US : règlement de comptes dans l’affaire Flynn, …


« Je les ai envoyés », c’est l’aveu de l’ex- patron du FBI qui avait court-circuité la procédure judiciaire pour faire interroger le général Flynn par deux de ses sbires et piéger Trump


Par James Howard Kunstler − Le 6 mai 2020 − Source kunsler.com

James Howard Kunstler«Notre incompétence totale nous aide réellement», a déclaré le sous-directeur adjoint du FBI, Peter Strzok, à sa confidente – 10 000 textos – et amante, l’avocate du FBI Lisa Page, lorsqu’il a découvert le 4 janvier 2017 que le FBI avait omis de clôturer l’affaire mort-née « lunette de tir / Crossfire Razor » contre le général Michael Flynn.

Vous avez là un résumé parfait de l’hubris fantastique à l’œuvre dans l’agence-qui-a-pété-les-plombs sous la direction du directeur du FBI, Jim Comey, alias « Je les ai envoyés », quelques jours avant l’assermentation d’un président élu par erreur par des électeurs embobinés – ou du moins on pensait ça au plus haut niveau, si ont peut appeler ça penser.

Le général Flynn, voyez-vous, ayant été anathématisé par Barack Obama et repéré par la soi-disant Interagency – la communauté du renseignement – c’est-à-dire une pelote de poils géante, composée de 17 agences d’espionnage, toutes en concurrence féroce, mise en place après le fiasco du 11 septembre, était donc sur le point d’assumer le rôle central de Conseiller de sécurité nationale de la Maison Blanche, et on savait qu’il était sur le point de changer tout cela. Il était directeur d’une de ces agences, la Defense Intelligence Agency, depuis quelques années et il avait une idée juste de la façon dont la communauté du renseignement – Intel, en bref – était devenue débauchée et sans foi ni loi sous la direction du directeur de la CIA, John Brennan, et du directeur du renseignement national, James Clapper, sans parler de Comey, et tout ce petit monde savait que le général Flynn savait. Donc, le général Flynn devait partir, puis se faire presser le citron pour en quelque sorte lui faire dénoncer son patron, le nouveau président Trump, contre lequel l’Interagency n’avait rien d’autre qu’un dossier d’enquête de  l’opposition,  gracieuseté de la campagne Clinton, et déjà discrédité.

Le prétexte était des conversations que le général Flynn avait eues avec l’ambassadeur russe Sergey Kislyak quelques semaines avant l’inauguration de Trump. Le FBI a concocté un «récit» selon lequel c’était une mauvaise conduite criminelle pour une nouvelle National Security Agency, dûment appointée, de faire des conciliabules avec des diplomates étrangers – une accusation complètement spécieuse, bien sûr. Les garçons de courses de l’Interagency dans les médias de masse ont couru raconter cette histoire absurde, et la cohorte inconsolable des électeurs de Hillary rassemblés pour former «la Résistance», a suivi, envahie par une rancœur folle.

Le procureur général William Barr a soigneusement évacué ces fariboles jeudi dans sa remarquable conversation avec Catherine Herridge de CBS News, transcription ici, en disant :

« Le général Flynn était le conseiller à la sécurité nationale désigné par le président élu Trump, et faisait partie de la transition, qui est reconnue par le gouvernement et financée par le gouvernement comme une fonction importante pour introduire une nouvelle administration. Et il est très typique, très courant, que l’équipe de sécurité nationale du nouveau président communique avec des dirigeants étrangers. »

Cela pourrait-il être plus clair ? En rejetant l’affaire, M. Barr a donné un compte rendu si concis, lucide et complet de son action que les cadres enragés de la Résistance ont immédiatement déchiré leurs chemises et attaqué au bazooka les chaînes de télévision par câble avec des objurgations tonitruantes. Le moment le plus amusant a été quand l’homoncule apoplectique Jerrold Nadler, a menacé de traîner M. Barr devant le comité judiciaire de la Chambre pour venir « s’expliquer » dans cette affaire. C’est un colloque que je paierais pour regarder – le solide ministre de la Justice, engagé dans une conversation calme et directe avec M. Nadler furax et bredouillant, jusqu’à ce que les points de suture de sa chirurgie de l’estomac finissent par lâcher,  éclaboussant la salle du comité des restes de rôti de bœuf, de boulettes de viande, et de tonic au céleri du Dr Brown.

