Sous-performance chronique de la machine de guerre étasunienne – 1ère partie


Par Hua Bin − Le 17 avril 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Les systèmes d’armement à basse densité, à coût élevé, usant d’une technologie dépassée et à faible capacité d’emport de munitions ne produisent pas les résultats attendus.

Dans mon article publié à la mi-mars sous le titre l’Iran a déjà gagné, j’ai analysé l’échec stratégique subi par les États-Unis après à peine un mois de guerre. Le simple fait que l’objectif de guerre étasunien soit passé du « changement de régime » au « maintien de l’ouverture du détroit d’Ormuz » indique la défaite stratégique des États-Unis, puisque le détroit était grand ouvert avant la guerre.

Dans le présent article, je vais analyser l’échec au niveau tactique pour exposer les sous-performances chroniques de l’appareil militaire étasunien. Au vu de la quantité de données nécessaires à cet exposé, j’ai décidé de séparer cette analyse en deux parties.

Pour commencer, exposons la dissonance cognitive totale de la classe dirigeante étasunienne, qui aura constitué le choc et la stupeur de cette guerre délibérée.

Le commandant en chef (ou pour être plus précis, le menteur en chef) se vante chaque jour de réussites militaires sans égales et menace d’escalades de violence, repris en écho par son lèche-bottes courtisan, le secrétaire aux crimes de guerre.

S’il faut les croire, l’armée des États-Unis est meilleure que la Wehrmacht de 1940, qui balaya la France et les Pays-Bas en 6 semaines. Ou que l’Armée Rouge soviétique qui tua quelque 140 000 soldats de l’Armée japonaise du Guandong et en fit 640 000 prisonniers en Extrême-Orient en exactement 23 jours, au mois d’août 1945.

Dans son esprit dérangé, Trump s’imagine sans doute comme une nuisance militaire plus grande encore pour le monde que la Horde d’or mongole.

Face à cela, la froide réalité du champ de bataille est là, qui contredit le narratif « victorieux ».

  • L’opération Epic Fury (Fichiers Epstein serait un sobriquet mieux adapté pour la désigner) a tué davantage de civils que de soldats iraniens.

L’attaque la plus meurtrière de la guerre n’a pas ciblé une garnison du corps des gardiens de la révolution islamique, mais l’école primaire pour filles de Shajareh Tayyebeh, située à Minab, touchée par une frappe de missiles Tomahawk à « triple impact » le premier jour de la guerre.

Trois Tomahawk distincts ont frappé le complexe scolaire en succession rapide entre 10h23 et 10h45, alors que les élèves étaient en classe, provoquant la mort d’au moins 175 personnes — pour la plupart des filles âgées de 7 à 12 ans.

Les données de ciblage avaient été fournies par le Projet Maven, un modèle d’IA militaire de Palantir conçu pour maximiser les pertes humaines. Cette guerre est censée être la grande fête de lancement de l’IA de Palantir. Premier arrêt : la ville du crime de guerre.

Accessoirement, le PDG de Palantir, Alex Karp, est un juif sioniste épris d’Israël. L’investisseur originel est Peter Thiel, l’antéchrist néo-nazi de la Silicon Valley. Vous en savez déjà assez pour comprendre le type d’entité qu’est Palantir.

Trump, l’escroc menteur qui tient lieu de « président », a eu l’indécence d’accuser fallacieusement l’Iran d’avoir attaqué l’école, plutôt que de présenter ses excuses comme l’aurait fait un être humain.

  • Israël et les États du Golfe vassalisés aux États-Unis sont martelés depuis le début de la guerre par les frappes de représailles iraniennes en œil pour œil sur des cibles militaires et énergétiques
  • Les États-unis ont perdu des milliards en actif et armes de haute valeur, comme des batteries de radars, des avions AWACS, des ravitailleurs et des avions de chasse, détruits par des drones et des missiles de faible portée, lancés à bas coût par l’Iran.
  • L’USS Gerald Ford, le porte-avions le plus avancé de la flotte des États-Unis, a quitté le combat pour l’Europe en raison d’« incendies dans la blanchisserie » et de toilettes bouchées avant d’avoir mené la moindre action.

Le porte-avions étasunien USS Lincoln, resté seul dans la zone, est contraint de battre retraite à plus de 1000 km des côtes iraniennes pour éviter de subir des frappes.

Il s’ensuit que toutes les attaques aériennes lancées depuis ce porte-avions doivent être soutenues par des ravitailleurs aériens. Les États-Unis en ont perdu au moins 7 jusqu’à présent.

