Le mythe de la prise de contrôle de la Sibérie par la Chine

Par Mister Unknown* – le 16 janvier 2015 – Source Hidden Harmonies China Blog

Ce texte est un commentaire paru dans le blog Hidden Harmonies China Blog et posté par Mister Unknown.

Il a été envoyé au Saker original US afin qu’il le publie**

En qualité de curieux enthousiaste des nouvelles relations sino-russes (et implicitement de leur couverture dans les médias), j’ai ramassé ce « joyau » parmi les opérations de com’ qui s’offrent à nous, cette fois publié par le New York Times de cette semaine, et intitulé « Pourquoi la Chine va récupérer les territoires de Sibérie ». Le genre d’épouvantail, ici de nature sinophobe, qu’on trouve couramment dans la presse occidentale.

Avec délectation, j’ai survolé cet article dans l’espoir secret de découvrir quelque chose de nouveau, de plus accrocheur que l’antienne usée « il y a tant de Chinois là-bas, et si peu de Russes ». Sans surprise, rien de nouveau dans l’argumentaire. J’ai déjà écrit sur le sujet, et démontré pourquoi la prétendue « invasion par immigration massive» des Chinois sur les territoires d’Extrême-Orient de la Russie, est en réalité un mythe.

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La fin des sanctions européennes contre la Russie?

Le 28 janvier 2015 – Source sputniknews

La victoire du parti de la gauche radicale Syriza en Grèce va aider la Russie dans sa lutte contre les sanctions de l’UE, selon le magazine Foreign Policy.

MOSCOU, 28 janvier (Sputnik) — Syriza, le parti eurosceptique nouvellement élu, a promis aux Grecs qu’il mettrait fin aux programmes d’austérité et qu’il renégocierait la dette avec les créditeurs internationaux, selon le magazine d’actualité Foreign Policy. Le parti veut aussi mener une politique étrangère plus indépendante, et cela pourrait aggraver les tensions déjà existantes concernant la politique européenne envers la Russie, selon le magazine.

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La dépendance de l’Europe au gaz russe: Combien de temps avant les symptômes de sevrage?

par Leonid Krutakov pour Odnako – le 26 janvier 2015 – Source Vineyardsaker

À la mi-janvier, le commissaire européen à l’énergie Maroš Šefčovič s’est entretenu à Moscou avec le PDG de Gazprom Alexeï Miller et le ministre russe de l’énergie Alexander Novak. Après les entretiens, M. Šefčovič a exprimé sa surprise sur trois points.

Premièrement, Gazprom n’a pas l’intention de construire le gazoduc South Stream. Deuxièmement, à l’avenir le gaz naturel sera livré à l’Europe via la Turquie. Et troisièmement, la Russie n’est pas prête à discuter les termes de ses livraisons de gaz à l’Ukraine. Pour citer M. Šefčovič, ces trois points étaient très surprenants, même si la décision de la Russie d’annuler le South Stream et de construire en lieu et place un gazoduc turc a été annoncée en décembre de l’année dernière à Ankara, lors d’une conférence de presse conjointe tenue par les présidents de la Russie et de la Turquie. Il est facile d’ironiser à propos de l’ignorance de M. Šefčovič concernant le South Stream en Turquie. Et la plupart des commentateurs ne s’en sont pas privés. Mais sa tentative de discuter de nouvelles conditions pour les fournitures de gaz à l’Ukraine avec ses partenaires russes mérite beaucoup plus d’attention. Et la confirmation n’a pas été longue à venir. Continuer la lecture

L’économie russe supporte mieux les sanctions que l’Occident ne s’y attendait

Le 21 janvier 2015 – Source: RT Deutschland

Par sa politique de sanctions, l’Occident croyait que la Russie changerait sa position dans la crise ukrainienne. Certes, les conséquences des récents développements sur l’économie russe ne sont pas passées inaperçues, cependant le pays semble mieux supporter les sanctions que l’Ouest ne l’avait espéré.

