international, ils n’auraient sans doute pas procédé différemment. Rassurons-les, c’est fait et assez réussi. Ils se sont pris les pieds dans le tapis de la communication certes, nous le savons, mais une règle s’impose, ne jamais sous-estimer un adversaire, surtout de cette envergure. Ces gens ont des références au-dessus de tout soupçon en organisation d’« événements ». L’opération « Overlord », débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944, est toujours enseignée en école de guerre, comme l’excellence en matière organisationnelle. Intelligence Service et OSS, ancêtres historiques de la CIA, poussèrent le souci de la réflexion et du détail très loin. Jusqu’à faire découvrir par les Allemands un faux officier anglais noyé, muni de documents truqués indiquant le lieu imaginaire du futur débarquement, quelque part dans le Pas-de-Calais, opération Fortitude. Cette désinformation – déjà – enfumera le Reich. Le renforcement de sa crédibilité coûtera toutefois la vie à un réseau de Résistance française chargé de sa préparation et sans doute celle d’au moins 500 habitants du village de Le Portel, bombardé par les Alliés les 8 et 9 septembre 1943 dans le cadre d’une autre de ces opérations d’enfumage, le plan Cockade. Le succès d’Overlord était à ce prix.

Dans un tout autre genre et plus près de nous, la mise au point de la conquête de la lune par les missions Apollo reste également un grand moment d’organisation sans faille, mais aussi, encore une fois, d’acceptation d’une certaine prise de risques. Avec le même niveau technologique, les Européens auraient-ils accepté ce défi et surtout ces risques à la même époque ? Quand les Étasuniens mettent une opération sur pied, peu de chose sont oubliées, y compris la part d’incertitudes librement assumée. Beaucoup plus près de nous, le 10 octobre 1990, dans la série des mensonges permettant de donner un semblant de légalité à un prochain pillage, gigantesque audition télévisée, des « témoins » décrivirent, devant le Congrès, les horreurs commises au Koweït par les troupes d’occupation irakiennes. Chacun fut au moins bouleversé par le témoignage d’une infirmière koweïtienne éplorée racontant comment les soudards irakiens débranchèrent les couveuses maintenant en vie les prématurés de son hôpital et tuèrent sans pitié les nourrissons en les jetant par terre. On découvrira plus tard, trop tard, comme après chaque mensonge officiel étasunien, que la prétendue infirmière était la fille de l’ambassadeur du Koweït aux États-Unis et n’avait rien à voir avec les soins aux prématurés. Son témoignage avait juste été monté de toutes pièces par les services secrets étasuniens, et les Irakiens n’avaient pas procédé à ce genre d’horreur, mais la rumeur était lancée… L’enfumage convainquit les élus d’autoriser le président George Bush, sans doute pas étranger à ce stratagème, comme ex-patron de la CIA, à engager la guerre. Si ces quelques exemples ne sont pas suffisants pour prouver à l’envi que ces gens, outre leur science de l’organisation comme de la désinformation, ne manquent pas d’audace, c’est à désespérer. Encore une fois, pourquoi ce qui fut possible avant-hier ou hier ne le serait plus aujourd’hui ?

Avant de s’immerger dans le glauque absolu de cette enquête, reprenons les bons principes des enquêtes policières : à qui ce crime profite-t-il ? Dans celui du 11 septembre, Ben Laden et les Afghans n’ont « gagné » que tapis de bombes, mort de civils et nouvelle invasion, l’Irak ne fut pas mieux loti avec, à ce jour, plus d’un million et demi de victimes, quasiment toutes civiles ; qui reste-t-il ? Seuls les États-Unis, principalement le complexe militaro-industriel et une partie du gouvernement, objectivement bénéficiaires de ces aventures armées. Commençons par le sommet de l’État, à travers le Carlyle Group. La famille Bush y côtoie les Ben Laden bien connus et les représentants du trône saoudien, tous importants investisseurs de cet ensemble dédié majoritairement à la Défense. Carlyle, neuvième fournisseur du Pentagone, s’est spécialisée dans le rachat de sociétés d’armement comme United Defense en 1995. Boursièrement sous-performante à cette époque, elle devint un nouvel Eldorado fin 2001, après ce drame national. Le matériel fabriqué, sans doute pas le plus adapté au vu de ce qu’en pensait Wall Street, devint miraculeusement performant à ce moment, permettant à Carlyle de gagner plus d’un milliard de dollars lors de sa revente, selon Chris Ullman, son porte-parole. Carlyle Group n’est pas coté en Bourse et, de ce fait, pas obligé de communiquer à la SEC (Securities and Exchange Commission, l’équivalent de notre COB) le nom des actionnaires et le nombre de leurs parts respectives… Dick Cheney n’est pas en reste dans la liste des profiteurs de guerre. Secrétaire d’État à la Défense sous Bush père, il externalisera des opérations militaires, durant la première guerre dite du Golfe – pour parler clairement, il utilisera des mercenaires – principalement venant de KBR, filiale de Halliburton, énorme groupe para-pétrolier. C’est donc totalement par hasard qu’en 1995 il devint vice-président de cette dernière entreprise, qu’il ne quittera qu’en août 2000 pour rejoindre l’équipe de campagne de Bush junior… sans cesser pour autant cette relation interdite par la Constitution. La galerie de portraits d’un prochain chapitre explicitera un peu mieux les dérives du vice-président.

L’agression de ce 11 septembre étant présentée comme la cause unique de cette riposte guerrière, la thèse de l’inside job reste au moins aussi pertinente que les explications officielles. Elle l’est d’autant plus quand on la rapproche de certains faits. Le livre de Ron Suskind narrant, en grande partie, à partir des souvenirs de Paul O’Neill, Secrétaire au Trésor – ministre des finances – les deux premières années du premier mandat de Bush, est de ceux-là. (Ron Suskind The Price of Loyalty, en français Le prix de la loyauté ou George Bush, la Maison-Blanche et l’éducation de Paul O’Neill, chez Simon & Schuster NY 2004.). Il y raconte par le menu l’étrange préparation guerrière débutée bien avant ces attentats prétextes.

