Trump et les bulles d’un (vieux) monde englouti


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Par le Saker – Le 2 juin 2017 – Source The Saker

Tout d’abord, un aveu : je ne sais vraiment pas comment les médias commerciaux ont couvert le voyage de Trump à l’OTAN et au sommet du G7. Pour le dire franchement, je ne m’y intéresse pas vraiment – il y a longtemps déjà que j’ai cessé d’écouter ces complices impériaux. Il y a un risque à les ignorer totalement, celui de dire « blanc » lorsque tous les autres disent « noir ». C’est un risque mineur – et après tout, qui s’en soucie ? – mais aujourd’hui, je vais le prendre pour vous donner mon propre point de vue sur le voyage de Trump en Europe : je pense que c’était un immense succès. Mais pas tant pour Trump que pour les ennemis de l’Empire, comme moi. Voici mon propre compte-rendu de ce que je pense qu’il s’est passé.

D’abord, Trump a été systématiquement grossier. Je ne peux pas juger si ce manque de manières est le véritable Trump ou s’il essayait de lancer un message subliminal. Pour ce que cela vaut, je ne connais qu’une seule personne qui ait eu des relations personnelles et privées avec la famille Trump, y compris avec The Donald lui-même, et selon elle, Trump est une personne impeccablement courtoise. Quel que soit le cas, qu’il s’agisse de nature ou de « message subtil », Trump s’est vraiment surpassé. Il a écarté sans cérémonie le Premier ministre du Monténégro, qui mérite vraiment d’être traité avec le plus grand des mépris. Ensuite, il a refoulé Angela Merkel pendant la séance de photo officielle. Il a fait attendre le G7 pendant plus d’une heure, il a refusé de marcher jusqu’au site d’une autre photo. Il n’a même pas coiffé son casque de traduction lorsque d’autres parlaient et, crime des crimes, il a dit aux États membres de l’OTAN de payer plus, sans dire un seul mot de l’Article 5. Il est difficile de deviner ce que les autres politiciens rassemblés pensaient réellement (les prostitués sont bons pour cacher et refouler leurs sentiments), mais Merkel était visiblement frustrée et en colère. Apparemment, tout le monde haïssait Trump, à la seule exception peut-être de Macron (mais c’est un prostitué haut de gamme). Autant Obama était un charmeur, autant Trump semble apprécier le rôle du rustre. Mais le plus important, c’est que Trump a traité la bande UE/OTAN avec le mépris qu’elle mérite et, franchement, je trouve ça tout à fait rafraîchissant. Pourquoi ?

L’affreuse vérité sur l’OTAN : des Euro-trouillards et des Euro-imbéciles

Qu’est-ce que l’OTAN ? À l’origine, l’OTAN était censée être une alliance militaire pour contrer les forces armées soviétiques et, plus tard, le Traité de l’organisation de Varsovie. Maintenant que les deux ont disparu, l’OTAN n’a pas de véritable mission. Mais ce qu’elle a toujours, c’est une énorme administration. Beaucoup d’argent se fait avec l’OTAN : des salaires, des contrats, des investissements, etc. Diable – ces types se sont simplement construit un nouveau siège gigantesque, probablement pour « dissuader l’agression russe », n’est-ce pas ? L’OTAN est également un immense ascenseur bureaucratique, qui peut hisser les gens vers les vrais centres de pouvoir, y compris financiers. En plus, c’est aussi une bande de gens qui l’utilisent pour faire avancer leur carrière ou leur agenda politique. Au mieux, l’OTAN est une gigantesque feuille de vigne couvrant l’obscénité de l’impérialisme occidental.

Ce que l’OTAN n’est pas, c’est une alliance militaire utile. Oh oui, bien sûr, les Américains peuvent l’utiliser pour forcer les Européens à employer leur matériel militaire, c’est vrai, mais si une guerre éclatait, en particulier une vraie guerre contre la Russie, les Américains évacueraient tous ces Euro-trouillards de leur chemin et assureraient plus de 90% des combats. De toute façon, la plupart des armées de l’OTAN sont des plaisanteries, et même les meilleures dépendent totalement des États-Unis pour tous les multiplicateurs de force (renseignement, logistique, transport, communication, navigation, etc.).

