« Elle est ressuscitée ! » – Le dernier acte de « Novitchok »


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 29 mars 2018

Il semble que le conte de fée « Novitchok » que nous raconte le gouvernement britannique, aura une fin heureuse : la résurrection étonnante et mystérieuse des victimes de l’« agent innervant de grade militaire, cinq à huit fois plus meurtrier que le gaz VX et d’un type mis au point par » Hollywood.

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Ioulia Skripal n’est plus dans un état critique, disent les médecins de Salisbury.

« L’état de Ioulia Skripal, qui avait été empoisonnée au moyen d’un agent innervant à Salisbury en même temps que son père, s’améliore rapidement, selon les médecins. 

Le NHS 1 Foundation Trust de Salisbury a déclaré jeudi que la victime de 33 ans n’était plus dans un état critique, et a ajouté que son état médical était stable.

Christine Blanshard, médecin chef de l’hôpital du district de Salisbury, a déclaré : ‘Je suis heureuse de pouvoir vous annoncer que l’état de Ioulia Skripal s’est amélioré. Elle a bien réagi au traitement, mais continue de recevoir des soins cliniques spécialisés 24 heures sur 24’.

(…)

Selon l’hôpital, l’état de santé de son père est toujours critique mais stable. »

Hier encore, les chances de survie des Skripal étaient soi-disant de 1 %. Les agents innervants sont des armes mortelles. Une dose de dix milligrammes de l’agent innervant VX développé aux États-Unis tuerait à coup sûr 50 % des personnes qui y seraient exposées. Les agents Novitchok seraient plusieurs fois plus meurtriers que VX.

Il semble de moins en moins probable que les allégations du gouvernement britannique au sujet de l’empoisonnement au moyen du Novitchok soit vraies. D’autres explications, comme une intoxication alimentaire ou un choc allergique peu de temps après avoir mangé dans un restaurant de fruits de mer sont bien plus probables.

L’idée de l’agent innervant Novitchok semble avoir été empruntée au scénario de la série d’espionnage anglo-américaine Strike Back (voir ici un petit extrait qui mentionne le Novitchok) qui est récemment passée à la télévision britannique et étasunienne. Le seul objectif de l’affaire Novitchok est d’impliquer la Russie pour lui causer du tort.

Comme l’écrit l’ancien espion du MI6, Alastair Crooke :

« Il n’y a pas besoin de preuve : le but de cette campagne est de dissiper l”illusion’ d’une possible détente avec la Russie que Trump avait créée. L’histoire que les gouvernements racontent se suffit à elle-même. Nous ne saurons probablement jamais ce qui s’est réellement passé. »

Ioulia et Sergueï Skripal ont été retrouvés inconscients dans l’après-midi du 4 mars.

Selon le département d’État étasunien lui-même, sa campagne contre la Russie autour de ce qui est arrivé aux Skripal a commencé le 6 mars, deux jours seulement après l’incident et six jours entiers avant que le gouvernement britannique ne lance des accusations contre la Russie.

Dans son point de presse du 27 mars, la porte-parole du département d’État, Heather Nauert, a parlé de l’éviction coordonnée des diplomates russes par certains pays « occidentaux » :

« Notre sous-secrétaire Sullivan, le secrétaire adjoint Wess Mitchell, et bien d’autres membres du personnel, dédiés aux échanges et à la coopération entre les agences, ont travaillé sans relâche au cours des trois dernières semaines pour atteindre ce niveau de coopération et de coordination sans précédent. Le résultat final – 151 agents des services de renseignement russes renvoyés à Moscou – montre que le monde prend au sérieux la campagne mondiale menée actuellement par la Russie pour saper la paix et la stabilité internationales, menacer la souveraineté et la sécurité des pays du monde entier, et renverser et discréditer les institutions occidentales. »

La citation ci-dessus est tirée des remarques préliminaires de Nauert, et non de la partie Questions et réponses qui est plus libre.

La Première ministre britannique n’a commencé à proférer ses allégations contre la Russie que le 12 mars :

« Il est maintenant clair que M. Skripal et sa fille ont été empoisonnés avec un agent neurotoxique de qualité militaire d’un type mis au point par la Russie.

Ceci fait partie d’un groupe d’agents neurotoxiques connu sous le nom de ‘Novitchok’. »

La déclaration alarmante de May rappelait celle de Tony Blair sur les « 45 minutes ». Un mensonge, concocté pour une opération de propagande conjointe avec le gouvernement étasunien. Comme l’indiquaient les notes de service de Downing Street sur les préparatifs de la guerre contre l’Irak :

« ‘C a rendu compte de ses récents entretiens à Washington. Il y a eu un changement d’attitude perceptible. L’action militaire est désormais considérée comme inévitable. Bush voulait éliminer Saddam par une action militaire, justifiée par la conjonction du terrorisme et des armes de destruction massive. Mais les renseignements et les faits étaient faussés pour convenir à l’orientation politique. »

 

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Il y a plusieurs détails qui contredisent la thèse du Novitchok.

Les spécialistes du laboratoire britannique d’armes chimiques de Porton Down qui reçoit des millions de dollars pour la recherche militaire américaine, n’étaient pas d’accord avec la thèse du Novitchok en ce qui concerne les Skripal. L’expression utilisée par May : « d’un type développé par la Russie » est le fruit d’une négociation politique. Comme l’ambassadeur Craig Murray l’a écrit :

« J’ai maintenant la confirmation, par une source du Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth bien informée, que les scientifiques de Porton Down ne sont pas en mesure d’identifier l’agent neurotoxique comme étant de fabrication russe, et qu’ils ont mal vécu  les pressions exercées sur eux pour qu’ils le fassent quand même. Porton Down n’a accepté de signer la formule ‘d’un type développé par la Russie’ qu’à l’issue d’une réunion plutôt orageuse qui a abouti à cette formule de compromis. »

Mais y a-t-il vraiment eu un agent neurotoxique ?

Un médecin qui a administré les premiers soins à Ioulia Skripal et a été à son contact pendant 30 minutes n’a pas été affecté du tout. Quant aux services d’urgence, ils ont pensé que les victimes avaient reçu une surdose de fentanyl.

Le docteur Steven Davies, qui dirige le service d’urgence de l’hôpital du district de Salisbury, a écrit dans une lettre au London Times :

« Monsieur, suite à votre article près de 40 personnes exposées au poison nécessitent un traitement’, (14 mars), je tiens à vous dire qu’aucun patient n’a éprouvé de symptômes d’empoisonnement par agent neurotoxique à Salisbury et qu’il n’y a jamais eu que trois patients man