Un autre divertissement, bien mûr, était l’émission sur MSNBC entre le garçon de courses de la Résistance Chris Hayes et le redoutable menteur Adam Schiff, membre du Congrès, dont la barge à ordures déborde de perfidie séditieuse, a été coulée avec une torpille bien dirigée par le nouveau directeur par intérim des renseignements nationaux, Richard Grenell, qui a menacé de dévoiler immédiatement le trésor des transcriptions d’entrevues cachées de M. Schiff concernant les audiences de la House Intelligence Committee en 2017 sur le RussiaGate, si le membre du Congrès ne le faisait pas lui-même et immédiatement. Ces transcriptions, voyez-vous, réfutent complètement l’édifice de mensonge de longue date de M. Schiff concernant la preuve de collusion entre Trump et la Russie. Si le Parti Démocrate avait une quelconque dignité, il lui retirerait au moins la présidence de son comité.

Nous attendons des mesures supplémentaires de la part de M. Grenell concernant la transcription, encore non publiée par M. Schiff, du témoignage secret de l’Inspecteur général des services de renseignement Michael Atkinson, lors des audiences de mise en accusation de l’année dernière. Les membres du Congrès jouissent d’une immunité limitée contre les propos fallacieux et calomnieux qu’ils tiennent pendant-le-service, mais pas contre les crimes graves, et Schiff peut se trouver responsable de quelque chose comme une conspiration séditieuse autour de ses intrigues avec le soi-disant «dénonciateur» Eric Ciaramella, et d’autres, dans l’opération épineuse de l’UkraineGate.

Beaucoup de preuves de malversations criminelles officielles se sont répandues dans l’arène publique au cours des trois dernières années, mais récemment, elles se sont transformées en inondations, peut-être en raison des efforts de M. Grenell, peut-être dû aussi au groupe d’avocats autour de M. Barr, notamment Jeffrey Jensen et John Durham. Les récits officiels des conspirateurs du RussiaGate sont maintenant ouvertement démontés. Trop de gens savent tout. La chronologie de leurs méfaits est désormais clairement établie – par exemple, le fait que les plus hauts responsables du FBI et du DOJ – le Département de la justice – savaient en janvier 2017 que leur seule affirmation solennelle de la collusion russe, le dossier Steele, était un broc de merde

Ce qui signifie, bien sûr, que l’enquête Mueller – commencée des mois plus tard – était également une affaire menée de mauvaise foi, de mensonges malveillants et de trahison officielle. Tous ceux qui y sont connectés devraient avoir peur maintenant. Certains seront sûrement inculpés et jugés, peut-être beaucoup. Ça va faire mal dans l’ensemble de la Résistance, y compris pour les millions de Démocrates, alignés comme des majorettes, qui se sont serré les coudes pour  encourager des actes de dépravation légale qui ont sapé les principes américains de justice et d’équité. La prise en compte de tout cela devant les tribunaux mettra des pressions supplémentaires sur cette société assaillie par la crise du virus corona et la catastrophe économique la plus dure de l’histoire des États-Unis. C’est un passage difficile, mais il ne peut pas être évité.

Les médias d’information complaisants et complices ont de quoi rendre des comptes, non seulement au public mais à leurs conseils d’administration – si ces conseils ont encore un vestige de décence. Mais pour le moment, ils prétendent encore qu’il n’y a rien à voir. Tôt ou tard, cependant, tous les rédacteurs en chef et les responsables des informations sur le câble seront touchés. Dans leur bulle d’arrogance et d’autosatisfaction, ils ont jeté aux orties le respect de soi, leur réputation professionnelle et leur honneur personnel.

Too much magic : L'Amérique désenchantéeJames Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

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