BANQUE DE RUSSIE

Pendant que l’Occident souffre sous le poids écrasant de sa dette extérieure et refuse de voir les signaux apocalyptiques sur la situation financière dans le sud de l’Europe, la Banque centrale russe s’est permis mardi d’annoncer que l’économie du pays, malgré les sanctions anti-russes et la crise du rouble, avait vu sa dette extérieure diminuer de 17,7% au cours de la dernière année [la dette exprimée en pourcentage du PIB tombant de ce fait sous les 10 % contre 12% auparavant].

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La Russie à l’Europe:
Lâchez les US, joignez l’Union Economique Eurasienne

par Tyler Durden – le 6 janvier 2015 – Source : Zero Hedge

Lentement mais sûrement, l’Europe commence à comprendre que le résultat du blocus économique et financier de l’Ouest contre la Russie fait surtout souffrir l’Europe elle-même. Et tandis que l’Allemagne a été la première à reconnaître cette réalité fin 2014, alors que son économie se fragilisait et se trouve même à ce jour au bord de la récession, les autres pays européens semblent recouvrer leurs esprits. Pour illustration : l’ancien chef de la commission européenne, et ancien premier ministre italien, Romano Prodi, rapportait au journal Messagero qu’une « économie russe affaiblie était extrêmement dommageable pour l’Italie ».

Les autres détails de la déclaration de Prodi :

« Des prix plus bas pour les marchés internationaux de l’énergie bénéficient aux consommateurs italiens, qui paient moins cher leur essence, mais cet effet sera de courte durée. Au contraire, à long terme, la situation économique détériorée des pays producteurs d’énergie, à cause des prix plus faibles du pétrole et du gaz, essentiellement en Russie, est extrêmement dommageable pour l’Italie.

La baisse des prix du pétrole et du gaz, associée aux sanctions appliquées suite à la crise ukrainienne, fera baisser le PIB russe de 5% par an, et donc fera chuter les exportations italiennes d’environ 50% 

Mises à part l’inutilité et l’imminence des sanctions, on doit mettre en évidence un biais évident: indépendamment des problèmes de change du rouble contre le dollar, qui a diminué de moitié, les exportations US vers la Russie ont augmenté, alors que celles de l’Europe se contractaient. »

En d’autres mots, l’air de rien, le monde commence à capter le message en filigrane. Ce n’est pas une exposition aux risques de défaillances financières de la Russie, ou une contagion financière consécutive à une récession russe, c’est quelque chose de bien plus simple qui fera plier les pays européens : la chute de leur commerce extérieur. En effet, si les banques centrales peuvent tout couvrir avec des liquidités nouvelles en imprimant des billets, générant par là même une bulle spéculative sans précédent (qui jusqu’à présent a pour seul mérite de doper la confiance des investisseurs et des consommateurs), elles ne peuvent pas imprimer du commerce, ce bon vieux système qui tirait la croissance dans notre monde globalisé bien avant que les banques centrales ne mettent en route leurs planches à billets pour inonder chaque année le marché d’un trillion (mille milliards) de dollars par an, juste pour masquer la grosse dépression de l’économie mondiale.

Ce qui explique pourquoi il est instructif de lire le rapport publié dans le journal Deutsche Wirtschafts Nachrichten, daté d’hier (5 janvier), qui ne mâche pas ses mots. On y apprend que la Russie a une proposition très convenable pour l’Europe : laisser tomber le commerce avec les USA, dont l’appel à punir la Russie coûte à l’Europe une année supplémentaire de croissance économique en berne, et en échange rejoindre l’union économique eurasienne! La source est là.

La Russie a soumis une proposition saisissante, afin de dissiper les tensions avec l’UE : l’UE devrait renoncer au traité de libre commerce avec les USA (le TAFTA), et plutôt s’engager dans un partenariat avec l’Union économique eurasienne, nouvellement créée. Une zone de libre échange avec des voisins a plus de sens qu’un accord avec les USA.

