Ormuz : L’Union européenne prépare son plan de bisounours pour rétablir la navigation sans les parties belligérantes


Par Tyler Durden — Le 15 avril 2026 — Source : zerohedge.com

C’est un titre pour le moins ambitieux, qui dévoile le dernier « plan » européen pour Ormuz : alors que l’Europe regarde depuis la touche les États-Unis risquer de s’enliser dans la région après un mois d’intenses frappes aériennes sur l’Iran, le Wall Street Journal rapporte que l’UE élabore un plan d’après-guerre pour rouvrir le détroit d’Ormuz sans les États-Unis.

Apparemment, le plan devrait s’activer une fois la crise principale passée, alors que le détroit restera sous blocus (chacune des parties belligérantes insistant sur l’idée que c’est elle qui contrôle ce passage stratégique). Il semble que l’idée fondamentale soit de retirer les États-Unis de l’équation, en ne laissant que les pays « neutres » libérer et sécuriser le détroit d’Ormuz.

Iraniens et Étasuniens vont-ils rester sur la touche pendant que les petits navires de guerre français entreront en action?

Mais tout cela est des plus étranges — d’un côté, ce plan vise à tenir à distance l’un des belligérants clés, à savoir les États-Unis, et d’un autre côté, il prévoit d’engager des navires militaires européens/otaniens dans des opérations visant à établir une liberté de navigation, comprenant le déminage.

Par exemple, on trouve dans l’article du Wall Street Journal : « le président français emmanuel macron a affirmé mardi que le projet est d’établir une mission défensive internationale, ne comprenant pas les parties ‘belligérantes’, à savoir les États-Unis, Israël et l’Iran. Les diplomates européens connaissant ce plan affirment que les navires européens n’agiraient pas sous commandement étasunien. »

Selon un résumé des principaux points de l’article, établi par Newsquawk :

  • Les pays européens établissent un projet d’établissement d’une vaste coalition de pays pour aider à libérer la navigation dans le détroit d’Ormuz, mettant en jeu des navires militaires de déminage et autres. Mais le projet ne serait lancé qu’après la fin de la guerre, et peut exclure les États-Unis.
  • Certaines différences doivent encore être surmontées : les diplomates français pensent que la moindre implication étasunienne dans l’opération rendrait celle-ci moins acceptable aux yeux de Téhéran, alors que les dirigeants britanniques s’inquiètent que l’absence des Étasuniens puisse énerver Trump et limiter le périmètre de l’opération.
  • Le plan a trois grands objectifs :
    1. mettre en place les moyens logistiques pour assurer que les centaines de navires restés bloqués dans le détroit puissent en partir.
    2. mettre en œuvre une opération de déminage de grande ampleur pour permettre le passage de navires plus nombreux sur une zone plus étendue du détroit.
    3. Le déminage des mines iraniennes à Ormuz est essentiel à la reprise de la navigation.

La réalité est que ce plan supposé n’est qu’une sorte de serpent qui se mord la queue jusqu’au problème initial… ce n’est pas comme si l’Iran, ou les États-Unis, allaient simplement hocher la tête et abandonner tout contrôle pour qu’une coalition militaire européenne puisse entrer en jeu et gérer la situation.

Quelle partie est-elle susceptible d’accepter un tel plan? La réponse évidente, du moins pour l’instant et pour l’avenir proche, est… personne.

La question qui suit est de savoir par quels leviers, ou par quelle démonstration de puissance l’Europe va exercer sa présence dans le détroit pour maintenir toutes les parties en respect… juste une rhétorique agressive et des paroles fortes ?

Traduit [avec quelque liberté] par José Martí, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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