Souverainistes de tous les pays – unissez-vous !


Par The Saker – Le 7 juin 2019 – Source thesaker.is via Unz Review

2015-09-15_13h17_31-150x112Nous savons tous que les néocons sont de loin le groupe de sponsors le plus important et le plus influent des guerres d’agression américaines. Ce sont eux qui ont exercé le plus de pression pour l’invasion de l’Irak, et ce sont eux qui, pendant des décennies, ont tenté toutes les combines possibles pour entraîner les États-Unis dans des actes d’agression contre l’Iran. En fait, en termes de droit international, les néocons pourraient être considérés comme un gang international de criminels de guerre.

Pourquoi  ?

Parce que, comme je l’ai déjà souligné à plusieurs reprises, selon les positions fondamentales du tribunal de Nuremberg, le pire crime possible n’est pas le génocide ni aucun autre crime contre l’humanité. Le crime le plus grave est le crime d’agression car, selon les experts qui ont mis en place le tribunal de Nuremberg, le crime d’agression « contient » tous les autres crimes – soit dit en passant, la Cour pénale internationale adopte la même position. Selon les mots du procureur américain en chef à Nuremberg, Robert H. Jackson, « déclencher une guerre d’agression n’est donc pas seulement un crime international ; c’est le crime international suprême qui ne diffère des autres crimes de guerre que parce qu’il contient en lui le mal accumulé dans son ensemble. » Selon cette définition, chaque président américain serait un criminel de guerre – du moins autant que je sache ; si vous pensez à un président américain qui n’a pas commis le crime d’agression – y compris contre les Amérindiens ! – faites-le moi savoir. Quant aux néocons, ils pourraient être qualifiés à juste titre de « conspiration criminelle pour commettre le crime d’agression ». Dans un monde sain d’esprit, cela ferait d’eux des parias internationaux au même titre que les fous d’Al-Qaïda. Que ces derniers le sachent ou non, ils ont été fédérés et armés par les néocons américains et utilisent toujours leurs armes, non pas tant contre l’Occident que contre toutes les autres formes d’islam (non-takfiri), principalement le Hezbollah et l’Iran. En fait, bien que la plupart craignent encore de le dire publiquement, je pense que les analystes politiques réalisent de plus en plus que les néocons sont un dangereux gang international de voyous belliqueux.

Ce que l’on sait moins, c’est qu’au sein des États-Unis, les néocons et leurs alliés ont été une force primordiale pour démanteler la Charte des droits, en particulier les premier et deuxième amendements.

Aujourd’hui, je veux donner un exemple simple mais éloquent de la façon dont ce genre de choses se passe sans heurt et avec très peu d’opposition. Et pour cet exemple, je vais utiliser l’État américain dans lequel je vis actuellement, la Floride.

Découvrez cette séquence étonnante d’événements :

Le 11 avril, le parlement de Floride a adopté à l’unanimité (114-0) le projet de loi 741 de la Chambre définissant l’antisémitisme comme suit :

  • « Une certaine perception du peuple juif, qui peut être exprimée sous forme de haine envers le peuple juif. »
  • « Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme dirigées vers une personne, ses biens, ou vers des institutions communautaires juives ou des établissements religieux. »

Le projet de loi fournit également de nombreux exemples d’antisémitisme, notamment :

  • Demander, aider ou justifier le meurtre ou le tort infligé à des Juifs, souvent au nom d’une idéologie radicale ou d’une conception extrémiste de la religion.
  • Accuser les Juifs, en tant que peuple ou l’État d’Israël, d’inventer ou d’exagérer l’Holocauste.
  • Accuser les citoyens juifs d’être plus fidèles à Israël, ou aux prétendues priorités des juifs du monde entier, qu’à l’intérêt de leurs propres nations.

Le projet de loi prévoit également que les exemples d’antisémitisme liés à Israël comprennent :

  • Appliquer deux poids deux mesures à Israël en lui imposant un comportement que l’on n’attend ni ne demande d’aucune autre nation démocratique, ou en concentrant les enquêtes sur la paix ou les droits de l’homme uniquement sur Israël.
  • Délégitimer Israël en privant le peuple juif de son droit à l’autodétermination et en refusant à Israël le droit d’exister.