Et puis il y a la « Nouvelle Europe » : les cinglés en Pologne ou dans les États baltes, qui font un immense effort pour essayer d’amener les Vieux Européens (qui ont fait l’immense erreur de les accepter dans l’OTAN) sur une trajectoire de collision avec la Russie. D’un point de vue pragmatique, les États membres de l’OTAN n’auraient JAMAIS dû incorporer les « Nouveaux Européens » à leur alliance. La même chose vaut pour l’Union européenne, évidemment. Mais dans leurs illusions de grandeur et leur revanchisme mesquin, ils ont décidé que la véritable Europe devait être étroitement liée à la « Nouvelle Europe », et maintenant, ils paient le prix de cette erreur stratégique aux proportions colossales. Bien sûr, les Américains sont des salauds d’avoir encouragé les Euro-imbéciles dans leurs rêves délirants, mais maintenant que le fait est accompli, ils font la chose rationnelle et pragmatique à faire : ils laissent les Euro-imbéciles se débrouiller avec leurs propres erreurs. C’est la nouvelle politique de Trump à propos de l’Ukraine qui le démontre le mieux : il s’en fiche, tout simplement.

Oh bien sûr, il prononcera quelques mots sur les Accords de Minsk, il mentionnera peut-être la Crimée, il dira même quelque chose sur la menace russe. Mais ensuite, il se tourne et il s’en va. Et les Euro-imbéciles découvrent quelque chose qu’ils auraient pu soupçonner depuis longtemps : l’Ukraine est leur problème maintenant, les Américains s’en fichent parce qu’ils n’ont rien à perdre ni rien à gagner et, à part des paroles vides, ils n’offriront rien. Pire, il semble que ce seront les Européens qui finiront pas payer la plus grande partie des coûts de reconstruction de l’Ukraine, quand le régime nazi actuel sera finalement renversé (mais c’est le sujet d’un prochain article).

Une justice immanente est à l’œuvre ici : tous les Euro-imbéciles devront faire face aux retombées de l’effondrement total de l’Ukraine, mais les premiers à payer seront les Polonais, qui ont essayé avec tant d’ardeur de rallier l’OTAN et la vraie Europe à leur programme revanchard. D’ailleurs, n’est-ce pas simplement justice que les Polonais, qui ont radoté depuis des années sur une menace russe et qui ont soutenu depuis des années des mouvements nationalistes et même néo-nazis en Ukraine, soient aujourd’hui confrontés à un déluge de problèmes (sociaux, politiques, économiques etc.) provenant de « leurs » Ukrainiens ? Les Russes observeront ce gâchis depuis l’est, protégés par les deux républiques novorusses et leurs formidables gardes nationale et des frontières. Comme la plupart des Russes, je souhaite « bien du plaisir » [en français dans le texte, NdT] aux Européens avec les vagues de réfugiés ukrainiens et les « valeurs européennes » qu’ils amèneront avec eux.

Aparté :

La Russie s’en sortira-t-elle mieux avec ses réfugiés ? Absolument ! Pourquoi ? Parce que les Euro-imbéciles ne sont pas seulement des imbéciles, mais aussi des Euro-trouillards. Lorsqu’ils sont confrontés à une vague de criminalité engendrée par les réfugiés, tout ce qu’ils peuvent faire est de tourner la tête et d’entrer dans un profond déni. En Russie, de telles vagues de criminalité seront affrontées avec toute la force et même la violence de l’État. Regardez ces gars 
Gardes nationaux russes
Et imaginez comment ils réagiraient au genre d’événements qui se sont produits récemment dans la « Vieille Europe ». Essayez de violer leurs femmes !

La triste vérité est que l’OTAN et l’UE ne méritent pas d’être traitées avec un quelconque respect. La condescendance de Trump est pleinement méritée. Pire, les Américains n’ont même pas à faire semblant de prendre les Européens au sérieux parce que, ces dix dernières années, ces derniers ont lâchement obéi aux ordres les plus ridicules et même les plus suicidaires des Américains.

En vérité, les mots célèbres de Victoria Nuland sur l’UE (fuck EU) exprimaient une forme de consensus américain à propos du Vieux Continent.

Le G7 : « les bulles d’un monde englouti »

« Les bulles d’un monde englouti » n’est pas une expression de mon cru. C’est l’écrivain russe Ivan Solonevitch qui les a écrits, à propos de ces aristocrates russes exilés, qui pensaient encore qu’ils retrouveraient un jour toutes leurs propriétés saisies par les Soviétiques en Russie. Pourtant, cette expression s’applique aussi aux dirigeants du G7, qui affichent une grande gravité et font semblant de compter pour de vrai. En vérité, ils ne comptent pas. Il y a eu un moment où le G7 était vraiment immense, mais maintenant, avec la Chine et l’Inde qui manquent autour de la table et la Russie qui a été expulsée, le G7 est devenu une conversation de bistrot pour gens hideusement riches, une occasion de se souvenir du bon vieux temps, lorsque l’Europe comptait encore.

