Royaume-Uni, Russie et propagande d’État, vous vous en doutiez, voici les faits :


The « Integrity Initiative » est un organisme financé par le gouvernement britannique qui a pour mission de diffuser de la propagande anti-russe et d’influencer l’opinion publique, les militaires et les gouvernements d’un certain nombre de pays. Ce qui suit est une analyse, à compléter, du troisième lot de documents qui a été publié hier.


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama – Le 15 décembre 2018

Christopher Nigel Donnelly (CND) est co-directeur de l’Institute for Statecraft et fondateur de son émanation Integrity Initiative. L’Initiative « défendre la démocratie contre la désinformation ».

Integrity Initiative y parvient en semant de la désinformation sur l’influence présumée de la Russie par l’intermédiaire de « cellules de journalistes » en Europe et aux États-Unis.

L’Institut et l’Initiative prétendent tous deux être des organisations non gouvernementales indépendantes. Les deux sont financées par le gouvernement britannique, l’OTAN et d’autres donateurs étatiques.

Parmi les documents dévoilés par des anonymes des serveurs de l’Institut, on trouve plusieurs articles sur Donnelly ainsi que des mémos écrits par lui. Ils affichent un esprit russophobe avec un manque de pensée stratégique réaliste.

Il existe également un fichier (pdf) avec une copie de son passeport :

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Par son curriculum vitae (pdf), nous apprenons que Donnelly était un soldat de longue date du corps du renseignement de l’armée britannique, où il a créé et dirigé le Centre de recherche en études soviétiques de RMA Sandhurst. Plus tard, il a participé à la création du FMSO (Foreign Military Studies Office) de l’armée américaine à Fort Leavenworth. Il a travaillé au ministère de la Défense britannique et a été conseiller de plusieurs secrétaires généraux de l’OTAN. Il est administrateur du Statecraft Institute depuis 2010. Donnelly conseille également le ministre des Affaires étrangères de Lituanie. Il est un « Mentor principal de la sécurité et de la justice » de l’Unité de stabilisation du Royaume-Uni, qui est chargée de déstabiliser divers pays. Il est colonel honoraire du groupe de spécialistes du renseignement militaire (SGMI).

Durant son service en tant qu’analyste du renseignement militaire dans les années 1980, Donnelly a écrit plusieurs livres et documents sur l’Union soviétique et ses forces armées.

Donnelly semble être obsédé par la « menace russe » et il est déterminé à la combattre par tous les moyens. Sa paranoïa est évidente dans un rapport « privé – confidentiel » du Statecraft Institute intitulé The Challenge of Brexit to the UK : Case study – The Foreign and Commonwealth Offices (pdf) :

« Notre problème est que, depuis environ 70 ans, au Royaume-Uni et en Europe, nous vivons dans un système sûr, reposant sur des règles, qui nous a permis de profiter de vacances de l’histoire.

Malheureusement, cet état de fait est maintenant remis en question. Un nouveau paradigme de conflit remplace le paradigme des 19ème et 20ème siècles …

Dans ce nouveau paradigme, la distinction claire que la plupart des gens ont pu faire entre guerre et paix, leurs attentes en matière de stabilité et une certaine prévisibilité de la vie, sont remplacées par une imprévisibilité volatile, un état d’instabilité permanent dans lequel la paix se voit de plus en plus difficilement. La compréhension « classique » du conflit entre deux acteurs ou groupes d’acteurs distincts cède la place à un monde darwinien de concurrence où tous les acteurs – États-nations, acteurs sous-étatiques, grandes entreprises, groupes ethniques ou religieux, etc. luttent constamment les uns contre les autres dans une « guerre de tous contre tous ». Le système occidental fondé sur des règles, que la plupart des Occidentaux considèrent comme allant de soi et que l’on pense en général comme étant « normal », est attaqué par des pays et des organisations qui souhaitent remplacer notre système par le leur. Ce n’est pas une crise à laquelle nous sommes confrontés ; c’est un défi stratégique, et de plusieurs origines simultanément. »