30 janvier 2001, bien que l’élection de Bush junior n’ait pris effet que…  le 20 janvier, première réunion du NSC (National Security Council, Conseil national de sécurité en français). Paul O’Neill, membre de droit, au même titre qu’il fait partie du NEPD (National Energy Policy Development), assista dès le début aux réunions de ces groupes. Il y retrouvait Condoleezza Rice, Donald Rumsfeld, John Ashcroft, Colin Powell, et George Tenet de la CIA. Point n°1 de l’ordre du jour de cette réunion, l’Irak ! Donald Rumsfeld attaque d’emblée : « Nous devons laisser tomber la politique de Clinton sur Israël et la Palestine [ayant quand même abouti, entre autres, aux accords de paix d’Oslo, NdA] et aller chercher Saddam. » Fallait-il que Rumsfeld soit sûr de lui et des présents à cette réunion ! Dick Cheney, son comparse, avait mitonné un Cabinet où les faucons étaient largement majoritaires afin de pouvoir assouvir sa vengeance sur l’Irak datant de dix ans. Nous reparlerons en détail dans le chapitre 4, de son regret de ne pas avoir vu les GI’s entrer à Bagdad et, surtout, le pétrole saisi. On entrevoit aussi comment l’avis du président élu, commandant en chef des Armées selon la Constitution, fut sollicité avant d’attaquer les plans d’invasion !

Nous constatons également comme « tient bien » le prétexte des attentats du 11 septembre pour « punir » ce dernier pays ! Cette visée très claire de Rumsfeld fut immédiatement transmise au NEPD, dont la première recommandation, bien avant les attaques, fut d’« augmenter la part des États-Unis dans la production et la commercialisation du brut dans le monde ». Ce document dira clairement : « Le but principal de l’Administration serait de convaincre, voir d’obliger les États de la région [le Moyen-Orient, NdA] d’ouvrir leurs zones pétrolifères à l’investissement étranger et remplacer le contrôle national [c’est à dire celui de l’OPEP, NdA] par le pouvoir de décision des multinationales soumises au contrôle de l’Amérique et sensibles aux intérêts de l’Occident. »

1er février, seconde réunion, deux jours plus tard, l’Irak est cette fois le seul point de l’ordre du jour. Paul O’Neill explique comment est alors remis à chaque participant une étude de la DIA (Defense Intelligence Agency, les espions étasuniens, mais militaires). Elle listait les champs de pétrole et de gaz irakiens avec leurs caractéristiques, allant jusqu’à indiquer les noms des compagnies pétrolières étasuniennes – charité bien ordonnée – candidates à leur reprise en main. Des propositions furent même faites sur les éventuels attributaires des blocs d’exploration (selon US planned attack on Taleban BBC News 18/9/2001 by George Arney.) + (Éric Laurent RMC 10/3/2006) + Judicial Watch Maps and Charts of Iraqi oilfields : Cheney energy task force 17/7/2003).  Elle visait également à y augmenter la production très au-delà des quotas définis par l’OPEP pour affaiblir et détruire cette organisation de régulation du marché pétrolier. Dernière confirmation, si besoin en était, celle de la revue Oil & Gas International dans son numéro d’octobre 2002. Elle donnait sa version des plans  du gouvernement étasunien pour l’Irak :

  • Comment réhabiliter l’industrie pétrolière irakienne et comment augmenter l’exportation de pétrole pour couvrir le coût de l’occupation militaire du pays ?
  • Fallait-il revoir la participation de l’Irak à l’OPEP ?
  • Fallait-il, ou non honorer les contrats attribués par Saddam Hussein [en fait le gouvernement irakien, NdA] à des compagnies pétrolières non-étasuniennes ?

Au moins les chose étaient claires, avant même le début de la guerre. Aucun gouvernement, aucun journaliste ne pouvait prétendre ignorer ces réalités d’un cynisme en disant long sur ce que Washington pensait et pense encore de ce que certains osent placer sous le terme « alliés ». Les États-Unis n’ont jamais eu d’alliés, mais uniquement des obligés, on ne partage pas pouvoir et gâteau. La confirmation viendra dès le début de l’occupation de Bagdad. Sur ordre, les troupes américaines laisseront piller banques, ministères et musées. Des trésors de l’Humanité en disparaîtront à jamais, même si une partie réapparaîtra par hasard aux États-Unis, tandis que le seul ministère du Pétrole était transformé en citadelle inexpugnable. McCain, le cocu de l’élection présidentielle précédente, préconisait même que l’armée des États-Unis reste en Irak encore mille ans.

Avant même d’aborder la suite de ce calendrier des mauvais coups, y compris financiers, les faits exposés ci-dessus méritent quelques commentaires. Il est matériellement impossible que l’étude de la DIA, avec l’ensemble des données qu’elle nécessita de collationner, ait été réalisée à la va-vite sur le coin d’une table en deux jours, depuis la précédente réunion, les enjeux étaient trop importants. Le PNAC, dont nous ferons connaissance dans un prochain chapitre, devait être déjà suffisamment développé et influent, principalement au Pentagone, pour faire réaliser une pareille étude sans que Clinton en soit informé. Il faut dire que depuis plus de trois ans, le maître des lieux était William Cohen, Républicain dans un appareil d’État Démocrate… Comment ne pas voir la main de Cheney et peut-être une participation des spécialistes de Halliburton dans cette affaire ? Comment, une fois de plus, ne pas imaginer le vice-président comme un des piliers du PNAC naissant et du complot en préparation?

Avec ces preuves, il est difficile de lier les guerres étasuniennes qui suivirent le 11 septembre avec cette attaque servant d’excuse. Il devient même aberrant de croire à ces « terroristes » arabes dont ils veulent nous persuader de la culpabilité. J’ai parlé d’inside job dès l’introduction, on voit que cette version prend de plus en plus de consistance, un fumet de lourde préméditation de la part d’une fraction du gouvernement n’est même pas dissimulé. La preuve est là de la préparation, longtemps à l’avance, des futurs conflits. En coulisse, dès ce moment, s’instaura une grande collaboration entre NSC et NEPD. Elle permit la fusion de leurs objectifs respectifs, « revoir la politique opérationnelle à adopter envers les États voyous » pour le premier nommé et « les actions à mener pour capturer des champs de pétrole et gaz existants ou à découvrir » pour le second. Pendant ce temps, en surface, et dès le mois de mars, six mois au moins avant les attentats, les plans d’invasion et d’occupation de l’Irak étaient prêts dans le détail. Outre la récupération des champs pétroliers évoquée, ils prévoyaient également l’installation des forces de « maintien de la paix » (sic) et la création de tribunaux pour juger les crimes de guerre, enfin ceux des autres bien sûr.  Curiosité, même la BBC anglaise diffusera… plus tard le plan secret du Pentagone.