DeSantis_in_IsraelLe 29 avril, le gouverneur DeSantis et le cabinet de Floride se sont rencontrés à Jérusalem – ce n’est pas une blague ! –  pour proclamer leur soutien à « l’État juif » (sic) et déclarer que DeSantis sera le gouverneur le plus pro-israélien de « l’Amérique » (resic). Le fait que la tenue de cette réunion à l’étranger constitue une violation de la loi de la Floride n’a dérangé personne, à l’exception de la Florida First Amendment Foundation, qui a intenté une action en justice contre cet outrage, ni le fait qu’Israël soit le dernier État ouvertement et officiellement raciste de notre planète. Malheureusement, la Floride n’est guère une exception, deux douzaines d’autres États – dont le Texas – ont adopté des lois similaires.

La toute petite feuille de vigne qui couvre la véritable nature anti-droits civiques de telles lois est la dérogation selon laquelle de telles lois ne violent pas techniquement le Premier amendement puisqu’elles ne s’appliquent « que » aux écoles (Floride) ou qu’elles n’interdisent pas la liberté d’expression en tant que telle, mais permet « seulement », la mise à l’index des entreprises et des individus qui osent professer le « mauvais » point de vue sur Israël (Texas).

Ceci est, bien sûr, un non-sens total.

Comme les néocons ne peuvent pas ouvertement s’avancer et déclarer « abolissons le premier amendement », ils utilisent ce que j’appellerais une « mort législative façon salami », ce qui signifie qu’au lieu d’abroger ouvertement le Premier amendement, ils le neutralisent simplement en imposant d’innombrables petites limitations, réglementations, interprétations, restrictions, etc., etc. À propos, c’est ainsi que les élites américaines tentent également actuellement de démanteler le deuxième amendement [droit de porter des armes, NdT].

En tant que personne ayant étudié aux États-Unis et obtenu deux diplômes ici (1986-1991), je peux attester qu’avant le 11 septembre, les écoles et les campus des États-Unis étaient une formidable boîte de Pétri pour toutes sortes d’opinions et d’idées, même très controversées. La liberté de parole dans les collèges américains était totale, et il était entendu et attendu que toutes les opinions et toutes les idées se concurrencent sur leurs mérites intrinsèques et ne sont pas analysées avec soin pour détecter tout signe de pensée criminelle. Cela a maintenant complètement changé : à quelques exceptions près, la plupart des écoles américaines (y compris de nombreuses universités !); sont désormais idéologiquement monolithiques et le seul avis possible est la haine totale pour Trump et le soutien inconditionnel pour le gang Clinton.

L’aspect le plus toxique de ces lois liberticides est qu’elles s’adressent délibérément aux jeunes, car la ploutocratie au pouvoir comprend parfaitement le fait qu’il est beaucoup plus facile de façonner les jeunes idéologiquement, de les endoctriner. Ajoutons à cela que le gros du système éducatif américain – avec les médias de masse – est conçu pour abêtir les étudiants et les rendre conformes – l’exact opposé de ce que « l’éducation » est censée réaliser – puisque tout ce qui est requis pour 90%, ou plus, de la population américaine, ce ne sont que les compétences de base nécessaires pour servir leurs seigneurs et leurs élites dirigeantes – les 10% d’écoles restantes sont principalement réservées aux enfants de la nomenklatura au pouvoir, tels que médecins, avocats, ingénieurs, etc.

Aux États-Unis, il est extrêmement important de souligner un autre aspect de cette déconstruction lente des droits civiques : je pense que la nature absolument outrageuse de telles lois n’est pas seulement un effet secondaire de l’arrogance infinie des néocons mais aussi une technique délibérée de manipulation de l’esprit. En se posant si effrontément face à vous avec leur arrogance idéologique, les néocons forcent, dans un des deux camps, tous ceux qui analysent les lois  : premièrement, ceux qui acceptent docilement ce que les néocons veulent, et ceux qui osent résister. Le premier groupe devient alors un complice, indifférent, qui acquiesce en silence, tandis que le second groupe devient une cible à faire taire, par tous les moyens nécessaires. Les similitudes de comportement dans d’autres circonstances sont évidentes : attentats du 11 septembre, MH-17, Skripal, attaques fictives au gaz en Syrie, etc. Les dirigeants de l’Empire exigent que tout le monde approuve un récit qui est évidemment faux, créant ainsi un outil très précis pour mesurer le degré d’asservissement politique de chaque personne à qui on demande si la version officielle est vraie ou non.