En réalité, le « système occidental fondé sur des règles », pleinement mis en œuvre après la disparition de l’Union soviétique, est un concept selon lequel « l’Occident » établit des règles de manière arbitraire et menace de tuer tous ceux qui ne les respectent pas. Voyez la guerre contre la Serbie, contre l’Irak, la destruction de la Libye, le coup d’État dirigé en Ukraine et la guerre menée par les mandataires djihadistes contre les peuples syrien et irakien. Aucune de ces actions n’était légale en droit international. Exiger le retour au strict respect du droit international, comme le font actuellement la Russie, la Chine et d’autres pays, ce n’est pas une tentative de remplacer « notre système par le leur ». C’est un retour à l’état normal de la diplomatie mondiale. Ce n’est certainement pas une « compétition darwinienne ».

En octobre 2016, Donnelly a eu une discussion privée avec le général Sir Richard Barrons (pdf), qualifiée de personnelle et confidentielle. Barrons est un ancien commandant du British Joint Forces Command. La ligne de mire absurde est la suivante : « Le modèle de défense britannique est en train d’échouer. Le Royaume-Uni court un risque réel. »

Certaines pépites intéressantes révèlent à nouveau un état d’esprit paranoïaque. La conversation inclut également des vérités réalistes sur la posture militaire britannique, que Barrons et d’autres ont créée :

« Il y a eu une démobilisation progressive et systémique des capacités militaires de l’OTAN et une réduction graduelle des défenses de tous ses membres

Nous voyons des méthodes de guerre nouvelles/réinventées – hybrides, ainsi que la réaffirmation de la force brute en situation de guerre

Les porte-avions peuvent être utiles pour beaucoup de choses, mais pas pour la guerre contre la Chine ou la Russie, nous devrions donc les équiper en conséquence …
L’Occident n’a plus d’avantage militaire sur la Russie …
Notre programme nucléaire draine les ressources des forces conventionnelles et les épuise …
La brigade britannique en Allemagne ne constitue pas un moyen de dissuasion efficace contre la Russie …
Nos bataillons en Estonie sont des otages et non des moyens de dissuasion … »

Le général déplore le peu d’influence de l’armée sur le gouvernement britannique et son peuple. Il plaide pour davantage de recherches menées par des groupes de réflexion financés par le gouvernement et pouvant nourrir sa doctrine en retour :

« Donc, si aucune catastrophe n’arrive à réveiller les gens et à exiger une réponse, nous devons trouver un moyen d’amener le noyau du gouvernement à prendre conscience du problème et à le sortir de l’espace politique. Nous devrons imposer des changements par-dessus les intérêts personnels. NB : Nous l’avons fait dans les années 1930.

Ma conclusion est que c’est nous qui devons soit provoquer le débat, soit attendre que quelque chose de terrible se produise pour nous faire passer à l’action. Nous devons générer un débat indépendant en dehors du gouvernement.

Nous devons demander quand et comment nous commencerons à régler tout cela ? Avons-nous les capacités nationales pour y remédier ? Si oui, comment pouvons-nous améliorer notre utilisation des ressources pour le faire ? Nous avons besoin de ce débat maintenant. Il n’y a pas un moment à perdre. »

C’était une injonction, venant du cœur de la pensée britannique, demandant à Donnelly d’approfondir ses activités dans le domaine de l’influence britannique. Provoquer le battage médiatique autour de la menace russe afin que plus d’argent puisse être retiré des «intérêts acquis» du peuple et jeté dans la machinerie militaire.

Cet avis particulier du général Barrons a été écouté. En 2017, l‘Integrity Initiative a sollicité un financement du ministère de la Défense (pdf) pour divers projets visant à influencer le public, le parlement et le gouvernement, ainsi que les forces étrangères. La liste des demandes contient des « indicateurs de performance » censés mesurer le succès de ses activités. Le principal indicateur d’activité proposé par l‘Initiative est une « position plus ferme dans la politique du gouvernement à l’égard de la Russie ».