Comment certains peuvent-ils encore crier à l’hérésie lorsqu’on évoque l’inside job, en additionnant l’Histoire étasunienne et ce genre de révélation ? Pour les plus rétifs à cette d’hypothèse, rappelons l’utilisation en Europe, par nos « amis » d’outre-Atlantique, de la fin des années 1960 jusque durant les années 1980, des Stay Behind/Gladio armées secrètes de l’OTAN, rapidement évoqués plus haut. Ils aboutirent à un certain nombre d’attentats meurtriers, dont les 80 morts de la gare de Bologne, ou les tueurs fous du Brabant, dans le cadre de leur « stratégie de la tension ». Le but visé était de faire refluer vers les gouvernements complaisants aux intérêts US de certains pays, entre autres Belgique ou Italie, les foules dont le désir de changer de direction politique était de plus en plus manifeste. Je vous renvoie au sommaire sous lequel une citation d’Hitler confirmait déjà le type de comportement attendu. Le  président du Conseil italien Giulio Andreotti le révélant dans un discours devant le Parlement italien en 1990 semble une preuve suffisante de la véracité des faits qui firent scandale à l’époque dans toute l’Europe, mais les peuples sont si oublieux…

FOIA et ses résultats

Pour nous forger cette « intime conviction » plusieurs fois évoquée précédemment, continuons d’étudier la partie de la vie étasunienne pouvant nous intéresser. Gardez dès à présent en mémoire les réticences de leurs administrations, dans la droite ligne des disparitions de preuves précédemment abordées. Sur la demande insistante des familles des victimes, il fallut ainsi plus d’un an et la mise en avant de la FOIA (Freedom Of Information Act) pour que la New York Port Authority accepte de bouger. Ce blocage pour simplement enfin divulguer les enregistrements des conversations téléphoniques des pompiers dans les Tours et aux environs immédiats du sinistre, le 11 septembre ! Qu’est ce que la FOIA ? Signée le 4 juillet 1966, cette loi fait obligation aux agences fédérales de transmettre leurs documents, sauf secrets bien entendu, à quiconque en fait la demande, quelle que soit sa nationalité. Cela ne peut que nous laisser pantois d’admiration nous autres Français, habitués à l’opacité quasi absolue de notre administration. Après le Watergate, Gerald Ford voulut renforcer le pouvoir de cette FOIA, en y apportant des amendements allant dans un sens plus favorable. Ils furent rudement combattus – déjà ! – par Donald Rumsfeld, son directeur de cabinet, et Dick Cheney, son adjoint, sous le prétexte du risque de fuites possible. Les choses restèrent donc en l’état jusqu’à l’arrivée de Ronald Reagan qui la malmena quelque peu. Ce recours à la FOIA sera souvent la seule solution pour ceux qui cherchaient la vérité, et la cherchent encore, afin de faire réapparaître des informations leur permettant de mieux appréhender le déroulement de cet événement ou de toute autre affaire nébuleuse.

Après ce 11 septembre, le dossier de preuves concernant l’exécution des attentats par nos extrémistes musulmans n’était peut-être pas aussi clair que dans les discours gouvernementaux, c’est sans doute dans cette optique qu’il faut placer l’information suivante. Le 1er octobre 2002, Dick Cheney, vice-président des États-Unis et donc président du Sénat, signa un amendement à cette FOIA, le président de la Chambre des représentants étant cosignataire. C’était comme par hasard la période où les questions, en particulier des familles des victimes, devenaient de plus en plus pressantes, de plus en plus précises aussi. Bien sûr, par une coïncidence pernicieuse, cela correspondait aussi et surtout à la période de mise en place de cette Commission d’étude sur les causes du 11 septembre. L’amendement autorisa donc le refus d’obtempérer à la FOIA si la publication menaçait la sécurité publique, notion parfaitement floue, permettant toutes les interprétations, toutes les dérives. Encore une fois, pourquoi ce nouvel obstacle dressé contre la diffusion des informations dans cette affaire où les responsabilités, selon leurs dires, étaient aussi limpides depuis le jour même de l’attentat ? De force plutôt que de gré, les agences gouvernementales directement liées à ce drame laissèrent donc passer quelques-unes des informations réclamées, parfois un peu « arrangées » afin de semer le doute. Le paragraphe suivant sur la vidéo du Pentagone est à ce titre révélateur. Des critiques, sur cet aspect comme sur d’autres de l’enquête et du rapport auquel elle a abouti, furent adressées au FBI (Federal Bureau of Investigations. Équivalent de notre P.J. + DGSI en France), comme aux autorités de l’Aviation civile, critiques solidement étayées par des spécialistes. Les réponses seront systématiquement les mêmes : « Vous vouliez les informations, vous les avez, pas de commentaire, pas de réponse. »

Outre l’aspect hautement antidémocratique de cette réaction, pourquoi ne pas démontrer aux contradicteurs l’étendue de l’erreur dans laquelle ils se débattent, quand on est si sûr de ses dires ? Ridiculiser l’adversaire est pourtant toujours plus productif que de garder un silence assimilable à une volonté de camouflage ou de falsification, surtout lorsque cette dernière est si manifeste. Le NIST (National Institute of Standards and Technology, auteur du rapport sur la chute des tours du WTC) est une part du Département – ministère – du Commerce, pas déjà un signe évident d’indépendance. Cette impression se renforce encore lorsqu’on sait que son directeur de l’époque, Arden Bemont, avait été nommé par Bush en personne en octobre 2001, juste après le drame, un peu avant le début des études « explicatives ». Étonnez-vous après cela que sous ce directeur parachuté et aux ordres, cet organisme saute sur l’occasion quelque peu téléphonée de cette modification de la FOIA. Il refusa donc de publier les paramètres utilisés dans sa modélisation informatique plus que douteuse, destinée à démontrer la « normalité » de la chute des tours. Ground Zero étant déjà à l’époque vidé des éventuelles preuves ennuyeuses pour les comploteurs, la sécurité publique était-elle si gravement compromise par la publication de ce modèle informatique ou par celle de ses différents documents de calcul ? Des formules mathématiques mettant en cause la sécurité des États-Unis ? Non, rien ne fut oublié pour bloquer toute réflexion !