  • Un grand nombre d’avions étasuniens ont été abattus ou détruits au sol par l’Iran, dont des F-35 Lightning II, des F-15E Strike Eagles, des A-10 Warthogs, des E-3 Sentries, des MQ-4C Tritons, des MQ-9 Reapers, des ravitailleurs KC-135, des transporteurs MC-130J, des HH-60G Pave Hawks, des hélicoptères MH-60M Black Hawk, et d’autres encore.

Cet ensemble contient presque tous les types d’actifs aériens déployés dans le Golfe par les États-Unis.

Chose étonnante, ces avions ont été abattus par une défense aérienne iranienne « totalement oblitérée » selon les dires de Trump, de Pete Hegseth et du Centcom depuis la deuxième semaine de guerre.

En comparaison de l’opération Tempête du Désert de 1991, au cours de laquelle les États-Unis avaient vraiment provoqué le choc et la stupeur dans le monde avec des frappes de précision et des assauts air-sol combinés, la guerre contre l’Iran fait pâle figure.

Et cela n’est certainement pas faute d’avoir essayé. Les États-Unis ont mis dans la guerre contre l’Iran toute la puissance de leur appareil militaire.

Le Pentagone a littéralement déployé l’ensemble de ses principaux actifs aériens et navals dans la guerre, des groupes de frappe de porte-avions Gerald Ford et Lincoln aux chasseurs furtifs F-22 et F-35, en passant par les bombardiers B-2 et B-52, ainsi que leurs systèmes de défense aérienne les plus avancés : THAAD, Aegis et Patriot.

Il a également déployé toutes les principales munitions de précision de son arsenal offensif et défensif, y compris celles à distance de sécurité.

On trouve parmi celles-ci les Tomahawk, les missiles AGM-158A/AGM-158B (JASSM/JASSM-ER), les intercepteurs SM-3, les intercepteurs THAAD, les intercepteurs Patriot PAC-3, les missiles anti-bunkers GBU-31 et GBU-57, les ATACMS et les missiles de frappe de précision à longue portée (PrSM).

Il s’agit véritablement des meilleures armes dont disposent les États-Unis dans l’ensemble de leur arsenal conventionnel.

Le Pentagone a posé toutes ses cartes sur la table. En cas d’autre scénario de conflit, comme à Taïwan, les États-Unis n’ont plus aucune « arme miracle » pour se battre.

Même face aux défenses aériennes très limitées de l’Iran, qui accusent un retard de deux à trois générations sur celles de la Chine ou de la Russie, la puissance de feu massive des États-Unis a échoué à dégrader significativement la puissance militaire iranienne ou à réprimer sa contre-offensive.

Et l’Iran ne disposait pas non plus d’une vraie marine ou d’une véritable armée de l’air au début de la guerre. Par exemple, le cœur de son armée de l’air était constitué de F-4 Phantoms, fabriqués dans les années 1950 et 1960. Et son principal navire de guerre, l’IRIS Makran, était un pétrolier reconditionné.

Outre l’acte d’ouverture par des assassinats en traître, la plupart des « accomplissements réalisés par les États-Unis semblent être la destruction d’infrastructures énergétiques et civiles iraniennes, comme des centrales, des ponts, des hôpitaux, des usines de dessalement d’eau de mer et des universités.

Au moment du cessez-le-feu du 8 avril, 67 000 cibles civiles avaient été frappées en Iran. Plus de 3000 civils ont été tués.

Mais la puissance militaire iranienne restait en grande partie intacte, surtout ses stocks de missiles et de drones, entreposés dans des abris renforcés, souvent creusés dans les montagnes.

Qui plus est, sa structure opérationnelle décentralisée en « mosaïque » s’est révélée résiliente, et a permis à l’Iran d’organiser des contre-attaques efficaces.

Trump et Hegseth ont affirmé sans relâche que les défenses aériennes iraniennes étaient « complètement oblitérées » — pour se voir contredits par les faits sur le terrain, avec la perte d’un F-35 le 19 mars ainsi que de deux F-15E et d’un A-10 Warthog le 3 avril.

Au cours de la mission de sauvetage qui a alors été lancée pour récupérer l’officier de tir éjecté de l’un des F-15, deux avions de transport MC-130J, d’une valeur unitaire de 120 millions de dollars, et plusieurs Pave Hawks HH-60G (la variante search and rescue du Black Hawk) ont également été détruits.

Les États-Unis ont perdu un demi-milliard d’actifs volants en 48 heures, les 3 et 4 avril.

Hegseth et le Centcom ont également affirmé fallacieusement que plus de 90% des lanceurs de missiles et de drones offensifs iraniens avaient été détruits dès la deuxième semaine de guerre.