Dans ce contexte, il est assez étonnant de constater que très peu de gens osent se demander ouvertement pourquoi et comment une puissance étrangère – Israël –  a acquis un contrôle aussi total sur une prétendue superpuissance. Il y a bien sûr beaucoup de personnes courageuses qui osent remettre en question tout cela –  les noms de Cynthia McKinney, Ron Unz, Philip Giraldi, Paul Craig Roberts, Catherine Austin-Fitts, Bonnie Faulkner et beaucoup d’autres me viennent à l’esprit – mais leurs voix courageuses sont noyées dans un ouragan de propagande pro-sioniste de catégorie 5. Et, bien sûr, lorsque tout échoue pour vaincre la résistance, l’accusation absurde et insensée d’« antisémitisme » sert à discréditer toute personne dont les arguments ne peuvent être simplement écartés. Enfin, l’État profond américain a très bien réussi à soutenir secrètement toutes sortes de mouvements, de personnalités et de médias véritablement racistes, afin de discréditer – par amalgame – quiconque critiquerait Israël ou le sionisme. La même technique a été utilisée pour discréditer le mouvement de la vérité sur le 9/11 qui a été affecté négativement à la base par toutes sortes de théories complètement stupides – armes nucléaires, missiles russes, armes à énergie dirigée, etc. – qui ont contribué à dissoudre les études sérieuses et rigoureusement scientifiques de ce qui s’est réellement passé le 9/11.

L’une des conséquences les plus dévastatrices de cette orthodoxie politique compatible avec le sionisme aux États-Unis a été qu’aucun politicien américain n’a contesté avec succès le contrôle total du Gouvernement sioniste d’occupation (GSO) – un terme très discrédité et pourtant parfaitement exact, dans mon esprit.  Cynthia McKinney a essayé et nous savons tous ce qui lui est arrivé. Ce qui est encore plus déconcertant, c’est que même des personnes comme Ron Paul, Dennis Kucinich, Ralph Nader ou Tulsi Gabbard ont clairement décidé de rester à l’écart de cette question, de peur d’être diabolisées et retirées de toute position de pouvoir comme Cynthia McKinney.

Tout cela est entièrement délibéré. Il suffit de vérifier le langage utilisé par la loi HB 741, qui associe clairement et de manière répétée tout rejet ou condamnation du sionisme – qui est une idéologie – à la haine des Juifs en tant que religion, ethnie ou race ; pour ce que ça vaut, je vois personnellement les Juifs comme une tribu, pas une race ni une ethnie. Cet amalgame est la pierre angulaire du pouvoir sioniste en Occident, et c’est pourquoi toute discussion à ce sujet est considérée comme la preuve irréfutable d’une pensée criminelle raciste.

Néanmoins, ceux qui, comme moi, vivent aux États-Unis sont relativement mieux lotis que les dissidents européens, car dans la plupart des pays de l’UE – et en Russie aussi d’ailleurs – il existe déjà de nombreuses lois interdisant certaines formes de liberté d’expression incluant – le déni de l‘Holocauste et l’interdiction, formulée de manière vague, des « discours de haine » : il n’y a pas de Premier amendement en Europe et l’interdiction de certaines formes de liberté d’expression y a toujours été présente – le philosophe français Alain Soral risque maintenant un an de prison pour divers « crimes de pensée ». J’écrirai sur son sort dans un proche avenir.

Conclusion : à bien des égards, Russes et Américains ont le même problème !

Une fois que nous avons décidé d’appeler les choses par leur nom, le problème des États-Unis devient évident : les États-Unis ne sont pas un pays véritablement libre ou souverain, mais un territoire occupé dirigé par un gang transnational de voyous dont l’idéologie – le sionisme – est aussi raciste, messianique et haineuse que possible ; je suggérerais donc qu’un slogan de libération parfait aux États-Unis pourrait être restaurer la pleine souveraineté du peuple. La Russie, je pense, a le même problème, mais dans une moindre mesure, la différence la plus significative étant qu’il existe encore de nombreux patriotes en Russie prêts à s’exprimer contre cet état de fait, sans pour autant tomber dans le piège de l’approbation des vues racistes. Fondamentalement, je pense qu’il serait juste de dire que la Russie et les États-Unis luttent pour se libérer du joug d’une bande transnationale de voyous dont le but est la domination mondiale, littéralement : si vous êtes assez naïf pour croire que le sionisme est juste la défense d’une patrie juive et le déplacement de tous les Juifs menacés vers « Eretz Yisrael » [Grand Israël], alors vous vous trompez totalement, voyez pourquoi ici.