Vidéo et analyse

Par honnêteté intellectuelle, il faut noter que c’est aussi au nom de cette FOIA que fut obtenue, non sans difficulté, la sortie du néant d’une vidéo prise par une des 86 caméras extérieures de surveillance du Pentagone. À la suite d’une requête FOIA de judicialwatch.org, ce fut la vidéo truquée divulguée en mai 2006, par le DoD, presque de deux ans après le rapport de la Commission, on est jamais trop prudent. Ceux qui cherchaient à comprendre avaient éreinté cette VO n’expliquant rien, mais les plus nombreux à ce moment étaient encore sous le coup du livre de Thierry Meyssan déjà évoqué et croyaient dur comme fer à la théorie du missile sur le Pentagone. Pour conforter dans l’impasse qu’elle s’était choisie cette population éprise de vérité, les spécialistes étasuniens en psychologie de masse, les psyops, entrèrent en action. On nous avait gratifiés dans la VO d’un avion volant à 850 km/h, en vol horizontal, même si rien de ce message n’était possible au vu de ses caractéristiques techniques et du profil du terrain, cette vidéo était la cerise sur le gâteau de la désinformation concernant le Pentagone. Insulte au bon sens et à cette loi citoyenne, elle ne concernait, de plus, qu’une seule des 86 caméras existantes. Exhibée par les enquêteurs à titre de « preuve », elle était censée retracer l’impact du Boeing 757 dans la façade ouest du bâtiment. Prise depuis l’entrée d’un parking, ses images furent bien entendu entre temps maquillées, aboutissant à un étonnement total à sa visualisation. Il ne se passe rien, on ne voit même pas l’avion se déplacer, puis soudain, une explosion ! Comment ne pas se dire que la partie comprenant l’approche de l’avion dans le champ de la caméra, avant cette explosion a été volontairement gommée ? C’était nécessaire pour que la fable de la VO perdure.

Une vidéo d’origine aurait aussi sans doute dévoilé très explicitement les raisons de cette « entrée en douceur ». Si l’approche du 757 est celle que je décrirai dans les chapitres consacrés, et le crash complètement truqué comme je le présenterai, alors il fallait impérativement cacher les images de l’impact, trop dures à falsifier, elles n’auraient pas du tout conforté cette VO. Il est important de comprendre que l’analyse de la vidéo non truquée d’un tel crash d’avion de ligne permettait sans peine aux experts d’évaluer cette décélération à l’impact. Ces incohérences ne pouvaient qu’orienter les recherches et la réflexion vers autre chose. En réalité, cette vidéo représente certainement, premier truquage, uniquement la dernière partie de la prise de vues réelle, c’est à dire l’explosion désintégrant la queue et la moitié arrière de l’avion. Quasiment impossible à truquer du fait de ses couleurs très particulières et si changeantes, il manque « simplement » les images précédentes montrant approche et impact de l’avion, celles permettant de le voir arriver en légère descente, non pas au ras de la pelouse, finissant sa course à 4 mètres de haut et à 600 km/h environ. Il aurait également été légèrement incliné sur la gauche, suivant une trajectoire précise, lisse, « comme guidé vers sa cible… », toutes images coupées jusqu’à l’explosion que nous voyons, tout comme celles concernant sa pénétration dans le bâtiment. Ensuite on rajouta « fumée horizontale » et « forme oblongue » pouvant être assimilées par le subconscient à un missile, but de la manœuvre… sauf qu’aucun d’entre eux n’émet ce genre de panache dans la vie réelle, pas plus que les réacteurs actuels. Il aurait eu la rapidité de l’éclair, sa vitesse luminique ne l’empêchant pas de coller au ras du sol au profil tourmenté de l’échangeur autoroutier. Mieux que dans Star Wars et surtout mieux que la technologie de suivi de terrain la plus performante des chasseurs de dernière génération.

Ces manipulations officielles, tellement bâclées et volontairement mal bâclées, au pays de Disney et de Hollywood, permirent à certains de franchir le pas, un peu trop facilement. Ceux doutant de la possibilité de l’avion trouvaient enfin là un terreau favorable : pas d’avion sur la vidéo, pas d’avion du tout. J’ai des oreilles, un âne a des oreilles, je suis un âne…

Bien sûr, l’argumentaire de ces contradicteurs sur l’absence d’avion oublie déjà que la totalité de ces caméras n’était pas braquée sur cette zone, mais assurait la sécurité de l’ensemble de ce vaste site. S’il est certain que la caméra la mieux placée, celle de l’héliport dut disparaître dans le crash et ses suites, les cassettes, toutes les cassettes des autres, furent confisquées par le FBI. À la station-service CITGO proche, comme à l’hôtel Double Tree où il y avait le personnel comme témoin, ses agents, en les prenant dans les minutes suivant le crash, donnèrent  comme consigne de ne rien dire sur le sujet (Washington Times du 21/9/2001). Cet enlèvement express, comme d’ailleurs cette arrivée si rapide sur les lieux pour les premiers intervenants,.à eux seuls posent question. Le 11 septembre au matin, les alentours du Pentagone étaient pris dans les bouchons habituels, auxquels s’ajoutaient ceux causés par les témoins incrédules de ce crash. Confirmation en est donnée par un rapport opérationnel du DoJ, dont dépend le FBI : « L’équipe de collecte des preuves du FBI (FBI Evidence Recovery Team) commença à arriver sur place un peu avant 10 h 00, et s’est mise en place dans une zone sur la pelouse non loin de l’héliport. Mais à cause de la circulation congestionnée et des bouchons extrêmement intenses, il a fallu plusieurs heures à tout le contingent du FBI pour se frayer un chemin depuis le District de Columbia (Washington centre NDA) jusqu’au Pentagone. » (« Arlington County After-Action Report on the Response to the September 11 Terrorist Attack on the Pentagon », Titan Systems Corporation under contract to Dept. of Justice, n.d. [2002], Annex A, p. A-22).

La première priorité de l’équipe de collecte des preuves fut de « trouver et ramasser tous les débris d’avion et autres pièces sur la pelouse située à l’ouest du bâtiment, avant que les pompiers et autres équipes de secours ne piétinent la zone » (voir la collection de photos de l’annexe 1 en fin d’ouvrage). Dans ces conditions d’accès et de circulation particulièrement difficiles, comment des agents du FBI purent-ils aller récupérer si rapidement lesdites vidéos externes au Pentagone ? Cette brièveté figure dans les déclarations des témoins : Jose Velasquez, directeur de la station essence Citgo, interviewé par le Richmond Times-Dispatch : « Velasquez a indiqué que les caméras de sécurité de la station essence étaient assez proches du Pentagone pour avoir enregistré le moment exact de l’impact. Je n’ai jamais vu à quoi ressemblaient ces images. Le FBI est arrivé en quelques minutes et a pris les enregistrements. » Une caméra de sécurité tout en haut du Double Tree, hôtel proche du Pentagone, a sans doute également filmé les images du Boeing 757 allant percuter la façade ouest du Pentagone. Les employés de l’hôtel ont regardé le film, horrifiés et sous le choc, avant que le FBI ne confisque l’enregistrement.