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Demander aux finances publiques d’influencer le gouvernement pour qu’il « adopte une position plus dure vis-à-vis de la Russie » semble un peu tourner en rond. Mais cela est compatible avec le fonctionnement d’autres groupes de réflexion anglo-américains et d’initiatives politiques dans le cadre desquelles une partie du gouvernement, généralement les faucons, utilise secrètement des ONG et des groupes de réflexion pour faire pression sur d’autres parties du gouvernement afin de soutenir leur cheval de bataille spécifique et renforcer leur budget.

Voici comment c’est fait. Les « experts » de l‘Institute for Statecraft et de Integrity Initiative, une organisation caritative, ont témoigné devant le Parlement britannique. Alors qu’ils étaient effectivement payés par le gouvernement, ils ont fait pression sur le Parlement sous le couvert de leur statuts d’ONG. Cette circularité permet également d’utiliser des intermédiaires internationaux. Des membres de la cellule espagnole (pdf) de l’Initiative ont témoigné devant le Parlement britannique au sujet du référendum catalan et des allégations connexes portées contre Julian Assange, éditeur de Wikileaks. (Il est probable que ce témoignage a conduit à un changement de position du gouvernement équatorien vis-à-vis d’Assange).

Malheureusement, ou heureusement, ces opérations de lobbying sont principalement dirigées par des personnes incompétentes dans le domaine spécifique pour lequel elles exercent des pressions. Chris Donnelly, malgré une longue expérience du renseignement militaire, n’a manifestement aucune compétence en tant que stratège ou planificateur militaire.

En mars 2014, peu après la séparation de la Crimée, Donnelly a suggéré à l’Ukraine de prendre des mesures militaires (pdf) en ce qui concerne celle-là :

« Si j’étais en charge, je demanderais le plus vite possible la mise en œuvre de ce qui suit

1- Installer un cordon sanitaire à travers l’isthme de Crimée et sur la côte nord de la Crimée avec des troupes et des mines ;
2- Miner le port et la baie de Sébastopol. Cela peut être fait facilement en utilisant un ferry-boat s’il n’y a pas de poseur de mines.  Ils n’ont pas besoin de beaucoup de mines pour être efficaces. Ils pourraient facilement les acheter ;
3- Activer leur force aérienne dans les airs et toutes leurs défenses aériennes. S’ils ne peuvent pas piloter les Migs dans l’espace aérien de la Crimée, ceux-ci doivent être détruits comme preuve de détermination. « Réveiller » l’électronique inquiétera les Russes, car les Ukrainiens disposent du même matériel électronique. Si les Russes brouillent les transmissions ukrainiennes, ils brouilleront également les leurs.
4- L’Ukraine possédait des armes très importantes, comme un gros canon anti-satellite à micro-ondes. Si elle a toujours cela, elle devrait l’utiliser.
5- Le gouvernement a besoin d’une campagne de communication stratégique – jusqu’à présent, tout vient de Moscou. Ils doivent articuler une vision à long terme qui inspirera la population, aussi difficile soit-elle. Sans cela, pourquoi les gens iraient-ils à se battre ?
6- Ils devraient demander maintenant à l’Ouest de commencer à fournir du pétrole et du gaz. Il y en a beaucoup en raison de la douceur de l’hiver.

J’essaie de faire passer ce message. »

Imaginez un instant comment la Russie aurait réagi au minage du port de Sébastopol, au sabotage de ses satellites ou à la destruction de ses avions de combat en Crimée. Ces « postures » auraient constitué des actes de guerre illégaux contre les forces d’une puissance nucléaire, légalement stationnées en Crimée. Et comment l’Occident pourrait-il approvisionner immédiatement l’Ukraine en gaz alors que le réseau de gazoducs ukrainiens est conçu pour recevoir le gaz de manière unidirectionnelle de la Russie ?

Une pensée aussi cinglée est typique de l’Institut et de sa propagande. Hugh Benedict Nimmo est l’un des employés/contractants de l’Initiative, il a été payé pour produire une propagande anti-russe qui a ensuite été diffusée dans diverses publications occidentales.

