La Bolivie a gagné. Trump va-t-il aussi gagner ?


Par Moon of Alabama – Le 19 octobre 2020

Il semble qu’Elon Musk ait perdu les élections en Bolivie :

 

Même la Némésis de Morales, la présidente intérimaire de droite, Jeanine Áñez, a concédé que la gauche était arrivée en tête. "Nous n'avons pas encore le décompte officiel, mais les données dont nous disposons montrent que M. Arce [a] ... gagné l'élection. Je félicite les vainqueurs et leur demande de gouverner en pensant à la Bolivie et à la démocratie", a tweeté Áñez.

Félicitations au Movimiento al Socialismo, à son candidat Luis Arce et au peuple bolivien qui a résisté aux intimidations et à la violence de la droite et de l’armée. Même si la démocratie est maintenant rétablie en Bolivie, il serait erroné de laisser la droite et l’armée s’en tirer comme ça. Sinon, ils essaieront de refaire la même chose. Ceux qui ont mené le coup d’État devraient être traduits devant un tribunal. La Bolivie devrait demander au Venezuela des conseils sur la manière d’empêcher ses forces armées de tenter des coups d’État.

Comme l’opération de changement de régime à Caracas a échoué, Washington va maintenant revenir à d’autres mesures pour se débarrasser des dirigeants de ce pays. Des sanctions pour telles ou telles raisons merdiques sont à attendre. La Bolivie doit s’intégrer aux autres nations socialistes et de la “résistance” et chercher à s’affranchir des importations impérialistes.

Passons maintenant à l’autre élection qui préoccupe les gens.

Alors que la plupart des sondages montrent que Joe Biden va gagner les élections américaines, mon instinct me dit que Donald Trump décrochera un second mandat. L’élection pourrait bien être bien une répétition de celle de 2016, lorsque Trump a gagné alors que la plupart des médias prédisaient qu’Hillary Clinton gagnerait.

Il y a deux raisons à cela. La campagne au niveau du terrain et l’enthousiasme pour les candidats.

Les Démocrates ont négligé de mener campagne sur le terrain. Leurs efforts pour draguer des votes semblent minimes. Alors que les Républicains font du porte à porte et récoltent un grand nombre d’électeurs :

L'inscription de Républicains s'est accélérée dans les États clés alors que les opérations des Démocrates sur le terrain sont en hibernation. Le taux de participation des Démocrates au vote anticipé est en hausse. Mais il n'est pas certain que cela suffira à surmonter la ruée attendue de Républicains, moins enclins à voter par correspondance, mais qui se rendront en personne au bureau de vote le jour du scrutin.

Il y a des incertitudes quant à la précision du scrutin dans certains États charnière, à l'efficacité des efforts de suppression des électeurs républicain et même au nombre de bulletins de vote par correspondance qui, pour une raison ou une autre, seront disqualifiés.

Biden a recueilli plus de dons que Trump, mais l’argent ne peut lui acheter que de la publicité. Trump attire gratuitement l’attention des médias en raison des attaques constantes que les Démocrates lancent contre lui [au lieu de présenter un programme politique alléchant, NdT].

La deuxième raison de prédire une victoire de Trump est l’enthousiasme de ses partisans. La vidéo montre des milliers de personnes se tenant dans la rue pour saluer le passage d’un convoi de Trump en Californie. Pendant ce temps, Biden sort pour lire des téléprompteurs géants sur des parkings vides.

Alors que Trump va faire campagne toute la semaine, Biden décide de rester chez lui pour préparer le prochain débat. Comment peut-il se défendre contre les graves accusations de corruption que les courriels de son fils semblent montrer ?

Les Démocrates sous Biden évitent de parler des politiques progressistes qui ont attiré le plus d’enthousiasme aux primaires. Tout le monde présume que le centre-droit Biden n’est là que provisoirement et sera bientôt remplacé par le centre-droit Kamala Harris. Harris est le choix d’Hillary Clinton depuis au moins la mi-2017. Pendant les primaires, elle n’a jamais dépassé les 2%. Politiquement, elle n’est pas une candidate attrayante.

Les autres personnes derrière les campagnes de Biden/Harris sont les mêmes bellicistes qui ont fait des ravages dans le monde entier pendant l’administration Obama.

Max Abrahms @MaxAbrahms - 22:14 UTC – 18 Oct 18 2020

Je m'attends à ce que l'Amérique s'implique inutilement dans plus de conflits au nom de la démocratie, de la liberté, de la crédibilité, de la résolution de conflit et de son leadership. Il suffit d'écouter des gens comme Michèle Flournoy, Mayor Pete, Susan Rice. La non-intervention a été qualifiée de cadeau à Poutine. Nous vivons une époque stupide.

        Patrick Porter @PatPorter76 - 5h
        Je suis sceptique quant à savoir si une présidence Biden réduira de manière                                     significative la présence militaire américaine au Moyen-Orient. En plus des forces générales qui favorisent l'inertie, il y aura toujours des choses plus urgentes à faire pour un nouveau président démocrate.

Trump a bâclé la réponse à la pandémie. Mais un président démocrate aurait-il mieux fait face à la résistance de nombreux États à des mesures de contrôle plus sévères ? Les raisons pour lesquelles les États-Unis ont été si durement touchés sont, à mon avis, profondément ancrées dans leur société. Un autre président se serait mieux préparé, mais le résultat n’aurait probablement pas été très différent.

Sur la plupart des questions intérieures, Trump n’est que légèrement à la droite d’une administration Biden/Harris. Sa politique étrangère est moins belliciste mais plus chaotique que celle d’une administration démocrate. Cela le rend en tout cas préférable à mes yeux.

Cela ne signifie pas que je voterais pour Trump. Si je pouvais voter lors des prochaines élections, mon vote irait probablement là où il fait le moins de mal, c’est-à-dire chez un candidat d’un tiers parti qui plaide pour des politiques plus pacifiques et plus socialistes.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Jj pour le Saker Francophone

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