Au lieu de cela, nous avons vu un afflux constant de missiles de plus en plus sophistiqués ainsi que les 136 drones suicides à bas coût Shahed, qui ont pénétré les défenses étasuno-israéliennes et frappé de nombreuses cibles en Israël et dans les États vassaux du Golfe, surtout des bases étasuniennes.

Les attaques iraniennes ont réussi à faire tomber des actifs militaires extrêmement précieux et irremplaçables, comme les batteries de radar stratégiques (AN/FPS-132 et AN/TPY-2). L’Iran fait disparaître les radars et senseurs étasuno-israéliens, modifiant la trajectoire de la guerre | Responsible Statecraft

Le 27 mars s’est transformé en Vendredi noir pour l’armée de l’air étasunienne lorsque l’Iran a réussi à attaquer la base aérienne de Prince Sultan en Arabie Saoudienne au moyen d’essaims de drones et de missiles balistiques, au cours de sa 84ème vague d’attaques.

Un E-3G Sentry (600 à 700 millions de dollars) et 3 Stratotankers KC-135 (100 millions de dollars chacun) ont été détruits au sol.

L’AWACS (Airborne Warning and Control System) E-3G Sentry est la version la plus avancée de la plateforme E-3 ; il tient lieu d’« œil du ciel » de haute altitude pour l’aviation étasunienne. Il tient le rôle de plateforme de gestion de commande et de contrôle (C2) et de batailles aériennes (ABM – Air Battle Manager).

Les États-Unis disposent au niveau mondial d’une flotte totale de 16 Sentries E-3, dont seulement 7 ou 8 sont en conditions opérationnelles. Toute perte est dans les faits irremplaçable, car la production de ces appareils a été arrêtée depuis longtemps, et le nouveau Wedgetail E-7 ne doit prendre du service qu’en 2028 au plus tôt.

Jusqu’au 31 mars , l’Iran a détruit ou endommagé 8 à 12 lanceurs de missiles Patriot et véhicules radars au Qatar, en Arabie Saoudite, au Bahrein et aux Émirats Arabes Unis. Chaque système de missiles Patriot coûte entre 1 et 1,2 milliards de dollars.

En dehors de la pratique ouverte, sans limite et barbare de crimes de guerres, on doit se poser la question — où l’écrasante puissance militaire étasunienne se trouve-t-elle? Que nous enseigne la guerre concernant les véritables capacités de la machine de guerre étasunienne?

Et, du point de vue chinois, quels sont les enseignements de la guerre iranienne pour préparer un futur conflit direct contre les États-Unis ?

C’est avec un intérêt prononcé que les observateurs militaires chinois ont scruté la guerre en Iran. Leur conclusion est que la machine de guerre étasunienne, le fleuron de ce que ce pays peut établir, n’a pas été à la hauteur.

Si elle a infligé d’importants dégâts aux cibles iraniennes, pour la plupart des sites civils sans défense, les réussites militaires concrètes sont tout à fait médiocres.

En revanche, les pertes américaines ont été tout simplement stupéfiantes. Malgré l’assassinat de l’Ayatollah — une cible vulnérable — rien de ce que les États-Unis ont détruit en matière d’actifs militaires iraniens n’est comparable, et de loin, aux pertes qu’ils ont eux-mêmes subies.

Les plateformes étasuniennes à haut coût détruites ou endommagées par l’Iran comprennent un radar stratégique d’alerte précoce à réseau phasé AN/FPS-132 PAVE PAWS (1,1 milliards de dollars), 3 radars THAAD AN/TPY-2 (400 à 700 millions de dollars l’unité), un AWACS E-3 Sentry (coût original de 300 à 400 millions de dollars, coût de remplacement à 700 millions), 7 Stratotankers (ravitailleurs) KC-135 (100 millions de dollars l’unité), au moins 4 chasseurs lourds F-15E (100 millions l’unité), 2 jets d’attaque A-10 Warthogs (20 à 30 millions l’unité), un Triton MQ-4C (180 à 220 millions l’unité), 17 à 19 Reapers MQ-9 (30 millions), et un chasseur furtif F-35A Lightning (83 à 95 millions).

Concernant la campagne de bombardement, les États-Unis ont tiré au moins 850 missiles de croisière Tomahawk (coût unitaire de 2,5 à 3,6 millions de dollars), leur stock complet des derniers missiles de frappe de précision (PrSM, Precision Strike Missile) (1,8 à 2,7 millions), plus de 1000 missiles de croisière à distance de sécurité AGM-158 JASSM-ER (1,2 millions) et une quantité inconnue d’ATACMS plus anciens (1,5 millions). L’armée des États-Unis épuise rapidement son stock de missiles de précision dès le début du conflit en Iran.