Selon les dossiers (encore très incomplets) d’Initiative, Ben Nimmo a reçu 2 500 £ d’honoraires mensuels entre décembre 2015 et mars 2016. En août 2016, il a envoyé une facture (pdf) de 5 000 £ pour son « Travail d’août pour Integrity Initiative ». Un planning de production (pdf) de mars à juin 2016 répertorie les produits et activités de Nimmo :

  • « 17 mars Atlantic Council : Oui, Poutine croit vraiment à sa propre propagande, par Ben Nimmo.
  • 21 mars Newsweek : Ben Nimmo, la paranoïa de Poutine guide ses aventures à l’étranger.
  • 22 mars, Chambre des communes du Royaume-Uni : la guerre de l’information en Russie : la réalité Potemkine, Jonathan Eyal et Ben Nimmo.
  • Mi-mai : Conseil de l’Atlantique : distraire, tromper, détruire : Poutine et la guerre en Syrie. Ben Nimmo et al (étude majeure).
  • Période début mai : pénétration de la Russie en Allemagne, Harold Elletson, Ben Nimmo et al – 10 000 mots.
  • Calendrier de juin : Atlantic Council, grand rapport sur la théorie du complot russe et la politique étrangère, Ben Nimmo (lancement potentiels d’événements à Londres et/ou à Washington).
  • Fin juin : cartographie de la machine à influencer russe, Ben Nimmo – 10 000 mots? »

On peut se demander à quelle fréquence Ben Nimmo a facturé ses différents sponsors pour ses copier-coller de pamphlets imaginaires.

À la fin de 2017, Ben Nimmo et Carole Cadwalladr, « journalistes » du Guardian, ont diffusé des allégations selon lesquelles la Russie aurait utilisé des publicités de Facebook pour influencer la décision relative au Brexit. Cadwalladr a même reçu un prix pour son travail. Malheureusement, le prix n’a pas été révoqué lorsque Facebook a révélé que les comptes « liés à la Russie » avaient dépensé un total de 97 centimes d’euro sur les annonces du Brexit. Personne ne comprend comment cela a suffi pour atteindre l’objectif prétendu.

Cadwalladr est citée en tant que conférencière (pdf) lors d’une réunion sur le « partage des compétences » organisée par l’Institut les 1er et 2 novembre sous le titre: « S’attaquer aux outils d’influence malveillants – Soutenir le journalisme du 21e siècle ».

Cette année, Ben Nimmo est devenu célèbre pour avoir prétendu que plusieurs personnes réelles ayant des opinions individuelles étaient des « trolls russes ». Comme nous l’avions noté :

« Nimmo, et plusieurs autres andouilles cités dans l’article, ont conclu que Ian56 était un troll payé par le Kremlin et non une personne réelle. À côté de Ian56, Nimmo a « identifié » d’autres comptes de « trolls russes » :

Ben Nimmo @benimmo – 10h50 UTC – 24 mars 2018
Un compte particulièrement influent (à en juger par le nombre de gens qui l’ont ensuite retweeté) était @ValLisitsa, qui publie en anglais et en russe. L’année dernière, ce compte a rejoint la campagne troll-factory #StopMorganLie.

Si Nimmo, un ancien porte-parole de l’OTAN, avait reçu une éducation décente, il aurait su que @ValLisitsa, alias Valentina Lisitsa, est une célèbre pianiste américano-ukrainienne. Oui, elle tweete parfois en russe à ses nombreux fans en Russie et en Ukraine. Est-ce maintenant un crime ? Les vidéos de ses performances mondiales sur Youtube ont été vues plus de 170 millions de fois. Il est absurde de prétendre qu’elle est un « troll russe » et d’insinuer qu’elle utilise l’argent du Kremlin pour relayer les opinions des « trolls russes ».

