Temps orageux


James Howard Kunstler – Le 29 janvier 2018 – Source kunstler.com

Tu rigoles ou quoi ?

Pour ceux d’entre nous qui ne sont pas des admirateurs du président Trump, il est encore plus douloureux de voir l’opposition démocrate sombrer dans la malhonnêteté prodigieuse de cette histoire de « collusion russe ». Quand l’intelligentsia de la nation perd sa capacité de penser – quand elle devient une « désintelligentsia » – alors il ne reste plus de guides de la réalité. Trump est déjà bien assez fou, mais la « résistance » entraîne le pays dans une folie encore plus dangereuse.

Il est difficile de ne pas être impressionné par les preuves du dossier public montrant que le FBI s’est mal comporté lors de divers évènements liés aux élections de 2016. Et qui, à part Rachel Maddow, Anderson Cooper et Dean Baquet du New York Times, peut prétendre être impressionné par l’absence totale, jusqu’ à présent, de preuve d’une « ingérence » russe faite pour vaincre Hillary Clinton ? Je répète : jusqu’à présent. Cette histoire se déroule depuis un an et demi maintenant, et au fil des jours, il semble de moins en moins probable que le procureur spécial Robert Mueller ait des preuves concluantes en main. Pendant ce temps, tout et n’importe quoi fuite du FBI et de son organisme de tutelle, le ministère de la Justice, y compris des preuves tangibles embarrassantes montrant la débauche procédurale du FBI, et il est difficile de croire que le bureau de M. Mueller soit plus hermétique que le reste de cette administration.

Si un procureur martien débarquait sur Terre et examinait les preuves déjà rendues publiques, il soupçonnerait probablement le FBI et le ministère de la Justice d’avoir collaboré avec le bureau de campagne de Clinton et le Parti démocrate pour faire dérailler le bon déroulement de la campagne Trump, puis d’avoir élaboré une « politique d’assurance » pour le détruire une fois au pouvoir. Puis, dans la foulée, pour annuler toute action potentielle en justice contre Clinton au sujet de son serveur de courriels ; contre ses actions avec le DNC pour subvertir la campagne primaire de Sanders ; pour l’utilisation du dossier Steele afin d’activer un mandat de la FISA et espionner le bureau de campagne de Trump ; contre les détournements de fonds de la Fondation Clinton (en particulier, les 150 millions de dollars de sources russes à la suite de l’affaire Uranium One 2013, quand Hillary était secrétaire d’État). Il y en a évidemment plus là-bas que dans le dossier « collusion avec la Russie » brandi par la « Résistance ».

Je ne comprends même pas comment Robert Mueller a pu paraitre assez crédible pour présider cette enquête spéciale. Il est, après tout, l’ami intime et ancien mentor du personnage qui est très probablement le pivot de toute cette affaire contre Trump : James Comey, l’ancien directeur du FBI licencié par Trump – soi-disant pour faire obstruction à la justice, clé de voûte utilisée dans la tentative de destituer ce dernier.

Je ne suis pas à l’aise de parler comme si j’étais un partisan ou un défenseur de Trump, mais je suis encore moins à l’aise avec l’apparition d’un organisme judiciaire malhonnête et devenu ouvertement politisé. Les bêtises, jusqu’ici mal expliquées, du FBI et du ministère de la Justice donnent une mauvaise image des autorités du pays – et en particulier de ceux qui prétendent être du côté de la justice. Il s’agit d’un problème beaucoup plus vaste que ce que le débat public ne semble le réaliser. Nous ne sommes plus loin du moment où personne ne pourra plus croire en quoi que ce soit venant d’officiels.

Je demeure convaincu que ce cirque de scandales et de contre-scandales ne sera pas nécessairement résolu par l’appareil judiciaire, du moins pas dans un délai raisonnable qui permettrait à l’establishment politique de se sortir la tête du cul et de commencer à prêter attention à l’intérêt public. Au contraire, la tente du cirque va tout simplement s’effondrer dans une crise financière qui se dirige vers le continent américain avec la force d’une tempête. M. Trump est maintenant considéré comme le seul responsable d’un marché boursier asymptotique, d’un marché des obligations parcouru de frissons, d’une monnaie chancelante et d’un dilemme insoluble en matière de dettes. Ce sont des conditions qui peuvent réellement faire imploser une société.

James Howard Kunstler

Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone.

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