Pourquoi cet empressement à collecter ces cassettes lointaines, avant même de savoir ce qu’elles contenaient – ou peut-être au contraire parce qu’ils ne le savaient que trop – sinon pour étouffer toute information contradictoire ? Si l’absence de plus de vidéos déclenche obligatoirement le doute, pourquoi ne pas réfléchir sur le fait qu’il peut être l’élément recherché par l’adversaire ? Comme aux échecs, si on veut mener, il faut toujours avoir au moins un coup d’avance, donc essayer de réfléchir comme l’autre, mais avant l’autre. Que se sont dit ces organisateurs et conspirateurs nés ? Si on donne des vidéos, elles vont être disséquées et les choses à ne pas voir apparaîtront. Les instigateurs de ce drame se sont donné une chance supplémentaire de faire partir les imaginations tous azimuts, en refusant longtemps la diffusion, ce fut d’ailleurs assez réussi ! Il est curieux de voir ainsi courir les esprits vers tous les leurres proposés, en oubliant des éléments pourtant simples. Pied de nez intellectuel portant un message clair : « Avec ça, on  sème la perturbation dans les esprits, et pendant le temps passé à disserter sur le sexe des anges, nous serons tranquilles. » Pourquoi sans cesse ces brouillages alors qu’ils déclarent leur dossier parfaitement clair et étayé ? Aucune action ne se fait sans raison, immédiate ou différée, surtout à ce niveau.

Freinages officiels

Question suivante concernant ce jour maudit : pourquoi avoir si longtemps attendu pour déclencher une procédure habituellement instaurée immédiatement après les faits ? Cette question pose problème dans un pays où tout événement est immédiatement hyper médiatisé et donné en pâture aux foules, comme déjà abordé. Pour  approcher de la vérité il faut comparer, alors comparons :

  • Pour ouvrir l’enquête sur les causes de Pearl Harbor, 9 jours ;
  • Pour ouvrir l’enquête sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, 7 jours ;
  • Pour ouvrir l’enquête sur l’accident de Challenger, 7 jours également ;
  • Pour ouvrir l’enquête sur le naufrage du Titanic, 6 jours ;
  • Pour ouvrir l’enquête chargée d’expliquer la mort dramatique par attentat, le même jour, de près de 3000 Américains aux États-Unis, 440 jours.

Dans ce blocage, Dick Cheney ne fut pas le moins ardent, allant jusqu’à justifier son veto par les risques que cette Commission ferait courir à l’enquête en cours ! Quelle enquête, puisque six heures après notre crash, on savait déjà qu’il s’agissait de Ben Laden et ses fanatiques, les 19 « coupables » étant nommément désignés au bout de trois jours ? Pourquoi un si long délai, d’autant plus troublant que durant  plus d’un an, la position de la Maison-Blanche resta un refus total de toute commission d’enquête ? Ce retard totalement hors norme est déjà une quasi-preuve de cet inside job évoqué, une confirmation de cette option pourrait-être la navette Columbia. Désintégrée lors de sa rentrée dans l’atmosphère le 1er février 2003, une commission d’enquête indépendante, la CAIB, (Columbia Accident Investigation Board) fut désignée le lendemain et débutait ses travaux quasi immédiatement. Dans les deux cas, ces faits se produisirent sous le premier mandat de Bush junior et concernaient la mort de citoyens, américains pour la majorité, dans des conditions dramatiques. Pourquoi cette différence de traitement inversement proportionnelle à la gravité des faits, sinon parce qu’il ne fallait que rien ne filtre sur le 11 septembre ?

Pourquoi ces freinages présidentiels sinon pour disposer du temps permettant de faire disparaître toutes les preuves pouvant être contraires ? George W. Bush cédera donc le 20 septembre 2002 – devant l’insistance des mêmes familles et l’embarras du Congrès – n’entraînant la création de la Commission d’enquête que le 27 novembre suivant, soit 14 mois pour accepter. La même différence se retrouva au niveau du financement par l’État américain, 3 malheureux millions de dollars, portés à 14 face à la levée de boucliers. La preuve était trop tangible de la (très) mauvaise volonté présidentielle de ne pas laisser ladite Commission pour le 11 septembre avoir les moyens de faire son travail. En comparaison, celle s’occupant de Challenger reçut 75 millions de dollars et celle traitant « l’affaire » Clinton-Lewinsky 40. Presque 4 fois plus pour une histoire de sexe entre adultes consentants que pour l’assassinat de près de 3000 citoyens américains aux États-Unis ! Si ce n’est pas une démonstration d’étouffement, comment l’appeler ? Même le temps fut compté à la Commission, avec douze mois au départ, portés à seize devant les protestations. Seulement seize mois. Dans ce laps de temps réduit, il fallait écouter des centaines de témoins, examiner des milliers de documents. Bien sûr les plus importants étaient donnés avec beaucoup de retard, quand ils n’étaient pas refusés, revêtus pour l’occasion d’un cachet de confidentialité par la présidence et ses sbires. La même question revient d’une façon lancinante, pourquoi freinages et autres blocages, quand les responsabilités sont si bien établies ?

