Orson Welles et la nostalgie des origines


Mai 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

J’ai déjà insisté sur Booth Tarkington, romancier essentiel et oublié, rendu célèbre par le « gauchiste-progressiste » Orson Welles dans la Splendeur des Amberson – Welles le met au-dessus de Mark Twain. « Sous la rude écorce de marin se cache une âme de grand enfant un peu naïf », dit génialement la Castafiore de son capitaine Haddock : ici c’est la même chose, et c’est un peu comme avec Trump qui caricature brutalement le message. On aime rêver de l’Amérique jadis grande, qu’on ne sait comment définir du reste. Certains la voient impuissante avec le temps, d’autres la regrettent innocente (découvrez l’école picturale de Hudson). Le slogan MAGA est écrit tel quel dans Taxi driver : car l’homme politique que veut tuer Robert de Niro fait déjà de la nostalgie et du Trump. On a vu ici que même Fenimore Cooper faisait de la nostalgie et regrettait le bon vieux temps qui passe et les invasions européennes à forte connotation socialiste (revoir Tocqueville).

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Roberto Michels et la trahison des élites du RN


Mai 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

On parle d’oligarchies en France, en Amérique et en Europe. Voyons de quoi il retourne, car cette notion est vieille comme la lune. A l’heure où le RN soutient Macron dans sa guerre contre la Russie et les USA et trahit sa base électorale favorable au Brexit et promise à de futurs charniers républicains, il est bon de s’entendre et de faire quelques rappels, la plupart ne comprenant ce qui se passe dans la tête des leaders de partis, qu’ils soient tenus par un chantage juridico-financier ou pas. Le RN est devenu un parti parlementaire, ce qu’il n’était pas sous le Vieux (qui termina en encensant chez Bercoff une Europe qui lui payait sa plantureuse retraite de député européen), et il est donc disposé à toutes les compromissions ce mot se termine bien et à toutes le combines possibles. On relira les insultes de Gentillet aux naïfs qui sur Twitter se plaignaient du soutien du RN au Macron et à son nouveau président du conseil constitutionnel.

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Oswald Spengler et « la nausée des machines »


Mai 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Spengler publie son Homme et la technique en 1931. C’est le premier livre que j’ai lu de lui, en 1979, et celui qui m’a le plus marqué : le plus froid, le plus crépusculaire, le plus étincelant dans sa brièveté. Spengler y définit la « tragédie faustienne » : l’homme occidental est finalement vaincu par son industrie, ses sources d’énergie et sa techno-dépendance. A l’heure de la pénurie, du Grand Reset et du grand contrôle informatique planétaire (qui concerne occident, Chine, Russie, Inde, Brésil et tout le reste), son livre reste une perle, au moins comparable au Règne de la quantité du Maître.

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Sur Trump et cette « Amérique qui se moque du monde »


Mai 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

C’est Dominique de Villepin, preux et vain orateur pacifiste en 2003, depuis récompensé par divers scandales qui compromirent son cursus présidentiel, qui a parlé à propos de Trump de l’Amérique « qui se moque du monde ». Il faut dire en effet que le Donald a mis les bouchées doubles et qu’il étourdit son monde sans lui laisser de répit. Et que je t’ordonne d’arrêter ta guerre, et que je te demande de me refiler ton pays le Canada ou la plus grande île (et dernière île vierge ou presque) du monde le Groenland, et que je te demande de te taire, et que j’ordonne à ton électorat de voter pour l’extrême-droite allemande devenue plus très souverainiste du coup…

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Spengler et le tournant vers la mort


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

On va reparler de Spengler mais je voudrais faire quelques rappels pour expliquer pourquoi les Européens agonisent depuis longtemps. Nietzsche en a parlé, et Yockey et Drieu… les grands penseurs enracinés américains (Madison et Grant notamment) ont aussi vu ce risque : la liquidation du paysan-soldat républicain heureux dans le monde de la ville, de la consommation et de l’industrie.

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Liberté


Par Zénon – Avril 2025

Elle est la fille aînée, l’enfant des premiers âges
dont chaque individu garde le souvenir.
Elle est la fille de joie, l’amante de passage
qui nous visite et repart sans prévenir.

Elle est noblesse à l’état brut, sauvagerie
assumée. Elle est infinité des possibles
à l’instant T. Elle est loup dans la bergerie.
Elle est une loi de la nature invincible.