En réalité, exactement comme l’UE et l’OTAN, le G7 est une relique anachronique d’un passé depuis longtemps disparu. Les pays du G7 ne sont simplement pas les endroits où l’action réelle se joue de nos jours. Pire encore, il y a le fait que les dirigeants du G7 souffrent de la même forme de démence sénile que les dirigeants de l’UE ou de l’OTAN, ce qui n’est pas surprenant puisque ce sont plus ou moins les mêmes : ils n’ont rien d’original ou de nouveau à dire, rien d’important assurément. Ils n’ont aucune vision, très peu de légitimité et encore moins de crédibilité. Oui, bien sûr, en France, Macron a gagné, mais seulement parce que l’establishment français s’est engagé dans une campagne de propagande massive avec l’objectif de battre Marine Le Pen. Mais si vous considérez qu’environ 20% seulement des Français ont voté pour Macron au premier tour et qu’il a obtenu un résultat assez pitoyable, même avec le soutien total de l’establishment, vous réalisez l’impopularité de cet establishment auprès des Français. Alors que la propagande de Rothschild essayait de présenter Macron comme une sorte de De Gaulle, la plupart des Français l’ont vu pour ce qu’il est : une marionnette vide entre les mains de la ploutocratie transnationale.

Et pourtant, de tous les dirigeants du G7, Macron est indiscutablement le plus dynamique, non seulement en raison de son jeune âge, mais simplement parce qu’il ne donne pas l’impression d’être une sorte de fossile surgi d’un lointain passé.

On nous dit que le G7 est composé des sept économies les plus avancées de la planète (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Royaume-Uni et États-Unis), mais la seule véritable puissance sur cette liste est les États-Unis. Ensuite, ce serait l’Allemagne, mais la politique d’immigration de Merkel a provoqué un désastre à l’échelle de l’UE et c’est une dirigeante très combattue. Elle est aussi la première responsable du fiasco ukrainien. La suivante serait le Royaume-Uni, mais il vient de quitter l’UE et May préside un processus auquel elle s’oppose elle-même, tout comme les élites britanniques. Ce qui nous laisse le Japon, l’Italie et le Canada. La puissance économique passée du Japon est reléguée au second plan par l’immense économie chinoise tandis que sur le plan politique, les Japonais sont des sous-traitants aphones des États-Unis. L’Italie ne devrait même pas faire partie du G7, du moins politiquement et économiquement, parce qu’elle est beaucoup plus proche de ses voisins méditerranéens comme l’Espagne et la Grèce et donc regardée avec mépris par les « nordistes », en particulier l’Allemagne. Ce qui nous laisse le Canada, peut-être le pays le plus insignifiant et le plus subalterne de tous (quand le Canada a-t-il eu quelque chose d’important à dire, à propos de quoi que ce soit ? Exactement). Le résultat est donc le suivant : en termes économiques, le G7 a été à peu près remplacé par le G20, tandis qu’en termes politiques, c’est une coquille vide. Trump le comprend totalement et c’est pourquoi il n’essaie même pas d’être poli avec eux.

Trump et les Euronains

Obama était un vendeur de voitures né : il pouvait être charmant et poli avec tout le monde et n’importe qui. Trump n’a jamais eu besoin d’agir de la sorte et, dans le cas des Européens, il n’a même pas envie d’essayer.

Le mépris de Trump pour les dirigeants européens est certainement peu diplomatique et manifeste un manque fondamental d’éducation, mais c’est un mépris que les dirigeants européens méritent largement. En outre, même s’il est vrai que l’Empire anglo-sioniste est en train de couler, sa partie européenne sombre beaucoup plus rapidement que l’américaine. Ce qui n’est pas surprenant, puisque les États-Unis sont vraiment un pays tout à fait unique.

L’exception américaine

Tout en rédigeant cet article, j’écoutais la conférence de presse de Donald Trump au Rose Garden, expliquant au monde que les États-Unis allaient maintenant se retirer de l’Accord de Paris sur le climat. Je ne débattrai pas des mérites de cet accord ou des raisons de la décision de Trump, mais je soulignerai que cela place les États-Unis en opposition directe aux 195 autres pays qui ont signé ce traité en attendant que les États-Unis en respectent les termes. Cent quatre-vingt-quinze pays, cela signifie pratiquement la planète entière. Et pourtant, Trump est convaincu qu’il peut se permettre d’emprunter une voie séparée et que le reste du monde devra se taire.

Trump a raison. Les États-Unis sont un « cas spécial ».

Il n’y a absolument rien que le reste de la planète puisse faire, pour empêcher les États-Unis de se retirer de cet accord ou d’un autre. On peut trouver la meilleure preuve de ce fait dans la position américaine plus ou moins officielle des États-Unis, selon laquelle ils n’ont pas besoin d’un Conseil de sécurité de l’ONU pour imposer des sanctions à un autre pays, le menacer d’agression militaire ou même de lui déclarer la guerre. À l’heure actuelle, ils ont déjà attaqué la Syrie à plusieurs reprises et personne ne semble s’en soucier, ce qui est assez ironique, compte tenu du nombre d’avocats que compte le pays et plus encore le Congrès.