L’équipe d’experts de l’Institute for Statecraft (pdf) répertorie plusieurs personnes issues du renseignement militaire ainsi que de nombreux « journalistes ». L’un d’eux est :

Mark Galeotti
Spécialiste de la réflexion stratégique russe ; de l’application de la désinformation russe et de la guerre hybride ; de l’utilisation du crime organisé comme arme de guerre hybride. Compétences pédagogiques et de mentorat, y compris dans un environnement américain et européen et dans le monde de l’entreprise.
Linguiste russe

Galeotti est le fameux inventeur de la « doctrine Gerasimov » et de la propagande à propos de la prétendue guerre « hybride » de la Russie. En février 2013, le général russe Valery Gerasimov, alors chef de l’état-major russe, a publié un article analysant la manière dont l’Occident menait un nouveau type de guerre en mélangeant propagande, mercenaires et forces militaires dans une seule opération unifiée.

Galeotti a affirmé que l’analyse par Gerasimov des opérations « occidentales » était une nouvelle doctrine russe de « guerre hybride ». Il a inventé le terme « doctrine Gerasimov » qui a ensuite pris son essor dans le domaine de la propagande. En février 2016, la Military Review de l’US Army a publié une analyse plus longue du document de Gerasimov qui réfutait le non-sens (pdf). Conclusion de l’analyse :

« L’article de Gerasimov ne propose pas un nouveau mode de guerre russe ni une guerre hybride, comme cela a été dit en Occident. »

Mais le propagandiste anti-russe répète sans cesse le non-sens de Galeotti. Seulement en mars 2018, cinq ans après que Galeotti ait inventé la « doctrine Germasimov » et deux ans après qu’il a été complètement démystifié, il s’est finalement rétracté :

« Partout, vous trouverez des érudits, des experts et des décideurs politiques qui parlent de la menace que représente pour l’Occident la ‘Doctrine Gerasimov’ – du nom du chef de l’état-major de la Russie. C’est un nouveau mode de guerre, ‘une théorie élargie de la guerre moderne’ ou même ‘une vision de la guerre totale’.

Il y a un petit problème. Ça n’existe pas. Et plus nous prétendons que cela dure longtemps, plus nous comprenons mal le défi – réel, mais différent – que pose la Russie.

Je pense pouvoir dire cela parce que, à mon grand regret, j’ai créé ce terme, qui a depuis joué un rôle destructeur, envahissant maladroitement le monde pour semer la peur et la haine sur son passage. »

Le « spécialiste de la pensée stratégique russe » de l’Institute for Statecraft, expert en matière de désinformation et de guerre hybride, a créé une doctrine russe inexistante et l’a utilisée pour faire pression en faveur de mesures anti-russes. Comme Ben Nimmo, il illustre parfaitement la qualité des experts et du travail de l’Institut.

L’un des documents récemment publiés intitulé CND Gen List 2 (pdf) (CND = Chris Nigel Donnelly) inclut les noms et adresses électroniques d’un certain nombre de membres des forces armées, du gouvernement et des groupes de réflexion. Le diffuseur anonyme des documents affirme que la liste est celle « des employés ayant assisté à une réunion à huis clos avec les casques blancs [syriens] ». (Aucun document confirmant cela n’a encore été publié). Un nom de la liste présente un intérêt particulier :

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  1. Le nom surligné, Pablo Miller, était l‘officier traitant et ami de Sergej Skripal, l’agent double britannique qui avait été « novichoké » à Salisbury. Lorsque le nom de Miller fut mentionné dans la presse, le gouvernement britannique publia une D-Notice pour interdire sa publication ultérieure.
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Comme nous l’avons écrit en avril :

« Pablo Miller, un agent britannique du MI6, avait recruté Sergej Skripal. L’ancien agent du MI6 à Moscou, Christopher Steele, était également impliqué dans l’affaire. Skripal a été attrapé par les services de sécurité russes et est allé en prison. Pablo Miller, recruteur du MI6, était également le responsable de Sergej Skripal après sa libération par la Russie dans le cadre d’un échange d’espions. Il vivait également à Salisbury. Christopher Steele et Pablo Miller travaillent tous deux pour Orbis Business Intelligence, qui a monté le ‘Dossier infâme’ contre Donald Trump. »

En 1979, avant de devenir un espion, Pablo Miller a servi au 4ème régiment royal de chars. (Le « journaliste » de la BBC Newsnight, Mark Urban, qui a ensuite publié un livre basé sur des interviews de Skripal, a servi avec Miller dans le même régiment.) La devise du 4ème régiment était « Fear Naught » [Sans peur]. L’adresse électronique de Pablo Miller donnée dans la liste de Chris Donnelly est fearnaught4rtr@hotmail.com.