Pour se défendre contre les drones et missiles iraniens, les États-Unis ont tiré 100 à 150 intercepteurs de premier plan THAAD (12 à 15 millions de dollars), 90 missiles SM-3 (24 millions), plus de 1000 intercepteurs Patriot PAC3 (4 millions), une quantité inconnue de missiles air-air AIM-120D (1,2 à 1,8 millions l’unité), et 4% de leurs stocks de missiles AGM-88Gs (2,3 millions) de suppression des défenses aériennes ennemies (SEAD – Suppression of Enemy Air Defenses) contre les sites de radars iraniens.

Il me semblait qu’une somme d’un million de dollars représente beaucoup d’argent, mais avec ça, on n’achète même pas un seul des divers missiles tirés à l’envie et financés par le contribuable étasunien.

Il n’est pas étonnant que les États-Unis soient le pays le plus riche de la planète, doté du PIB le plus grand (c’est l’avantage d’avoir des coûts sur-gonflés pour tout).

Malheureusement pour les États-Unis, il va s’avérer nettement plus compliqué d’imprimer des missiles que d’imprimer des billets verts.

Le coût de remplacement, en termes monétaires, de la consommation et des pertes d’armes étasuniennes en comparaison à celles subies par l’Iran, dépasse largement les 50 à 100 pour 1. Il est à noter que les contre-attaques iraniennes principales sont composées de missiles balistiques coûtant quelques centaines de milliers de dollars, et de drones coûtant moins de 30 000 dollars.

Les estimations prudentes des coûts étasuniens (en dehors de pertes d’actifs non signalées), rien que pour les munitions et armements détruits, s’évaluent entre 30 et 40 milliards de dollars pour les 40 premiers jours de guerre, selon le CSIS.

En outre, certains systèmes d’armement perdus sont irremplaçables (par exemple, l’AWACS E-3 Sentry et le ravitailleur KC-135), leur production ayant déjà été arrêtée. D’autres, comme les THAAD ou les radars PAVE PAWS pourront être remplacés en 5 à 8 années, en supposant que les États-Unis aient accès aux terres rares nécessaires à leur production.

Le CSIS a souligné que les États-Unis commençaient à manquer de certains éléments de terres rares et minerais critiques nécessaires à la construction de ces armes de haute technologie, comme le néodyme, le samarium, le terbium, l’yttrium, l’antimoine, le gallium, le germanium et le tungstène.

On rapporte que les stocks de terres rares étasuniens n’excèdent pas les deux mois de consommation.

Les systèmes d’armement affectés, selon le CSIS, comprennent le radar THAAD (AN/TPY-2), le F-35 Lightning II, le destroyer Arleigh Burke, le sous-marin de classe Virginia, tous les missiles et intercepteurs supersoniques, et même de petits missiles comme les Stinger ou les Javelin.

Toutes les terres rares et minerais critiques précités font l’objet dans les faits d’un monopole chinois (plus de 95% de la production mondiale), et ce pays a établi des interdictions strictes d’exportation de ces éléments pour l’armée étasunienne.

Si la Chine maintient son embargo sur les exportations (y a-t-il quelqu’un pour penser qu’elle ne le fasse pas?), la production de guerre étasunienne va s’arrêter, à moins qu’elle ne découvre par miracle des moyens de substitution.

Mais la capacité d’emport de munitions de la machine de guerre étasunienne est peut-être plus choquante encore que les pertes subies par les États-Unis.

Elle est tellement faible que la question suivante se pose : les États-Unis peuvent-ils mener une guerre industrialisée moderne ?

L’armée étasunienne a été exposée comme une armée de boutique, dotée d’armements à coût élevé et à faible densité, totalement insuffisants pour les guerres modernes de haute technologie qui consomment les armes en quantités prodigieuses, définies par des essaims de drones et des salves de missiles de saturation.

Considérons quelques chiffres.

    • Les États-Unis disposent de 11 groupes de frappe de porte-avions. Actuellement, un seul d’entre eux, l’USS Lincoln, est en mission de combat. L’USS Gerald Ford a subi l’humiliante affaire des toilettes bouchées et d’un « incendie dans la blanchisserie » qui a duré 33 heures avant toute action de terrain, et a dû battre retraite pour être réparé.

Bien qu’au 15 avril, il se soit retrouvé en mission depuis 297 jours, battant le record du plus long déploiement de porte-avions depuis la guerre du Vietnam, il est envoyé en toute hâte sur le théâtre du Moyen-Orient, faute d’alternative. Pas de répit pour les méchants 🙂

Un autre porte-avions, l’USS George H.W. Bush, fait route en Atlantique vers le Golfe Persique, en évitant la Mer Rouge de crainte de subir une attaque de la part des Houthis.