En outre, la Russie et les États-Unis souffrent également de l’oppression interne d’une classe dirigeante profondément corrompue et profondément méprisante envers tous les autres. Et, bien que ces personnes ne soient pas unies sous un seul dirigeant ou une seule organisation, et qu’elles n’aient pas besoin de réunions de coordination secrètes, elles ont une telle communauté d’intérêts qu’elles agiront toujours instinctivement de concert. Je sais que ce n’est pas une bonne chose à dire en 2019, mais malgré toutes ses autres erreurs, Karl Marx avait tout à fait raison de comprendre que les luttes de classe sont ce qui définit la structure de la plupart des sociétés et que la conscience de classe détermine souvent comment agissent ceux qui sont au pouvoir.

Ainsi, quel que soit notre choix – néocons, sionistes, intégrationnistes atlantiste cinquième colonne, etc. – ces étiquettes sont toutes identifiées à une situation et nous savons tous à qui nous avons affaire ici et comment fonctionnent ces personnes. Et à ceux qui nous accuseront, inévitablement, d’une sorte de crypto-racisme, nous répondrions simplement avec les paroles d’un juif très célèbre, Saint Paul, qui a déclaré : « Nous ne luttons pas contre la chair et le sang, mais contre des principes, contre des puissances, contre les dirigeants des ténèbres de ce monde, contre la méchanceté spirituelle dans les hauts lieux », (Eph. 6 :12). De plus, blâmer les juifs pour le sionisme est comme blâmer les Russes pour le bolchevisme, les Allemands pour le national-socialisme ou les USA pour l’impérialisme : cela est à la fois contre-factuel et profondément immoral. Mais, ne vous inquiétez pas, le pape a déjà déclaré que les chrétiens devaient demander pardon pour « dix-neuf siècles d’antijudaïsme chrétien » ! Je suppose que bientôt les Latins déclareront Saint Paul « saint optionnel », comme ils le firent avec Saint-Nicolas. En fait, à en juger par l’obsession du pape de dénoncer l’antisémitisme, nous pouvons sans risque supposer que des antisémites aussi notoires que Saint Paul, Saint Cyprien de Carthage, Saint Grégoire de Nysse, Saint Ephrem le Syrien, Saint Ambroise de Milan, Saint Justin Martyr et beaucoup d’autres seront bientôt rendus « optionnels ». Au bout du compte, je m’attends même à ce que ces gens rendent le Christ lui-même « facultatif », encore une fois pour son antisémitisme, en particulier dans les évangiles de saint Matthieu et de saint Jean, qui seront sûrement redressés dans un proche avenir.

Les Russes et les Américains vivent dans des sociétés très différentes, avec des histoires très différentes. Pourtant, je crois que plutôt que d’espérer inutilement que la Russie devienne un jour un soutien de Alt-Right – sponsorisé par l’État profond et donc véritablement raciste – il serait beaucoup plus réaliste et productif d’espérer que tous les citoyens russes et étasuniens, quelles que soient leur race, leur ethnie ou leur religion, unissent leurs forces pour lutter afin de recouvrer la souveraineté sur leur pays. Peu importe l’idéologie préconisée par la ploutocratie transnationale tant que le reste d’entre nous comprendra que la vraie souveraineté est le contre-poison qui restaurera nos libertés et mettra fin aux guerres d’agression, dont seules les élites dirigeantes profitent. Aujourd’hui, les néocons sont l’ennemi n ° 1 des États-Unis. La 5ème colonne russe est l’ennemi n ° 1 de la Russie.

Je pense que montrer comment ils travaillent pour le même but est l’une des premières choses que doivent accomplir ceux qui résistent à ces voyous. En paraphrasant Marx, je suggérerais ce slogan : « Souverainistes de tous les pays –  unissez-vous ! ».

The Saker

Traduit par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

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