Au tout début de l’affaire Skripal, avant que l’on parle de « Novichok », nous avons demandé si Skripal était impliqué dans la création du « Dossier infâme », aujourd’hui démystifié, et si c’était une raison pour que certains initiés britanniques le retirent du circuit :

Voici des questions :

  • Skripal a-t-il aidé Steele à constituer le « Dossier infâme » sur Trump ?
  • Les anciennes relations de Skripal étaient-elles utilisées pour contacter d’autres personnes en Russie afin qu’elles diffament Trump ?
  • Skripal a-t-il menacé d’en parler ?

    S’il y a un lien entre le dossier et Skripal, ce qui me semble très probable, il existe alors un certain nombre de personnes et d’organisations susceptibles de vouloir le tuer. De nombreux habitants et responsables des deux côtés de l’Atlantique ont participé à la création et à la gestion de la campagne anti-Trump/anti-Russie. Plusieurs enquêtes ont été menées et du linge très sale pourrait être découvert un jour. Supprimer Skripal tout en accusant la Russie semble être un moyen pratique de se débarrasser d’un témoin potentiel.

La dernière publication des documents de Integrity Initiative comprend de nombreux rapports détaillés (pdf) sur les réactions des médias étrangers à l’affaire Skripal. On peut se demander pourquoi l’Initiative a commandé de telles recherches (pdf) et les a financées.

Au bout de deux ans, l’enquête Muller n’a trouvé aucune preuve de la « collusion » entre la campagne russe et Trump suggérée par le faux dossier Steele. L’affaire de collusion est une création d’« anciens » agents des services de renseignement britanniques qui ont probablement agi à la demande des dirigeants américains du renseignement, Clapper et Brennan. Jusqu’à quel point le spécialiste de la Russie Chris Donnelly et son Institute for Statecraft ont-ils été impliqués dans cette entreprise ?

En parcourant tous les documents et listes publiés au sujet de Integrity Initiative, on a l’impression qu’il s’agit d’une opération de renseignement militaire secrète, déguisée en ONG publique. Financées par des millions de dollars du gouvernement, l’Institute for Statecraft et l’Integrity Initiative travaillent sous un label de charité pour créer et diffuser de la désinformation au public mondial, puis au gouvernement et à l’armée.

La paranoïa à propos de la Russie, qui fait beaucoup moins de mal que le « système occidental basé sur des règles » ne cesse d’en créer, est illogique et ne repose pas sur une analyse factuelle. Cela fait de la Russie un « ennemi » alors que ce n’est pas le cas. Il exagère une « menace » à partir de rien. Les seuls à en tirer profit sont les propagandistes, les entreprises et les citoyens qui les soutiennent.

La devise d’Integrity Initiative : « Défendre la démocratie contre la désinformation » est une monstruosité véritablement orwellienne. En diffusant de la propagande et en l’utilisant pour influencer le public, le parlement, l’armée et les gouvernements, l’Institute for Statecraft sape activement le processus démocratique qui repose sur la libre disponibilité d’informations véridiques.

Il devrait être supprimé immédiatement.


Remarque : il y a déjà eu des tentatives pour supprimer les fichiers publiés sur Internet. Une archive complète de tous les fichiers d’Integrity Initiative publiés jusqu’à présent est ici. Si les liens publics cessent de fonctionner, vous pouvez contacter l’auteur de ce blog pour obtenir un accès aux sauvegardes privées.

Moon of Alabama

Traduit par jj, relu par wayan pour le Saker Francophone

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