Les États-Unis sont en mesure de rassembler, au mieux, 3 porte-avions pour mener une guerre majeure. L’un d’entre eux, l’USS George Washington, assure la « défense du Pacifique » dans son port d’attache de Yokosuka, au Japon. Le reste est à l’amarre sur des quais aux États-Unis ou en attente de mise en service.

    • Les États-Unis disposent au niveau mondial de 6 radars stratégiques PAVE PAWS ; 3 sont déployés aux États-Unis ; et le plus avancé d’entre eux (AN/FPS-132) a été détruit sur la base aérienne d’Al Udeid, au Qatar, par un drone kamikaze ;
    • Les États-Unis disposent de 11 systèmes de défense aérienne THAAD pour le monde entier ; au moins 3 ont été détruits en Arabie Saoudite, en Jordanie et aux EAU ; les États-Unis ont tiré plus de 150 intercepteurs THAAD (12 à 15 millions de dollars l’unité) durant la guerre de 12 jours de juin 2025, à peu près 25% de leur stock de l’époque ; ils ont tiré 198 autres intercepteurs durant les 16 premiers jours de la guerre plus récente, soit à peu près 40% de l’inventaire disponible au début de la guerre.
    • L’inventaire étasunien d’avant-guerre était de 414 missiles intercepteurs SM-3 ; 80 à 92 ont été utilisés, 22% environ de l’inventaire total mondial au cours du premier mois de guerre ; la production annuelle est de 60 à 72 unités (36 à 48 unités SM-3 Block IB, 24 unités SM-3 IIA).
    • L’inventaire d’avant-guerre était de 2300 AGM-158 JASSM-ER ; les États-Unis en ont tiré plus de 1000 au cours du premier mois ; à la mi-avril, seuls restent 425 missiles JASSM opérationnels, utilisables hors du Moyen-Orient — assez pour une mission de 17 bombardiers B-1B, selon Bloomberg ; production annuelle : 396 unités
    • La dernière munition étasunienne en date, dévoilée lors de la guerre en Iran, est le PrSM (Precision Strike Missile), lancé par des HIMARS et conçu pour remplacer le missile balistique tactique ATACMS.

Il a été présenté comme nouvelle « arme miracle » pour le théâtre du Pacifique avec son rayon d’action de 500km (nous verrons comment il se classe par rapport au PCL-191 chinois, également connu sous le nom de PHL-16, en deuxième partie de l’article. Attention, je divulgâche : il ne fait pas le poids).

Malgré le battage médiatique, les États-Unis ont épuisé tout leur stock de PrSM en quelques semaines en Iran. L’armée des États-Unis épuise son stock de missiles de frappe de précision dès le début du conflit en Iran.

Avec une capacité d’emport de munitions aussi faible, les États-Unis ont échoué à l’emporter sur une puissance beaucoup plus faible qu’eux.

En cas de conflit de premier plan contre la Chine pour Taïwan, ou en Mer de Chine du Sud, les États-Unis épuiseront leurs munitions, perdront et capituleront en moins de quelques semaines.

Même si l’on fait acte de charité en supposant qu’ils ne subissent pas une défaite immédiate (comme prévu par le rapport Overmatch Brief produit par le Pentagone lui-même en 2026), le pays fera faillite tout aussi rapidement.

Pour dire les choses simplement, les États-Unis n’ont pas assez de force pour tordre le bras à l’Iran, et encore moins pour tenir lieu de « gendarme du monde ».

Un autre enseignement clé de la guerre est le dépassement des technologies utilisées par l’armée des États-Unis. Les observateurs militaires chinois ont remarqué que la majorité des systèmes d’armement sur lesquels comptaient les forces étasuniennes étaient des reliques de la première Guerre Froide. Nombre d’entre eux ont cinquante ans ou plus.

Dans la seconde partie de l’article, j’analyserai en détail le déclassement des plateformes d’armement étasuniennes, et les comparerai avec leurs homologues chinoises. Je discuterai de la manière dont la Chine peut vaincre l’armée des États-Unis grâce à une puissance de feu écrasante et une technologie moderne.

Hua Bin est un ancien cadre dirigeant chinois l’auteur du blog Hua’s Substack, où il publie des analyses sur des sujets liés à la Chine, au commerce, à la technologie et aux affaires militaires. Sa ligne éditoriale affichée est de se concentrer sur « pas d’idéologie, seulement des données et des faits »

Traduit par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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