Elle est un chant d’oiseau perché sur les remparts.
L’horizon de l’aveugle. La force de l’infirme.
Elle est cet absolu où se noient les regards
en infinis reflets des profondeurs intimes.

Elle est l’état de grâce accordé au martyr.
Elle taraude la conscience de l’assassin.
Sa grandeur d’esprit nous offre d’assortir
les caractères impies avec l’œuvre des saints.

Elle est imperméable aux lois et aux normes,
ne se laisse chevaucher que par des guerriers
disparus, vétérans d’armées sans uniformes.
Il n’est aucun moyen de la contrarier.

Nous n’en savons que faire sans pouvoir vivre sans.
Elle est notre étincelle et notre raison d’être.
Elle irrigue nos âmes et coule en notre sang.
À chacun de devenir son propre maître.

Zénon

Extrait du recueil de poèmes inédits « Hérésies«  de Zénon. À retrouver dans Les Chroniques de Zénon

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Le dernier safari et les fourmis blanches


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

Henry Hathaway est le dernier cinéaste de l’âge d’or hollywoodien qui ait survécu aux années soixante. Pendant que le royal trio des westerns (voyez mon livre) composé de Hawks, Ford et Wash s’étiole et s’absente, Hathaway tient bon. Il tient grâce à John Wayne et aussi à Stewart Granger et aussi grâce à la violence, qui devient son terreau d’inspiration. Les quatre fils de Kathy Elder sont par ailleurs un chef-d’œuvre mythologique et tragique.

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Voyage


Par Zénon – Avril 2025

Dans la désillusion des amours qui s’épuisent,
dans la hargne des jours à lutter pour survivre,
dans le sommeil sans rêve des nuits qui dégrisent,
nous sommes secourus par la lecture d’un livre.

Nous redevenons alors l’enfant curieux,
l’aventurier mû par un noble idéal.
L’avide explorateur d’univers mystérieux
où se mêlent fonds marins et aurores boréales.

Tandis que tout s’effondre et part à la dérive,
que les foules se pressent à leur destruction,
nous vivons en un monde où le miracle arrive :
il naît du pouvoir de l’imagination.

Toutes les créations deviennent créatives.
Chaque intention enfante sa petite sœur.
La moindre des pensées est significative :
de routes parallèles soyons les bâtisseurs.

Zénon

Extrait du recueil de poèmes inédits « Hérésies«  de Zénon. À retrouver dans Les Chroniques de Zénon

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Comment la presse moderne inventa notre réalité


Avril 2025 – Source Nicolas Bonnal

Nicolas Bonnal

La presse invente une réalité dans laquelle baigne l’humanité. On voit en Amérique, partie la plus avancée sur le plan technologique, qu’une bonne partie de la population arrive à s’extraire du simulacre de réalité (mais la réalité peut-elle être autre chose, Ô Maya ?) et commence à comprendre. Mais elle même s’adresse au réseau, à la matrice. Les vieux médias vont sans doute crever en Amérique (en France ils sont fonctionnarisés-donc-increvables) mais ils sont remplacés par sans doute pire qu’eux, ce que la vieille garde démocrate, par la voix des frères Coen, avait nommé l’Idiocratie. Le pullulement d’analphabètes néo-cons dans l’administration Trump rassérénera les amateurs qui adulent tel messie pacifico-politico-médiatique.

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Genèse


Par Zénon – Avril 2025

Matière et lumière trament une farce cosmique.
Un « nous » d’apparat joue son numéro sur scène
et un autre en trouve les entraînements comiques.
La prise au sérieux de ce cirque est malsaine.

Un départ précède notre retour aux sources.
Nous naviguons à vue de surprise en surprise
jusqu’à ce que le ciel devienne une ressource.
C’est de la sorte que la leçon est apprise.

L’essence originelle est intraduisible
et ne se trouve qu’au sein du non-manifesté.
Seuls ses avatars ne deviennent visibles
qu’avec de l’amour et de la volonté.

L’univers se projette et se démultiplie
en mille et un éclats doués de conscience.
C’est alors seulement que l’œuvre s’accomplit :
la Vie a reconnu sa propre intelligence.

Zénon

Extrait du recueil de poèmes inédits « Hérésies«  de Zénon. À retrouver dans Les Chroniques de Zénon

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