Petites affaires entre amis

À la seule personnalité du président de cette commission, nommé par Bush, le désir de la Maison-Blanche de ne pas laisser apparaître la vérité était déjà flagrant. Thomas Kean, ancien gouverneur Républicain du New Jersey, était surtout, à l’instar de la quasi-totalité des proches du Président, issu du monde du pétrole, comme directeur et actionnaire de l’empire pétrolier Amerada Hess, Hess Corporation depuis 2006. À ce poste de président de la Commission, Kean se trouva confronté à un dilemme incontournable. En 1998, pour traiter les champs pétroliers de la mer Caspienne, Amerada créa une entreprise commune avec la Delta Oïl saoudienne, la Delta Hess. Société pas très nette, enregistrée aux îles Caïmans, premier signal inquiétant, les clauses de l’accord entre les deux sociétés ne furent, en plus, jamais rendues publiques, ce qui en est un autre d’importance. Les véritables propriétaires de Delta Oïl ? Khalid Ben Mahfouz et Mohammed Hussein Al Amoudi. Le premier nommé se révéla en 1988, en sauvant d’une faillite certaine la société étasunienne Harken Energy, mal dirigée par Bush junior, mais les deux hommes sont surtout connus pour être inculpés aux États-Unis comme faisant partie des financiers d’al-Qaïda. À ce titre, ils se voient réclamer par quinze familles de victimes du 11 septembre la bagatelle de mille milliards de dommages et intérêts. Al-Qaïda étant accusée, par les mêmes Étasuniens, d’avoir commis les attentats sur lesquels Kean et son équipe devaient enquêter, le conflit d’intérêt majeur était flagrant. Comment Kean pouvait-il diriger la Commission chargée de « faire la lumière sur le plus grand drame des États-Unis depuis la guerre civile », en connaissant parfaitement certaines personnes ne pouvant que devenir accusées dans ce rapport ?

Henry Kissinger, premier président pressenti pour ce poste, démissionna parce que confronté au même type de rapport d’affaires. Il avait obligation de révéler la liste de ses clients, dont un certain nombre moyen-orientaux et pas forcément de première fraîcheur dans ce cadre, comme la famille Ben Laden ! Kean lui continua, comme si de rien n’était, sans doute même sur volonté de la Maison-Blanche, étant ainsi à la merci du gouvernement Bush et parfaitement manipulable. Ils lui imposèrent donc Patrick Zelikow, néo-conservateur bon teint, théoricien de la guerre préventive, conseiller de Condoleezza Rice. L’avis sur ce personnage est fondé sur les remarques communiquées par Paul Sperry, journaliste d’investigation principalement pour les Wall Street Journal et New York Post et auteur de plusieurs livres : « … bien qu’il n’ait pas le droit de vote, Zelikow a sans doute plus d’influence que n’importe quel membre de la Commission, y compris le président. Zelikow choisit les domaines d’investigation, les documents d’information, les sujets d’audition, les témoins et les pistes de questionnement pour les témoins… En fait, il fixe le programme et dirige l’enquête ». Façon élégante de dire que la Commission était vraiment sous influence, le jugement de Sperry prendra toute sa valeur à la lecture de son rapport final. Zelikow, déjà intégré à l’équipe de transition de Bush avant son entrée à la Maison Blanche, donc amené par Cheney, travailla en étroite collaboration avec Condoleezza Rice et Karl Rove, signal fort de la volonté d’enfumage. Les informations complémentaires fournies sur lui au fil des pages confirmeront cette immense influence. Il dirigea  effectivement l’enquête, supervisa l’écriture du rapport final et surtout ne fournira pas à la Commission les éléments souvent nécessaires. Le New-York Times comparait à l’époque les blocages et autres lenteurs de Washington pour communiquer les informations demandées aux pratiques d’opacité du Kremlin de la grande époque Brejnev. Une vraie référence ! Déjà un mois après le 11 septembre, le journal critiquait les informations fournies par le gouvernement sur le drame de Manhattan, trouvant quantité et qualité inférieures à ce qui s’était fait après la disparition du Titanic en 1912. Mais il fallut boire le calice jusqu’à la lie. Pour un résultat voulu, étouffer toute vérité sur le sujet et blanchir l’équipe gouvernementale, schéma détaillé du rapport et conclusions furent écrits avant la première audition. La visualisation des documents les plus importants ne fut autorisée que pour deux personnes de la Commission, Jamie Gorelick dont le parcours est évoqué ci-après et… Philip Zelikow. Ce dernier et Kean ne suffisant sans doute pas au vu des enjeux, sur les neuf autres membres de cette Commission, Démocrates et Républicains à égalité, la norme de la politicanaillerie étasunienne annonçait déjà la triste issue de ce texte.

Certains d’entre eux faisaient du lobbying pour les deux compagnies aériennes directement impliquées dans ce drame, comme James R. Thompson, étant largement rémunérés pour cette activité. On y rencontrait aussi :

  • Jamie S. Gorelick, déjà nommée ci-dessus, traînant comme un parfum de scandale financier comme celui de Fannie Mae, affaire dans laquelle elle était largement impliquée, avec un « trou » de 10 milliards de dollars et un enrichissement personnel ;
  • John F. Lehman avait lui participé à la création du PNAC que nous étudierons en détail au chapitre 4, ainsi qu’à la rédaction d’un certain nombre de ses textes ;
  • Fred F. Fielding, proche de Dick Cheney et conseil juridique de Blackwater, société de mercenaires en contrat juteux avec de DoD, poursuivie pour crimes de guerre un peu plus tard en Irak ;
  • Bob Kerrey, lieutenant dans les Navy Seals au Vietnam, ayant fait assassiner 20 paysans vietnamiens (femmes et enfants majoritairement) pour s’assurer de leur silence durant une opération, les déclarant comme guérilleros communistes. Il sera pour cela décoré de la Bronze Star. Nul ne s’étonnera de le voir s’opposer, plus tard au rapport sur la torture par la CIA des prisonniers « terroristes » publié par le Sénat, le trouvant partial et injuste ;
  • Lee H. Hamilton, Président de la commission d’enquête sur l’Irangate en son temps, ami de Cheney, choisira dans cette fonction de ne pas enquêter sur les présidents Reagan et Bush père, estimant que ce ne serait « pas bon pour le pays » !

Un autre fut même, semble-t-il, avocat du nouveau propriétaire des tours, pour l’aider à faire rendre gorge aux assurances. Cheney, Rice et Bush refusèrent de témoigner le plus longtemps possible. Rice sera auditionnée en avril 2004 – pour un rapport publié en juillet – Bush et Cheney exigeant d’être auditionnés ensemble à la Maison Blanche. Ce dernier point donne plus de poids encore à mon hypothèse développée dans le chapitre 7. Cheney, tête pensante de ce complot, téléphona même, ce qui est exceptionnel aux USA, au chef de la majorité du Sénat, Tom Daschle, pour qu’il restreigne l’enquête du Congrès, intervention révélée par une émission de CNN le 29 janvier 2002.