Pourtant, tout le monde accepte lâchement le fait que les États-Unis sont, pour une raison quelconque, au-dessus des lois, que les lois sont pour les « autres » et non pour la « nation indispensable » qui a un « devoir » et une « responsabilité spéciale » de « diriger le monde » (désolé, je me fais plaisir, mais j’adore cette langue impérialiste !).

En politique, le pouvoir n’est pas absolu, il est relatif. Bien sûr, l’armée des États-Unis est fondamentalement dysfonctionnelle et ne semble pas capable d’effrayer quiconque sur la liste de leurs « ennemis », mais comparés à l’Europe, les États-Unis sont une puissance majeure. Quant aux Européens, ils dépendent des Américains pour presque tout ce qui est important. Trump comprend tout cela et il semble avoir plus de respect pour Kim Jong-un que pour Angela Merkel. Je ne peux l’en blâmer, car c’est aussi ce que je ressens.

Les nombreuses douces ironies de tout cela

La politique étrangère britannique traditionnelle a toujours été de favoriser les guerres en Europe, pour empêcher toute sorte d’unité continentale. Quant aux États-Unis, leur objectif principal a toujours été de « garder les Américains dedans, les Russes dehors et les Allemands couchés ». Et maintenant, nous voyons les Britanniques sortir de l’UE et les Américains sortir, peut-être pas de l’Europe en tant que telle, mais de la plupart des problèmes de l’Europe. Donc, pourquoi les Anglo-Saxons se retirent-ils ? N’est-ce pas un signe évident que l’Europe coule ?

L’un des slogans préférés des Ukronazis est « Україна – це Європа » (L’Ukraine, c’est l’Europe). Hélas, comme je l’ai écrit dans un précédent article, c’est l’Europe qui est « devenue » (comme) l’Ukraine : pauvre, corrompue, dirigée par des idéologues hypocrites totalement détachés de la réalité, et le plus important, complètement obnubilés par des menaces imaginaires. La seule différence entre les dirigeants européens et leurs homologues ukronazis, est que si ces derniers ont déclaré qu’ils combattaient déjà une invasion russe, les premiers se préparent seulement à l’affronter. C’est tout. Sinon, je ne vois aucune différence, du moins aucune qui compte. Oh, j’ai presque oublié les Américains : ils ne combattent pas les Russes (pas encore ?), mais ils « défendent » leur pays contre l’assaut de pirates pro-russes dans l’entourage de Donald Trump. Génial.

Dans ce monde devenu fou, seuls les Russes tentent patiemment de convaincre leurs partenaires occidentaux de revenir à un semblant de santé mentale. Mais franchement, je ne pense pas qu’ils aient beaucoup d’espoir. Ils voient comment le soi-disant « Occident » s’effondre, comment ses élites dirigeantes semblent prêtes à s’autodétruire et ils s’étonnent : pourquoi nos « partenaires occidentaux » sont-ils si déterminés à provoquer leur propre perte et pourquoi nous accusent-ils de ce qu’ils se font à eux-mêmes ? Ils rient aussi souvent des pouvoirs quasi magiques que les fous paranoïaques en Occident semblent attribuer à la Russie.

Un haut responsable américain, James Clapper, ancien directeur du renseignement national, pense même que les Russes sont « presque génétiquement conduits à coopter, à pénétrer, à plaire, à tout, ce qui est une technique typiquement russe » pour saper la démocratie (je n’arrive pas à décider s’il ressemble plus à un nazi raciste ou à un clown… probablement un mélange des deux). Comme je l’ai dit, les Russes rient le plus souvent de tout cela, mais juste pour s’assurer que les choses ne tournent pas mal, ils recréent aussi leurs célèbres « armées de choc » (y compris au moins une Armée blindée) et doublent la taille de leurs Forces aéroportées, les amenant à 72 000 soldats et, en général, se préparent à la Troisième Guerre mondiale.

Mais pour le moment, la guerre est beaucoup moins probable qu’elle ne l’aurait été avec Hillary. Ce que nous voyons, c’est Trump en train de « rendre à l’Amérique sa grandeur » en piétinant ses alliés en Europe et en ignorant dédaigneusement le reste de l’humanité. Ce genre de mégalomanie arrogante n’est pas vraiment belle à voir, assurément – mais cela vaut mieux que la Troisième Guerre mondiale. Et « mieux que la Troisième Guerre mondiale » est tout ce que nous pouvons espérer dans un avenir proche.

The Saker

L’article original a été publié sur Unz Review

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone

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