« Affaire » du Russiagate : on se souviendra du degré de ridicule que se sont auto-infligés les médias


Par Andrew Korybko – Le 25 mars 2019 – Source eurasiafuture.com

andrew-korybkoChacun comprend aisément pourquoi le degré de ridicule dont se sont auto-affublés les médias dans l’affaire du Russiagate marquera les mémoires. Mais les implications en seront profondes, et méritent que l’on s’y attarde.

President Donald J. Trump celebrates the First Lady Melania Trump's speech at the Salute to Our Armed Services Ball at the National Building Museum, Washington, D.C., Jan. 20, 2017. The event, one of three official balls held in celebration of the 58th Presidential Inauguration, paid tribute to members of all branches of the armed forces of the United States, as well as first responders and emergency personnel. (DoD photo by U.S. Army Sgt. Kalie Jones)

C’est officiel – ni Trump ni son équipe n’ont pratiqué de « collusion » avec la Russie, et toutes les « fake news » déroulées par les médias dominants dans la chasse aux sorcières du Russiagate apparaissent désormais pour ce qu’elles sont : pire que le McCarthyisme. Car si l’on peut reconnaître « au minimum » que le McCarthysme originel avait fait tomber quelques têtes communistes, qu’elles fussent coupables ou non, la version modernisée à laquelle nous avons assisté n’a attrapé personne pour ce qui était dénoncé. Zéro américains exactement en sortent coupables d’avoir trahi leur pays au bénéfice d’une puissance étrangère. Il est à présent révélé que toute cette enquête n’aura constitué, depuis le début, qu’une « police d’assurance » préventive sous faux drapeau, qui fut lancée par les soutiens clintoniens de l’« État profond » de l’administration Obama, pour « pirater » l’élection en leur faveur, puis pour remettre en cause les résultats de l’élection après la défaite historique de leur candidate.

Les médias dominants ont été utilisés par des bureaucrates non élus comme arme contre le peuple étasunien, pour pousser leurs fables en vue de fomenter un changement de régime : de manière ironique, ce sont les propres instigateurs de cette démarche qui devraient se voir inculpés de trahison rien que pour ce fait. Les dizaines de millions d’Américains qui auront succombé aux chants de ces fables, dignes d’une guerre de l’information, proférées par l’« État profond »  de leur propre pays, découvrent l’état de dissonance cognitive, maintenant que « Saint Mueller » ne s’est pas du tout révélé constituer le « bourreau politique » de Trump. Aucun Américain, après cela, n’oubliera comment l’appareil d’information de ce pays [et pas uniquement de ce pays, NdT] a été utilisé contre le peuple, pour propager des histoires qui se seront révélées totalement fausses. Bien sûr, quelques « vrais croyants » continueront de proférer leur théorie du complot du Russiagate ; il s’agira des personnes qui auront construit l’ensemble de leur vision du monde autour de cette théorie. Ils finiront aux marges de la société.

Dans l’ensemble, on peut s’attendre à ce que l’immense majorité des Américains devienne de plus en plus cynique vis à vis des médias dominants, ainsi que de ce qu’ils associent à l’« Establishment » discrédité, ce qui ne signifie pas qu’ils soutiendront automatiquement Trump dans sa croisade pour « purger le marais ». On peut en revanche s’attendre à voir l’opposition à Trump se mettre à intégrer plus de vues (superficiellement ?) anti-système, et soutenir des candidats qui auraient été considérés comme à la marge il y a moins de dix ans encore. Le caractère partisan du climat politique va s’en trouver mécaniquement accru, à l’approche des élections de 2020 ; et cela pourrait donner des chances de victoire à un candidat « anti-Trump » face au président sortant, à supposer que les primaires du parti Démocrate soient menées de manière ouverte et juste (chose qui n’est pas courue d’avance). Mais quoi qu’il arrive, un cliquet aura été franchi avec ce moment épique, qui marquera historiquement la mort bien peu honorable des médias dominants.

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides : l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Le livre est disponible en PDF gratuitement et à télécharger ici.

Traduit par Vincent pour le Saker Francophone

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