Certes. De plus, comment l’Europe peut-elle encore jouer les vierges effarouchées quant elle découvre que la NSA (services d’espionnages US) espionnait, une fois de plus, ses plus proches partenaires commerciaux ? On trouve plus d’information sur la proposition russe dans l’EU Observer:

Vladimir Chizhov a déclaré à l’EU Observer : « Notre projet est de provoquer des contacts officiels entre l’UE et l’espace économique eurasien aussi tôt que possible. La chancelière Angela Merkel l’a évoqué il y a peu. Les sanctions de l’UE ne constituent pas un obstacle.
Je pense que le sens commun nous conseille d’explorer les possibilités d’établir un espace économique commun dans la région eurasienne, incluant les pays visés par le Partenariat avec l’Est [une politique européenne de mise en place de liens plus étroits avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Belarus, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine].
Nous pourrions réfléchir à une zone de libre échange qui embrasserait toutes les parties concernées en Eurasie. « 

Il décrit le nouveau bloc, dirigé par la Russie, comme un meilleur partenaire pour l’UE que les USA, souligne les faibles standards de qualité sanitaire de l’industrie alimentaire US.

« Pensez-vous qu’il soit judicieux de consacrer autant d’énergie politique à un projet de zone de libre échange avec les USA quand, à votre frontière directe, se trouve un partenaire plus naturel ? Nous ne chlorons pas nos poulets, nous ! », a rappelé l’ambassadeur.

Le traité établissant l’Union eurasienne (EAEU) a été activé le 1er janvier 2015.

L’EAEU comprend l’Arménie, la Biélorussie (ou Belarus), le Kazakhstan, et la Russie; le Kirghizstan doit la rejoindre en mai. Conçue sur le modèle de l’UE, elle possède un conseil exécutif basé à Moscou, la commission économique eurasienne, et un corps politique,  le conseil économique supérieur de l’Eurasie, où les dirigeants des États membres prennent leurs décisions à l’unanimité.

Cette union implique la libre circulation des travailleurs, et un seul marché pour la construction, le commerce de détail et le tourisme. Durant les dix années, à venir il est prévu de créer un tribunal des litiges à Minsk, un régulateur financier à Astana et, éventuellement, d’ouvrir des bureaux de la commission économique eurasienne à Astana, Bichkek, Minsk et Erevan.

Elle a aussi pour objectif de promouvoir la liberté des mouvements de capitaux, des biens et des services, et d’étendre le marché unique à quarante autres secteurs, dont l’industrie pharmaceutique en 2016.

Pour rappel : l’Union économique de l’Eurasie, un bloc commercial reprenant d’anciens États soviétiques, s’est étendu à quatre nations ce vendredi quand l’Arménie s’est officiellement jointe à ladite union, un jour après que celle-ci ne soit effective entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan.

L’Eurasie

Donc, la balle est dans ton camp, Europe : veux-tu un troisième plongeon (voire un quatrième, à l’exemple du Japon) de ton économie en récession, vu que ta banque centrale – contrôlée par Goldman Sachs – pille toujours un peu plus le peu qui reste dans la poche de ta classe moyenne tout en promettant que cette année sera celle de la reprise? Ou reconnais-tu enfin que tu as reçu suffisamment de claques et que tu changes de vision stratégique en matière de commerce, passant d’une réflexion focalisée sur l’Ouest (où le ministre allemand de l’Agriculture rappelait qu’il ne pouvait protéger toutes les saucisses en se référant au TAFTA) à quelque chose de plus marqué à l’Est)?

Considérant les intérêts représentés par les bureaucrates non élus de Bruxelles, on ne sera pas vraiment surpris par la décision prise, finalement, par l’Europe.

Tyler Durden

Traduit par Lionel, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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