Le sénateur Max Cleland quitta cette mascarade dès novembre 2003, avant même l’établissement du rapport final, à la suite de « l’oubli », par la Commission de parler de la tour n°7 du World Trade Center appartenant à Larry Silverstein. Il déclarait : « C’est un scandale national… cette enquête est maintenant compromise .» Sans doute par solidarité avec les tours jumelles, la 7 était tombée près de sept heures après la chute des deux premières citées, sans avoir jamais été frappée par un avion. Les 47 étages de sa structure métallique s’écroulant comme à la parade, plutôt selon le processus bien connu de la démolition contrôlée, technique parfaitement au point dont vous pouvez voir de temps en temps le résultat aux informations télévisées. George Mitchell, proposé pour le poste de vice-président de la Commission si Kissinger en devenait le leader, critiqua lourdement ce fonctionnement au titre des entraves. Bob Kerrey, autre sénateur remplaçant Cleland, se désolidarisa après la publication dudit rapport le 22 juillet 2004, lui aussi au titre de l’entrave continuelle à l’accès aux documents nécessaires. Il déclarait, en juin 2006, deux ans après la publication de ce texte : « Il y a de nombreuses raisons de soupçonner qu’il y a une alternative à ce que nous avons exposé dans notre version. » Même le président de la Commission avouera plus tard, encore plus tard, lors d’une interview devant le National Press Club le 11 septembre 2006 : « La Commission a été mise en place pour échouer. » Cela n’empêcha pas les uns et les autres de commémorer officiellement les dix ans de leur romance.

Patriot Act, de la « démocratie » à la dictature ?

Il faut définitivement le prendre en compte, la date du 11 septembre fut très importante pour l’Histoire du monde dit libre, autant que la chute du Mur de Berlin, mais sous un angle beaucoup moins favorable. Depuis cette date, la dénonciation journalistique d’un Watergate, par exemple, devient inimaginable. Les journalistes étasuniens sont désormais contraints par voix de justice de dévoiler leurs sources d’informations dès que le pouvoir l’exige. C’est une des raisons de l’éclatement de l’affaire Plame abordée dans le chapitre sur le PNAC. Plus de « Gorge Profonde » pour alimenter le Washington Post en informations de première main, W. Mark Felt n’aurait pas voulu « tomber » pour le Watergate. Le tout fut consigné dans un document honteux portant, très mal d’ailleurs, le nom de Patriot Act. Heureusement il est, comme bien souvent outre-Atlantique, uniquement l’acronyme de Provinding  Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism Act of 2001. Il n’a vraiment rien à voir, de près ou de loin avec le patriotisme, étant même la plus abjecte démonstration de son contraire. La grande « démocratie » se gaussait, à juste titre, du manque de libertés individuelles et collectives dans l’ex-bloc de l’Est avant la chute de ce dernier. Elle est devenue depuis une espèce d’État policier, se rapprochant d’une dictature soft où en plus, contrairement à son « modèle », ses pires turpitudes sont même couchées sur le papier. Un certain nombre de textes scélérats furent adoptés à la quasi-unanimité, dans une ambiance d’hystérie, inconnue aux États-Unis depuis le maccarthysme d’après-guerre. La moindre remarque de bon sens émise après le drame par un responsable politique étasunien à l’encontre de ces textes lui valait immédiatement l’étiquette d’antipatriotisme. Au nom d’un terrorisme arabe dont la pratique reste encore à démontrer aux États-Unis, différentes officines étasuniennes ont, depuis cette date, tous les droits. Sans autorisation judiciaire, elles peuvent perquisitionner, écouter les communications téléphoniques et lire le courrier de qui elles veulent, les dossiers médicaux n’étant même pas exclus. Il est possible d’emprisonner sans que la justice intervienne, pour la durée « nécessaire », torturer aussi – mais la Cour suprême mit quand même un bémol – sauf les citoyens étasuniens, sans doute auto-promus race supérieure… Avis d’un spécialiste, Paul Craig Roberts, économiste et journaliste, ancien sous-secrétaire d’État au Trésor sous Reagan en 1981 et 1982, lors d’une interview le 7 avril 2010 par la BBC : « La situation est catastrophique. C’est l’État policier et c’est évident depuis la deuxième année de l’administration Bush. Tout est mis en place pour éviter toute forme d’opposition de la part de la population. Ils peuvent maintenant déclarer terroriste n’importe qui. Par conséquent, ils peuvent confisquer non seulement votre vie et vos droits, mais aussi tout vos biens. C’est un État policier et les gens n’en ont pas conscience. »

Pourquoi une impression d’antériorité de ces textes liberticides aux événements les ayant soi-disant fait apparaître est-elle si prégnante dans ce dossier ? La première version fut présentée au Congrès sous le nom d’Anti-Terrorism Act le 19 septembre 2001, 8 jours après les faits ! Entre le 12 septembre au plus tôt et la date susdite, comment trouver le temps pour écrire, discuter, mettre en forme ces 345 pages d’atteintes aux libertés, en sachant qu’un texte juridique, surtout de cette importance, est parmi les plus longs à mettre au point ? Il est beaucoup plus probable que le début des travaux sur ce document fut antérieur aux événements du 11 septembre, renforçant une nouvelle fois la suspicion de l’inside job préparé de longue date. Comment alors relier cette quasi certitude aux  éventuels terroristes arabes ? Le rédacteur de la version finale du Patriot Act, soi-disant destiné à lutter contre le terrorisme islamique, fut Michael Chertoff, un Républicain, fils d’un rabbin ashkénaze ultra-sioniste et d’une mère pionnière du Mossad. Quand je parle d’un Républicain, il ne s’agit bien sûr pas d’un militant de base, mais d’une personne ayant, entre autres, levé des fonds à New York pour la campagne présidentielle de Bush en 2000… lui permettant peut-être d’occuper cette place importante dès ce moment ? Il dirigeait par ailleurs la section criminelle du Département de la Justice. Avec Aschcroft son ministre, il participera surtout largement au brouillage des pistes, à l’étouffement de l’enquête globale sur le 11 septembre et à l’évacuation en douceur des hommes du Mossad un peu trop présents autour de cette date, j’y reviendrai dans le chapitre 6 consacré partiellement à Ben Laden.

Selon Patty Reinert, correspondante du Houston Chronicle à Washington, journaliste accréditée à la Maison-Blanche sous Clinton comme sous Bush junior, avec cette première version, les bornes de l’inadmissible étaient largement franchies. « Afin de combattre le terrorisme international, le ministre de la Justice John Ashcroft désirait pouvoir emprisonner indéfiniment les immigrants et ce sans procédure d’accusation et sans même qu’ils soient conduits devant un juge. Le Congrès a dit non. Le ministre désirait également pouvoir forcer les universités à délivrer les données personnelles sur les étudiants étrangers, ainsi que de pouvoir fouiller secrètement n’importe quelle résidence. Là aussi le Congrès a dit non… » Même si Aschcroft se plaignait que « le législateur ne réagissait pas assez rapidement » ou encore que « la sécurité du pays était en jeu », il lui fallut remanier le texte initial. Pour passer le barrage des élus, il dut être présenté à nouveau le 2 octobre pour être voté le 9, mais un sénateur dénonça alors cette volonté de faire avaliser ce texte dans la précipitation. La version finale de cette honte fut votée le 24 par la Chambre des représentants, le 26 par le Sénat.

Dans notre grand album des hasards, ajoutons les sénateurs Patrick Leahly et Tom Daschle, parlementaires les plus actifs contre ce Patriot Act de tous les dangers. Fortuitement bien sûr, ils furent les seuls à recevoir des lettres contenant de l’anthrax modifié par la main de l’homme au niveau des cellules souches. L’enquête révéla que cette attaque biologique sortait tout droit de Fort Detrick, Maryland, sanctuaire de l’US Army pour la recherche dans le cadre de la guerre bactériologique, en principe interdite par les accords internationaux.  (Ce centre est dissimulé sous l’appellation trompeuse de US Army Medical Research Institute of Infectious Diseases (USAMRIID)).Le docteur Bruce Ivins, chercheur en place depuis 33 ans,  auparavant décoré pour les mérites de ses travaux, serait devenu fou et aurait envoyé ces lettres piégées. On se croirait dans les meilleures productions du stalinisme de la grande époque ! Il s’est fort opportunément « suicidé » le 7 août 2008, avant son procès. Le FBI, après une enquête de plusieurs années était parvenu à la conclusion arrangeante, mais comme si souvent sans toutefois la moindre preuve formelle, qu’il était coupable et avait agi seul. KGBI ? Pour en revenir à nos sénateurs, les amendements qu’ils avaient négociés avec le gouvernement durant les stades évoqués plus haut pour rendre le texte moins inhumain, ne figuraient plus, par hasard aussi, dans la version votée. Victoire de l’intimidation ?

Quand on regarde le « rendement » de cet ensemble de dénis de la justice et des libertés depuis cette date, on ne peut qu’être surpris de sa nullité dans la poursuite de son objet, la lutte contre le terrorisme. Partout dans le monde et notre pays est bien placé pour le savoir, il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de bloquer en amont une tentative terroriste. La seule solution est détenue par les politiques et consiste à cesser de se poser en donneurs de leçon dans les autres nations, entre autres du Moyen-Orient, où les populations musulmanes sont régulièrement invectivées, au minimum, agressées, le plus souvent, depuis des décennies. Nous avons fort bien compris que la résistance à l’Allemand se fasse dans notre pays occupé, elle débuta avec les étudiants dès le 11 novembre 1940 et ne fit que s’amplifier jusqu’à la Libération. Pourquoi ne pas comprendre que ces peuples, baladés d’un maître à l’autre en fonction de ce qui arrangeait les Occidentaux, ne finissent pas par se rebeller, parfois durement ?

Cette vérité ne fait que renforcer les doutes sur l’existence même de ce fameux terrorisme au niveau qu’on tente de nous le faire admettre, si commode pour encadrer, sinon supprimer, certaines de ces libertés fondamentales. Ce Patriot Act aida à museler toute contradiction interne. Les néocons, ces éternels va-t-en guerre, ont de la mémoire, ils se rappellent le Vietnam. L’armée étasunienne était embourbée depuis des années dans un conflit de plus dont elle n’avait pas la moindre chance de sortir vainqueur, ce qui n’empêchait pas de toujours envoyer plus d’hommes, plus d’armement, c’est si bon pour les sociétés du complexe militaro-industriel. Si le conflit connut une fin, ce fut uniquement grâce à la mobilisation populaire contre cette guerre inique. Débutée grâce au monde étudiant, elle s’étendit à une large part de la population de tout âge et de toute condition. C’est ce large rassemblement contre les guerres à venir et déjà programmées que le Patriot Act se proposait de briser dans l’œuf, les chapitres à venir vont prouver à l’envi cette vérité.

Démocratie quand tu nous tiens, le 27 mai 2011, Obama signa une prolongation de quatre ans de ces textes scélérats, on a les lois qu’on mérite. Selon la Constitution étasunienne, ces mesures d’exception s’apparentant à l’état de siège,  doivent être représentées au Congrès tous les six mois, pour reconduction ou suppression. Jamais les élus n’eurent à discuter de ce texte depuis le 26 octobre 2001. Bien qu’essentiel pour la stricte limitation des libertés individuelles et collectives, il ne fut même pas lu par les membres du Congrès avant de le voter, il n’est donc guère étonnant qu’ils ne réclamèrent aucun examen de son suivi ! En corollaire et comme réclamé par le PNAC dont nous ferons connaissance dans un prochain chapitre, ce drame eut comme effet d’augmenter les budgets militaires, principalement étasuniens mais pas uniquement, d’une façon exponentielle. Effet secondaire, il déclencha aussi, un peu au même titre que le début de la Première Guerre mondiale en Europe, une acceptation quasi euphorique de ces guerres hégémoniques par les foules du monde industrialisé au grand complet. Elles démarrèrent en Afghanistan dans un premier temps, mais sans se donner vraiment les moyens de leurs prétendues ambitions, éradiquer le terrorisme. Onze mille hommes seulement furent initialement dépêchés sur place pour cette mission, moins que le nombre de policiers présents à Manhattan ! Savait-on déjà que l’important était surtout de donner l’impression de combattre ce mal sans faiblesse ? Ensuite ce fut l’Irak, sans vrai raison, sinon celles édictées en concordance avec les documents du PNAC et de son « Mein Kampf », critique extrêmement violente du docteur australien Helen Caldicott fin 2000 : « This is the new Mein Kampf. Only Hitler did not have nuclear weapons. It’s the scariest document I’ve ever read in my life. » (« Ceci est le nouveau Mein Kampf. La seule différence est que Hitler n’avait pas d’armes nucléaires. C’est le document le plus effrayant que j’ai jamais lu dans ma vie. ») Enfin, le 11 septembre permit de faire réellement tourner une structure datant de la guerre froide, la CoG, Continuity of Government détaillée dans le même prochain chapitre.

Michel Straugof

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